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Chris Hadfield discute avec près de 500 étudiants de l'Université de Waterloo

Description

Publié le 15 février 2013

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Chris Hadfield discute avec près de 500 étudiants de l'Université de Waterloo

2013-02-15 - Le 15 février 2013, l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Chris Hadfield a pris part à une liaison espace-Terre avec des étudiants de l'Université de Waterloo, Ontario.

Hadfield a répondu aux questions d'étudiants provenant des six facultés de l'Université en présence de l'astronaute canadien Jeremy Hansen, du président de l'Université Feridun Hamdullahpur, de Ian McKenzie, responsable des programmes d'aviation et de géomatique, ainsi que Dr Richard Hughson, chercheur principal pour deux expériences sur la santé cardiovasculaire présentement à bord de la Station spatiale internationale.

(Événement en anglais seulement)

(Sources : Agence spatiale canadienne, NASA.)

Transcription

Feridun Hamdullahpur : Allo, la Station, ici Feridun Hamdullahpur de l’Université de Waterloo avec nos étudiants.

(Chris Hadfield montre à la caméra un drapeau de l’Université de Waterloo.)

M’entendez-vous bien?

Chris Hadfield : Dr Hamdullahpur, je vous reçois très bien. Bienvenue à bord de la Station spatiale internationale. M’entendez-vous bien?

Feridun Hamdullahpur : Nous vous entendons très bien. Je suis ici en compagnie de nos étudiants. Nous sommes ravis de vous accueillir à l’Université. Je peux le voir d’ici. Nous sommes ravis de vous accueillir à l’Université. Nous avons un groupe d’étudiants qui ont très hâte de vous poser des questions, alors commençons tout de suite. Voici notre premier étudiant.

Question : Bonjour, Chris. Mon nom est Rashmi Vangkadesh (ph). Ma question est : la sensation de quitter le champ protecteur de la Terre a-t-elle changé depuis votre premier voyage dans l’espace et pouvez-vous décrire vos sentiments – appréhension, émerveillement, peur – lorsque vous avez quitté l’horizon protecteur de la Terre pour accomplir cette mission?

Chris Hadfield : Rashmi, j’ai eu une chance incroyable d’avoir pu voler dans l’espace pas seulement une fois, mais trois fois, et à bord de vaisseaux spatiaux différents. Et cette fois, je peux rester ici pendant plusieurs mois. Je dirais que mon appréhension était faible. J’avais plus peur de ne pas aller dans l’espace que de venir dans l’espace, parce qu’il est tellement compliqué de quitter la Terre en toute sécurité. J’étais aussi en quelque sorte le pilote du vaisseau Soyouz. Alors j’avais très hâte de mettre toute cette formation en pratique, de faire toutes les choses que tant de gens m’avaient préparé à faire. Alors je ressentais beaucoup d’énergie et d’optimisme, je me sentais tout à fait prêt à quitter l’enveloppe protectrice de la Terre – qui est juste à l’extérieur de cette fenêtre – lorsque j’ai pris mon envol pour arriver à la station spatiale il y a quelques mois. Et j’étais déjà venu dans l’espace à deux reprises, mais cette fois c’était pour y vivre, pour en ressentir toute la richesse, avec la chance d’avoir le temps d’absorber cette expérience, de m’en émerveiller, de l’assimiler et d’y réfléchir, ce qui est magnifique. Alors d’être ici, c’est comme la différence entre atterrir quelque part à un aéroport pour repartir tout de suite, et descendre de l’avion et vivre à cet endroit pendant un certain temps. C’est extraordinaire.

Question : Bonjour, Chris. Mon nom est Andrew Robertson. J’ai la chance de participer aux recherches de l’Université de Waterloo où l’on examine les effets de déconditionnement du vol spatial qui sont semblables au vieillissement accéléré. Ma question est : pouvez-vous nous parler des exercices et des autres contre-mesures que vous avez utilisés tout au long de votre mission et qui vous ont aidé à minimiser ces changements et à préparer votre corps en vue de votre retour dans un champ gravitationnel?

Chris Hadfield : Merci, Andrew. Il y a, bien entendu, comme vous le savez dans vos études, beaucoup de changements – en fait, tout. Certains sont évidents : les mouvements de liquides, les mollets extrêmement minces que l’ai actuellement parce qu’il n’y a pas de gravité qui ferait descendre les liquides dans mes jambes. D’autres sont très subtils. Mes yeux piquent un peu plus ici, parce qu’il n’y a pas de drainage – aucun! Alors on a plus de… on a une couche de larmes dans les yeux plus souvent. On peut pleurer dans l’espace, mais c’est que… les larmes ne tombent pas. Alors il y a des effets subtils aussi. Mais les plus importants, ceux dont il faut se préoccuper le plus, sont la préparation en vue du retour sur Terre et la préparation qui permet d’être assez fort pour aller dehors et faire des réparations, au besoin.

