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Annonce historique confirmant un rôle clé pour le Canada dans le projet de la station Gateway

Description

Publié le 21 décembre 2020

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Annonce historique confirmant un rôle clé pour le Canada dans le projet de la station Gateway

2020-12-16 – L’honorable Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, a annoncé que le Canada a signé le Traité sur la station spatiale Gateway avec les États-Unis. Aux termes du traité, l’équipage de deux missions vers la Lune comptera un astronaute canadien, dont Artemis II, la première mission lunaire habitée depuis 1972. Avec cette mission, dont le lancement est prévu pour 2023, le Canada serait le deuxième pays à envoyer un astronaute en mission autour de la Lune.

(Source : Agence spatiale canadienne.)

Transcription

Lisa Campbell : Bienvenue à tous. Bonjour à tous. Je m’appelle Lisa Campbell et je suis la présidente de l’Agence spatiale canadienne. J’aimerais souhaiter la bienvenue aujourd’hui à l’honorable Navdeep Bains, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, ainsi qu’à la députée de Longueuil–Charles-LeMoyne Sherry Romanado. Nous avons également le privilège d’avoir par vidéoconférence le corps d’astronautes de l’Agence spatiale canadienne : Jeremy Hansen, Joshua Kutryk, David Saint-Jacques, Jenni Sidey-Gibbons. Et j’aimerais saluer les gens qui sont avec nous dans les médias sociaux. Je me suis jointe à l’ASC il y a maintenant trois mois… Quel moment excitant pour faire partie de la communauté spatiale mondiale! J’ai l’impression qu’il y a un engouement grandissant pour l’espace partout au monde. Du plus en plus de pays essaient d’aller plus loin dans l’espace et réalisent des missions de plus en plus audacieuses. Le secteur spatial mondial croît rapidement, ce qui crée des occasions exceptionnelles pour le secteur spatial canadien. Je crois que l’espace peut contribuer grandement à l’économie de notre pays en créant des emplois d’avenir et en repoussant les limites de la science pour le mieux-être des Canadiens et les populations du monde entier. C’est un jour important pour le programme spatial canadien, un jour de célébration. J’invite maintenant le ministre à prendre la parole.

Hon. Navdeep Bains : Et je vous remercie, Lisa, et bonne journée à tous. Je suis honoré de me joindre à vous pour l’annonce historique d’aujourd’hui. Et en fait, c’est ma première annonce officielle avec la nouvelle présidente de l’Agence. Bienvenue, Lisa.

Lisa Campbell : Merci, monsieur le ministre.

