Président : Matt Dobbs, Université McGill
Dans ce rapport, le Groupe de travail sur le fonds diffus cosmologique (désigné par le sigle anglais CMB) présente une feuille de route et des recommandations pour la prochaine décennie de l'astronomie du CMB depuis l'espace, au Canada.
Science fondamentale : Comment l'Univers a-t-il débuté? L'inflation est le principal paradigme théorique pour décrire les premiers moments après le Big Bang. Une preuve irréfutable des modèles inflationnistes les plus plausibles serait l'existence d'un fonds d'ondes gravitationnelles qui aurait laissé une signature dans le CMB, sous forme d'une faible composante rotationnelle dans la polarisation du CMB aux grandes échelles angulaires. Sa détection permettrait de sonder directement la physique des très hautes énergies. L'objectif principal de la feuille de route décennale décrite dans ce document est de mesurer la polarisation du CMB afin de détecter la signature laissée par les ondes gravitationnelles inflationnistes, ou de fixer la limite supérieure de son échelle d'énergie. Ces mesures constitueront des tests additionnels de la théorie de la gravité d'Einstein aux grandes échelles, elles fourniront de l'information sur de nouvelles particules ou forces et elles permettront éventuellement de mieux comprendre l'énergie sombre. Elles ouvriront une nouvelle fenêtre sur l'Univers, créant ainsi de nouvelles connaissances qui maintiendront la tradition d'excellence internationale du Canada dans ce domaine.
Expertise canadienne : La communauté canadienne des chercheurs sur le CMB au Canada est caractérisée par un niveau élevé d'expertise dans les universités, avec un engagement ferme envers la formation des étudiants diplômés. Les Canadiens se sont établis comme leaders mondiaux dans l'électronique de détection, l'analyse des données et les logiciels connexes, et dans la conception, l'intégration et l'utilisation de télescopes transportés par des ballons stratosphériques. Par exemple, les expériences en cours partout dans le monde qui utilisent la génération actuelle de détecteurs bolométriques (plus de deux cents) ont une chose en commun : leur électronique de lecture a été fournie par des chercheurs canadiens en CMB, et les Canadiens sont des partenaires dans les retombées scientifiques de ces projets. Les universitaires canadiens ont commencé à transférer cette technologie à leurs partenaires industriels. Les stagiaires participent à chaque aspect de l'élaboration et du déroulement des expériences, ce qui forme des personnes ayant une expérience inégalée dans le développement et l'analyse d'instruments scientifiques.
Feuille de route décennale : Notre Groupe de travail prévoit qu'il y aura une ou deux autres générations d'expériences spécialisées suborbitales et au sol devant aboutir à une mission satellitaire d'envergure visant à cartographier la polarisation du CMB sur l'ensemble du ciel avec une résolution angulaire suffisante pour étudier les signaux des lentilles gravitationnelles et une sensibilité d'au moins un ordre de grandeur supérieur à toute expérience actuellement élaborée. Par conséquent, la communauté canadienne des chercheurs en CMB prévoit avoir une participation significative aux missions suivantes au cours de la prochaine décennie :
Ce programme doit aller de pair avec un engagement rigoureux envers le développement de la technologie et la formation du personnel tant par la communauté des chercheurs que par les organismes de financement. Cette feuille de route pour la recherche depuis l'espace profitera de la vaste expérience de nos chercheurs avec les projets au sol.
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