Les services de télécommunications constituent l'épine dorsale de toute société moderne. Actuellement, ce sont des satellites de télécommunications géostationnaires (GEO) qui répondent en majeure partie aux besoins des régions éloignées en matière de communications. Ces satellites sont placés sur le plan équatorial à 36 000 km d'altitude. De nos jours, les satellites géostationnaires offrent une variété de services de divertissements et de télécommunications aux Canadiens. La géométrie orbitale étant ce quelle est, elle ne permet pas la couverture complète du territoire canadien par les satellites géostationnaires. De plus, il y a certaines limites à ce que peuvent offrir les satellites géostationnaires dans l’Extrême Arctique, notamment en ce qui a trait aux services mobiles tel que ceux dont ont besoin les bateaux, les avions et les véhicules aériens sans équipage. Ainsi, certaines zones canadiennes d'intérêt dans l'Arctique se trouvent privées de solutions sûres et fiables de télécommunications de haute capacité.
L'un des rôles du gouvernement consiste à fournir des prévisions météorologiques à court terme et des prévisions climatiques à long terme qui soient exactes. Ces prévisions sont importantes pour le fonctionnement de l'économie ainsi que pour la sécurité et la qualité de vie des Canadiens. Présentement, les données utilisées pour les modèles de prévision météorologique numériques proviennent de satellites géostationnaires (GEO) et de satellites évoluant en orbite polaire basse (LEO) qui sont exploités par d'autres nations (GOES et POES de la NOAA, MSG et MetOp de l'EUMETSAT). Les satellites GEO fournissent, toutes les 15 minutes, une image du disque terrestre du 60e degré de latitude sud au 60e degré de latitude nord, à une résolution spatiale variant de 0,5 km à 2,0 km. Il s'agit là de la norme par excellence en météorologie de pointe. Cependant, la résolution spatiale diminue radicalement au dessus de 60º en raison de la courbure de la Terre; les régions polaires se retrouvent donc hors de la zone desservie par les satellites GEO. Les satellites évoluant en orbite polaire basse sont capables de fournir une résolution beaucoup plus élevée à de hautes latitudes, mais le champ balayé est plus étroit. Par conséquent, ils sont incapables de couvrir toute la région polaire en même temps, et il peut falloir jusqu'à six heures à un satellite pour produire une nouvelle image de la même zone. En d'autres mots, il n'y a présentement aucun satellite capable de fournir des données météorologiques sur l'Arctique à une résolution spatiale et temporelle suffisante pour être utilisées à des fins de prévision. Non seulement cette situation rend elle les prévisions météorologiques pour l'Arctique extrêmement difficiles, mais elle a également un effet nuisible sur l'exactitude des prévisions au Canada, en Amérique du Nord et dans le monde, puisque les processus qui s'opèrent dans l'Arctique ont des répercussions majeures sur les conditions météorologiques à l'échelle de la planète.
Les changements climatiques planétaires et l'intérêt mondial grandissant à l'égard des vastes ressources naturelles de l'Arctique représentent de nouveaux défis et de nouvelles perspectives pour le Canada. Afin de tirer profit des ressources naturelles du Nord et de faire face aux défis liés à la souveraineté et à la sécurité dans cette région, le Canada doit se doter de meilleurs moyens de communication, de prévisions météorologiques et de surveillance du climat et de l'environnement dans le Nord.
Face à ces enjeux et afin de tirer pleinement profit des possibilités offertes par le Nord, l'Agence spatiale canadienne, en collaboration avec Environnement Canada et le ministère de la Défense nationale et avec l'appui d'autres ministères, a complété en septembre 2008 l'étude de phase 0 de la Mission de télécommunications et de météorologie polaire (PCW). Les résultats de cette étude ont démontré que le système de deux satellites qui forme la mission PCW (connue aussi sous le nom de mission PolarSat) serait en mesure de fournir des services continus de communication à large bande, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans tout l'Arctique. Ce système pourrait également améliorer la surveillance des changements climatiques et les prévisions météorologiques. En juillet 2009, l'ASC et ses partenaires gouvernementaux ont accordé un contrat au Consortium industriel canadien dirigé par MDA de Richmond, en Colombie-Britannique, afin qu'il réalise une étude de phase A d'une durée de 12 mois sur l'analyse et la définition du concept de la mission.