Incidence des vols spatiaux sur le système veineux

Objet

L'étude portant sur la compliance veineuse visait à déterminer si les vols spatiaux ont des effets sur la distension (adaptabilité, ou souplesse) des veines des membres inférieurs.

Contexte

La plupart des astronautes ressentent un malaise pouvant aller du vertige à la nausée, à la fatigue et à la perte de connaissance lorsqu'ils passent à la position debout ou se relèvent de leur siège après leur retour d'un vol spatial. Ce phénomène est appelé intolérance orthostatique et est essentiellement causé par le déconditionnement cardiovasculaire qui survient dans l'espace.

Description texte de l'image illustrant les déplacements de fluides causés par le vol spatial

Déplacements de fluides causés par le vol spatial. (Source : NASA)

L'intolérance orthostatique est principalement due à une diminution du volume sanguin global et à une réduction des réflexes qui font normalement circuler le sang des jambes vers le haut du corps. La compliance veineuse pourrait peut-être aussi expliquer l'apparition de ces symptômes chez les astronautes. Si un vol spatial augmente la compliance veineuse dans les jambes, l'afflux de sang dans la partie inférieure des jambes augmente, ce qui provoque des symptômes d'intolérance orthostatique.

Description du projet

À droite : Les muscles près des veines des jambes aident à faire refluer le sang vers le haut, en direction du coeur. (Source : NASA; de Grey's Anatomy)

Parrainé par l'Agence spatiale canadienne, ce projet a été mené en collaboration avec l'Université de la Colombie-Britannique, KRUG Life Sciences (Houston, Texas), et le laboratoire cardiovasculaire du Johnson Space Center de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) dans le cadre de la première mission du programme international d'expériences en microgravité (IML-1), la mission STS-42 lancée le 22 janvier 1992.

Trois membres d'équipage ont pris part à cette expérience dans le cadre de la mission d'une durée de huit jours. Pour chacun des sujets, on a pris deux mesures avant le vol, deux pendant le vol et trois après le vol. La compliance veineuse a été calculée en modifiant la pression dans la partie inférieure des jambes au moyen d'un brassard de compression (semblable à un brassard de tensiomètre) et en mesurant le volume sanguin dans la partie inférieure des jambes. Ce volume était mesuré par un pléthysmographe appelé ULP (Ultrasonic Limb Plethysmograph), qui utilise les ultrasons pour déterminer le diamètre des jambes.

Résultats

Au cours de cette brève mission, le volume des mollets a diminué de neuf pour cent après deux jours et de trois pour cent de plus après six jours. Les jambes ont en majeure partie retrouvé leur volume normal dans les heures qui ont suivi l'atterrissage. Pendant le vol, les veines de la partie inférieure des jambes étaient partiellement collabées et renfermaient 3 ou 4 ml de sang de moins par 100 ml de tissu, comparativement à leur état avant le vol. Malgré cela, la compliance veineuse est restée la même pendant et après le vol.

Lien connexe