Et comme vous l’avez mentionné, nous avons des contre-mesures. Les deux plus importantes sont cardiovasculaires. Nous avons un tapis roulant et une bicyclette d’exercice qui font travailler le cœur et les poumons, et activent la circulation sanguine. Nous faisons aussi des exercices à résistance. Bien sûr, vous pouvez faire 10 000 pompes ici, parce qu’il n’y a ni haut ni bas, mais nous avons un appareil, un appareil d’exercice à résistance qui, en fait, nous fait pousser contre de gros cylindres qui sont vidés de leur air, comme un aspirateur, et ça nous donne une bonne résistance linéaire. Ça ressemble beaucoup à des poids et haltères. Nous passons deux heures chaque jour à utiliser ces appareils. Le reste du temps, nous flottons dans l’air et nous pouvons être aussi paresseux – je n’ai même pas besoin de tenir la tête droite ici! Mais nous travaillons très fort pendant deux heures chaque jour. Si je peux me redresser – oh! Je tombe! Me voici en gros plan. Chaque jour pendant deux heures nous travaillons fort pour rester en forme et maintenir la force de nos muscles. Ainsi, nous sommes capables d’aller à l’extérieur et d’utiliser un scaphandre s’il faut faire une sortie, nous pouvons marcher en revenant sur Terre et nos os restent solides.

Question : Bonjour, Chris. Je m’appelle Amber Nicholson. Ma question est : de votre point de vue unique dans l’espace, êtes-vous en mesure de voir des preuves de dégradation environnementale sur notre planète?

Chris Hadfield : Bonjour, Amber. Oh oui, nous le sommes. Il y a des changements très visibles, comme la mer Aral. À cause de changements d’irrigation, une mer intérieure entière a pratiquement été rayée de la carte. Et par rapport aux premiers astronautes qui ont volé dans l’espace et pris des photos, la différence est frappante sur les images que nous saisissons aujourd’hui. Toutes les grandes villes du monde, celles qui sont vraiment énormes, sont normalement des taches grises un peu floues – les mégapoles, comme Mexico, Los Angeles, les villes de Chine – simplement à cause du smog et de la pollution qu’elles créent. Elles sont même difficiles à voir! Et les habitants voient difficilement le ciel à cause de ça. Nous voyons ça d’ici. Et nous voyons aussi les glaciers. Nous prenons beaucoup de photos des glaciers de Patagonie, tels qu’ils sont maintenant, pour les comparer à des photos historiques. Quand il y a une éruption volcanique et que nous regardons vers l’horizon, nous pouvons voir les particules dans la haute atmosphère. Alors c’est un point de vue merveilleux pour la surveillance à long terme de l’atmosphère terrestre et de la santé de la planète à la surface, oui.

Question : Bonjour, Chris. Mon nom est Sakshi Jin (ph). Ma question est : en mars, vous assumerez la responsabilité de commander la Station spatiale internationale. Comment vous préparez-vous à ce rôle et comment allez-vous gérer le stress inhérent à ce rôle?

Chris Hadfield :Sakshi, le stress est plutôt une émotion humaine. Il ne fait pas partie intégrante du poste, c’est quelque chose d’interne. Et ma façon d’essayer – j’essaie d’éviter le stress. Et ma façon de le faire est d’essayer de ne jamais être dans une position où je ne sais pas ce que je fais, ou dans laquelle on me demande de faire une chose pour laquelle je ne suis pas qualifié. Alors en réalité, j’ai commencé à m’entraîner à commander la station spatiale à 14 ans. J’étais dans les Cadets de l’Air, j’ai suivi un cours de chef subalterne et ils m’ont appris les préceptes de base du leadership – alors que je n’étais qu’un jeune Canadien de 14 ans. Et depuis, j’ai observé des chefs. On peut tirer des leçons de n’importe quel chef – on peut apprendre beaucoup des mauvais comme des bons. De plus, pendant ma carrière militaire et mes 20 ans comme astronaute, j’ai eu des occasions croissantes de gérer et de diriger des gens. Et tout ça m’a mis dans une situation où l’on a pu me nommer commandant d’un vaisseau spatial. Je me suis entraîné et préparé à ça pendant quatre ou cinq ans, en collaboration avec des gens au sol et les membres de l’équipage. Je me suis préparé et j’ai réfléchi à tout ce qui pourrait se produire. Ainsi, une fois le moment venu, non seulement je ne suis pas stressé, mais j’ai hâte d’y arriver. J’ai travaillé vraiment très fort pour me préparer à cette occasion sans précédent, sur les plans personnel, professionnel et national, et je suis très heureux d’être prêt et d’avoir la chance d’assumer le rôle de commandant dans environ un mois.

