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Chris Hadfield répond en direct de la SSI en compagnie du gouverneur général du Canada

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Publié le 30 janvier 2013

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Chris Hadfield répond en direct de la SSI en compagnie du gouverneur général du Canada

(Événement principalement en anglais)

2013-01-30 - Le 30 janvier 2013, l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Chris Hadfield a pris part à une liaison espace-Terre en compagnie de Son Excellence le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada et quelques 250 élèves rassemblés au Musée de l'aviation et de l'espace du Canada, Ottawa, Ontario. Hadfield a répondu aux questions des jeunes et a même démontré comment on se lave les mains dans l'espace alors qu'il flottait à 380 km en orbite au-dessus de la Terre à bord de la Station spatiale internationale.

(Sources : Agence spatiale canadienne, NASA.)

Transcription

Son Excellence le très hon. David Johnston : Bonjour Chris, nous sommes si fiers de vous et nous suivons vos aventures. J’espère qu’Eddy se conduit bien et que ses ronflements ne vous réveillent pas trop la nuit.

Chris Hadfield : Eddy... les lions font beaucoup de bruit quand ils ronflent, mais nous avons mis Eddy dans un contenant, que nous avons mis dans un placard, alors ses ronflements ont été étouffés. Mais il est venu dans l’espace avec moi, et tous les deux, nous faisons la paire dans la station, Votre Excellence. Merci de me l’avoir donné.

Son Excellence le très hon. David Johnston : Chris, comme vous le savez, c’est tout un aventurier, alors faites attention, il pourrait très bien sortir furtivement du placard.

Il y a ici un beau groupe d’élèves qui veulent poser des questions. Tournons-nous vers eux.

Modérateur : Nous avons ici une première question pour vous.

Question : Bonjour. Je m’appelle Emily Tsu (ph) et je suis en sixième année. J’ai entendu dire qu’on perd un peu le sens du goût dans l’espace. Est-ce que c’est vrai?

Chris Hadfield : Emily, le sens du goût, c’est un peu comme lorsqu’on a un rhume. Et quand on a un rhume, tout ce qui sort normalement du nez reste bloqué là. Et le sens du goût, c’est en partie grâce à la langue et à l’odorat et aux sens, et quand on ne peut pas sentir, la nourriture ne goûte pas grand-chose. C’est la même chose qui arrive aux astronautes parce que, dans l’espace, il n’y a pas de gravité pour faire sortir les fluides de notre tête, alors c’est comme si on avait la tête enflée, le nez se bloque et la langue enfle un peu. Voilà pourquoi la nourriture ne goûte rien. Mais après une semaine environ, notre corps s’habitue. Le nez se débloque et le sens du goût revient un peu. Mais pendant la première semaine, c’est comme avoir un rhume. Ensuite, le goût des aliments n’est ni très fort ni très bon.

Modérateur : Une autre question.

Question : Bonjour. Je m’appelle Connell Sloan (ph) et je suis en sixième année à l’école Corpus Christi. Je me demandais ce qui se passerait si on mettait une guimauve à l’extérieur de la station spatiale.

Chris Hadfield : Eh bien, ce que tu peux voir par le hublot, c’est à l’extérieur de la station spatiale. Il y a juste deux épaisseurs de verre qui nous sépare de l’extérieur, c’est-à-dire le vide de l’espace. Il n’y a pas d’air. C’est complètement vide. Et au soleil, là où il y a de la lumière, il fait 150 degrés. Et à l’ombre, il fait -120 degrés.

Alors prenons ta guimauve et mettons-la à l’extérieur. Eh bien, tout d’abord, il n’y a aucune pression. Et dans une guimauve, il y a plein de petites poches d’air emprisonnées. C’est ce qui la rend toute spongieuse, alors ta guimauve gonflerait d’un coup. Et si nous la mettions à l’extérieur à l’obscurité, comme derrière la Terre, ta guimauve gonflerait et gèlerait. Tu aurais alors comme une boule de neige à la guimauve. Et si ta guimauve était au soleil, si nous étions du côté ensoleillé, elle gonflerait et deviendrait toute gluante, pas comme si elle était dorée au-dessus du feu, ce serait plutôt une grosse masse gluante, comme un gros... un gros globe oculaire ou quelque chose du genre. Les guimauves placées à l’extérieur du vaisseau spatial ne seraient donc pas bien bonnes, mais s’il y avait une guimauve dans le vaisseau spatial, je la mangerais. (Rires.)

