Un réseau terrestre d'observation des aurores boréales

Cette magnifique aurore boréale a été photographiée en Finlande par © Jouni Joussila.

Cette magnifique aurore boréale a été photographiée en Finlande par © Jouni Joussila.

CANOPUS, le réseau terrestre d'observation des aurores boréales, a vu le jour au Canada en 1989. Grâce à l'entente internationale désignée International Living With a Star, à laquelle adhèrent plusieurs pays dont le Canada, les États-Unis, le Japon, la Russie ainsi que l'Agence spatiale européenne (ESA), CANOPUS connaîtra un deuxième souffle. Cette entente favorisera l'utilisation du réseau canadien pour l'étude des phénomènes qui animent la magnétosphère de notre planète, telles que les aurores boréales, afin d'en évaluer l'impact sur les activités et les infrastructures du Canada.

Initialement mis sur pied dans le cadre du Programme international des relations Soleil-Terre, CANOPUS est maintenant composé de 13 stations (bientôt 16) réparties sur le territoire canadien. Toutes sont équipées d'un magnétomètre, instrument essentiel à l'étude de la magnétosphère. Quatre d'entre elles sont également dotées d'un photomètre. Il s'agit d'un appareil très utile pour la recherche sur les aurores puisqu'il permet de recueillir de l'information quantitative sur les aurores boréales à diverses longueurs d'onde.

Aurore boréale photographiée en Finlande par © Jouni Joussila

Aurore boréale photographiée en Finlande par © Jouni Joussila.

Un peu de science

Les aurores boréales demeurent une énigme pour les experts. Ils savent toutefois qu'elles sont causées par les vents solaires qui soufflent en direction de la Terre. Ces vents transportent des particules ionisées qui sont filtrées en grande partie par la magnétosphère terrestre. Certains électrons réussissent cependant à passer entre les mailles du filet et créent des lueurs jaunes, vertes ou rouges s'ils frappent des atomes d'oxygène atmosphérique. Ils produisent des lueurs bleues ou violettes s'ils entrent en collision avec des molécules d'azote.

CANOPUS servira à étudier la formation des aurores boréales, mais suivant l'ordre inverse des choses, un peu comme si on lisait la fin d'une histoire avant d'en connaître le début. On sait que les vents et les tempêtes solaires sont à l'origine des aurores boréales. Ce sont ces phénomènes qui déclenchent le processus. Mais que se passe-t-il entre le moment où une tempête solaire se produit et celui où l'on peut apercevoir une aurore? C'est en remontant le fil de l'histoire que les scientifiques pourront découvrir la suite chronologique des événements.

Un réseau complémentaire

Situation géographique des 16 stations terrestres du réseau CANOPUS.

Situation géographique des 16 stations terrestres du réseau CANOPUS.

L'avantage d'un réseau terrestre, tel que CANOPUS, réside dans le fait qu'il sert de complément aux données satellitaires. Alors que CANOPUS offre une vue d'ensemble de la magnétosphère, un satellite peut en observer une zone particulière. Combinées, les données terrestres et spatiales présentent un grand intérêt pour les scientifiques.

Le réseau est utilisé en association avec le satellite Cluster II (disponible en anglais seulement) de l'Agence spatiale européenne et fera partie d'une mission conjointe avec le satellite THEMIS lancé par la NASA en 2007.