Les vols du Falcon 20 au service de la science

Photo du Falcon 20

Le Falcon 20 du Conseil national de recherches du Canada

Depuis 1993, l'Agence spatiale canadienne (ASC) utilise un avion bien spécial, le Falcon 20, pour effectuer des expériences en apesanteur sans devoir aller dans l'espace. Ces expériences sont effectuées dans le cadre d'une collaboration avec le Laboratoire de recherche en vol du Conseil national de recherches du Canada, propriétaire du Falcon 20. En 2004, l'ASC a réalisé dix expériences à bord de ce biréacteur.

Un environnement de microgravité est créé à l'intérieur de l'avion lorsqu'il décrit une parabole dans le ciel, à une altitude de 4000 à 8000 mètres. Les effets de la gravité sont annulés au moment où l'avion atteint le sommet de sa courbe et pendant une partie de l'arc descendant, pour une période de 15 à 25 secondes. C'est court, direz-vous ? Peut être, mais le FalconASC20ASCoffre une alternative peu coûteuse aux missions spatiales pour réaliser des expériences dans divers domainesASC : sciences des fluides, sciences des matériaux et sciences de la vie.

Un arc dans le ciel

Le Falcon 20 peut effectuer plusieurs paraboles de suite, permettant aux chercheurs de déterminer l'influence de l'apesanteur sur leurs expériences. Ils ont ainsi la possibilité de vérifier des hypothèses de travail et d'évaluer s'il vaut la peine de poursuivre en adaptant leurs études pour un laboratoire spatial. On peut aussi utiliser les vols paraboliques pour tester de l'équipement qui est destiné à la Station spatiale internationale.

En avril 2004, le professeur Richard Wassersug, de l'Université de Dalhousie, et une équipe d'étudiants ont mené une expérience à bord du Falcon 20. Ils ont embarqué plusieurs amphibiens afin d'étudier leur comportement en apesanteur. Pendant l'expérience, l'avion a effectué une série de trois paraboles. M. Wassersug a pu constater qu'un serpent, habitué à se mouvoir sur la terre ferme, ne réagit pas de la même manière qu'un lézard, accoutumé à sauter et à planer d'un arbre à un autre. Cette étude ouvre la porte à de nouvelles hypothèses quant au sens inné de l'humain de s'adapter à un environnement de microgravité.

Photo de l'intérieur du Falcon 20

Intérieur du Falcon 20 canadien

Trajectoire typique d'un vol parabolique

Vidéo d'un lézard en chute libre

Vidéo MPEG (882 Ko)

Ce lézard, habitué à se mouvoir sur la terre ferme, est déboussolé lorsqu'il se retrouve en chute libre et cherche à reprendre contact avec une paroi stable.

Un intérieur et des moteurs modifiés

Ne croyez pas que le Falcon 20 est un avion passager avec des sièges et des écrans de cinéma! Son intérieur transformé répond davantage aux besoins de ses utilisateurs. Aussi, ses moteurs et son système hydraulique ont été modifiés pour donner au biréacteur la puissance nécessaire pour effectuer les paraboles.

Grâce à des ententes avec d'autres agences spatiales, telles la NASA ou l'ESA, les chercheurs canadiens ont aussi accès à d'autres avions : le DC-9, le T-33, le KC-135 et l'Airbus A300. Cependant, seul le Falcon 20 est disponible ici même au pays.