L'expérience Soyouz en photos

Un trio d'astronautes canadiens dans le simulateur de Soyouz.
De gauche à droite : David Saint-Jacques, Chris Hadfield et Jeremy Hansen.
(Source : ASC)

Voler à bord d'une capsule Soyouz est une expérience unique en son genre, mais pour obtenir le privilège de voyager à bord d'un des véhicules spatiaux les plus fiables et les plus robustes de l'ère spatiale, les astronautes et les cosmonautes doivent payer leur dû. Ils sont notamment appelés à suivre une formation en techniques de survie dans les forêts denses et sauvages de la Russie; ils doivent surmonter les défis auxquels ils sont soumis dans le simulateur exigu du Soyouz; et ils doivent aussi acquérir de nouvelles compétences et peaufiner celles qu'ils possèdent déjà dans des environnements stressants et inhospitaliers.

Les images qui suivent montrent des moments importants des préparatifs au lancement et du voyage à bord d'un véhicule spatial Soyouz. L'album comprend des images des phases de préparation, du lancement, des opérations en vol, de l'arrivée à l'ISS et du retour sur Terre à bord d'une capsule Soyouz.

Formation

Formation dans le simulateur du Soyouz

Avant qu'un astronaute ne soit jugé apte à voler dans l'espace, il doit pouvoir réaliser toutes les tâches qui se rapportent au poste qu'il occupera à bord de l'engin spatial Soyouz. Ainsi, un astronaute peut passer des centaines d'heures dans le simulateur de Soyouz afin de réaliser différents scénarios de mission.

Devant le simulateur – Les membres de l'équipage Expedition 34/35 prennent la pose devant le simulateur du véhicule spatial Soyouz. De gauche à droite : L'astronaute de l'ASC Chris Hadfield, le cosmonaute Roman Romanenko et l'astronaute de la NASA Tom Marshburn. (Source : ASC)

À l'intérieur du simulateur – Bob Thirsk (à droite), casqué et vêtu de sa combinaison Sokol, prend part à une pratique à l'intérieur du simulateur du véhicule spatial Soyouz. On peut apercevoir à sa gauche le cosmonaute Roman Romanenko qui a occupé le poste de commandant d'équipage du Soyouz dans le cadre du vol Expedition 20/21. (Source : ASC)

Formation en techniques de survie

La capsule Soyouz revient sur Terre dans les steppes du Kazakhstan. Dans des conditions idéales, les autorités russes savent approximativement où la capsule Soyouz touchera le sol. Cependant, advenant que des conditions imprévues viennent compliquer le retour sur Terre, comme des conditions météorologiques défavorables ou une défaillance technique, l'équipage pourrait atterrir en territoire inconnu et attendre les secours pendant une période indéterminée. C'est la raison pour laquelle tous les membres d'équipage du Soyouz sont formés aux techniques de survie. Ils sont donc capables de chasser, d'utiliser des fusées éclairantes, de se confectionner un abri de fortune et de trouver du bois d'allumage et de la nourriture.

Dans la ligne de mire – l'astronaute de l'ASC Bob Thirsk vise une cible qui se trouve à l'extérieur du cadre de cette photo. Advenant que les membres de l'équipage soient menacés par un animal sauvage (p. ex. un ours), ils pourraient se servir de ce pistolet en dernier recours.
(Source : ASC)

Tous à l'abri – Tom Marshburn, qui sera l'un des coéquipiers de Chris Hadfield dans le cadre de la mission Expedition 34/35, construit un abri de fortune dans le cadre d'une simulation d'atterrissage d'urgence en plein hiver. (Source : Centre de recherche et d'entraînement des cosmonautes Youri Gagarine)

Entraînement à l'amerrissage – Il se peut que la capsule Soyouz dérive de sa trajectoire et effectue un amerrissage plutôt qu'un atterrissage. Sur cette photo, une capsule Soyouz à l'intérieur de laquelle se trouvent les membres d'équipage est descendue dans l'eau afin de simuler un amerrissage. (Source : ASC)

La combinaison « Forel » – Chris Hadfield (à gauche) et des collègues astronautes portent la combinaison flottante « Forel » ainsi que plusieurs sous-vêtements calorifuges dans le cadre d'une simulation d'amerrissage d'urgence. (Source : ASC)

Autres types d'entraînement

Pour résister aux rigueurs du vol spatial, les astronautes et les cosmonautes doivent être en parfaite forme physique. Pendant qu'ils vivent au Cosmodrome de Baïkonour avant leur vol, ils s'entraînent sous la surveillance et en suivant les directives des professionnels de la santé sur place.

