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Étapes de la mission

Trajectoire prévue de la mission Artemis II.

Trajectoire prévue de la mission Artemis II. (Source : Agence spatiale canadienne [ASC].)

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La mission Artemis II est le premier vol d'essai habité de la campagne Artemis. L'objectif de la mission est de vérifier que tous les systèmes du vaisseau spatial fonctionnent comme prévu dans l'espace lointain avec un équipage à bord. C'est une étape cruciale pour s'installer durablement sur la Lune et préparer de futures missions sur Mars. Les astronautes réaliseront aussi des études scientifiques, dont ils seront également les sujets. Lors du survol de la Lune, ils feront des observations de la surface.

Trajectoire prévue et étapes de la mission Artemis II.

Trajectoire prévue et étapes de la mission Artemis II. (Source : ASC.)

Jour 1 : Départ de la Terre

Le lanceur SLS sert à propulser le vaisseau spatial Orion jusque dans l'espace. L'orbite d'Orion autour de la Terre sera relevée par suite de plusieurs manœuvres. L'équipage partira ensuite sur une trajectoire de retour libre qui le fera survoler la Lune et prendre le chemin du retour grâce à la force gravitationnelle de la Terre.

Après le lancement, les deux propulseurs d'appoint, les panneaux de protection du module de service et le système d'évacuation d'urgence seront largués. Ensuite, les moteurs-fusées s'arrêteront et l'étage principal se séparera de l'étage de propulsion cryotechnique intermédiaire (l'étage supérieur) et du vaisseau spatial.

L'équipage fera ensuite deux fois le tour de notre planète pour s'assurer que les systèmes fonctionnent comme prévu alors qu'Orion est encore près de la Terre.

Le vaisseau spatial suivra d'abord une orbite elliptique à une altitude variant de 185 à 2253 km environ pendant un peu plus de 90 minutes, avec une première mise à feu de correction pour maintenir Orion sur sa trajectoire. L'étage supérieur propulsera ensuite le vaisseau spatial sur une orbite haute. Cette manœuvre permettra à Orion d'atteindre la vitesse nécessaire pour la poussée vers la Lune.

Il faudra environ 23,5 heures pour faire le tour de la Terre le long de cette orbite elliptique variant de 185 à 74 000 km d'altitude. Par comparaison, la Station spatiale internationale suit une orbite quasi circulaire autour de la Terre à quelque 400 km d'altitude.

Après la mise à feu de correction pour aller en orbite haute, l'étage supérieur se séparera d'Orion. Avant de se désintégrer dans l'atmosphère terrestre, l'étage largué servira une dernière fois : l'équipage prendra les commandes manuelles pour une démonstration des opérations de proximité.

Vue d'artiste d'Orion faisant face à l'étage de propulsion cryogénique intermédiaire avec la Terre en arrière-plan.

Vue d'artiste du rendez-vous entre Orion et l'étage de propulsion cryotechnique intermédiaire lors des essais de pilotage manuel du vaisseau spatial. (Source : NASA.)

Jour 1 : Démonstration des opérations de proximité

Cette série de manœuvres consiste à piloter Orion pendant environ 70 minutes pour le faire s'approcher et s'éloigner de l'étage supérieur. L'équipage utilisera les caméras à bord et regardera aussi par les hublots pour s'aligner sur l'étage supérieur lors de cette démonstration.

Ces manœuvres fourniront des données et un savoir-faire impossibles à obtenir facilement au sol. Ces connaissances sont essentielles pour se préparer aux futures opérations en orbite lunaire, à partir d'Artemis III : rendez-vous, opérations de proximité, amarrage et désamarrage.

Après cette démonstration, quatre CubeSats de la taille de deux boites à chaussures à peu près seront largués dans l'espace depuis l'adaptateur d'étage d'Orion environ 5,5 h après le début de la mission.

Jeremy et Christina manipulent un grand panneau de commande.

