OLA, la contribution du Canada à OSIRIS-REx

Grâce au soutien financier de l'Agence spatiale canadienne (ASC), le Canada fournit à la mission un instrument laser appelé OLA (sigle anglais de l'altimètre laser d'OSIRIS-REx). Il s'agit d'un système lidar perfectionné, hybride du lidar qui équipait la station météorologique de l'ASC à bord de l'atterrisseur martien Phoenix et d'un instrument envoyé dans l'espace en 2005 à bord du eXperimental Satellite System-11 (XSS-11) de la force aérienne américaine. Ces deux instruments ont été construits par l'entreprise canadienne MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA). À titre d'entrepreneur principal de l'altimètre OLA, MDA est également chargée de concevoir, de construire et de tester l'instrument pour le compte de l'ASC.

Un lidar émet de brèves pulsations laser qui permettent de mesurer avec précision la distance qui le sépare de la surface en chronométrant le temps que met la lumière réfléchie par la surface pour atteindre le capteur. L'altimètre laser OLA balaiera toute la surface de l'astéroïde afin de créer un modèle tridimensionnel de haute précision de l'astéroïde et fournira aux scientifiques de l'information inédite sur la forme, la topographie, la répartition des blocs rocheux, les pierres et autres caractéristiques de la surface.

Vue d'artiste de l'instrument canadien Altimètre laser OSIRIS-REx

Vue d'artiste de l'instrument canadien OLA sur l'engin spatial OSIRIS-REx. (Source : MDA)

Le chercheur principal de l'équipe scientifique canadienne est Alan Hildebrand, un spécialiste des météorites et des astéroïdes en poste à l'Université de Calgary. Michael Daly de l'Université York, expert en technologie lidar et ancien membre de l'équipe canadienne de l'atterrisseur martien Phoenix, est le chercheur chargé de l'instrument OLA. L'équipe se compose également de chercheurs de l'Université de Winnipeg (Edward Cloutis), de l'Université de Toronto (Rebecca Ghent) et de l'Université de la Colombie-Britannique (Catherine Johnson).

En échange de sa contribution à la mission, l'ASC disposera de 4 % de l'échantillon ramené sur Terre. L'équipe scientifique canadienne, qui aura ainsi accès à une portion de l'échantillon, pourra effectuer des recherches susceptibles de révolutionner notre compréhension de l'histoire du système solaire, de la formation de notre planète et, peut-être, de l'origine de l'eau et de la vie sur Terre.

Depuis plusieurs décennies, le Canada étudie les astéroïdes au moyen de télescopes ou grâce à la récupération de fragments qui sont tombés en sol canadien lors d'impacts météoritiques. Cependant, lorsque les météores traversent notre atmosphère, ils sont soumis à des températures extrêmes qui font littéralement cuire et disparaître les principaux indices qui intéressent les scientifiques. En voyageant jusqu'à l'astéroïde, OSIRIS-REx nous aidera à valider ce que les télescopes et les météorites nous ont appris sur les astéroïdes et nous permettra de voir de beaucoup plus près un échantillon resté intact.

Le saviez-vous? La première mission de l'ASC concernant les astéroïdes s'appelle NEOSSat. Le télescope spatial, guère plus gros qu'une pinte de lait mais très puissant, est conçu pour étudier la répartition des astéroïdes circumterrestres et en détecter de nombreux autres évoluant trop près du Soleil pour être observés par des télescopes au sol.