Sens dessus dessous – Avant de s'élancer dans l'espace, les astronautes doivent subir un entraînement sur une table inclinable à l'hôtel Cosmonaute, à Baïkonour. Cette procédure vise à préparer les astronautes et les cosmonautes aux « déplacements de fluides » qu'ils subiront en impesanteur. Le cosmonaute Gennady Padalka (à gauche) et l'astronaute de la NASA Michael Barratt écoutent leur baladeur numérique tandis qu'un médecin supervise la procédure. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Haltérophiles – Avant le lancement et pendant leur séjour à l'hôtel Cosmonaute, les astronautes et les cosmonautes s'entraînent sous l'oeil attentif de médecins. Ici, l'astronaute de la NASA Michael Barratt soulève des haltères dans le gymnase de l'hôtel. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Cérémonies russes préalables au lancement

En se consacrant corps et âme à la science et à l'ingénierie, les Russes ont mis sur pied l'un des plus fructueux programmes spatiaux de la planète. Ils ont également réussi à ajouter une importante composante culturelle à leur programme spatial, notamment en intégrant à leurs activités des rituels et des traditions de leur pays. Les cérémonies entourant les préparatifs au lancement témoignent de cette richesse. Qu'ils soient russes ou non, tous les astronautes respectent ces traditions. En voici quelques exemples.

Dépôt de bouquets de fleurs au pied du mur de commémoration – Pendant leur passage à la Cité des Étoiles, tout juste avant de quitter pour le cosmodrome de Baïkonour, les membres des équipages principal et de relève déposent un bouquet d'œillets rouges au pied du mur de commémoration Youri Gagarine. Sur cette photo, l'astronaute de l'ESA Andre Kuipers se recueille. (Source : NASA)

Cérémonie de levée du drapeau – Pendant leur séjour à l'hôtel Cosmonaute, au cosmodrome de Baïkonour, les astronautes prennent part à la cérémonie de levée du drapeau. Cette cérémonie a lieu environ cinq jours avant le lancement. Sur cette photo, on peut voir les astronautes canadiens Chris Hadfield et Bob Thirsk hissant l'Unifolié. (Source : NASA/Victor Zelentsov)

Cérémonie de plantation d'arbres – À l'arrière de l'hôtel Cosmonaute se trouve une allée d'arbres qui ont tous été plantés par des astronaute et cosmonautes qui se sont envolés pour l'espace depuis le cosmodrome de Baïkonour. Chacun des membres de l'équipage plantera un arbre. Ici, l'explorateur spatial privé Guy Laliberté (au centre) plante un arbre en compagnie du cosmonaute Maxim Suraev (à gauche) et de l'astronaute de la NASA Jeff Williams. (Source : NASA/Victor Zelentsov)

Signature au musée – Les astronautes et les cosmonautes visitent le musée Korolov de Baïkonour, puis ils apposent leur signature sur l'un des murs du musée. Ici, l'astronaute de la NASA Don Pettit signe une photo de la fusée Soyouz. (Source : NASA)

Pièces de monnaie sur la voie ferrée – Jusqu'à tout récemment, les invités et les membres du personnel plaçaient des pièces de monnaie sur la voie ferrée qu'emprunte le train qui emmène la fusée Soyouz jusqu'à la rampe de lancement. Selon la croyance, les pièces de monnaie ainsi écrasées portaient chance. Les pièces que l'on peut voir sur cette photo sont celles de la mission Expedition 20/21, soit la première mission de longue durée du Canada. (Source : ESA/S. Corvaja)

Des liens avec le passé – Comme on peut le voir sur cette photo, La Cité des Étoiles compte toujours quelques vestiges du passé soviétique de la Russie. Ici, les membres de l'équipage Expedition 8 se font photographier devant le monument érigé en l'honneur de Vladimir Lénine. (Source : NASA)

Lancement

Quarante-huit heures avant le lancement, la fusée Soyouz est transportée jusqu'à sa rampe de lancement au cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Dans l'intervalle, les cosmonautes enfilent leur combinaison, rencontrent les représentants des médias et disent au revoir à leurs amis et à leurs proches. Ils montent ensuite à bord de l'autobus qui les conduira jusqu'à la rampe de lancement où ils auront rendez-vous avez l'histoire.

