Douze ans en orbite à mesurer les vents de la haute atmosphère

Lancement : 12 septembre 1991
État : Inactif

WINDII, pour « Wind Imaging Interferometer » (Interféromètre d'imagerie des vents)

WINDII, pour « Wind Imaging Interferometer »
(Interféromètre d'imagerie des vents)

WINDII, un instrument canadien, a terminé sa longue carrière en juin 2004, douze ans après le début de sa mission. Un des dix instruments à bord du satellite américain UARS, il a mené une fructueuse mission de recherche scientifique sur les vents de la haute atmosphère.

WINDII a été construit en collaboration avec le Centre national d'études spatiales en France. Ses performances ont dépassé toutes les attentes, et la mission qui ne devait durer que 18 mois s'est prolongée sur plus de dix ans. La mission de WINDII, dirigée par Gordon G. Shepherd du Centre for Research in Earth and Space Science de l'Université York (disponible en anglais seulement), a permis à l'équipe scientifique d'étudier les vents de la haute atmosphère à partir d'un satellite, ce qui n'avait jamais été possible jusque-là.

Placé sur orbite à une altitude de 585 km, WINDII a étudié des vents soufflant à une altitude de 80 à 300 km au-dessus de la Terre. L'objectif était d'approfondir nos connaissances sur la circulation des vents de cette région atmosphérique. Des techniques de télédétection ont donc été utilisées afin de permettre à WINDII de discerner la luminescence atmosphérique naturelle.

Plusieurs observations ont pu être faites grâce à l'instrument canadien. L'une d'entre elles montre que les vents détectés s'avèrent beaucoup plus rapides que prévu et atteignent plus de 200 km/h. Malgré leur grande vitesse, ils sont peu puissants à cause de la faible densité de l'atmosphère à cette altitude. Les scientifiques ont aussi été surpris de constater que les vents ont un cycle qui varie selon les saisons : ils sont plus forts au printemps et à l'automne et faiblissent pendant l'été et l'hiver. WINDII a aussi pu amasser de l'information sur la source de ces vents, leur force, leur température, leur composition chimique, leur structure et leurs cycles.

Une meilleure compréhension de la circulation des vents dans la haute atmosphère aidera les scientifiques à évaluer les changements climatiques futurs et les effets du réchauffement de la planète sur l'atmosphère. Depuis sa plateforme satellitaire, WINDII a contribué à dresser le portrait général des forces éoliennes de la haute atmosphère. La qualité et l'étendue des données recueillies dépassent largement toutes les mesures déjà effectuées : l'équipe de Gordon G. Shepherd a recueilli plus de 22 millions d'images qui alimenteront les recherches pour des décennies à venir.

En reconnaissance de sa contribution exceptionnelle au Programme spatial canadien, M. Gordon G. Shepherd s'est vu attribuer le prestigieux Prix d'excellence John H. Chapman en 2003. Ce Prix d'excellence est remis annuellement par le président de l'ASC et porte le nom du père du Programme spatial canadien, John Herbert Chapman.

Typhon au-dessus de la mer du Japon (Photo : Envisat, ESA)

Typhon au-dessus de la mer du Japon
(Photo : Envisat, ESA)

Animation montrant WINDII à bord du satellite UARS (Animation : NASA Goddard Space Flight Center) - 1 Mo

Animation montrant WINDII
à bord du satellite UARS
(Animation : NASA Goddard Space Flight Center)
1 Mo

M. Gordon G. Shepherd s'est vu attribuer le prestigieux Prix d'excellence John H. Chapman en 2003.

M. Gordon G. Shepherd s'est vu attribuer le prestigieux Prix d'excellence John H. Chapman en 2003.