Dans la maquette du vaisseau spatial Orion au centre spatial Johnson de la NASA, l'astronaute de l'ASC Jeremy Hansen et sa coéquipière d'Artemis II Christina Koch, astronaute de la NASA, lors d'un exercice sur les opérations qui suivront l'insertion translunaire et la désorbitation. Ils se sont exercés à configurer Orion comme s'ils étaient rendus en orbite. (Source : NASA/Mark Sowa.)

Jours 1-10 : Vérification des systèmes

Après cette démonstration, les contrôleurs de vol du centre spatial Johnson de la NASA reprendront les commandes d'Orion. L'équipage passera le reste du temps en orbite haute à vérifier les systèmes du vaisseau spatial. Ils enlèveront leur combinaison spatiale et passeront le reste de la mission en vêtements ordinaires. Ils ne remettront leur combinaison spatiale qu'en vue de la rentrée dans l'atmosphère terrestre et de l'amerrissage.

Alors qu'ils seront toujours proches de la Terre, les astronautes évalueront l'efficacité du système de survie, nécessaire pour produire de l'air respirable et éliminer le dioxyde de carbone et la vapeur d'eau qu'ils produisent quand ils respirent, dorment, parlent ou font de l'exercice. Ces vérifications permettront de confirmer le bon fonctionnement du système de survie en vue de la phase du survol lunaire.

Les systèmes de communication et de navigation seront aussi vérifiés afin de confirmer qu'ils sont prêts pour la mission lunaire. Pendant qu'il se trouvera encore en orbite elliptique autour de la Terre, Orion s'éloignera brièvement de la portée des satellites GPS et du système de satellites de poursuite et de retransmission de données de la NASA. L'objectif est de vérifier tôt dans la mission les capacités de communication et de navigation du Deep Space Network de la NASA. Quand Orion se rendra jusqu'à la Lune et la survolera, le centre de contrôle de mission devra compter sur ce réseau de communications avec l'espace lointain pour communiquer avec les astronautes, transmettre des images vers la Terre et commander le vaisseau spatial.

Les astronautes continueront d'évaluer les systèmes du vaisseau spatial tout au long du voyage. Ils feront notamment une démonstration des opérations de départ et de retour, simuleront des procédures d'urgence et testeront l'abri de protection contre les rayonnements.

Gros plan d'Orion dans l'espace, avec la Lune et la Terre au loin.

Lors d'Artemis I, Orion a atteint sa distance maximale de la Terre au 13e jour de la mission, un record pour un vaisseau habitable. (Source : NASA.)

Jour 2 : Insertion translunaire

Une fois les procédures de vérification terminées, si tous les systèmes critiques fonctionnent correctement, la décision sera prise de poursuivre le voyage vers la LuneNote de bas de page 1. À ce moment-là, Orion aura été en orbite haute pendant environ 25 heures. La mise à feu de l'insertion translunaire qui propulsera Orion sur sa trajectoire durera environ 6 minutes et 5 secondes.

Jours 2-5 : Trajet vers la Lune

Le module de service de l'Agence spatiale européenne fournira la dernière poussée nécessaire pour envoyer Orion et l'équipage vers la Lune, un voyage d'environ quatre jours. Ils feront ensuite le tour de la face cachée de la Lune. Dans son ensemble, l'aller-retour pour la Lune aura la forme d'un huit, où Orion s'éloignera de plus de 370 000 km de la Terre.

En route vers la Lune, l'équipage aura l'occasion à quelques reprises d'échanger avec la population sur Terre en direct. Jeremy Hansen parlera à des Canadiens lors de vidéocommunications établies avec l'ASC.

Au cinquième jour de la mission, Orion entrera dans la sphère d'influence gravitationnelle de la Lune. Dans cette région, l'attraction de la Lune sur le vaisseau spatial sera plus forte que celle de la Terre.

Gros plan sur la surface de la Lune.

Au sixième jour de la mission Artemis I, la caméra optique de navigation d'Orion a pris cette photo en noir et blanc de cratères de la Lune. (Source : NASA.)

