Les satellites au service de l'Arctique et des communautés nordiques
Le Nord canadien et l'Arctique sont une vaste région riche de peuples de cultures variées, de nombreux écosystèmes et de diverses ressources naturelles. Cette région dont le rôle est déterminant dans le système climatique mondial se transforme plus rapidement que presque partout ailleurs sur la planète.
La hausse des températures fait diminuer la superficie de la glace de mer, reculer les glaciers et fondre le pergélisol. Parallèlement, de nombreux pays ont des vues sur l'Arctique du fait que de nouvelles voies navigables s'ouvrent et que les ressources deviennent plus accessibles. Ces transformations posent de nouveaux défis pour le Canada et les collectivités nordiques, pour l'environnement, l'économie et la sécurité.
Dans ce contexte en rapide évolution, les satellites permettent de suivre ces transformations et de fournir des données essentielles sur de vastes zones reculées difficiles à observer depuis le sol.
Protéger le territoire
Des pêcheurs inuits se déplacent à pied sur la glace.
L'archipel de l'Arctique et le Nord canadien représentent plus de 40 % de la masse terrestre du Canada et plus de 70 % de son littoral. Une centaine de collectivités se trouvent dans cette immense région à la faune unique. Le sous-sol regorge de minéraux de valeur, comme des diamants, de l'or, du platine, du fer et l'uranium. Selon de nombreux scientifiques, il renfermerait près du tiers des ressources mondiales de gaz et de pétrole. Les changements climatiques accélèrent la transformation de l'Arctique : il est crucial de protéger la souveraineté du Canada ainsi que d'assurer la sécurité de la population, de préserver la nature et de sauvegarder les infrastructures.
Les satellites canadiens, comme la mission de la Constellation RADARSAT (MCR), permettent aux scientifiques, aux gouvernements et aux peuples autochtones de :
- surveiller les terres et les eaux;
- gérer le trafic maritime;
- veiller au respect des lois canadiennes;
- détecter les activités illégales, même dans les zones les plus isolées.
Assurer la sécurité des déplacements
Un iceberg au large des côtes canadiennes. (Source : Shane McKay/Conseil national de recherches Canada.)
La glace de mer et les icebergs sont fortement touchés par la hausse des températures causée par le réchauffement planétaire. Leur fonte rapide transforme l'environnement arctique, modifie les routes de glace traditionnelles et ouvre de nouvelles voies de navigation dans l'océan Arctique, comme dans le passage du Nord-Ouest. Le dégel de cette route maritime réduit de 8000 km le trajet entre l'Europe et l'Asie.
Pour faire face à ces changements, les autorités locales utilisent des données satellitaires, comme celles de la MCR, pour :
- suivre les déplacements de la glace de mer et des icebergs;
- assurer la sécurité des routes maritimes et des routes de glace;
- renforcer la sécurité dans les eaux arctiques;
- protéger les infrastructures nordiques;
- appuyer les interventions d'urgence.
Le savoir traditionnel est également essentiel pour comprendre les changements dans l'Arctique. Grâce à l'initiative utiliTerre, des projets développés avec la participation des communautés nordiques et autochtones, comme SIKU, combinent les connaissances traditionnelles et les données satellitaires afin d'appuyer la prise de décisions et la sécurité.
Préserver la biodiversité
Une ourse polaire et ses deux oursons sur la glace dans l'Arctique.
L'Arctique abrite une biodiversité remarquable mais fragile, y compris des réserves nationales de faune et des refuges d'oiseaux migrateurs. Mammifères marins, poissons, mollusques et crustacés abondent dans les eaux arctiques, tandis que ses sommets enneigés et ses banquises glacées font l'effet d'un climatiseur sur le climat mondial.
À mesure que la température grimpe, la glace et le pergélisol fondent, ce qui nuit grandement à l'environnement nordique et aux habitats fauniques. Ces pressions s'ajoutent à celles que subissent déjà les écosystèmes uniques de l'Arctique.
