Microsatellite de surveillance maritime et de messagerie (M3MSat)

Lancement : 21 juin 2016
État : actif

Le saviez-vous?

La démonstration technologique en orbite est la dernière étape de la mise au point de technologies spatiales. Fait numéro 1

En mettant ainsi à l'épreuve des technologies émergentes, l'industrie et le gouvernement obtiennent de précieuses données de vol, ce qui peut accélérer la mise en marché de ces technologies.

Les signaux du SIA suivent une ligne droite! Fait numéro 2

Jusqu'à tout récemment, le système d'identification automatique (SIA) ne pouvait pas fournir de données sur des navires éloignés de plus de 100 km. La raison? Les transpondeurs du SIA peuvent transmettre un signal à des centaines de kilomètres, mais le signal se propage en ligne droite : il ne peut donc pas suivre la courbure de la Terre.

En fait, ce problème est à la base de la mise au point du SIA du satellite.

M3MSat peut capter les signaux transmis par tous les navires se trouvant dans son champ de vision – soit un rayon d'environ 2 500 km!

Les satellites : De gros à petit à minuscule... Fait numéro 3

Les percées technologiques semblent être synonymes de miniaturisation. Il suffit de comparer les premiers ordinateurs et téléphones mobiles à ceux que nous avons aujourd'hui.

La technologie spatiale ne fait pas exception. Dans un domaine où les matériaux plus compacts et plus légers coûtent de moins en moins cher à fabriquer et à lancer, les microsatellites ont actuellement la cote.

Le terme microsatellite désigne généralement un satellite pesant entre 10 et 100 kg.

Démontrer de nouvelles technologies pour faire progresser les solutions spatiales

Le microsatellite de surveillance maritime et de messagerie (M3MSat) du Canada est le dernier engin spatial envoyé dans l'espace pour mettre à l'essai des technologies novatrices avant qu'elles soient utilisées lors de missions à grande échelle. Petit mais puissant, le M3MSat vise à améliorer la capacité du Canada à localiser les navires et gérer le trafic maritime depuis l'espace. On teste aussi un dispositif qui pourrait changer la façon dont nous veillons au bon état et à la sécurité des satellites en orbite.

M3MSat fait la démonstration des solutions uniques que peuvent offrir l'espace et les nouvelles technologies. C'est aussi un exemple de collaboration entre le gouvernement, l'industrie et le milieu universitaire pour stimuler l'innovation dans le secteur spatial canadien.

Lancement réussi du satellite canadien M3MSat

Source : Door Darshan (DD).

Améliorer la capacité du Canada de surveiller le trafic maritime à partir de l'espace

Le système d'identification automatique (SIA) transmet des renseignements importants sur l'identité, la direction et la vitesse des navires. Ceux-ci se servent des signaux du SIA pour détecter la présence d'autres navires et éviter des collisions en mer, tandis que les autorités côtières les utilisent pour accroître la sécurité en mer et surveiller le trafic maritime.

Les satellites ont été dotés de la technologie du SIA au cours des dernières années, ce qui a révolutionné la façon dont nous surveillons et gérons la sécurité en mer, car nous disposons ainsi d'une meilleure vue d'ensemble du trafic maritime. L'un des principaux objectifs de M3MSat est de tirer profit et de veiller à l'amélioration des capacités spatiales canadiennes liées au SIA.

Une partie de la mission M3MSat est consacrée à l'essai d'une antenne du SIA aux capacités évoluées qui promet de beaucoup mieux détecter et distinguer les divers signaux émis par les navires. Cette antenne compacte conçue par l'Université de Waterloo est la première, et la seule, du genre.

Un autre objectif de la mission est de tester un instrument de service à faible débit de données (LDRS) pour assurer la surveillance et veiller à la continuité des données lorsque les récepteurs du SIA ne sont pas en mesure d'effectuer une couverture en temps réel. L'instrument LDRS reçoit les transmissions recueillies par les stations dans des endroits éloignés, comme l'Arctique. Le satellite transmet ensuite ces données aux centres canadiens de contrôle de la circulation maritime.

