Lorsqu'un vent froid du nord-ouest souffle en tempête sur l'Ontario, David Hudak s'empresse de monter à bord de son avion de recherche pour recueillir des données sur les nuages qui sèment le chaos au sol.
Ces vols au cœur des tempêtes sont monnaie courante pour ce chercheur scientifique d'Environnement Canada qui a fait des nuages et d'autres phénomènes météorologiques ses sujets de prédilection. Or, ces périples dans le ciel auront bientôt une fonction supplémentaire : vérifier la précision des données recueillies au-dessus du territoire canadien par CloudSat, le nouveau satellite de la NASA dont la mission prévue pour 2006 consistera à étudier les nuages dans leurs moindres détails.
« CloudSat sera le premier satellite à établir le profil tridimensionnel des nuages, d'expliquer M. Hudak, cochercheur canadien principal pour ce projet. Le satellite évoluera sur une orbite quasi polaire, ce qui nous permettra d'étudier pour la toute première fois la totalité des nuages au-dessus du Canada ».


Dans le cadre d'un projet financé par l'Agence spatiale canadienne, David Hudak aidera à valider les données que CloudSat recueillera au-dessus du Canada M. Hudak comparera les données produites par CloudSat à celles obtenues par les radars et le réseau météorologique à la fine pointe de la technologie d'Environnement Canada ainsi que par l'avion de recherche sur la physique des nuages du Conseil national de recherches. « Lorsque le satellite survolera le sud-ouest de l'Ontario, nous serons autant que possible dans son sillage », affirme-t-il.
CloudSat recueillera des informations sur la structure et le volume des nuages ainsi que sur leur teneur en eau et en glace. Ces données nous aideront à mieux comprendre l'incidence des nuages sur le climat et à améliorer les projections climatologiques. Tout cela grâce au radar à ondes millimétriques fourni par le Canada. « Les données de CloudSat nous permettront de mieux comprendre le processus de formation des précipitations, de dire M. Hudak. Elles permettront d'améliorer les modèles climatologiques numériques, ce qui contribuera à accroître la précision des prévisions. »
C'est l'occasion unique de pouvoir contempler aux premières loges la beauté et la férocité de la nature qui a attiré David Hudak vers ce domaine. Après avoir suivi sa formation de météorologue, M. Hudak a obtenu un doctorat en physique de l'Université de Toronto avec une spécialisation en météorologie radar et en physique des nuages. Aujourd'hui, il travaille pour le compte de la Direction générale des sciences et des technologies d'Environnement Canada.
Au cours de sa longue carrière de plus de 30 ans dans le domaine des sciences de l'atmosphère, M. Hudak a participé à de nombreux projets de recherche qui l'ont mené aux quatre coins du monde.
« Au cours de ma carrière, j'ai été appelé à étudier des tempêtes de neige à Terre-Neuve, des moussons en Asie du Sud-Est, des blizzards et des tempêtes dans l'Extrême-Arctique et j'ai aussi pris part à des projets sur la modification des conditions climatiques en Afrique, de raconter M. Hudak. J'ai passé six années à tenter de provoquer la pluie en Afrique en ensemençant les nuages et ça a été une expérience des plus enrichissante. L'une des façons de savoir si l'on comprend bien le climat, c'est de voir si l'on peut le changer ».

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