Fort Churchill : un haut-lieu de la recherche spatiale canadienne

Photo de l'observatoire de Fort Churchill

Observatoire magnétique de Fort Churchill. (Source : NRCAN)

Photo d'aurore boréale

Aurore boréale au-dessus du Canada photographiée à partir de la Station spatiale internationale (ISS). (Source : NASA)

Photo d'une fusée Nike-Apaches

Une fusée Nike-Apaches prête pour son lancement à partir de Fort Churchill. (Source : prise entre 1960 et 1964, NASA)

Fort Churchill est situé aux confins de la toundra arctique, face à la baie d'Hudson, au centre géographique de l'Amérique du Nord. Ancien poste de traite, cette localité du nord du Manitoba est l'un des premiers territoires colonisés du Canada. Mais Fort Churchill est presque désert depuis 1985. On n'y trouve plus qu'un aéroport, une voie ferrée et quelques bâtiments officiels, dont un centre dédié à l'écotourisme et un observatoire géomagnétique.

Et pourtant, au milieu des années 1950, en pleine guerre froide, près de 4 500 personnes vivaient et travaillaient à Fort Churchill, principalement des militaires et des scientifiques canadiens et américains. Comme il s'agissait de l'un des meilleurs endroits au monde pour observer les aurores boréales, l'armée canadienne décida en 1954 d'y établir une base afin d'étudier ces phénomènes atmosphériques à l'aide de fusées-sondes.

C'est ainsi que Fort Churchill a contribué à la création du Programme spatial canadien. Cette petite localité a longtemps été adoptée par le Canada et les États-Unis comme lieu de lancement de fusées-sondes. Elle a aussi permis la mise en oeuvre d'une multitude de programmes scientifiques de recherche en sciences de la vie et de la terre au cours des décennies qui ont suivi.

Le site a été agrandi en 1956 à l'occasion de l'Année internationale de géophysique. Les États-Unis ont contribué aux travaux d'agrandissement et la base est alors devenue la plus grande installation militaire gérée par ces deux pays. De juillet 1957 à décembre 1958, la communauté scientifique internationale a profité d'une période d'activité intense du Soleil pour y améliorer sa connaissance des interactions Soleil-Terre.

En 1959, la compagnie canadienne Bristol Aerospace y lançait la première fusée Black Brant qui a connu depuis un énorme succès dans le milieu de la recherche spatiale aéroportée. Fort Churchill a dès lors été considéré comme le centre de recherche sur l'atmosphère le plus avancé au monde. Au fil des ans, plus de 3 500 vols suborbitaux

En 1960, un incendie a détruit la plupart des installations, et l'armée américaine a donc transféré temporairement ses lancements ailleurs. La base a ensuite été acquise en 1965 par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) pour appuyer le Programme canadien de recherche sur la haute atmosphère. L'endroit a été utilisé sporadiquement dans les années 1970 et 1980 pour des travaux de recherche scientifique et pour des expéditions de survie. L'Armée canadienne AC a également exploité ce site dans le cadre de ses travaux de recherche sur l'ionosphère et sur les télécommunications.

Bien qu'il soit aujourd'hui presque désert, Fort Churchill n'en demeure pas moins l'un des hauts-lieux de l'histoire de la recherche spatiale canadienne.