Améliorer la façon de veiller au bon état et à la sécurité des satellites

L'accumulation d'électricité statique dans un satellite est néfaste pour ses composants électroniques. Bien qu'il soit possible de réduire la charge en augmentant temporairement la température de l'engin spatial, il n'existe actuellement aucun moyen permettant de déterminer à quel moment il faut le faire. M3MSat teste un détecteur de chargement profond des matériaux diélectriques (DDCM), dispositif conçu pour mesurer l'électricité statique qui s'accumule dans les composants électroniques des satellites. Si l'expérience est fructueuse, le DDCM pourrait améliorer la façon dont nous concevons les satellites et dont nous veillons à leur bon état et à leur sécurité, tout en prolongeant leur durée de vie utile en orbite.

Aperçu de la mission : le satellite, les essais, le lancement et l'exploitation

Satellite

Le cadre presque cubique du microsatellite, qui pèse l'équivalent du poids moyen d'un homme canadien (85 kg), a environ la même taille que la plupart des lave-vaisselle domestiques. Il fait appel à un nouveau type de plateforme générique de satellite (mise au point dans le laboratoire de vol spatial de l'Université de Toronto) qui pourrait être utilisé dans de futures missions. Le graphique ci-dessous montre les composants principaux de l'engin spatial.

Composants principaux de M3MSat

Description texte de l'image

Source : Honeywell (anciennement COM DEV).

Images de M3MSat

Image 1

Microsatellite M3MSat

Source : Recherche et développement pour la Défense Canada (RDDC).

Image 2

Microsatellite M3MSat

Source : Recherche et développement pour la Défense Canada (RDDC).

Image 3

Microsatellite M3MSat

Source : Recherche et développement pour la Défense Canada (RDDC).

Voir toutes les images M3MSat

Spatioqualification et essais

En raison des forces brutales imposées par le lancement d'une fusée et des températures extrêmes dans l'espace, M3MSat a subi une série d'essais d'une importance vitale. Un certain nombre d'entre eux ont été réalisés au laboratoire David-Florida (LDF) de l'Agence spatiale canadienne (ASC), le centre canadien de calibre international d'assemblage, d'intégration et d'essai d'engins spatiaux situé à Ottawa.

Lancement

M3MSat a été lancé de Sriharikota, en Inde, par l'Organisation indienne de recherche spatiale, à bord d'un lanceur de mise en orbite polaire (Polar Satellite Launch Vehicle [anglais seulement]) avec le premier satellite de démonstration de l'entreprise canadienne GHGSat (anglais seulement). Le satellite de GHGSat teste une nouvelle méthode de mesure des émissions de gaz à effet de serre produites par les installations industrielles. L'entreprise a bénéficié d'un financement de l'ASC dans le cadre du Programme de développement des technologies spatiales et du Programme de développement d'applications en observation de la Terre.

Exploitation

Depuis son lancement, M3MSat tourne autour de la Terre d'un pôle à l'autre, à une altitude de 505 km. Il survole les eaux canadiennes environ 10 fois par jour.

Le satellite est la propriété de Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) et est exploité par le Centre des opérations par satellite de l'ASC.

Les opérateurs peuvent utiliser le SIA embarqué sur M3MSat soit de façon indépendante, soit conjointement avec RADARSAT-2 en comparant les images prises par le radar à synthèse d'ouverture aux données acquises par le M3MSat.

Partenaires

M3MSat est une mission à laquelle collaborent l'ASC et RDDC. L'ASC est chargée de l'antenne LDRS et du DDCM, tandis que RDDC est responsable du SIA.

Le satellite a été construit par COM DEV International (maintenant Honeywell Canada), une entreprise établie en Ontario, avec le soutien de l'Institute for Aerospace Studies de l'Université de Toronto et de l'Université de Waterloo.