16 septembre

En 1974, les chimistes américains Sherwood Rowland et Mario Molina ont été les premiers à sonner l'alarme. Cette année-là, ils ont publié le premier article scientifique qui prévoyait la quasi-disparition de la couche d'ozone en 75 ans. Et ils étaient loin d'avoir tort puisqu'au début des années 80, on a observé pour la première fois un trou dans l'ozone aux pôles de la Terre. Au-dessus de l'Antarctique, 70 % du gaz protecteur avait disparu, alors que 30 % s'était volatilisé dans le ciel de l'Arctique. En 1995, Rowland et Sherwood ont ainsi obtenu le prix Nobel de chimie pour leur travail dans le domaine de la chimie atmosphérique.
Au cours des dernières décennies, les préoccupations au sujet de la détérioration de la couche d'ozone n'ont cessé de croître. À la fin des années 80, la signature du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone prévoyait notamment l'élimination progressive de l'utilisation des CFC.
L'entente a été ratifiée en 1987 par le Canada, la Communauté économique européenne et 28 autres pays. La liste des signataires s'est beaucoup allongée depuis et compte maintenant plus de 175 nations.
Mais qu'en est-il à l'aube du troisième millénaire? Bien sûr, le contrôle des gaz causant la détérioration de l'ozone a énormément aidé, mais la bataille est loin d'être gagnée. En 1996, 1997 et 2000, on a observé une diminution de la couche d'ozone au-dessus de l'Arctique alors que le taux d'appauvrissement s'élevait à 60 % dans certaines couches de l'atmosphère. Dans la basse stratosphère, près du pôle Sud, le trou a atteint une taille record au printemps 2000, soit 28,3 millions de kilomètres. La zone périphérique affectée s'étend même jusqu'à la pointe méridionale de l'Amérique du Sud.

En juin 2003, le Canada a lancé le satellite scientifique SCISAT en vue d'étudier la couche d'ozone, principalement au-dessus du Canada et de l'Arctique. Les résultats de SCISAT permettront de prévoir le comportement futur de la couche d'ozone et de mieux comprendre les mécanismes qui l'appauvrissent.
Le Canada participe à une autre mission grâce à OSIRIS, un instrument scientifique placé à bord du satellite suédois Odin dont le lancement a eu lieu en 2001. OSIRIS se démarque des autres missions scientifiques par l'utilisation de la lumière solaire pour capter la signature de la colonne d'ozone traversée.
En observant le limbe atmosphérique, il est possible d'enregistrer la répartition de l'ozone. La mission d'OSIRIS se poursuivra jusqu'au début de 2005, et peut-être même au-delà.
Les données sur la couche d'ozone recueillies par OSIRIS, par SCISAT et par le nouveau satellite AURA de la NASA permettront de mesurer l'impact des politiques environnementales internationales telles que le Protocole de Montréal. Grâce à ces précieuses informations, les décideurs et la population pourront poursuivre et ajuster leurs actions en vue de préserver cette couche de l'atmosphère qui protège la vie sur Terre.
Visitez le site d'Environnement Canada pour obtenir plus de renseignements au sujet de la couche d'ozone.
Les pages consacrées à SCISAT vous exposent en détail la mission du satellite canadien.
Un article paru dans le bulletin électronique Apogée vous initie à la mission d'OSIRIS grâce à l'entrevue réalisée avec le chercheur responsable du volet canadien, M. Ted Llewellyn.