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Quels sont les effets des vols spatiaux sur le corps humain?

Description

Publiée le 26 août, 2026

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Quels sont les effets des vols spatiaux sur le corps humain?

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Joshua Kutryk et la conseillère en communications Frédérique Paré discutent de la recherche de pointe en cours à la Station spatiale internationale et de ses retombées possibles dans le domaine de la santé. (Sources : Agence spatiale canadienne, NASA.)

Transcription

Frédérique Paré (FP) : Allô Josh.

Joshua Kutryk (JK) : Bonjour.

FP : Merci d’être là aujourd’hui.

JK : C’est un plaisir.

FP : Tu es le prochain astronaute de l’ASC qui va aller à bord de la Station spatiale internationale pour une mission d’environ six mois. Peut-être un peu plus longtemps. Est-ce que tu pourrais me dire ce que tu vas faire à bord de la Station?

JK : Oui, bien sûr. Tout d'abord, la recherche scientifique. On fait beaucoup de recherche scientifique qui est en fait liée au corps humain. Et la raison pour ça, c'est parce que pour le corps humain, pour l'astronaute, une mission de six ou sept mois dans l'espace, c'est une chose tellement mauvaise pour les systèmes du corps humain. Et donc nous avons une situation qui est un petit peu dangereuse pour l'astronaute, mais en même temps, c'est une situation qui est vraiment efficace pour les études qui sont liées au corps humain.

Donc, on va étudier des choses, comme par exemple, les processus naturels de vieillissement avec un astronaute dans l'espace pendant une mission de longue durée. Les scientifiques ici sur Terre peuvent collecter des données qui sont égales peut-être à dix ou même vingt ans de données pour un corps humain ici sur la Terre. 

Donc, c'est un environnement qui est vraiment efficace pour les études sur le corps humain. Et nous sommes chanceux parce que dans ce pays, le Canada, nous avons des scientifiques qui sont en train de faire ça, d'étudier comment garder les astronautes en bonne forme, en bonne santé pendant des missions de longue durée, pendant peut-être des missions vers la Lune. Mais aussi, des scientifiques qui sont en train d'apprendre des choses, de prendre des leçons de ça, de l'espace, et d’appliquer ces leçons pour les personnes avec certaines maladies ici sur la Terre.

FP : Donc les scientifiques étudient des parties spécifiques du corps? Comme le sang, je pense?

JK : Oui, exactement. Nous avons beaucoup de systèmes qui sont affectés de plusieurs façons différentes à bord de la Station pendant une mission de longue durée. Par exemple, les astronautes vont perdre de la masse osseuse. Les astronautes vont souffrir de problèmes avec le système cardiovasculaire, le système vestibulaire, neurologique. Donc, il y a beaucoup d'exemples où on peut étudier l'astronaute dans l'espace, dans ce difficile et mauvais environnement pour qu'on puisse prendre des leçons pour les maladies ici sur la Terre.

FP : C'est ça. Le corps change tellement vite. On étudie les astronautes et comment leur corps change. Je pense aussi avoir lu quelque part que la vision des astronautes devient floue un peu?

JK : Oui, la vision, c'est un problème. Vous avez raison avec ça. Oui, exactement. Ça dépend toujours de l'astronaute. Mais en général, oui, nous voyons ça. Nous voyons des changements avec la vision d'un astronaute pendant une mission de longue durée. En fait, c'est bien possible de voir des changements même dans la forme des yeux d'un astronaute et pas seulement dans la capacité pour les yeux de bien fonctionner et de fournir à l'astronaute un bon sens de vision, quelque chose qui est bien sûr tellement important.

FP : C'est vraiment important, en effet. Est ce qu'il y a d'autres parties du corps qui sont étudiées?

JK : Le système vestibulaire, je dirais, ça c'est aussi un bon exemple. Ici sur la Terre, nous avons bien sûr toujours la gravité. La Station spatiale, c'est un environnement de microgravité et donc le système vestibulaire et aussi le système neurologique vont subir des changements. Et encore, ça va être une chose vraiment difficile pour l'astronaute, pour faire une adaptation à cet environnement. Mais pour la science, pour les personnes qui sont en train d'étudier des problèmes, peut-être des maladies avec ce système, c'est tellement un bon environnement et c'est une bonne occasion pour étudier des systèmes comme ça, neurovestibulaire.

FP : Alors, si je comprends bien, tu vas être le sujet d'étude de plusieurs expériences?

JK : Oui, exactement. En fait, mon premier rôle/job, je dirais, c’est de faire la recherche scientifique. Mais, deuxièmement, oui c'est vrai, c'est moi qui est dans plusieurs expériences scientifiques, le test-sujet aussi. Donc c'est le corps humain de moi-même, l'astronaute Josh Kutryk de l'Agence spatiale canadienne qui est le sujet.

FP : J'ai lu quelque part aussi qu'il y avait environ 300  expériences en cours sur la Station spatiale?

JK : Oui, c'est vrai. Ça, c'est la raison d'être de la Station spatiale. La Station spatiale a été construite pour cette raison. C'est un laboratoire flottant, un laboratoire qui est en train toujours de survoler autour de la Terre. Et c'est ça, c'est un laboratoire, même maintenant à bord de la Station spatiale il y a des centaines et des centaines d’expériences scientifiques qui fonctionnent. Et ça, c'est la raison la plus importante selon moi, pour laquelle nous avons pris à l'origine la décision de faire ce grand projet, la Station spatiale.

FP : C'est vraiment intéressant les choses qu'on apprend en parlant avec un astronaute. Merci beaucoup, Josh.

JK : Merci à vous. 

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