Question : Bonjour. Je m’appelle Madeleine Christian (ph) et je suis en sixième année à l’école Corpus Christi. Voici ma question : vous avez été en état d’apesanteur bien plus longtemps qu’au cours de vos voyages précédents dans l’espace. Remarquez-vous une différence?

Chris Hadfield : Eh bien, Madeleine, la grande différence cette fois-ci, c’est que j’y suis habitué. Je peux voler. Je peux me déplacer dans toutes les directions. Je peux... je peux faire ce que je veux. C’est merveilleux d’être en état d’apesanteur cette fois-ci. Je m’y suis complètement adapté. Je ne me sens pas comme un simple visiteur ici maintenant. Je me sens comme un être de l’espace. Ce que je veux dire, c’est que c’est merveilleux d’être tout à fait habitué à l’état d’apesanteur, que mon corps y soit habitué. Je fais de l’exercice deux heures par jour pour demeurer fort, mais mon corps adore être en état d’apesanteur. C’est juste... c’est merveilleux de pouvoir voler et de flotter – et regarde ce microphone – de simplement pouvoir faire flotter les choses d’un endroit à l’autre dans l’espace. C’est... c’est comme de la magie. Et c’est un véritable cadeau de pouvoir être ici pour vivre cette magie pendant cinq mois. J’adore ça.

Question : Bonjour. Je m’appelle Nicholas English (ph) et je suis en sixième année à l’école Corpus Christi. Je me demande comment vous vous lavez les mains au savon et à l’eau dans l’espace.

Chris Hadfield : Comment nous lavons-nous les mains? Nicholas, j’ai apporté quelque chose pour répondre à ta question. Regarde bien ce que je montre à la caméra. Tu peux voir une pochette où il est écrit No Rinse Body Bath, c’est-à-dire « nettoyant pour le corps sans rinçage ». C’est un sac avec un tube. Faisons une petite démonstration. Bon, c’est le temps de se laver. Je vais faire sortir un peu d’eau. Alors voilà, nous obtenons une grosse boule d’eau, que nous mettons sur la main. Et maintenant, j’ai de l’eau qui flotte dans la main. Je me lave les mains avec ça et puis je prends une serviette pour me les essuyer. C’est comme ça que nous faisons.

Ce nettoyant sans rinçage, c’est un type particulier d’eau légèrement savonneuse qui ne nécessite pas beaucoup d’eau par après. On la fait sortir. On fait flotter une boule d’eau devant soi et ensuite, on n’a qu’à faire sécher sa serviette. Quand on a fini, on accroche la serviette quelque part pour la faire sécher à l’air pour que l’eau évaporée retourne à la station spatiale pour être réutilisée. Ça fonctionne donc assez bien. C’est comme si... un peu comme lorsqu’on se trouve sur un voilier et qu’on a besoin de se laver : on s’y prendrait un peu de la même façon.

Question : Bonjour. Je m’appelle Melissa et je suis en sixième année. J’aimerais savoir si se trouver en état d’apesanteur et nager sous l’eau, ça se ressemble.

Chris Hadfield : Oui, c’est un peu comme si on nageait. La prochaine fois que tu seras près d’une piscine, si tu as la chance d’aller à une piscine intérieure à Ottawa, ou encore en été, près d’un lac ou d’une rivière, va dans l’eau et essaie de relaxer chacun de tes muscles. Relaxe chacun des muscles de ton corps, comme je le fais maintenant. Et regarde bien mes bras : ils ne sont pas le long de mon corps comme sur la Terre. Mes bras flottent... un peu comme dans l’eau parce qu’il n’y a aucune gravité pour les tirer vers le bas. C’est la même chose pour tout le corps. Mes genoux montent. Même ma chemise polo flotte autour de moi.

