ASTROSAT : Détecteurs spéciaux pour objets célestes inusités

ASTROSAT aura quatre télescopes à rayons X et deux télescopes
ASTROSAT aura quatre télescopes à rayons X et deux télescopes en mode ultra-violet.
(Photo : John Hutchings)

« Les objets célestes les plus chauds et les plus exotiques émettent tous un fort rayonnement dans la plage des ultraviolets », de dire John Hutchings de l'Institut Herzberg d'astrophysique. Il fait référence, ici, aux naines blanches, aux étoiles à neutrons, aux trous noirs et aux quasars, lesquels sont principalement observables dans les plages des UV et des rayons X.

« En étudiant les galaxies lointaines dans la plage des rayons ultraviolets, nous pouvons étudier le cycle de vie des galaxies et le processus de formation des étoiles qu'elles contiennent. Il s'agit d'un des moteurs scientifiques de ce projet », ajoute-t-il.

Le projet que dirige John Hutchings vise l'élaboration de deux détecteurs pour l'engin spatial UVIT, lequel comprend deux télescopes d'imagerie dans l'ultraviolet qui seront embarqués à bord du satellite indien ASTROSAT, dont le lancement est prévu en 2014. M. John Hutchings est le chercheur principal de l'équipe scientifique canadienne.

La technologie canadienne en terrain inconnu

« Cette technologie de détection des rayons ultraviolets de faible niveau est entièrement nouvelle pour le Canada », de mentionner M. Hutchings. « Les détecteurs sont en mesure de dénombrer chacun des photons qui parviennent jusqu'à eux et d'enregistrer le lieu et le moment de l'impact. Ces données sont ensuite stockées, puis une image est créée ».

Les trous noirs, les étoiles à neutrons, les pulsars, les naines blanches, les quasars et les noyaux galactiques actifs ne sont que quelques-uns des objets cosmiques qu'ASTROSAT pourra observer. « Ces objets ne sont pas des étoiles et des galaxies ordinaires. Ce sont des objets célestes si puissants qu'ils ont une influence sur l'Univers entier », de préciser John Hutchings. « Mais grâce à ces nouveaux instruments, nous serons en mesure de déterminer où ils se trouvent et d'en étudier la luminosité, la répartition, le cycle de vie, etc. »

Une galaxie vue en ultraviolet et en lumière visible.     Une galaxie vue en ultraviolet et en lumière visible.
Une galaxie vue en ultraviolet et en lumière visible. (Photos : John Hutchings)

L'observatoire ASTROSAT de l'Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) transportera à son bord six télescopes, soit quatre pour l'observation dans la plage des rayons X et deux pour l'observation dans les plages de l'ultraviolet et du spectre visible. L'Agence spatiale canadienne finance ce partenariat avec l'ISRO par le biais d'un marché conclu avec la société Routes AstroEngineering, d'Ottawa pour la conception et la fabrication des détecteurs. L'Institut Herzberg d'astrophysique appuie cette participation. L'équipe responsable du projet, qui est formée d'astronomes d'universités canadiennes, bénéficie d'une bourse du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie pour l'installation et l'exploitation d'un laboratoire à l'Université de Calgary. Ce laboratoire visera notamment à étalonner et à vérifier les détecteurs avant qu'ils ne soient livrés en Inde.

Occasions de recherche

La participation du Canada à la mission ASTROSAT autorise l'équipe UVIT et d'autres scientifiques canadiens à utiliser un certain pourcentage du temps d'observation du satellite. Ainsi, les scientifiques canadiens pourront profiter de nouvelles occasions de recherche en astronomie. Un comité choisira les propositions les plus prometteuses et leurs auteurs se verront accorder un accès au télescope.