Jour 6 : Survol et observation de la Lune

Le lendemain, Orion devrait se trouver à une distance de 6 500 à 9 700 km de la Lune. De cet endroit, la Lune semblera aussi grosse qu'un ballon de basketball tenu à bout de bras. Par les hublots de la capsule, les astronautes verront la Lune d'assez près et la Terre au loin, à plus de 400 000 km de distance.

Le Soleil, la Lune et le vaisseau spatial Orion seront alignés de telle sorte que l'équipage verra environ 20 % de la face cachée de la Lune.

Pendant près de sept heures, à tour de rôle, ils observeront et photographieront diverses caractéristiques géologiques, comme des cratères d'impact, d'anciennes coulées de lave. Ils pourraient aussi voir des régions de la face cachée de la Lune que personne d'autre n'a vues avant comme la mer Orientale et les cratères Pierazzo et Ohm.

En plus de l'analyse des données en temps réel et des conseils d'une équipe de scientifiques, les astronautes mettront à profit leur formation en géologie au Labrador, en Islande et en classe pour décrire les textures, les formes et les couleurs de la surface. Ces données seront d'une grande utilité pour les futures missions d'exploration de la Lune.

Vers la fin du survol, l'équipage observera une éclipse solaire. Orion, la Lune et le Soleil seront alignés de telle sorte que les astronautes verront notre étoile disparaître derrière la Lune pendant environ une heure. Durant cette période, l'équipage verra la Lune en grande partie plongée dans l'obscurité. Ils profiteront de l'occasion pour analyser la couronne solaire — l'atmosphère externe du Soleil — alors qu'elle apparaît tout autour de la Lune. L'équipage tentera également de repérer des éclairs lumineux produits par l'impact éventuel de météoroïdes à la surface, afin de mieux comprendre les dangers potentiels pour les missions futures.

Lorsque le vaisseau spatial Orion passera derrière la Lune, la mission connaîtra une interruption planifiée des communications d'environ 40 minutes, la Lune bloquant les signaux radio entre le réseau Deep Space Network et le vaisseau spatial.

Au septième jour, Orion sortira de la sphère d'influence gravitationnelle de la Lune et se dirigera vers la Terre.

Le survol de la Lune en chiffres

Distance maximale de la Terre : environ 406 773 km; Artemis II dépassera la distance d'Apollo 13 d'environ 6 600 km

Distance au-delà de la face cachée de la Lune : environ 6 544 km

Jours 7-10 : Trajet de retour vers la Terre et amerrissage

Le voyage de retour de quatre jours commence au septième jour de la mission.

Vu qu'Orion sera sur une trajectoire de retour libre, aucun combustible ne sera nécessaire pour fournir une poussée. Ce sont l'assistance gravitationnelle de la Lune et la gravité de la Terre qui dirigeront naturellement le vaisseau spatial vers notre planète.

Après la séparation du module de service, la capsule rentrera dans l'atmosphère terrestre à 32 fois la vitesse du son. Le bouclier thermique et la friction atmosphérique contribueront à la ralentir beaucoup. Des parachutes-freins s'ouvriront là où l'atmosphère s'épaissit, puis les trois parachutes principaux, pour la ralentir suffisamment pour un amerrissage en toute sécurité.

La capsule spatiale amerrira dans le Pacifique au large de San Diego, en Californie, 15 minutes après le début de la rentrée atmosphérique. Après avoir parcouru plus de 2 000 000 km en près de 10 jours, la capsule et l'équipage seront récupérés par la NASA et la U.S. Navy, ce qui marquera la fin de cette mission historique autour de la Lune.

Préparé à partir de documentation de la NASA.

Ok

Quand Orion amerrira dans le Pacifique après la mission Artemis II autour de la Lune, une opération complexe se mettra en branle pour récupérer l'équipage et la capsule de façon sure. Les astronautes et les équipes de secours simulent l'opération plusieurs fois avant la mission. Les astronautes de l'ASC Jeremy Hansen et Jenni Gibbons nous emmènent dans les coulisses d'une de ces séances d'entrainement au Laboratoire de flottabilité nulle de la NASA. (Sources : ASC, NASA, Fulwell 73 UK Limited.)

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