Alors c’est plus comme si on flottait dans l’eau tout le temps que si on nageait parce que ce n’est pas possible d’utiliser l’air pour se déplacer. L’air ne peut pas... je vais te montrer. Je ne me rends nulle part avec l’air. L’air ne peut pas... je reste sur place parce l’air n’est pas aussi dense que l’eau, alors tout simplement, c’est plus comme si on flottait dans l’eau tout le temps. C’est une superbe liberté. C’est très agréable de pouvoir tout simplement flotter. Alors essaie-le la prochaine fois que tu seras dans une piscine.

Question : Bonjour. Je m’appelle Owen, je suis en sixième année et je me demandais ce qui se passerait si on essayait de peindre en apesanteur.

Chris Hadfield : Essayer de peindre en apesanteur. Hum. Eh bien, nous faisons un peu d’art ici en haut, mais nous n’avons pas de peinture parce que la plupart du temps, la peinture a une odeur. Tu sais, quand on ouvre un pot de peinture, ça sent fort. Et sur Terre, tu sais, les émanations de la peinture... ce n’est pas une bonne idée de peindre au pistolet dans une petite pièce parce que les émanations sont très fortes. Eh bien, la station spatiale est un espace fermé. Toutes... toutes les odeurs ici ne peuvent se dissiper nulle part. Elles ne peuvent être filtrées que par mes poumons ou peut-être par l’équipement. Alors dans la plupart des cas, la peinture ici dans l’espace, ce n’est pas indiqué à cause de la forte odeur et des produits chimiques qui s’en dégagent.

Mais je pense qu’un petit peu de peinture, ce serait bien. Nous avons des artistes astronautes qui peuvent dessiner, colorier et faire des dessins au fusain. Alors je pense qu’un peu de peinture, ce serait bien, mais tout ce qui monte ici est déjà peint.

Question : Bonjour. Je m’appelle Tom Lee et je suis en sixième année. Je me demande combien de temps il a fallu pour construire la Station spatiale internationale.

Chris Hadfield : Tom, la station spatiale est grande. J’aurais bien aimé vous la montrer au complet. Elle est énorme. Sa taille équivaut à celle de cinq patinoires de hockey. Elle est très grande. Et chaque partie a été envoyée dans l’espace une à une, où nous les avons toutes assemblées. Avec le Canadarm, notre grand bras robotique, nous avons pris chaque partie pour la fixer à la station, qui s’est agrandie au fur et à mesure. Et la toute première partie a été envoyée dans l’espace il y a 15 ans, en 1998. Je travaillais au centre de contrôle de mission à ce moment-là, sur Terre. Et lentement, nous l’avons construite. J’ai aidé à sa construction il y a 12 ans la première fois où je suis venu dans l’espace. Des gens ont commencé à vivre ici, je pense, oui, il y a 12 ans, et je fais partie de la mission Expedition 35. Alors cela fait un bon moment que des gens vivent ici. Et nous sommes toujours en train d’agrandir la station. Des parties sont encore envoyées dans l’espace. Je pense que tu as peut-être lu cette semaine qu’un module gonflable sera envoyé dans deux ans environ, et les Russes doivent toujours envoyer un laboratoire ici.

Alors la construction de la station se fait lentement. C’est comme une ville, on ne peut jamais vraiment dire que c’est fini. La construction a commencé il y a bien longtemps et, lentement, nous agrandissons lentement la station en y ajoutant des parties pour qu’elle soit encore plus performante. Et actuellement, c’est le bâtiment, le laboratoire spatial le plus grand, le plus puissant et le plus performant jamais construit dans l’histoire de l’humanité.

Question : Bonjour. Je m’appelle Luke Gees (ph) et je suis en sixième année. Je me demandais ce qui se passait quand on éternue dans l’espace.

Chris Hadfield : Qu’est-ce qui se passe quand on éternue dans l’espace? Eh bien, essayons pour voir. Très bien, je vais me préparer. Je vais éternuer. Voyons ce qui va se passer. Il faut d’abord que je me stabilise. Bon, je vais me mettre de côté pour voir ce qui se passe. On y va. (Éternuement.) Rien. (Éternuement.) Eh bien, il semble que je tourne un tout petit peu.