Hon. Navdeep Bains : Le Canada, mesdames et messieurs, a une longue histoire d’exploration spatiale dont il peut être fier. Le premier Canadarm a fait partie intégrante des missions de la navette spatiale pendant 30 ans, de 1981 à 2011. On a aidé à construire la Station spatiale internationale, qui est habitée en permanence depuis plus de 20 ans. Et le Canadarm2 et Dextre demeurent essentiels aux opérations quotidiennes de ce formidable laboratoire en orbite autour de la Terre. Aujourd’hui, nous nous préparons à participer à la construction d’un nouvel avant-poste qui sera en orbite autour de la Lune. Ce nouvel avant-poste sera mille fois plus éloigné de la Terre que la Station spatiale internationale. La station Gateway est la prochaine grande collaboration internationale en matière d’exploration spatiale. Les astronautes l’habiteront, ils s’en serviront comme laboratoire de recherche et comme centre de contrôle de mission pour les missions d’exploration sur la Lune et, un jour, comme tremplin pour des missions dans l’espace lointain. Ce sera l’un des projets les plus ambitieux entrepris par l’humanité. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui pour annoncer fièrement que l’Agence spatiale canadienne et la NASA ont signé le traité Gateway, une entente historique qui garantit le rôle du Canada dans cet ambitieux projet. Contrairement à la Station spatiale internationale, la station Gateway ne sera pas habitée en permanence. C’est pourquoi notre système robotisé intelligent de pointe, le Canadarm3, fera appel à l’intelligence artificielle pour fonctionner en toute autonomie, sans intervention humaine. Le Traité sur la station spatiale Gateway confirme non seulement notre contribution, le Canadarm3, mais aussi que toutes les activités de robotique seront réalisées depuis le Canada. C’est une première. Je suis si fier que les Canadiens soient les pionniers de cette technologie d’avant-garde. Notre secteur spatial compte une main-d’œuvre diversifiée et dévouée prête à résoudre les défis uniques de l’exploration spatiale – des scientifiques aux ingénieurs, en passant par les techniciens et les programmeurs informatiques. On a le talent, l’expertise et on est des leaders mondiaux. D’ailleurs, la semaine dernière, l’Agence spatiale canadienne a justement accordé un contrat à la société MDA, de Brampton, en Ontario, pour déterminer les exigences techniques pour la construction du Canadarm3. MDA est l’un des chefs de file mondiaux de la robotique et est reconnue pour son excellence et sa fiabilité. Ce contrat avec MDA n’est que le début. Ce traité que nous annonçons aujourd’hui contribuera à la croissance d’entreprises innovantes de toutes tailles dans tout le pays. Elles pourront ainsi être en bonne posture pour réussir dans le secteur spatial mondial, dont la croissance rapide est prévue de tripler au cours des dix prochaines années. Notre investissement dans le Canadarm3 devrait contribuer à lui seul pour 135 millions de dollars par année au PIB – produit intérieur brut – du Canada, et créer ou aider à maintenir 1300 emplois bien rémunérés pendant les dix prochaines années. Mais quand on parle d’exploration spatiale au Canada, il n’est pas seulement question de fournir des robots de nouvelle génération. On a aussi une équipe d’astronautes de calibre mondial. Notre pays a été le premier à devenir officiellement partenaire du projet de la station Gateway. Eh bien, je suis fier d’annoncer une autre première. Le Canada se joindra aux États-Unis pour la première mission avec équipage sur la Lune depuis les missions Apollo. Le lancement est prévu pour 2023 et une ou un astronaute de l’Agence spatiale canadienne fera partie de l’équipage d’Artemis II, la première mission lunaire habitée en plus de 50 ans. Le Canada deviendra le deuxième pays à envoyer un astronaute dans l’espace lointain. Et d’envoyer le premier Canadien autour de la Lune. Le traité confirme également un deuxième vol plus tard pour un astronaute canadien vers la station Gateway. Nos réalisations dans l’espace sont sans doute le meilleur exemple de cette volonté commune à bien des Canadiens : celle de comprendre, d’apprendre et de contribuer. Le Canada a réalisé des expériences scientifiques en santé à la Station spatiale internationale pour qu’on puisse mieux comprendre le processus de vieillissement, améliorer nos méthodes concernant les soins aux malades chroniques et leur réhabilitation, et créer des technologies médicales inspirées de nos robots spatiaux. Ces recherches ont mené à des découvertes dont bénéficient les Canadiens et le monde entier. La participation du Canada au projet de la station spatiale Gateway et à la mission Artemis II nous permettra de continuer d’être des leaders mondiaux de l’exploration spatiale. C’est excitant, c’est historique, et ça nous donne espoir en l’avenir, particulièrement en cette période difficile. Merci beaucoup

Lisa Campbell : Merci, monsieur le ministre. Nos astronautes sont avec nous aujourd'hui, alors profitons-en pour leur poser quelques questions. Josh, vous êtes à Houston aujourd’hui, où l’équipe des astronautes de la NASA et des partenaires étrangers reçoivent leur formation. Comment est-ce que vos collègues réagissent à cette nouvelle sur le retour de l’humanité sur la Lune?

Joshua Kutryk : Bonjour! Oui, il y a – je veux dire – il y a certainement beaucoup de travail pour nous tous pour développer les technologies et les infrastructures pour ces missions. Je pense que la réaction ici a été d’être emballé, et fier, et probablement aussi inspiré. Le corps d’astronautes international à Houston est au septième ciel – je me permets de le dire aujourd’hui – à la perspective de ces missions et de toutes les découvertes et innovations scientifiques qu’elles rendent possibles. En tant qu’astronautes canadiens, je pense qu’on est particulièrement fiers de représenter le Canada dans ce contexte, et on est fiers aussi d’avoir constitué ici, à l’Agence spatiale canadienne, un corps d’astronautes professionnels hautement qualifiés, qui sont tous – tout à fait prêts pour ces missions et celles qui suivront. Enfin, je dirais qu’on se sent tous particulièrement inspirés en ce moment, et j’espère que les Canadiens le seront autant que nous. On est inspirés par le leadership canadien dans cette entreprise audacieuse d’aller sur la Lune et on est inspirés par notre histoire. On a toujours été à l’avant-garde de l’exploration spatiale, depuis nos premiers astronautes, avec Marc Garneau et Roberta Bondar, et c’est inspirant pour moi de regarder vers l’avenir et de penser que cet héritage va se poursuivre d’une manière qui profite à tous les Canadiens – en envoyant certains d’entre nous sur la Lune et peut-être même plus loin encore.

Lisa Campbell : Merci beaucoup, Josh. David, dites-nous comment notre participation au programme de la Station spatiale internationale a ouvert la voie au projet de la station spatiale Gateway.

