Le premier observatoire magnétique au Canada

Image des fluctuations du soleil

Les fluctuations du Soleil affectent le champ magnétique de la Terre qui est illustré en bleu. (Source : SOHO, ESA, NASA)

Image de la toile par W. Armstrong

Cette toile peinte en 1852 par W. Armstrong montre l'observatoire magnétique de Toronto sur le campus du King's College, devenue l'Université de Toronto. (Source : Environnement Canada)

Photo de l'observatoire

L'observatoire tel qu'il était en 1854-1855. (Source : Université de Toronto)

Image de taches solaires

Les taches solaires sont clairement visibles sur cette image acquise par le satellite SOHO en 2003. (Source : ESA et NASA)

L'Observatoire magnétique et météorologique de Toronto, créé en 1839, est la plus vieille institution scientifique au Canada. Son fondateur, sir Edward Sabine, était un éminent astronome anglais qui a consacré la majeure partie de sa carrière à l'étude du champ magnétique terrestre.

Vers la fin des années 1830, M. Sabine s'intéresse à une question qui passionne le milieu scientifique : Quelle est la cause des fluctuations du champ magnétique terrestre qui affectent la précision des boussoles utilisées pour la navigation?

Pour y répondre, un projet d'envergure voit le jour sous l'égide de M. Sabine : la construction d'observatoires magnétiques à travers tout l'Empire britannique, notamment au Canada. C'est ainsi que la ville de Toronto est choisie pour accueillir l'un de ces établissements. Au cours de la même période, d'autres observatoires sont construits au Cap en Afrique du Sud, sur l'île de Sainte-Hélène dans l'Atlantique Sud et sur l'île de Tasmanie.

Érigé sur le site de l'Université de Toronto, l'Observatoire magnétique et météorologique est utilisé aux fins de diverses recherches. On y mesure notamment la direction et l'intensité des champs magnétiques et on y étudie les modèles météorologiques. Les observations astronomiques qui y sont faites permettent de calculer l'heure avec précision et contribuent à une importante initiative : uniformiser l'heure à l'échelle internationale grâce à la création des fuseaux horaires en 1876.

L'observatoire n'est alors qu'une simple bâtisse de bois rond équipée d'instruments de cuivre et de laiton. Ces matériaux ont été utilisés afin que les mesures ne soient pas influencées par les variations magnétiques qui proviennent de l'environnement extérieur du laboratoire. Les relevés, faits manuellement, sont ensuite analysés en Angleterre par Edward Sabine. Rapidement, l'observatoire de Toronto devient la pierre angulaire de plusieurs découvertes.

En 1852, M. Sabine réalise que les fluctuations du champ magnétique terrestre peuvent être répertoriées en un cycle quotidien marqué de périodes d'irrégularités. Ces périodes lui semblent reliées de près au nombre de taches solaires, dont le cycle de onze ans avait été établi dès 1844. Edward Sabine est ainsi le premier à reconnaître que l'activité solaire influence l'environnement magnétique de la Terre.

Vers la fin des années 1890, le campus de l'Université de Toronto se développe. Les locaux de l'observatoire magnétique deviennent rapidement vétustes. L'arrivée des commodités modernes sur le campus, notamment des tramways électriques, nuit à la précision des mesures scientifiques. En 1907, l'observatoire déménage dans un bâtiment de pierre, qu'il occupera jusqu'à la cessation de ses activités scientifiques dans les années 1950. Ce bâtiment héberge maintenant les bureaux du Student's Administrative Council.