3, 2, 1... Décollage en Ontario!!!

Timmins, un site à latitude moyenne de lancement de « ballons spatiaux »

Avec l'installation d'un site de lancement de calibre mondial à Timmins, en Ontario, la chanteuse Shania Twain pourrait dorénavant avoir de la compétition à titre d'ambassadrice de cette ville minière du Nord.

En effet, à compter de 2013, la ville de Timmins, en Ontario, accueillera une base internationale de lancement de ballons de recherches stratosphériques. La base sera conjointement opérée par  l'agence spatiale française (le Centre national d'études spatiales (CNES)) et l'Agence spatiale canadienne (ASC).

Depuis près de 50 ans, la France est un chef de file dans le domaine des ballons non habités à haute altitude.

Au cours du dernier demi-siècle, la France et d'autres pays (dont le Canada) ont lancé des millions de ballons à haute altitude afin de prévoir les conditions météorologiques, d'explorer la zone où l'atmosphère cède progressivement sa place au vide spatial, de tester des expériences « quasi prêtes pour l'espace » et même de faire de l'astronomie à coût avantageux bien au-delà de l'atmosphère terrestre.

Une combinaison gagnante

Alors que le Canada a réduit son programme de ballons atmosphériques il y a une dizaine d'années pour des raisons budgétaires, la France a dû chercher de nouveaux territoires pour le lancement et la récupération des ballons à cause de la forte densité de population en Europe.

Grâce à une collaboration entre l'ASC et le CNES, une base de lancement d'une valeur de 4 millions de dollars est présentement en construction à l'aéroport de Timmins.

En retour, l'industrie et les universités canadiennes auront accès à des occasions de vols de ballons stratosphériques français ici et ailleurs dans le monde. L'ASC accepte présentement des propositions visant la réalisation de nouvelles missions canadiennes au moyen de ballons à haute altitude.

Préparation d'un ballon.
(Source : CNES/C. Bardou)

Anatomie d'un ballon stratosphérique

Les ballons d'aujourd'hui – habituellement constitués de plastique et remplis d'hélium – peuvent s'allonger pour prendre la forme d'une gigantesque « larme » renversée dont la taille équivaut à plus de la moitié de la tour du CN ou à la hauteur de la tour Eiffel.

Suspendus par le bas à une nacelle, ces ballons atmosphériques commandés à distance peuvent emporter des charges utiles de science, d'astronomie, de chimie atmosphérique et de prévisions météorologiques pouvant peser jusqu'à 1,1 tonne.

Ces ballons ne nécessitent aucun moteur ni carburant et sont entièrement récupérables. Ils peuvent amener leurs nacelles instrumentées à des altitudes de 42 km et y rester pendant 10 heures. Des vols de longue durée, s'étalant sur plusieurs jours, semaines ou même mois, sont envisagés dans un avenir rapproché.

Applications atmosphériques

« [Cette collaboration] représente une excellente affaire pour la communauté spatiale du Canada », a déclaré Steve MacLean, le président de l'ASC, qui fait remarquer que les missions de ballons à haute altitude constituent une plateforme de formation idéale pour la prochaine génération de spatiologues et d'ingénieurs.

L'instrument PILOT. (Source : PARI)

Volant plus haut et plus longtemps que les avions et revenant moins cher que les fusées ou les satellites, les ballons à haute altitude contribuent à l'étude d'une vaste gamme de phénomènes, qu'il s'agisse de conditions météorologiques à grande échelle susceptibles de se gâter très rapidement ou de conditions atmosphériques préoccupantes à long terme, notamment l'appauvrissement de la couche d'ozone au dessus du pôle Nord.

Un des premiers lancements à partir de la nouvelle base de Timmins pourrait fort bien être celui de la mission PILOT du CNES faisant appel à un ballon titanesque qui aura un volume d'un million de mètres cubes et emportera un nouveau télescope puissant à 42 km au-dessus de la surface de la Terre.

Pourquoi Timmins?

En raison de sa latitude, des conditions de vent et de météo favorables, de la faible densité de population dans certains secteurs clés autour de la ville ainsi que d'une infrastructure optimale sur place, Timmins est l'endroit au Canada qui permet le mieux de respecter la réglementation stricte régissant le lancement et la récupération de ballons à haute altitude.

Pour les résidents de Timmins, les ballons à haute altitude représentent un nouveau secteur d'activités qu'ils devraient avec plaisir voir prendre son envol.