VASCULAR : La santé cardiovasculaire des astronautes et des terriens

Une expérience spatiale sur la santé cardiovasculaire qui pourrait profiter à tous les Canadiens

Comme les astronautes vivent et travaillent dans l'espace pour des périodes de plus en plus longues, il est plus important que jamais de comprendre les changements physiologiques que leur corps subit. (Source : NASA)

Les vols spatiaux ont beaucoup évolué au cours des cinq dernières décennies, passant de voyages de quelques heures seulement à des missions où il n'est pas rare que les astronautes passent de trois à six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Toutefois, les vols spatiaux de longue durée et l'exposition à la microgravité ont des conséquences sur la santé des astronautes.

Des recherches échelonnées sur un grand nombre d'années sur la façon dont le corps humain s'adapte à l'espace ont démontré ce qui suit au sujet des astronautes : leurs os perdent du calcium, leurs muscles s'atrophient et ils ont de la difficulté à distinguer le haut du bas (du moins temporairement). Des études canadiennes ont aussi démontré que le processus de vieillissement est accéléré pendant de longs séjours en espace et que les vaisseaux sanguins des astronautes qui reviennent de l'espace sont plus rigides - un changement semblable aux effets du vieillissement normal sur Terre. Les chercheurs se posent désormais les questions suivantes : Les vaisseaux sanguins vieillissent-ils plus vite dans l'espace? Comment les connaissances acquises pourraient-elles aider les Canadiens à rester en santé?

Une expérience canadienne en cours, appelée VASCULAR, vise l'étude des effets de la microgravité sur le système cardiovasculaire des astronautes à bord du laboratoire orbital. Le Dr Richard Hughson, de l'Université de Waterloo, dirige l'équipe scientifique de l'étude VASCULAR, qui est financée par l'Agence spatiale canadienne (ASC) et appuyée par la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

En 2009, l'astronaute de l'ASC Robert Thirsk a passé 186 jours à bord du laboratoire orbital, ce qui constitue un record pour un astronaute canadien. La mission de l'astronaute canadien Chris Hadfield à bord de l'ISS durera cinq mois et prendra fin en mai 2013.

Dans le cadre de sa mission, Chris Hadfield deviendra le huitième sujet de l'expérience VASCULAR.

Évacuer le stress de l'espace

Des progrès récents en médecine ont permis de lier certaines hormones et protéines sanguines au stress et aux maladies cardiovasculaires. Les niveaux de ces marqueurs sont utilisés comme des indicateurs de la santé. On fera subir aux astronautes qui participent à l'expérience VASCULAR deux analyses sanguines avant, pendant et après leurs vols dans l'espace pour déceler ces protéines et hormones, et plus particulièrement pour détecter tout changement des niveaux de ces dernières lors du retour des astronautes sur Terre. De plus, on leur fera passer des examens aux ultrasons pour mesurer l'élasticité de leurs artères et de leurs veines avant et après leur vol.

Le Dr Hughson croit que l'espace peut être utilisé pour tester des solutions potentielles permettant de combattre cette maladie incapacitante, non seulement pour les voyageurs de l'espace, mais aussi pour tous les Canadiens.

« Nous espérons que ces astronautes nous permettront non seulement de mieux comprendre les mécanismes qui provoquent des changements dans leurs corps, mais aussi de nous concentrer davantage sur ce que nous pouvons faire pour empêcher un vieillissement cardiovasculaire semblable chez l'ensemble de la population ici sur Terre », a déclaré le Dr Hughson.

Selon la Fondation des maladies du cœur du Canada, on compte environ 70 000 crises cardiaques par année au Canada. L'étude VASCULAR pourrait donner de nouvelles informations sur les facteurs pouvant contribuer au développement de maladies cardiovasculaires.

Les résultats de l'étude VASCULAR pourraient aussi être importants pour l'avenir des vols spatiaux de longue durée, comme un vol aller-retour de trois ans à destination de Mars. En apprenant à mieux connaître l'effet des vols spatiaux sur la santé cardiovasculaire, on pourra prévenir de sérieux problèmes sur Mars et veiller à la santé des astronautes pour le reste de leur vie.

Garder la forme dans l'espace fait partie de la routine quotidienne de tous les astronautes. L'astronaute canadien Robert Thirsk s'entraîne sur un tapis roulant à bord de la Station spatiale internationale (ISS) au cours de la mission Expedition 20/21, en 2009. (Source : NASA)