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Sciences

Le professeur Barth Netterfield : fureteur de l'Univers

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Barth Netterfield (Photo : Université de Toronto)

Barth Netterfield (Photo : Université de Toronto)

Barth Netterfield adore tout simplement son travail. Ce professeur de physique et d'astronomie de l'Université de Toronto sait tirer, en sa qualité de scientifique, le meilleur de deux mondes. À titre d'enseignant, il transmet ses connaissances à la relève et se sent dynamisé par l'enthousiasme de ses étudiants. De plus, tous les ans, il travaille quelques mois à de très intéressants projets de recherche en laboratoire ou à des expériences en vol. En juin 2005, il a pris part à la mission BLAST. Un télescope suspendu à un gigantesque ballon a scruté le ciel pour effectuer une étude inédite de la formation et de l'évolution des étoiles, des galaxies et des amas d'étoiles.

La beauté du ciel étoilé est ce qui a éveillé l'intérêt de Barth Netterfield pour l'astronomie. (Photo : Télescope spatial Hubble, ESA, NASA)

La beauté du ciel étoilé est ce qui a éveillé l'intérêt de Barth Netterfield pour l'astronomie.
(Photo : Télescope spatial Hubble, ESA, NASA)

« Je passe le plus clair de l'année à préparer mes cours et des propositions de recherche, à gérer des comptes, à interagir avec des étudiants au post-doctorat, à rencontrer des ingénieurs et à conseiller des étudiants de deuxième cycle. Quand j'en ai le temps, j'essaie de travailler au laboratoire, mais ce n'est pas toujours évident. C'est pourquoi j'apprécie tant les quelques mois par année où je peux vraiment me consacrer au travail sur le terrain. Cette année, j'ai préparé le lancement d'un télescope emporté par ballon. »

M. Netterfield a commencé à s'intéresser à l'astronomie, tout simplement, en sortant à l'extérieur le soir. « Par la suite, j'ai été attiré par la physique après que mon professeur de mathématiques de 10e année m'a suggéré de lire un ouvrage sur la relativité. »

Barth Netterfield photographié devant BOOMERANG (Photo : Université de Toronto)

Barth Netterfield photographié devant BOOMERANG (Photo : Université de Toronto)

Le professeur Netterfield et ses collègues travaillent présentement à divers projets. « Nous venons tout juste de terminer l'analyse des données de BOOMERANG03, un télescope emporté par ballon qui a observé le rayonnement de fond cosmologique, c'est à dire la lumière émise par le plasma primordial qui prévalait dans l'Univers au cours des 380 000 années qui ont suivi le Big Bang. »

« Nous analysons également les données recueillies par BLAST en vue d'approfondir nos connaissances sur la formation et l'évolution des étoiles. De plus, nous venons tout juste de soumettre une proposition visant la construction d'un télescope emporté par ballon qui tentera d'observer les ondes gravitationnelles qui ont été émises au début de la formation de l'Univers. Nous espérons avoir un aperçu de ce qu'était l'Univers une fraction de seconde, soit 0,0000000000000000000000000000001 de seconde, après le
Big Bang. »

Animation : Télescope spatial Hubble, ESA, M. Kornmesser et L. L. Christensen

Cette animation illustre la théorie du Big Bang, une explosion géante qui aurait fait naître l'Univers.
(Animation : Télescope spatial Hubble, ESA, M. Kornmesser et L. L. Christensen)

Haute résolution (format MPEG, 5,9 Mo)
Basse résolution (format WMV, 271 Ko)

Lancement de BLAST (Photo : Université de Toronto)

Lancement de BLAST
(Photo : Université de Toronto)

Les télescopes emportés par ballon mis au point par le professeur Netterfield présentent un avantage de taille.
« L'atmosphère terrestre voile partiellement, sinon complètement, les ondes lumineuses que l'on doit observer si nous désirons atteindre nos objectifs scientifiques. Un télescope embarqué à bord d'un ballon stratosphérique se retrouve presque complètement (à environ 99,5 %) au-dessus de l'atmosphère terrestre. Les conditions d'observation s'en trouvent donc grandement améliorées. »

Il va sans dire que le fait de participer à ces projets a permis à Barth Netterfield de faire d'intéressantes découvertes. « Grâce aux données acquises pendant la mission BOOMERANG de 1998, nous avons réussi à déterminer que la naissance de l'Univers remonte à quelque 14 milliards d'années. Nous savons qu'il a une géométrie plane, dite euclidienne. Nous connaissons aussi un peu mieux la composition de l'Univers. Il comprend 5 % de matière ordinaire et 30 % de matière sombre, le reste étant constitué d'énergie sombre. »

Dans ce contexte de recherche d'avant-garde, les succès sont très gratifiants et les récompenses se présentent sous diverses formes. « En 2002, nous étions en Antarctique en vue d'une mission BOOMERANG. Avant le lancement du ballon, il fallait assurer la surveillance du récepteur 24 heures par jour. Or, une semaine avant Noël, j'étais de garde avec deux étudiants à l'intérieur du garage situé sur la plateforme de glace de la mer de Ross, à 15 km de notre base. Soudain, une tempête de catégorie 1 s'est levée. Le blizzard interdisant tout déplacement, nous nous sommes retrouvés immobilisés
sur place.»

« Nous avons donc orné la nacelle du ballon de lumières de Noël et pris une petite collation avant de nous installer pour regarder, sur notre petit téléviseur, le film The Thing produit par J. Carpenter dans lequel un être étrange décime une base de recherche isolée dans l'Antarctique. En pareilles circonstances, ce film nous paraissait tout indiqué! Installés dans notre grange en bois fouettée par les vents violents, ça nous a fait tout drôle de constater que notre tempête était bien plus spectaculaire que celle montrée à l'écran! »