Pour répondre à cette situation, les autorités locales utilisent des données satellitaires, comme celles de la MCR, pour :
- suivre les populations animales et l'état des habitats;
- surveiller les changements environnementaux presque en temps réel;
- cartographier les terres, la glace de mer et l'érosion côtière;
- recenser la température de l'océan et surveiller les courants et les écosystèmes marins;
- aider à la surveillance menée par les Autochtones et fondée sur les savoirs traditionnels;
- orienter le développement durable des ressources.
Offrir des soins de santé en région isolée
Un professionnel de la santé utilise un robot de télémédecine permettant d'offrir des consultations médicales à distance. (Source : Programme de télémédecine par robotique de l'Université de la Saskatchewan.)
Dans les collectivités nordiques, l'accès aux soins de santé n'est pas toujours facile. Les grandes distances, les conditions météorologiques rigoureuses et les services locaux limités entraînent souvent de longues attentes ou la nécessité de se déplacer loin de chez soi. Toutefois, les progrès technologiques ont permis de créer des systèmes et des applications qui révolutionnent les services de santé publique, particulièrement pour les populations des régions éloignées.
Grâce aux satellites de télécommunications canadiens comme Anik F2, les professionnels de la santé peuvent entrer en contact avec les patients à distance afin d'offrir des consultations, des suivis et du soutien. Dans le domaine de la santé, on parle de télémédecine.
Fait intéressant, les communautés nordiques font face à des défis en matière de soins de santé semblables à ceux rencontrés par les astronautes lors de missions dans l'espace lointain. Le Nord canadien est donc un lieu idéal pour tester des technologies de soins de santé à distance.
Surveiller les tempêtes géomagnétiques
Une aurore boréale dans le ciel de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest. (Source : ASC, Université de Calgary, Astronomy North.)
Les aurores boréales illuminent le ciel nocturne de manière spectaculaire. Si elles sont magnifiques à voir, elles sont en réalité la manifestation visible de tempêtes géomagnétiques. Ces phénomènes peuvent avoir un impact direct sur notre vie quotidienne, en perturbant les télécommunications et en endommageant les infrastructures.
Vu sa position au nord de l'hémisphère, le Canada est particulièrement vulnérable aux effets des conditions météorologiques spatiales. En revanche, c'est aussi un endroit idéal pour observer le géoespace (l'environnement spatial près de la Terre) où se produisent la plupart des phénomènes météorologiques spatiaux. L'Observatoire géospatial (GO) canadien collecte des données à l'aide d'instruments installés en réseau dans le Nord pour mieux comprendre ces phénomènes.
En étudiant l'activité solaire, les scientifiques arrivent à mieux prévoir les orages magnétiques. C'est alors possible de mieux s'y préparer. Ces recherches permettent également de mieux comprendre les phénomènes liés au champ magnétique terrestre et à la magnétosphère, qui nous protègent des rayons nocifs du Soleil.
Quels sont les satellites canadiens au service de l'Arctique?
Plusieurs satellites aident à surveiller l'Arctique, à soutenir les collectivités nordiques et étudier les changements climatiques.
- Mission de la Constellation RADARSAT (MCR) : Facilite le transport maritime, permet de suivre le mouvement des glaces pour assurer la sécurité des routes maritimes et des routes de glace, permet de surveiller le dégel du pergélisol et d'autres effets des changements climatiques dans l'Arctique.
- RADARSAT-2 : Prédécesseur de la MCR toujours utilisé pour effectuer de l'imagerie radar à haute résolution de régions de l'Arctique.
- SCISAT : Soutient la recherche climatologique en fournissant des données sur l'atmosphère, l'ozone et les polluants.
- GardeFeu (en développement) : Prévu pour surveiller les feux de forêt et aider à assurer la sécurité des collectivités éloignées.
- AVENIR (en développement) : Prévu pour surveiller les conditions atmosphériques polaires afin de mieux comprendre leurs effets sur les conditions météorologiques et climatiques du Canada dans son ensemble.
Le Canada contribue également à des missions internationales qui soutiennent la surveillance de l'Arctique, comme la mission SWOT menée par la NASA et l'Agence spatiale française (CNES). Cette mission surveille les lacs, rivières, réservoirs et océans, en fournissant des données sur les niveaux d'eau et les conditions de glace, afin de rendre la navigation maritime plus sûre.
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