Nuit étoilée : filaments de poussière dans la Voie lactée

Image de la Voie Lactée

(Source : collaboration ESA/Planck. Remerciements : M.-A. Miville-Deschênes, CNRS – Institut d'astrophysique spatiale, Université Paris-XI, Orsay, France)

Le 30 janvier 2015

Les textures fluides et les couleurs vives de cette image saisissante rappellent la toile la plus célèbre de Van Gogh. Malgré sa beauté impressionnante, cette image n'est pas l'œuvre d'un artiste : il s'agit en fait d'une photo de poussière chatoyante dans une parcelle du ciel de l'hémisphère Sud saisie par le télescope spatial Planck.

Les couleurs que l'on voit dans l'image montrent comment la poussière de notre galaxie, la Voie lactée, diffuse la lumière. Le télescope Planck a mesuré la direction de la lumière émise par la poussière. Dans l'image, le bleu indique une faible intensité et le rouge, les plus fortes concentrations de poussière. Les couleurs chaudes dans le haut de l'image correspondent aux endroits où la poussière est plus dense le long du disque de notre galaxie (imaginez que vous observez la Voie lactée de côté, comme si celle-ci était une crêpe, et que vous l'observez du bord de la crêpe), là où se trouve la plus grande partie de sa masse. Les plis et les textures dans l'image représentent la lumière polarisée, qui révèle l'alignement des grains de poussière dans le champ magnétique de la Voie lactée.

Les astronomes, notamment des scientifiques de l'Université de la Colombie-Britannique et de l'Université de Toronto, s'intéressent particulièrement à la zone pointillée de l'image, qui a suscité beaucoup d'excitation en 2013 lorsque, dans le cadre de l'expérience BICEP2, menée au sol au pôle Sud, des scientifiques ont examiné cette même parcelle du ciel et ont cru observer pour la première fois ce que l'on appelle des ondes gravitationnelles primordiales : des ondulations de l'espace-temps caractérisées par un motif en tourbillon dans la polarisation du rayonnement de fond cosmique (CMB), la plus ancienne lumière de l'histoire de l'Univers. Cependant, une analyse des données de l'expérience BICEP2 menée conjointement par les responsables de l'ensemble de télescopes Keck et du télescope Planck a révélé que la détection d'ondes gravitationnelles n'était qu'un artéfact, probablement dû à la poussière de notre galaxie, comme on peut le voir dans cette image.

L'Agence spatiale canadienne (ASC) finance les travaux de deux équipes canadiennes, l'une à l'Université de la Colombie-Britannique et l'autre, à l'Université de Toronto, qui prennent part à la mission du satellite Planck. Pour en apprendre davantage au sujet de la participation du Canada à cette mission, rendez-vous sur la page suivante : www.asc-csa.gc.ca/fra/satellites/planck/default.asp