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Satellites

Il y a 40 ans, Alouette II marquait une page de l'histoire spatiale canadienne

Alouette I et II. (Photo : ASC)

Alouette I et II.
(Photo : ASC)

Le 29 novembre 1965, le téléjournal de la CBC faisait état du lancement d'Alouette II comme suit : « Le deuxième satellite de la série Alouette a été lancé en orbite aujourd'hui, témoignant ainsi du succès et de l'ingéniosité des meilleurs scientifiques canadiens ». Le satellite hautement perfectionné Alouette II avait alors pour mission de sonder l'ionosphère dans le but d'améliorer la qualité des télécommunications dans le Nord canadien.

Vue en coupe du satellite. (Illustration : ASC)

Vue en coupe du satellite. (Illustration : ASC)

En novembre 2005, on a célébré le 40e anniversaire du lancement d'Alouette II, un événement marquant dans l'histoire du Canada dans l'espace.

À la suite du lancement d'Alouette I, qui avait propulsé le pays dans l'ère spatiale en septembre 1962, le Canada et les États-Unis ont conjugué leurs efforts pour lancer d'autres satellites semblables dans le cadre du programme de satellites internationaux d'étude de l'ionosphère (ISIS). À l'instar d'Alouette I, les satellites ISIS étaient chargés de sonder l'ionosphère, une couche de la haute atmosphère fortement chargée d'électricité, ainsi que les aurores boréales.

Les satellites Alouette étaient recouverts de panneaux solaires. (Photo : ASC)

Les satellites Alouette étaient recouverts de panneaux solaires.
(Photo : ASC)

Pourquoi étudier l'ionosphère?

Avant l'avènement des satellites de télécommunication, les signaux radio pouvaient être transmis sur de longues distances en les faisant ricocher sur l'ionosphère. Les chercheurs canadiens étudiaient depuis longtemps cette portion de l'atmosphère à partir de stations terrestres, mais ils ont compris qu'ils devaient également l'étudier depuis l'espace, car les aurores boréales interféraient souvent dans la transmission des signaux. Les instruments embarqués à bord des satellites avaient la capacité de mesurer la température et la densité de l'ionosphère ainsi que l'activité du champ magnétique terrestre.

Le programme Alouette/ISIS a fournit des données qui ont fait l'objet d'analyses dans plus de 1200 documents et rapports scientifiques. Les deux satellites Alouette ont été exploités pendant 10 ans, et les satellites ISIS ont été utilisés jusqu'au 13 mars 1984. C'est à cette date que le programme a pris fin et que le Canada a transféré au gouvernement japonais la responsabilité des satellites ISIS.

John H. Chapman, pionnier du Programme spatial canadien. (Photo : ASC)

John H. Chapman, pionnier du Programme spatial canadien. 
(Photo : ASC)

Équipe de conception d'Alouette II

D'abord construit comme modèle de réserve pour son prédécesseur, Alouette II a été conçu et remis en état par une équipe de scientifiques oeuvrant au Centre de recherches sur les télécommunications de la défense du Canada (DRTE) sous la direction du physicien John Chapman, le père du Programme spatial canadien.

Pour sa mission de 10 ans, le satellite a été placé sur une orbite dont l'apogée (le point de l'orbite le plus éloigné de la Terre) se situait à 2 982 kilomètres, soit à une altitude environ trois fois supérieure à l'altitude maximale atteinte par Alouette I. Alouette II a été le premier des trois satellites lancés dans le cadre de l'entente canado-américaine. ISIS I a été lancé en 1969 et ISIS II, en 1970.

Timbre commémorant Alouette II. (Photo : ASC)

Timbre commémorant Alouette II. (Photo : ASC)

Des assises solides pour le Programme spatial canadien

La performance des satellites Alouette et ISIS a été fantastique. Le Canada, qui est ainsi devenu le troisième pays à exploiter l'espace, bénéficie depuis d'une réputation mondiale d'excellence en matière de conception et de génie satellitaires. Aujourd'hui, le Canada doit son rang de chef de file en télécommunication par satellite, en observation de la Terre et en sciences spatiales aux solides fondations qui ont été établies dans le cadre du programme de satellites Alouette.