Cheminement de la fusée Soyouz – Tout comme en Occident, où la tradition exige du marié qu'il ne voit pas sa future épouse dans sa robe de mariée avant la cérémonie, on interdit aux astronautes et cosmonautes de voir leur fusée pendant son trajet vers la rampe de lancement. Sur cette photo, on aperçoit la fusée Soyouz de la mission Expedition 21 en transit vers le pas de tir, sous l'oeil attentif de gardiens armés, au cosmodrome de Baïkonour. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Un monde de contrastes – La fusée Soyouz, l'un des engins spatiaux les plus perfectionnés de la planète, est emmenée jusqu'à sa rampe de lancement par un train plutôt rudimentaire. Voilà le genre de contraste qui est emblématique du cosmodrome de Baïkonour. (Source : NASA)

La fusée Soyouz – La fusée Soyouz est installée sur sa rampe de lancement au cosmodrome de Baïkonour. (Source : NASA)

Bénédiction – Un prêtre orthodoxe est sur place à chacun des lancements afin de bénir l'équipage et la fusée. Sur cette photo, il se tourne vers les représentants des médias. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Moulage des sièges du Soyouz – Longtemps avant le lancement, les cosmonautes et les astronautes font mouler leur siège sur mesure pour eux. Puisque le siège absorbe une quantité phénoménale de la force de choc au moment de l'atterrissage, le moindre écart par rapport aux spécifications fournies pourrait causer de graves blessures à son occupant. Chris Hadfield apparaît ici dans son siège moulé pendant un essai de pressurisation. (Source : ASC)

Essai de pressurisation – Avant le lancement, les astronautes et les cosmonautes doivent soumettre leur combinaison de lancement et de rentrée Sokol à un essai de pressurisation. Ici, les trois membres d'équipage viennent de terminer les procédures d'enfilage de leur combinaison. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Période de questions – Les cosmonautes en combinaison discutent avec des dignitaires du milieu spatial et des représentants des médias avant leur grand rendez-vous avec le véhicule spatial Soyouz. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Le salut – Après avoir quitté le bâtiment de préparation, les astronautes et les cosmonautes se placent sur un carré qui leur a été désigné. Ils font un dernier salut au président du comité du cosmodrome de Baïkonour et quittent pour la rampe de lancement. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Montée à bord de l'autobus – Les astronautes et les cosmonautes, vêtus de leur combinaison Sokol avec ventilateur personnel, montent à bord de l'autobus qui les conduira jusqu'à la rampe de lancement de la fusée Soyouz. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Salutations avant l'envolée – Les astronautes et les cosmonautes, à bord de l'autobus pressurisé qui les conduira jusqu'à la rampe de lancement de la fusée Soyouz, envoient la main aux gens de la foule. (Source : NASA/Bill Ingalls)

L'entourage – Flanqués d'agents et de techniciens sur la rampe de lancement, les astronautes et les cosmonautes sont escortés jusqu'à la fusée Soyouz. Au centre de la photo, on peut voir le cosmonaute Roman Romanenko et, derrière lui, l'astronaute de l'ASC Bob Thirsk. (Source : ASC)

L'ascension – Les astronautes et les cosmonautes grimpent un escalier les menant jusqu'à l'entrée de la fusée Soyouz. Ils entreront dans la fusée par le troisième sas du haut, ils passeront dans le module orbital (module d'habitation), et descendront par un deuxième sas jusqu'à leur siège, dans le module de descente (soit celui du centre). (Source : ASC)

Décollage – Dotée de trois étages, la fusée Soyouz s'élève avec éclat dans le ciel du Kazakhstan avec trois astronautes et cosmonautes à son bord. Lorsque le carburant d'un étage est entièrement consommé, l'étage épuisé est largué et un autre prend la relève, ce qui provoque d'intenses variations sur le plan de l'accélération (la force G). (Source : ESA/S. Corvaja)

En cas d’urgence lors du lancement du Soyouz, 8 avions, 13 hélicoptères et un navire seront en attente le long de la trajectoire de la fusée entre Baïkonur et le Japon.

En route vers la Station spatiale internationale

De façon générale, les astronautes et les cosmonautes passent environ deux jours dans la capsule Soyouz avant de s'amarrer à la Station spatiale internationale. Les cosmonautes se servent de cet intervalle pour s'acclimater à l'environnement d'impesanteur et surveiller les systèmes du Soyouz afin de s'assurer que tout fonctionne de façon optimale. La station au sol envoie alors des commandes à l'ordinateur de bord du Soyouz pour que le véhicule spatial soit sur la bonne trajectoire pour un rendez-vous avec la station. Dans un scénario idéal, la capsule Soyouz s'amarre automatiquement à l'ISS. Cependant, advenant une défaillance du radar, les cosmonautes doivent se servir du système de visée optique pour s'amarrer manuellement à la station. C'est à ce moment que les innombrables heures passées à l'intérieur du simulateur donnent finalement des résultats.