Donc, quand on éternue, bien sûr, notre corps essaie de faire sortir quelque chose du nez et il le fait avec force. Donc ce qui sort un tout petit peu du nez va très légèrement faire reculer notre corps, mais vu que notre masse est importante et que ce qui sort du nez a une très faible masse, on ne bouge pas beaucoup. Il ne se passe donc pas grand-chose, mais dans l’espace aussi, on met la main devant la bouche quand on éternue.

Question : Bonjour. Je m’appelle Yusri (ph) et je suis en cinquième année. La question que je veux vous poser c’est : comment dort-on dans l’espace?

Chris Hadfield : Ah, je dors très bien, merci. C’est un peu différent parce qu’en apesanteur, sans gravité, ce n’est pas nécessaire d’avoir un lit. Donc j’ai seulement un sac de couchage fixé, branché au mur. Et je n’ai pas besoin d’un oreiller parce que la tête ne tombe pas. Je flotte. Et donc, pour dormir, j’ai juste à utiliser le sac de couchage et à flotter à côté du mur, branché un peu avec le Velcro au mur, et relaxer et dormir. C’est très confortable. Je pense que c’est beaucoup plus confortable que de dormir sur Terre dans la gravité, sous la gravité.

Question : Bonjour. Je m’appelle Graciella Panafada-Moreno (ph) et je suis en cinquième année. Pourquoi est-ce que la Station spatiale internationale se déplace si vite?

Chris Hadfield : Hum, pourquoi se déplace-t-on si vite? C’est parce qu’on se déplace vite qu’on reste dans l’espace. On fait le tour de la Lune... oh, excusez-moi, on fait le tour du monde de la même façon que la Lune fait le tour du monde. Laisse-moi t’expliquer. Si tu sortais du musée où tu te trouves, que tu allais sur le toit et que tu sautais du toit, la gravité te tirerait tout de suite vers le bas et tu te ferais mal. Si tu courais d’un bout à l’autre du toit très vite... vite, vite, vite, vite, vite d’un bout à l’autre du toit et que tu sautais, tu parcourrais une bonne distance, mais tu tomberais quand même et tu t’écraserais au sol.

Eh bien, imagine que tu puisses aller si vite d’un bout à l’autre du toit, si vite qu’en tombant, après avoir sauté du toit, la surface de la Terre se dérobait sous toi à cause de la courbure terrestre, de sorte que tu tomberais, mais tu irais si vite que la surface de la Terre se déroberait sous toi et tu ne t’écraserais jamais au sol. Tu serais toujours en train de tomber et la Terre serait toujours en train de se dérober sous toi. Il faut que tu ailles vraiment vite, à huit kilomètres par seconde, à 28 000 kilomètres par heure. Mais si tu arrivais à atteindre la vitesse de 500 kilomètres par minute, alors tu serais en état d’apesanteur parce que tu tomberais exactement à la vitesse à laquelle la Terre se dérobe sous toi à cause de la courbure terrestre. Voilà pourquoi la station spatiale doit se déplacer si vite pour rester en orbite et demeurer en état d’apesanteur.

Question : Bonjour. Mon nom est Ally (ph) Fitzgerald, en cinquième année. Ma question est : quel genre de nourriture est-ce que les astronautes mangent?

Chris Hadfield : Ah, la nourriture. Nous avons beaucoup... beaucoup de types différents de nourriture ici, mais ce n’est pas frais. Ce n’est pas la nourriture comme chez vous. La nourriture est sèche. Il nous manque un réfrigérateur... pas de congélateur ici dans la station pour la nourriture. Donc la nourriture ressemble à des fruits séchés. Je peux l’ouvrir. Juste un moment – le microphone flotte aussi – donc ça, c’est... c’est quoi? Des pêches. C’est la nourriture de l’espace. C’est pas pire. Et aussi, comme ça, c’est quoi? C’est du soudak (ph). C’est de Russie. C’est comme du saumon. Et ça ressemble... c’est comme sur Terre, avec des légumes.