Question : Bonjour Chris. Mon nom est Robert Henderson. Ma question est : quelle est l’expérience la plus difficile à réaliser à bord de l’ISS pendant votre mission et à quelles questions cherche-t-elle à répondre?

Chris Hadfield : Robert, je crois que nous menons environ 130 expériences à bord. Celles qui sont les plus difficiles sont probablement celles qui ont une incidence personnelle sur nous. Certaines des expériences complexes s’exécutent d’elles-mêmes. J’ai configuré et mis en marche le Robonaut aujourd’hui, et le spectromètre magnétique Alpha fonctionne. Mais il y a notamment une expérience de l’Université de Waterloo – il y a aussi une expérience canadienne dans ce coin, dont je m’occupe – une expérience de l’Université de Waterloo, dis-je, qui est assez complexe. Je pense que le Dr Houston vous en a parlé. Nous prenons ces brassards de jambe et – je vais laisser le micro flotter – nous prenons ces brassards de jambe et nous les mettons sur le haut de nos cuisses, il faut bien les mettre en place et les fixer, puis nous les gonflons. Ensuite, quand tout est parfait et que les capteurs médicaux sont installés sur notre corps, nous les détachons. C’est presque ce qui arriverait si l’on était en apesanteur, puis brusquement réexposé à la gravité. Le sang qui était retenu peut soudainement retourner dans les jambes.

Et bien entendu, tout ça est long à mettre en place. Il faut fixer les capteurs médicaux à notre corps, puis obtenir tous les paramètres – ça fait des années que le Dr Houston et son équipe travaillent à cette expérience pour arriver au moment où je peux configurer tout cet équipement, qui fonctionne correctement dans la bonne position, puis faire subir ce changement soudain à mon corps pour que nous puissions étudier comment le corps régule la pression artérielle, comment il régule le débit sanguin, et utiliser cela pour assurer la santé des astronautes, bien sûr, mais aussi la santé de toutes les personnes sur Terre qui ont des problèmes de régulation de la pression artérielle. Alors ce serait une expérience comme celle-ci, qui exige beaucoup d’équipement et qui est très complexe, mais qui offre aussi beaucoup d’avantages.

Question : Bonjour Chris. Hum? Bonjour Chris. Bonjour Chris. Mon nom est Alex Lee (ph). Ma question est : comment fonctionne la connexion Internet à bord de l’ISS?

Chris Hadfield : Elle est vraiment lente, quand elle fonctionne. Nous n’avons pas vraiment accès à Internet, ou juste à l’intérieur de la station, mais nous avons des liens multiples avec la Terre – certains sont directs, comme une radio VHF. Nous avons une radio amateur. Mais nous avons aussi des communications à très haut débit de données grâce à différentes bandes du spectre – non seulement VHF, très haute fréquence, ou UHF, mais aussi les bandes S et KU. Ma réponse est complexe, mais grâce à la bande KU, le débit de données est assez grand que nous pouvons faire relayer notre signal par un satellite géostationnaire jusqu’à la Terre, par l’entremise de tous les sites relais au sol, jusqu’au Centre de contrôle de mission à Houston. Là, ils prennent le signal et le font entrer dans un ordinateur qui s’y trouve. C’est un genre d’ordinateur miroir au contrôle de mission. Lorsque je tape quelque chose sur mon clavier ici, le signal parcourt toute la chaîne jusqu’à cet ordinateur fantôme au sol, et c’est ce qui me permet d’accéder à Internet. C’est ce qui me permet d’envoyer des messages sur Twitter et d’utiliser des fonctions très lentes. C’est lent – plus lent qu’une connexion commutée. Alors je ne peux pas visionner de vidéos ou d’autres choses du genre, mais ça suffit pour les communications verbales et les messages sur Twitter. Ça a été un avantage extraordinaire pour moi de pouvoir aider à communiquer cette expérience aux gens au sol.

