Les découvertes de MOST

Un petit satellite fait des révélations de taille

Le microsatellite MOST a fait une percée importante dans le domaine de l'astronomie. En effet, le petit télescope spatial a révélé que l'étoile Procyon n'oscille pas, contrairement à ce que laissaient croire les observations terrestres. Cette découverte suggère que les théories sur la formation et le vieillissement du Soleil et des étoiles doivent être révisées.

Image d'un amas globulaire d'étoiles

Amas globulaire d'étoiles tel que vu par le télescope spatial Hubble. (Source : NASA, ESA, K. Sahu du STScI)

L'étoile Procyon est la huitième en importance pour sa brillance dans le ciel étoilé. Elle est localisée dans la constellation du Petit chien (Canis Minoris).

L'étoile Procyon est la huitième en importance pour sa brillance dans le ciel étoilé. Elle est localisée dans la constellation du Petit chien (Canis Minoris). (Source : Agence spatiale canadienne)

Procyon est une étoile de notre galaxie deux fois plus grosse et sept fois plus lumineuse que le Soleil, cependant, elle perd de sa puissance, car elle a entamé la dernière partie de sa vie. Grâce à l'étude des oscillations du Soleil, les scientifiques ont longtemps cru que Procyon, à l'instar des étoiles semblables qui peuplent la Voie lactée, émettait aussi des pulsations, mais MOST nous a démontré le contraire.

Le démenti de Procyon

Eta Bootis, ou Mufrid, est une étoile solitaire dans la constellation du Bouvier (Bootis). C'est cette étoile qui a servi à MOST pour tester ses instruments.

Eta Bootis, ou Mufrid, est une étoile solitaire dans la constellation du Bouvier (Bootis). C'est cette étoile qui a servi à tester les instruments de MOST. (Source : Agence spatiale canadienne)

Maquette de MOST

Maquette de MOST (Source : Agence spatiale canadienne)

En janvier et février 2004, le télescope spatial MOST a observé Procyon sur une période de 32 jours consécutifs sans détecter d'oscillation. « Jour après jour, les données s'accumulaient, explique Jaymie Matthews, chercheur principal responsable de la mission. Le bruit parasite s'amenuisait et le signal d'oscillation n'apparaissait toujours pas. Après un moment, nous avons réalisé que nous ne détecterions rien. Et ça a été une surprise pour tous. » Matthews, de l'Université de la Colombie-Britannique, compare cette situation à celle d'un docteur qui examinerait une personne en bonne santé mais qui ne détecterait ni pouls ni battement de coeur. Pour éviter de tirer de mauvaises conclusions, l'équipe scientifique a revérifié le bon fonctionnement des instruments scientifiques de MOST. Ceux-ci étaient en bon état de marche; ils ont même détecté les oscillations d'une autre étoile, Eta Bootis.

Cette constatation remet en question les modèles terrestres de mesure des oscillations stellaires. Selon ces modèles, Procyon aurait dû vibrer et osciller à une plus grande amplitude que le Soleil. Les astronomes sont maintenant à revoir leurs théories sur l'émission de la lumière issue des astres tels que le Soleil. Une équipe française, qui planifiait une mission spatiale pour étudier les oscillations de Procyon en 2006, a décidé de modifier son projet à la lumière de la découverte de MOST. Un an à peine après son lancement, le petit télescope canadien repousse déjà les frontières de la connaissance de l'espace.