Une technologie quantique canadienne mise à l'épreuve à la Station spatiale internationale
Pour assurer la sécurité des données, les systèmes de télécommunications actuels font appel à des procédés de chiffrement basés sur des algorithmes, c'est-à-dire des opérations mathématiques complexes. Les clés de chiffrement – qui protègent les données – sont très difficiles à décoder avec les ordinateurs actuels. Toutefois, les futurs ordinateurs quantiques, très puissants, arriveront très facilement à les casser. Cela représentera un immense risque pour la confidentialité des données publiques, privées et commerciales, comme les transactions financières et les bases de données clients.
Il faudra donc disposer dans l'avenir de solutions innovatrices pour protéger nos données sensibles. Le chiffrement quantique offre la possibilité d'échanger des données sensibles en toute sécurité grâce aux propriétés uniques des photons (particules élémentaires de la lumière). Grâce à la technique de distribution quantique de clés (DQC), il est possible pour deux parties de produire une clé secrète aléatoire partagée et connue d'elles seules. Cette clé sert ensuite à chiffrer et déchiffrer des messages. Une des propriétés essentielles et uniques de la DQC est qu'elle permet de détecter la présence d'une tierce partie qui essaie d'intercepter la clé.
Technologie quantique innovatrice du Canada à la Station spatiale internationale
Un prototype du module de capteur de photons et de compteur photonique (SPODECT) conçu, assemblé et programmé à l'Université de Waterloo a été acheminé récemment à la Station spatiale internationale dans le cadre de la mission commerciale de ravitaillement CRS-31 de SpaceX pour la NASA. Cette technologie financée par l'Agence spatiale canadienne (ASC) au titre de l'initiative VITES (Vols et investigations-terrain en technologies et sciences spatiales) fait partie d'une plus vaste expérience (SEAQUE [en anglais seulement]) visant à jeter les bases de réseaux de communication quantiques dans l'espace et sur Terre. Lors de cette expérience, des instruments, dont le module canadien SPODECT, seront placés à l'extérieur de la Station pour les exposer au rayonnement et évaluer leur fonctionnement dans ces conditions extrêmes. L'expérience SEAQUE est une étape importante pour faire de ces réseaux de communication quantiques une réalité.
Autre technologie quantique en développement
L'ASC voit actuellement à la planification de la mission QEYSSat, qui vise la démonstration de la DQC entre l'espace et le sol à l'aide d'une plateforme de communication quantique de fabrication canadienne.
L'initiative de financement VITES de l'ASC
L'ASC a récemment accordé cinq nouvelles subventions au titre de l'initiative VITES, qui appuie le développement des sciences et technologies spatiales, et permet à des étudiants et de jeunes chercheurs de participer à des simulations de missions spatiales et d'acquérir ainsi une expérience pratique. Depuis , 160 projets dans 29 établissements postsecondaires ont été financés par cette initiative, pour un investissement total de 40,7 millions de dollars.
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