Question : Bonjour Chris. Mon nom est Michael Goldring. Ma question est : vos antécédents de pilote d’essai d’avions de chasse ont-ils rendu le vol dans l’espace une tâche moins déconcertante?

Chris Hadfield : Oui, les astronautes ont des antécédents très différents les uns des autres. J’étais un ingénieur. Bien sûr, je suis devenu ingénieur à l’Université de Waterloo. Je suis devenu pilote d’avion de chasse, puis je suis allé à l’école des pilotes d’essai et j’ai été pilote d’essai pendant plusieurs années. Et dans un véhicule aérospatial, tout comme dans le programme d’aérospatiale de l’Université de Waterloo, on essaie de comprendre, par exemple, ce qui se passe et comment le véhicule va fonctionner si l’on double la puissance du moteur ou la longueur des ailes. Comment peut-on construire un système de contrôle doté de tout le filtrage approprié pour que le véhicule ait la pilotabilité voulue? Tout cela s’applique directement au pilotage de la navette et d’une capsule Soyouz. Ensuite, il y a la complexité d’un grand vaisseau spatial comme celui-ci. Ce n’est vraiment qu’une version poussée à l’extrême de certains des appareils que j’ai pilotés à titre de pilote d’essai. Alors que crois que l’aviation est une partie importante de la formation pour quiconque veut voler dans l’espace. Il y a tout l’aspect technique, mais je crois que c’était une très bonne base pour ce que je fais maintenant.

Question : Bonjour Chris. Je m’appelle Priyanka Patel (ph). Ma question est : quel a été l’élément de la surface terrestre, naturel ou artificiel, que vous êtes le plus surpris de pouvoir observer depuis l’espace?

Chris Hadfield : Priyanka, ce qui m’a le plus surpris sont les nuages nocturnes lumineux. Ils ne sont pas à la surface, mais ils sont assez proches. Ce sont les nuages les plus hauts que l’on peut voir. En fait, on arrive à peine à les apercevoir depuis le sol. Mais si l’on obtient l’angle parfait entre le Soleil et la Terre, et qu’il y en a dans le ciel, on peut les voir. Et je croyais qu’il fallait être un scientifique ou un super photographe pour prendre une bonne photo de nuages nocturnes lumineux. Certaines personnes estiment qu’ils sont de bons indicateurs des changements climatiques, car nous pouvons suivre les changements qu’ils subissent. Mais il y a environ un mois, une nuit, juste comme nous arrivions au-dessus de l’Australie, ils étaient là et bien évidents. J’ai saisi une caméra et fait appel à la formation que j’avais reçue, et j’ai réussi à les photographier. J’étais en état de choc! Ils étaient incroyablement clairs, ces nuages éthérés qui, normalement, sont totalement invisibles, mais sont quand même une partie essentielle de la haute atmosphère terrestre. Et j’ai réussi à les voir de mes propres yeux et à en prendre des photos bien nettes. Et ces photos pourraient bien devenir un des héritages les plus durables de notre séjour ici, la recherche scientifique qui accompagne cette chose surprenante que j’ai vue proche de la surface de la Terre.

Question : Bonjour Chris. Mon nom est Nancy Simteens (ph). Ma question est : avez-vous des conseils pour ceux et celles qui aspirent à devenir les futurs astronautes du Canada, outre de faire des études poussées?

Chris Hadfield : Bonjour Nancy. Oui. En fait, vous devriez poser la question à Jeremy parce qu’il m’a posé la même question il y a 13 ou 14 ans. D’abord et avant tout, il faut avoir un corps en santé, parce que nous ne voulons pas prendre de grands risques en matière de santé ici. Alors non seulement il faut être né avec un corps en assez bonne santé, mais il faut aussi en prendre soin. Il n’est pas nécessaire d’exagérer, mais il faut s’exercer assez pour rester en forme et éviter de manger de mauvaises choses. Ensuite, il faut avoir fait des études poussées – et pas seulement pour l’éducation en soi. Des études techniques sont importantes, mais il faut faire la preuve que l’on peut apprendre des choses complexes. Et bien entendu, c’est ce que vous faites à l’Université de Waterloo, une école extraordinaire. Troisièmement, il faut pouvoir prendre de bonnes décisions quand les conséquences d’une erreur sont importantes et quand les résultats de vos décisions sont des cas de vie ou de mort, de graves conséquences financières ou quelque chose du genre.

