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Sciences

Portrait de Douglas Watt, le premier scientifique canadien à avoir discuté avec un astronaute en orbite

Douglas Watt

Douglas Watt

En 1974, Douglas G. D. Watt obtient son doctorat en physiologie à l'Université McGill et devient par la suite chercheur invité au Centre de recherche Ames de la NASA, où il développe son expertise en médecine spatiale. Depuis 1983, quinze de ses expériences ont été menées à bord de la navette spatiale. Il a été le premier chercheur à diriger une expérience médicale canadienne dans l'espace. Fait remarquable, il a aussi été le premier scientifique de la NASA à parler directement à un astronaute dans l'espace.

« La microgravité nous offre la chance unique d'étudier les effets de la pesanteur sur de nombreux systèmes du corps humain, affirme le Dr Watt. Nous pouvons ainsi acquérir de nouvelles connaissances qui seront inévitablement mises à profit dans des applications médicales dans un avenir plus ou moins rapproché. De façon plus concrète, les astronautes et la population en général souffrent couramment de certains maux (par exemple le mal des transports, la décalcification osseuse, etc.), donc, toute percée visant à soulager les membres d'équipages spatiaux peuvent également être appliquées aux patients terriens. Finalement, le matériel spécial conçu pour les expériences spatiales peut parfois être exploité immédiatement en essais cliniques. »

Douglas Watt s'intéresse de près aux percées médicales découlant de la recherche menée dans l'espace. « Tout le domaine de la télémédecine a progressé de façon significative grâce au soutien essentiel apporté aux astronautes évoluant dans l'espace, dit-il. Les techniques mises de l'avant pour aider les astronautes à se réadapter à un environnement de gravité normale, après leur retour sur Terre, peuvent être mises à profit en médecine physique et en réadaptation. »

Les études portant sur le mal de l'espace ont également permis de mieux comprendre la contrepartie terrienne de ce trouble, le mal des transports. De plus, de nouvelles méthodes développées pour mieux mesurer les effets de la microgravité sur les organes intervenant sur l'équilibre ont été mises à l'essai sur des patients souffrant de divers troubles de l'oreille interne.

Cette photo a été prise il y a 10 ou 15 ans, au cours d'un vol parabolique à bord d'un avion KC-135 de la NASA. Douglas Watt ainsi que Chuck Oman (assis dans les airs) et Larry Young (à droite), tous les deux du Massachusetts Institute of Technology, tentaient une étude sur les changements des réflexes oculovestibulaires en impesanteur afin de préparer une expérience pour la mission Spacelab. « Un sujet qui se tient à la verticale sans contrainte physique se met vite à culbuter, explique le professeur Watt. Nous savions que cela nous arriverait, mais nous avons été surpris de la rapidité à laquelle cela s'est produit! »

Cette photo a été prise il y a 10 ou 15 ans, au cours d'un vol parabolique à bord d'un avion KC-135 de la NASA. Douglas Watt ainsi que Chuck Oman (assis dans les airs) et Larry Young (à droite), tous les deux du Massachusetts Institute of Technology, tentaient une étude sur les changements des réflexes oculovestibulaires en impesanteur afin de préparer une expérience pour la mission Spacelab. « Un sujet qui se tient à la verticale sans contrainte physique se met vite à culbuter, explique le professeur Watt. Nous savions que cela nous arriverait, mais nous avons été surpris de la rapidité à laquelle cela s'est produit! »

Le Dr Watt est l'un des rares scientifiques autorisés à parler directement à un astronaute lorsqu'il est dans l'espace. Il y a en effet très peu de personnes qui peuvent s'adresser aux astronautes lorsqu'ils sont en mission. « Les astronautes sont généralement des personnes très savantes, précise-t-il, mais il leur est impossible de tout savoir à propos de chaque expérience qu'ils mènent. Le scientifique doit donc, entre autres tâches, répondre aux questions posées par les membres d'équipage et interpréter les résultats imprévus. Cela doit se faire rapidement, sans quoi il nous sera impossible de profiter pleinement du contenu scientifique de la mission. J'ai parlé pour la première fois avec un astronaute en orbite en 1983, au tout début de la mission Spacelab-1, et depuis, j'ai communiqué avec de nombreux autres. Dans chacun des cas, c'était parce qu'ils avaient besoin de renseignements qu'aucun autre intervenant désigné ne pouvait leur fournir. »

Aux scientifiques qui s'intéressent à une carrière dans le domaine des sciences de la vie dans l'espace, le Dr Watt conseille tout d'abord de devenir un scientifique accompli et reconnu en sciences de la vie puis de prendre une part active aux activités de recherche spatiale. Il s'agit d'un travail de longue haleine, mais la satisfaction que procure l'étude des effets d'un tout nouvel environnement en vaut la chandelle.