Donc ce n’est pas tellement délicieux, mais c’est assez bien. Et ce n’est pas... comme si maman avait préparé la nourriture. Ce n’est pas comme dans un restaurant. Mais c’est assez bien pour la santé et pour la santé des astronautes. Pour moi, c’est parfait.

Question : Bonjour. Je m’appelle Katrina Lane (ph), je suis en sixième année. Voici ma question : qu’est-ce que ça sent dans la station spatiale?

Chris Hadfield : Qu’est-ce que ça sent? Il n’y a pas vraiment d’odeur particulière qui se démarque. C’est une odeur assez agréable en fait. L’odeur ressemble à celle qu’on sent dans un avion. Si tu montes dans un avion d’Air Canada, par exemple, il y a une faible odeur caractéristique, une odeur de propreté. Et nous nettoyons... tous les samedis, je nettoie ce laboratoire de fond en comble. Nous nous trouvons actuellement dans le laboratoire japonais. J’essuie toutes les mains courantes avec des lingettes désinfectantes – des lingettes humides – et je passe l’aspirateur sur tous les filtres. Nous faisons donc de grands efforts pour que la station spatiale reste propre. Donc l’odeur est assez agréable... c’est comme dans un grand immeuble ou peut-être comme dans un bel hôpital bien propre ou quelque chose du genre. Nous faisons beaucoup d’efforts pour que la station sente propre et que l’air soit sain. C’est bon pour notre santé et ainsi, les bactéries ne peuvent pas se multiplier. Et c’est bien mieux s’il n’y a pas d’odeur désagréable.

Question : Bonjour. Je m’appelle David Greenwood, je suis en sixième année et je me demandais s’il vous arrive de voir des débris spatiaux dans l’atmosphère depuis la station spatiale.

Chris Hadfield : Tu sais, l’espace est plein de débris. La Terre se fait bombarder tous les jours de cent tonnes de débris spatiaux. Cent tonnes de débris spatiaux bombardent la Terre chaque jour. Chaque fois que tu vois une étoile filante ou, tu sais, un météorite ou quelque chose du genre, il s’agit de petits morceaux de débris qui viennent de l’univers – cent tonnes par jour! Certains de ces débris sont d’origine humaine, très peu, mais il y en a tout de même. Et depuis la station spatiale, par contre, tout va très, très vite. Nous allons à la vitesse de cinq milles par seconde, de huit kilomètres par seconde. Alors tous les débris vont plus vite qu’une balle de fusil. Donc on ne peut pas les voir en temps normal. La seule fois où j’ai vu un débris spatial, c’est lorsqu’il s’est consumé dans l’atmosphère sous moi, alors j’ai été témoin d’un météorite qui s’est consumé dans l’atmosphère. Et à vrai dire, c’était à donner froid dans le dos parce que ce météorite aurait pu nous heurter plutôt que d’être happé par la gravité terrestre et attiré dans l’atmosphère. Mais même si nous savons qu’il y a des débris autour de nous, l’espace est grand... nous sommes criblés de minuscules débris tout le temps, mais la station spatiale est un bon vaisseau, un grand vaisseau solide, et jusqu’ici, tout va bien!

Question : Bonjour. Je m’appelle Sam. Je suis en sixième année et je demandais si vous jouiez à des jeux dans l’espace auxquels il n’est pas possible de jouer sous l’effet de la gravité ou à des jeux qui sont plus difficiles ou amusants en état d’apesanteur.

Chris Hadfield : Oui, c’est un endroit génial pour jouer à des jeux. Tu adorerais ça, ici. Imagine que tu joues, tu sais, à la cachette ici dans l’espace, où tu pourrais, en flottant, te cacher dans n’importe quel placard. Tu pourrais te cacher au plafond ou dans n’importe quel recoin. Alors c’est un endroit idéal pour jouer à la cachette, mais on ne joue pas très souvent à ce jeu-là. On joue au Scrabble ces temps-ci, mais jouer au Scrabble en apesanteur est assez difficile parce que les pièces flottent un peu partout, alors les pièces de notre jeu de Scrabble s’encastrent dans le plateau de jeu, qui se trouve au plafond.

