Jaymie Matthews, crack des étoiles

Le professeur Jaymie Matthews enseigne à l'Université de Colombie-Britannique.

Dr. Jaymie Matthews

Le professeur Jaymie Matthews enseigne à l'Université de la Colombie-Britannique. Sa passion pour l'astronomie l'a mené à l'obtention d'un doctorat en astrophysique à l'Université de Western Ontario en 1987. Chercheur principal du projet MOST, il partage son temps entre la mission de ce nouveau satellite canadien d'exploration spatiale, ses étudiants et différents comités. Matthews est convaincu que la force du Canada réside dans sa capacité à concevoir de petits satellites ingénieux et peu coûteux. Son intérêt pour l'astronomie ne se dément pas, surtout depuis que MOST a fait des découvertes.

Matthews est éloquent quand vient le temps d'expliquer les phénomènes qu'il étudie grâce à des métaphores. Il a déjà comparé les vibrations rapides à la surface des étoiles à une sorte de langage corporel. Puisque les étoiles autres que le Soleil sont si éloignées, les astronomes ont dû trouver une façon de surmonter cet obstacle. Matthews et ses collègues ont ainsi adapté la technique des géophysiciens qui utilise les ondes séismiques de la Terre à l'étude des étoiles et ont baptisé cette discipline séismologie stellaire ou astroséismologie. « Nous ne pouvons pas installer de séismographes à la surface du Soleil ou d'autres étoiles, mais nous pouvons observer les effets subtils des ondes qui provoquent des oscillations à la surface de l'étoile, telles les vibrations d'une cloche... gazeuse. La fréquence des oscillations nous fournit des informations directes sur la nature des gaz que traversent les ondes sonores. Nous pouvons nous servir de la composition du noyau d'une étoile pour établir son âge. »

Un étudiant devenu professeur

D'aussi longtemps qu'il se souvienne, Jaymie Matthews a toujours voulu être astronome. « Les étoiles du ciel nocturne sont le souvenir le plus vivace de mes années de jeunesse passées en périphérie de la petite ville de Chatham, en Ontario. Une fois rendu à l'université, j'ai eu la chance de travailler sur de vrais projets de recherche et j'ai eu la piqûre de l'astronomie. »

« Lorsque je regarde dans les yeux de mes étudiants, j'y vois souvent le même émerveillement qui m'habitait à cette époque (et les mêmes paupières tombantes à cause des nuits blanches passées à étudier ou à observer le ciel avec le télescope du campus!). Lorsque j'étais étudiant, j'ai eu le privilège de travailler avec les plus grands scientifiques, d'assister à des présentations données par des lauréats du prix Nobel et d'avoir accès à des installations à rendre jaloux les astronomes amateurs. L'un des plaisirs d'être professeur d'université, c'est de pouvoir renvoyer l'ascenseur à une future génération d'astronomes. »

La supernovae découverte en 1987 est le point brillant au centre de la photo. (Photo : Hubble Heritage Team (AURA, STScI, NASA, ESA))

La supernovae découverte en 1987 est le point brillant au centre de la photo.
(Source : Hubble Heritage Team (AURA, STScI, NASA, ESA))

Et, bien sûr, les anecdotes qui ont ponctué le parcours de Matthews sont légion. « En 1987, je me suis retrouvé sur le site d'un observatoire éloigné au Chili. Une nuit, la lumière provenant de la plus brillante supernovae des trois derniers siècles a atteint la Terre après avoir traversé plus de 160 000 années-lumière depuis une galaxie lointaine. Un autre astronome canadien, Ian Shelton, posté sur le pic d'une autre montagne non loin, l'a remarquée en premier. Cela fait donc de moi le Canadien qui n'a pas découvert la supernovae du siècle. Dans toute la frénésie médiatique qui a suivi cette découverte, j'ai expliqué aux journalistes que les éléments de notre corps ont été produits par des explosions semblables aux explosions stellaires. "Même les atomes du cerveau d'Elvis Presley viennent d'une supernovae", ai-je lancé à la blague. Quelques mois plus tard, à Vancouver, dans le cadre de la toute première réunion conjointe de la Société canadienne d'astronomie et de l'American Astronomical Society, j'ai remarqué dans la revue Discover un article sur la fameuse supernova qui avait pour titre "Une supernovae contient des atomes du cerveau d'Elvis Presley; des scientifiques confirment que le roi du rock'n'roll a vécu il y a 160 000 ans dans une autre galaxie!" Curieusement, j'ai toujours un emploi dans le domaine de l'astronomie! »

Pour en savoir plus sur la découverte de MOST, cliquez ici.