David Saint-Jacques : Oui, madame la présidente, effectivement, ç’a ouvert la voie. Pour le projet du Gateway, on s’appuie sur notre longue histoire d’exploration spatiale avec d’autres pays. Pendant les vingt ans où la Station spatiale internationale a été habitée en permanence, on a profité d’une collaboration internationale sans précédent. Chaque partenaire amène ses propres secteurs d’expertise. Moi, personnellement, en tant que médecin, je suis vraiment fier que la recherche canadienne ait toujours été axée sur la santé, pas seulement la santé des astronautes, mais notre santé à tous. J’avais jamais réalisé à quel point notre travail dans ce domaine-là nous aiderait à développer, par exemple, notre expertise en télémédecine. Je sais que le ministre Bains y avait seulement pensé quand il nous a demandé dans la Stratégie canadienne de faire avancer la télémédecine, mais personne n’aurait pu prévoir qu’on aurait à faire face à la pandémie de COVID-19 en 2020. On travaille avec les experts de partout au pays pour que notre savoir-faire en santé dans l’espace puisse améliorer les soins de santé en région, par exemple. Je suis très heureux de voir ce qu’on peut faire pour les Canadiens dans ce domaine-là. On va continuer à pousser notre expertise ici sur Terre pour contribuer des améliorations dans le domaine de la santé, et réaliser des véritables économies. Le Canada va continuer à mettre à profit son excellence de calibre mondial dans le domaine de la santé pour les missions d’exploration vers la Lune et plus loin, un jour, dans l’espace lointain.

Hon. Navdeep Bains : On dirait bien que c’est à moi maintenant, Lisa. J’ai une question pour Jenni. Je me souviens très bien de l’époque où nous étions ensemble en 2017, toi, moi et Josh, quand on a annoncé ta sélection aux Canadiens le jour de la fête du Canada. Ç’a été un moment passionnant pour moi. Je suis donc ravi d’être ici aujourd’hui pour vous parler, Jenni. Vous êtes ingénieure, et comme ingénieure, on est emballés par la recherche qu’on va faire. Dites-nous, si vous vous voulez bien, ce qu’on fera comme recherche scientifique sur la Lune?

Jenni Sidey-Gibbons : Absolument. Eh bien, tout d’abord, c’est un plaisir d’être de nouveau avec vous, monsieur le ministre. Je suis contente que vous posiez cette question. Les possibilités de découvertes scientifiques sur la Lune avec la station spatiale Gateway sont vraiment formidables, et c’est nouveau et varié aussi. Je veux dire, cela va de la cartographie de la Lune à l’acquisition d’images de l’espace de très haute définition. Le programme Apollo a été un programme extraordinaire qui a rendu possibles des travaux scientifiques incroyables. On a beaucoup appris sur notre planète et la Lune, mais on était limités dans les sites qu’on pouvait explorer. Maintenant, la station spatiale Gateway, sur son orbite, va nous permettre d’explorer plein de sites différents sur la Lune, dont certains sont recouverts de glace liquide ou d’eau. On comprend donc maintenant que, si on peut approfondir nos connaissances sur la répartition de la glace d’eau sur la Lune, on peut mieux connaitre les prochaines étapes essentielles qu’il faut franchir afin d’établir des bases durables sur d’autres corps planétaires du Système solaire. Ce sera donc vraiment génial de le découvrir. Les scientifiques canadiens sont particulièrement intéressés par l’étude de l’histoire géologique de la Lune et des processus géologiques qui ont façonné sa surface. Cela nous donne des indices non seulement sur la formation de la Lune, mais aussi sur la composition et les caractéristiques d’autres planètes telluriques du Système solaire. On apprend sur d’autres lunes, sur des lunes glacées d’autres planètes, et même sur de petits objets comme les astéroïdes. Enfin, la Lune nous fournit un incroyable banc d’essai pour tester des choses comme les nouvelles technologies des rovers. Ces rovers deviennent ces plateformes scientifiques mobiles qu’on peut mettre sur toute autre surface planétaire rocheuse qu’on pourrait. Il y a beaucoup à apprendre, et cette annonce est plutôt excitante, comme vous le dites, puisqu’elle signifie que le Canada et les Canadiens seront là pour aider à faciliter toute cette nouvelle recherche scientifique.