Tu pourrais jouer aux fléchettes ici, mais pas de fléchettes pointues dans un astronef par contre! Mais tu sais, si ta fléchette avait juste une grosse boule de Velcro au bout, et peut-être de grosses plumes à l’autre extrémité, et si tu la lançais tout doucement, alors peut-être que tu pourrais jouer aux fléchettes. Quand on joue aux fléchettes sur Terre, les fléchettes subissent l’effet de la gravité, alors elles font une courbe quand on les lance. Ici, elles iraient tout droit. Une fois que tu aurais lancé ta fléchette, elle irait en ligne parfaitement droite jusqu’à la cible parce qu’en l’absence de gravité, sa trajectoire ne serait pas incurvée.

Alors tu sais, à mon avis, ce serait amusant de trouver toutes sortes de jeux qu’il serait possible de jouer ici. Nous jouons un peu à des jeux dans nos temps libres, mais nous sommes ici surtout pour travailler, alors nous n’essayons pas des choses comme si nous vivions ici comme monsieur et madame Tout-le-monde.

Question : Bonjour. Je m’appelle Lincoln (ph). Je suis en sixième année. J’aimerais juste savoir ce qui vous a incité à devenir un astronaute.

Chris Hadfield : Eh bien, tu es en sixième année, alors tu as probablement environ 10 ou 11 ans, peut-être 12 ans, probablement 10 ou 11 ans. Et tu sais, tu as probablement entendu parler de certaines personnes qui ont fait des choses vraiment intéressantes dans leur vie, que quelqu’un avait une occupation qui t’a fait te dire « wow, ça, c’est super! », ou tu as vu quelqu’un dont l’occupation ne t’a pas semblée très intéressante. Eh, tu vas grandir et devenir une de ces personnes, et tu vas avoir une occupation lorsque tu seras un adulte.

À ton âge, je regardais ce que certaines personnes faisaient et j’ai vu les tout premiers hommes qui ont marché sur la Lune. Les deux premiers êtres humains ont marché sur la Lune quand j’avais 10 ans, presque 10 ans, à l’été de mes 10 ans. Mais c’est ce qui m’a inspiré. J’ai pensé que, tant qu’à avoir une occupation quand je serais grand, pourquoi pas ça? Il m’a semblé que c’était intéressant. Je savais que c’était probablement impossible, mais je me suis dit que, si je n’essayais pas, c’était certain que ce serait impossible. Et je me suis dit que même si je n’allais pas dans l’espace, je trouverais très intéressant d’apprendre à piloter et à construire des astronefs, à fabriquer des machines, à faire des essais et de tout savoir sur la navigation, la géologie et la géographie. Alors ce sont deux des tout premiers explorateurs, les deux premiers à marcher sur la Lune, qui m’ont incité à devenir astronaute.

Modérateur : Chris, c’était là notre dernière question, mais peut-être que Son Excellence souhaite ajouter quelques mots.

Son Excellence le très hon. David Johnston : Eh bien, Chris, un grand merci. Merci pour ces excellentes explications en réponse aux très bonnes questions de nos élèves ici. Continuez de nous faire parvenir ces superbes photographies de l’espace. Vous êtes un merveilleux ambassadeur pour le Canada et le monde entier. Assurez-vous qu’Eddy continue de bien se conduire et qu’il prend des notes parce qu’à votre retour à tous les deux, nous nous attendons à des histoires palpitantes. Merci, Chris. (Inaudible.)

Modérateur : Merci, Chris. Merci, Votre Excellence. Merci beaucoup.

Chris Hadfield : Merci, tout le monde. Merci beaucoup, Votre Excellence. C’est un privilège de vous parler et c’est un grand plaisir de parler aux jeunes Canadiens qui se trouvent à Ottawa aujourd’hui. Merci de m’avoir permis d’être avec vous. Je dois retourner travailler, mais c’est un superbe musée. C’est un lieu riche en évènements dans l’histoire du Canada. Je vous souhaite d’y passer un bon moment. Cela m’a fait grand plaisir de tous vous voir. Je vais m’occuper d’Eddy, c’est certain. Au revoir!

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