Projets sur le rayonnement spatial

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne (ASC) Chris Hadfield, retenu par les pieds à l'extrémité du Canadarm de la navette spatiale, travaille sur le Canadarm2 de la Station spatiale internationale (ISS). (Source : NASA)

L'Agence spatiale canadienne (ASC), en coopération avec ses partenaires dans le projet de la Station spatiale internationale (ISS), participe à la réalisation d'une étude sur le rayonnement spatial. L'ASC a pour principal objectif de mettre au point des technologies et des méthodes permettant de mesurer et de surveiller le degré d'exposition des astronautes aux rayonnements spatiaux afin de mieux les protéger contre leurs effets néfastes.

Contexte

Le rayonnement spatial est beaucoup plus intense que les rayonnements auxquels nous sommes soumis sur Terre. Par exemple, la dose de rayonnement absorbée par un astronaute en une journée à bord de la station équivaut à celle que nous absorbons sur Terre de sources naturelles (hormis le radon) en une année. Cela s'explique par le fait que sur Terre, nous sommes protégés de la plupart des rayons cosmiques par l'atmosphère et le champ magnétique terrestres. Maintenant que des astronautes vivent à bord de la station spatiale pendant de longues périodes et que nous envisageons des missions spatiales interplanétaires, nous devons continuer d'améliorer les technologies utilisées pour surveiller et mesurer le rayonnement spatial et nous protéger contre celui-ci.

Les détecteurs de rayonnement, ou dosimètres, sont utilisés pour mesurer les doses de rayonnement absorbées par les astronautes qui s'exposent au milieu spatial. On appelle « dosimétrie des rayonnements » la science qui vise à mesurer la quantité d'énergie absorbée par une surface donnée. L'ASC travaille de pair avec le Space Radiation Analysis Group (SRAG) (anglais seulement) de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) afin de s'assurer que les doses de rayonnement absorbées par les astronautes en mission dans l'espace ne dépassent pas les niveaux acceptables. En se basant sur les prévisions de l'activité solaire de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) (anglais seulement), le SRAG parvient à évaluer l'exposition des astronautes aux rayonnements lors de leur mission spatiale. Les membres du SRAG surveillent également l'exposition réelle des astronautes au rayonnement cosmique lors de leurs missions spatiales au moyen des données produites par les dosimètres personnels des astronautes (des détecteurs de rayonnement qu'ils portent sur eux) et de dosimètres de zone (détecteurs de rayonnement placés à différents endroits à l'intérieur et à l'extérieur des engins spatiaux). En plus des mesures prises par le SRAG, les astronautes doivent fournir des échantillons de leur sang afin de déterminer s'il y a eu des changements ou des mutations dans leur ADN (le bagage génétique contenu à l'intérieur des cellules) afin de déterminer leur degré d'exposition au rayonnement spatial et d'évaluer les effets néfastes causés par cette irradiation.

Projets sur le rayonnement spatial

Le fantôme sphérique Matroshka à l'intérieur de la cabine des membres d'équipage à bord de la station. (Source : IBMP)

L'ASC a appuyé le développement de deux dosimètres canadiens qui ont servi de dosimètres personnels ou de zone (dosimètres à bulles et dosimètres MOSFET) dans le cadre de missions à bord de la station spatiale. Les dosimètres à bulles sont de la taille d'une éprouvette et permettent de mesurer les doses de rayonnement neutronique absorbées par les astronautes. Les dosimètres MOSFET, pour leur part, sont des dispositifs électroniques miniaturisés qui permettent de mesurer les concentrations de protons et d'électrons en temps réel afin de fournir des informations sur les doses de rayonnement absorbées par des parties précises du corps humain. De 2005 à 2008, l'ASC a collaboré avec l'Institut des problèmes médicaux de Russie (IBMP) de l'Académie des sciences de Russie à l'exploitation des dosimètres MOSFET et à bulles dans le cadre d'une expérience appelée Matroshka-R, réalisée à bord du segment russe de l'ISS. L'ASC a ensuite collaboré avec RSC-Energia, en 2009, afin d'utiliser les dosimètres à bulles pour analyser le rayonnement neutronique à bord de l'ISS lors d'une expérience appelée Radi-N. Une suite à cette expérience, pour laquelle l'ASC et RSC-Energia s'associeront de nouveau, est prévue pour 2012-2013.

Liens connexes