Lorsque le Canada et tous les autres pays choisissent des astronautes, c’est ce qu’ils cherchent : des gens en très bonne santé, qui ont prouvé qu’ils peuvent apprendre des choses complexes à un niveau élevé, mais qui peuvent aussi prendre de bonnes décisions lorsqu’il le faut. Tous ces critères les ramènent à environ 500 candidats. Ensuite, ils examinent tous les autres facteurs : qu’avez-vous fait d’intéressant dans votre vie? Quelles autres langues parlez-vous? Quoi d’autre avez-vous à offrir? Pouvez-vous jouer de la guitare? Allez-vous être une personne intéressante avec qui aller sur Mars ou non? Mais vous êtes déjà sur la bonne voie. L’Université de Waterloo est une des meilleures écoles du Canada, et les choses que vous faites et apprenez aujourd’hui vous aiguillent sur la bonne voie non seulement pour voler dans l’espace, mais aussi pour jeter les bases de votre vie.

Question : Bonjour Chris. Je m’appelle James Allen et ma question est la suivante : À votre avis, quelle est la plus grande contribution de la Station spatiale internationale pour l’Humanité, et la surveillance des astéroïdes en fait-elle partie?

Chris Hadfield : Nous allons essayer d’observer l’astéroïde un peu plus tard dans la journée. Nous n’étions pas en bonne position pour voir la météorite qui a fait tous ces dégâts en Russie. Ce sera très difficile de voir l’astéroïde. D’après les calculs, il va mesurer moins d’un pixel sur nos photos. Avec un temps d’exposition plus long, nous pourrions le voir passer. En ce qui a trait à la station spatiale, bien sûr, avec toutes les expériences en cours, il est difficile de prévoir laquelle d’entre elles peut représenter une grande percée. Mais j’espère que, tout au long de sa vie utile de 20 ou 30 ans, depuis son premier lancement en 78, pardon, en 98 – j’espère qu’une partie des travaux scientifiques réalisés ici seront de vraies percées. C’est sûr que nous nous y préparons. Sur le dessus de la station, il y a le spectromètre magnétique Alpha, qui recueille de la matière, de l’antimatière et des particules de haute énergie de l’univers, afin d’essayer de comprendre les constituants fondamentaux de l’univers; nous étudions aussi la physiologie humaine d’une manière qui est impossible sur Terre puisqu’ici il n’y a pas de pesanteur.

Lorsque l’un d’entre vous ira sur Mars, vous voyagerez à bord d’un vaisseau spatial qui sera doté de pompes fonctionnelles, qui sera fabriqué à partir des bons matériaux, qui pourra fonctionner en vase clos – c’est-à-dire où l’air et l’eau seront recyclés – et dont tous les systèmes fonctionneront. Sa coque sera fabriquée avec les métaux qui conviennent –, et tout ça grâce à ce que nous avons appris ici, à bord de la station spatiale. Ce sera là l’un des principaux héritages de l’ISS. Lorsque les premiers marins se sont aventurés hors de vue des côtes, ce n’était pas leur premier voyage. Ils avaient navigué et ils avaient appris à construire des vaisseaux – ou plutôt des navires, ils savaient utiliser le bois de chêne, ils connaissaient la forme que doivent avoir les voiles et la façon de garder l’équipage en santé pendant un long voyage – et tout ça avant de perdre les côtes de vue. Et ils avaient une dette envers les tout premiers voiliers. Et pour ceux et celles d’entre vous qui quitterez la Terre pour aller ailleurs, vous aurez une dette envers la Station spatiale internationale et toutes les découvertes scientifiques et techniques qu’on y a faites.

Question : Bonjour Chris. Ian McKenzie (ph). J’aimerais vous remercier au nom de l’Université de Waterloo, et particulièrement des étudiants qui ont participé à cet événement aujourd’hui. Et nous avons hâte de vous revoir à l’Université de Waterloo.

(Applaudissements)

Chris Hadfield : Dr McKenzie, je vous remercie beaucoup. Merci à tous de vos excellentes questions. Je suis désolé de n’avoir pas pu répondre à tout le monde, mais Jeremy est ici et il pourra le faire à ma place. Waterloo est une excellente école. Ma femme a travaillé à Waterloo, j’ai étudié à l’Université là et mon fils y est né. C’est un coin formidable du Canada et j’ai très hâte d’y retourner et de vraiment prendre le temps de vous parler de mon expérience ici lorsque je serai retourné sur la Terre. J’atterrirai en mai et je serai de retour au Canada cet été. Alors merci beaucoup! Merci à Jeremy et à tout le monde de votre aide, je vous reparlerai plus tard. Au revoir de la Station spatiale internationale.

(Applaudissements)

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