Hon. Navdeep Bains : Eh bien, merci beaucoup, Jenni, pour cette réponse réfléchie. C’est formidable, ces possibilités de recherche de toutes ces façons extraordinaires! J’ai aussi une question pour Jeremy. Jeremy, quand on a annoncé ensemble la Stratégie spatiale canadienne à Edmonton, on était tous les deux très enthousiastes quant aux opportunités qu’elle créerait pour le Canada. Je sais que vous êtes un explorateur passionné et que vous êtes sur la même longueur d’onde que moi, c’est-à-dire qu’il faut tirer parti de l’espace pour aider les Canadiens. Et encore, sur une note un peu plus personnelle, merci pour votre leadership. Vous avez fait un travail extraordinaire pour faire avancer la Stratégie spatiale, comme un véritable ambassadeur pour nous. Selon vous, quels bénéfices est-ce que le Canada tirera de ces missions d’exploration de la Lune?

Jeremy Hansen : Merci beaucoup, monsieur le ministre. Je dois dire que je suis encore très emballé par les possibilités offertes au Canada parce qu’on continue de tirer parti de l’espace. Vous savez, quand je pense à la mission Artemis II, je me dis qu’elle ressemble beaucoup à la mission Apollo 8, en 1968 [incompréhensible] quand des humains [incompréhensible] leur nouveau vaisseau spatial. Et quand ils ont fait le tour derrière cette fameuse photo, cette photo de la Terre entière dans le noir profond de l’espace, on a vu notre planète entière pour la première fois, sa fragilité, sa beauté. Cela nous rappelle qu’on fait tous partie de la même aventure, ensemble. Et c’est ce qui me passionne, dans tout ça. Cette fois, quand on y retournera, ce sera avec les yeux rivés sur notre planète. Fixer de grands objectifs dans le domaine de l’exploration spatiale, par exemple, la Station spatiale internationale, a renforcé notre capacité de collaboration. Cette même collaboration est nécessaire pour relever les grands défis mondiaux comme le changement climatique et, à mon avis, le Canada a tout simplement beaucoup à offrir à la communauté mondiale. Comme cela a été souligné plusieurs fois aujourd’hui, le domaine spatial évolue rapidement. Les possibilités commerciales sont immenses. Il existe même de nouveaux débouchés actuellement dans l’exploration spatiale habitée et même de la robotique spatiale. Ce que j’aimerais vraiment communiquer à nos jeunes Canadiens, monsieur le ministre, c’est leur faire savoir que notre avenir dans l’espace est brillant. Nous mettons à profit des décennies d’expérience et d’engagement pour être des acteurs majeurs dans cette économie émergente. Je pense que c’est visionnaire et tellement important pour le Canada.

Hon. Navdeep Bains : Merci, Jeremy et merci pour votre leadership aussi. Ma prochaine question est pour Sherry Romanado, députée de Longueuil et présidente du Comité de l’industrie. Sherry, que signifie l’engagement du Canada dans l’espace pour les entreprises et les travailleurs qui font partie de l’écosystème aérospatial du Québec?

Sherry Romanado : Merci beaucoup, monsieur le ministre. Puis comme vous le savez, le Québec est un leader mondial dans l’aérospatiale. Son industrie compte près de 200 entreprises, grandes comme petites, une vingtaine de centres de recherche, et une multitude d’associations. Le Programme d’accélération de l’exploration lunaire favorisera l’innovation dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la robotique, la science et la santé, et soutiendra la commercialisation des idées novatrices de l’industrie canadienne. Cela se traduira par de grandes possibilités pour nos entreprises aérospatiales ici au Québec. Par exemple, il a été annoncé récemment que la société québécoise NGC Aerospace Limited a reçu un financement de 840 000 dollars pour faire la démonstration d’un système de navigation planétaire similaire à la technologie GPS utilisée ici sur Terre. C’est un grand jour pour l’exploration spatiale et c’est un jour extraordinaire pour le Canada. Merci.

Hon. Navdeep Bains : Eh! bien! Merci beaucoup, Sherry, et merci pour tout le travail que vous faites pour promouvoir l’Agence spatiale canadienne dans le cadre de votre travail comme présidente du Comité de l’industrie. J’aimerais conclure en disant que c’est une journée extraordinaire pour le Canada! J’aime savoir que mes filles, Nanki et Kirpa, verront bientôt un astronaute canadien partir pour la Lune très bientôt! David, quand le gouvernement actuel s’est engagé pour la première fois à relever ce défi, vous étiez à bord de la Station spatiale internationale. C’était formidable et inspirant de vous voir dans l’espace. Aujourd’hui, avec cette annonce, je pense à cette image de la mission Apollo 8 que Jeremy a mentionnée – la Terre vue par des astronautes en orbite lunaire. En tant que Canadien, je suis rempli de fierté à l’idée que la prochaine fois qu’on prendra une photo d’un lever de Terre, l’un de vous quatre sera derrière l’objectif…

Lisa Campbell : Merci, monsieur le ministre, députée Romanado et merci aussi à nos astronautes pour leur participation.

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