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Dextre, pompiste : La Mission de ravitaillement robotique

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Le plein s'il vous plaît! Mathieu Caron de l'ASC explique la prochaine phase de la RRM, prévue en janvier 2013, au cours de laquelle Dextre simulera le ravitaillement en éthanol liquide d'une maquette du satellite. (Source : Agence spatiale canadienne)

Vidéo YouTube     Mission de ravitaillement robotique (RRM)     Station spatiale internationale

Mathieu Caron : Mon nom est Mathieu Caron et je suis le superviseur des contrôleurs de mission de l'Agence spatiale canadienne.

Pour bien comprendre la mission RRM, the « Robotics Refuelling Mission », on doit comprendre le rôle de Dextre abord la station spatiale. Dextre a été lancé en 2008 et son principal rôle est l'entretien de la station spatiale. Pour éviter aux astronautes de devoir sortir et effecteur des réparations sur la station, on se sert de plus en plus de systèmes robotiques comme Dextre. Donc Dextre peut remplacer des composantes, une fois qu'elles ont subi des défaillances, avec des composantes de rechange.

Donc les composantes de la station spatiale ont été conçues afin d'être manipulées par des robots pour que Dextre puisse, une fois qu'une composante a subi une défaillance, aller la chercher, l'enlever de la station et la remplacer par une nouvelle.

Mais là si on regarde les satellites qui orbitent présentement autour de la Terre, la vaste majorité n'a jamais été conçue afin d'être réparés en orbite. C'était pour un usage unique. Et maintenant on peut voir qu'une fois qu'on investit tant pour envoyer des satellites, comme, par exemple, on a eu l'occasion de voir le satellite Hubble, le télescope Hubble, bien, on a pu voir justement à quel point c'est utile de pouvoir réparer un satellite une fois en orbite. 

Et les satellites aussi utilisent beaucoup de carburant afin de pouvoir s'orienter convenablement, présenter leurs panneaux solaires vers le soleil, orienter les antennes vers les endroits de la Terre qui doivent – avec lesquels ils doivent communiquer.  Donc ce carburant-là a une durée de vie finie donc il est peut-être très utile de ravitailler ces satellites en carburant. Donc on pourrait se servir à l'avenir de robots pour aller attraper les satellites et finalement les ravitailler en carburant. 

Mais avant d'entreprendre un défi si ambitieux, mais là on voulait – on voulait démontrer sur la station spatiale qu'il serait possible à un robot de faire des choses aussi difficiles, c'est-à-dire aller manipuler des différentes interfaces, différentes composantes qui n'ont jamais été conçues pour être manipulées par des robots.

C'est pour ça que le NASA a conçu le module RRM, en anglais « Robotics Refuelling Mission », mission de ravitaillement robotique. Et donc le module RRM, qui est installé sur la station spatiale, offre à Dextre quatre nouveaux outils et en plus de ces outils-là, ils offrent finalement une foule d'activités, un module d'activités comme les avants peuvent en avoir qui permet justement à Dextre de voir s'il serait capable avec ces nouveaux outils-là de dévisser différents types de bouchons, de couper des filins de sécurité et même d'installer un boyau de – finalement un boyau de ravitaillement pour simuler les – le ravitaillement d'un satellite.

Au cours des premières semaines d'essai, Dextre avait – on a vérifié que Dextre serait capable de dévisser différents bouchons, de couper différents filins et ça c'est – on voulait voir si Dextre aurait la précision nécessaire parce que pour couper des filins d'à peu près d'une largeur d'un millimètre, Dextre, ses bras sont d'une longueur de 3,5 mètres.  Dextre lui-même étant au bout du Canadarm2 qui lui fait 17 mètres. Alors on était – on se devait de démontrer qu'on serait capable de faire des tâches qui exigeaient une précision d'environ d'un millimètre. Et ça, ces tâches-là ont été remplies de succès. 

La prochaine étape maintenant est de prendre toutes les activités qu'on a faites et les mettre ensemble pour simuler un ravitaillement complet. Donc, au cours des prochaines semaines, Dextre va se servir des outils du module RRM pour enlever trois bouchons qui couvrent la valve de ravitaillement du module RRM et ces capuchons-là sont maintenus en place grâce à des filins. Donc il faudrait couper ces filins-là et après ça installer un boyau, finalement, un boyau d'essence, un boyau de ravitaillement qui va permettre aux contrôleurs de la NASA de faire circuler un liquide qui va simuler finalement un carburant de satellite. Et ça c'est quelque chose qui n'a jamais été fait en orbite.

Cette mission-là est particulièrement importante parce qu'elle démontre à quel point les systèmes robotiques peuvent avoir une grande utilité en orbite.

Nous sommes présentement confrontés avec plusieurs satellites en orbite et ces satellites-là ont une durée de vie finie. Et alors on a vu avec le télescope Hubble, par exemple, qui a coûté très, très cher et qui finalement que tout le monde a pu voir des images de qualité exceptionnelle mais ce satellite-là a été réparé cinq fois. Donc on a pu voir qu'en pouvant envoyer des astronautes on a pu allonger la vie du télescope Hubble et justement vraiment lui permettre de continuer à effectuer son travail.

Si on regarde avec les satellites maintenant, on a besoin d'un grand nombre de satellites en orbite et ces satellites-là, on prévoit qu'ils ont une certaine durée de vie mais si – mais on est limité par le fait qu'ils sont limités dans le carburant.  Après certaines – un certain nombre d'années ils n'ont plus le carburant nécessaire pour maintenir leur orientation. Et si on peut les ravitailler en carburant, si on peut remplacer certaines composantes qui ont subi des défaillances, bien, ça ça va nous permettre d'allonger la vie de ces satellites-là et ça aussi ça va réduire le nombre de satellites désuets qui sont en orbite qui représentent un danger pour les satellites utiles aussi.