En route – L'engin spatial Soyouz, qui largue son étage de propulsion principal dès qu'il atteint l'orbite basse, est sur une trajectoire de rendez-vous avec l'ISS. Une fois inséré en orbite, le Soyouz déploie ses antennes et ses panneaux solaires. (Source : NASA)

Poursuite en orbite – Habituellement, les astronautes et les cosmonautes savent qu'ils ont atteint l'orbite lorsque la petite peluche (dont le modèle et l'apparence varient d'une mission à l'autre – Smokey the Bear (en anglais) était l'élu de l'équipage Expedition 30/31) commence à flotter librement dans la capsule au bout de son cordon. Cette peluche constitue l'accéléromètre des cosmonautes. Ces derniers migreront alors du module central de descente jusqu'au module orbital (d'habitation), et troqueront leur combinaison Sokol pour des vêtements plus confortables. (Source : NASA)

L'arrivée à destination – Les astronautes et les cosmonautes sont appelés à vivre pendant deux jours dans l'espace exigu de la capsule Soyouz avant qu'ils n'atteignent l'ISS. Pendant cette période, ils ne mangeront que des aliments à la température ambiante et ils n'auront accès qu'à des commodités de base. Or, il s'agit là d'un bien maigre sacrifice pour avoir le privilège de vivre et de travailler à bord du plus imposant et du plus perfectionné des laboratoires orbitaux jamais construit. (Source : NASA)

Retour sur Terre

La capsule Soyouz peut ramener son équipage sur Terre 3 heures et demie seulement après s'être désamarrée de la station spatiale. Bien que cela soit relativement rapide comparativement aux phases de lancement et d'ascension, les dernières étapes de la descente peuvent être très exigeantes sur le plan physique. Tout au long de la descente, les cosmonautes sont soumis à un important facteur de charge (force G), lequel se manifeste dès que les particules de poussière commencent à chuter dans l'habitacle de la capsule. Ce facteur de charge a pour effet d'accroître la pression qui est exercée sur l'organisme humain au moment de la rentrée de la capsule dans l'atmosphère. Les astronautes et les cosmonautes peuvent alors être pris de nausées ou avoir des troubles de vision. Mais le pire de la descente reste à venir car selon les témoignages d'astronautes et des cosmonautes qui l'ont vécu, l'impact au sol de la capsule Soyouz se compare facilement à un accident d'automobile!

Le retour sur Terre – Au moment de revenir sur Terre, le véhicule spatial Soyouz se sépare en trois composantes distinctes — seule la capsule (le module de descente) contenant les membres d'équipage revient sur Terre en un seul morceau (calciné). Les autres se consument dans l'atmosphère terrestre.
Sur cette photo, on peut voir le véhicule spatial Soyouz TMA-7 peu de temps après s'être détaché de l'ISS. (Source : NASA)

L'impact – Lors des dernières phases de la descente du Soyouz, des parachutes sont déployés et quatre rétrofusées sont mises à feu afin d'amortir le choc avec le sol. Mais il ne faut pas se méprendre: l'impact demeure violent. Sans les sièges à ressorts dont est dotée la capsule Soyouz et dans lesquels les membres d'équipage sont solidement retenus, tous périraient en raison de la brutalité du choc final.
Sur cette photo, la capsule Soyouz TMA-22 atterrit avec succès dans les plaines du Kazakhstan. (Source : NASA/Carla Cioffi)

Récupération – Après que la capsule ait touché le sol, les membres d'équipage du Soyouz demeurent à l'intérieur de l'habitacle jusqu'à l'arrivée de l'équipe de secours. En général, les capsules Soyouz atterrissent tout juste à l'extérieur de la ville d'Arkalyk, dans le Nord du Kazakhstan. Ici, les membres d'équipage de la mission Expedition 29 sont revenus d'un séjour d'une durée de cinq mois à bord de l'ISS. (Source : NASA/Bill Ingalls)

Le plancher des vaches – Les cosmonautes et les astronautes qui reviennent d'un séjour dans l'espace ne tentent pas de se lever après leur extraction de la capsule Soyouz. Plutôt, les membres de l'équipage de récupération les installent dans des fauteuils. Ils sont alors examinés par des médecins puis ils sont évacués par hélicoptère jusqu'à Kustenai, au Kazakhstan. Cette photo montre le cosmonaute Mikhaïl Tiourine de l'équipage Expedition 14. (Source : NASA/Bill Ingalls)

L'heure des célébrations – Plusieurs célébrations sont données pour souligner le retour sur Terre des astronautes et des cosmonautes. Les membres d'équipage sont fêtés pour la première fois à Kustanai, au Kazakhstan, où ils sont vêtus d'une tenue kazakhe traditionnelle. Plus tard, une autre cérémonie de bienvenue sera donnée en leur honneur à la Cité des Étoiles, en Russie. (Source : ESA)