Événement - Lancement de la mission Expedition 34/35 avec l'astronaute Chris Hadfield

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Publié le 19 décembre 2012

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Événement - Lancement de la mission Expedition 34/35 avec l'astronaute Chris Hadfield

2012-12-19 - L'ASC souligne le lancement de l'astronaute canadien Chris Hadfield à destination de la Station spatiale internationale dans le cadre de la mission Expedition 34/35 lors d'un événement média animé par les astronautes Robert Thirsk et David Saint-Jacques.

(Sources : Agence spatiale canadienne, NASA.)

Transcription

Modérateur : C’est un grand jour pour l’Agence spatiale canadienne et, à vrai dire, ce sera vraiment un jour historique. Il est approprié, à mon avis, que le lancement de cette mission ait lieu l’année du 50e anniversaire de l’astronautique canadienne. Le lancement d’Alouette 1 en 1962 nous a donné la confiance et la crédibilité de mener des activités qui font maintenant partie de notre histoire dans le domaine des vols spatiaux, qu’il s’agisse de la robotique, des télécommunications par satellite, de l’optique ou des satellites radar d’observation de la Terre.

À mon avis, grâce à cette mission à laquelle prend part Chris Hadfield aujourd’hui, l’Agence est à la croisée des chemins et en bonne posture, forte de son patrimoine et de son histoire, pour prendre en mains la destinée du Canada dans l’espace et du Programme spatial canadien.

C’est un grand honneur d’avoir un invité spécial aujourd’hui : j’invite le gouverneur général du Canada, le très honorable David Johnston, à dire quelques mots.

(Applaudissements.)

Le très hon. David Johnston : Quel plaisir d’être ici, à l’Agence spatiale canadienne, pour assister à ce lancement historique! J’attends ce moment depuis ma visite à l’agence il y a un an. Puisque les missions spatiales sont le fruit d’années de préparation, j’aimerais d’abord féliciter chaque personne qui a contribué à cet effort. En tant que gouverneur général, je suis très fier de savoir que dans quelques mois à peine, Chris Hadfield deviendra le premier Canadien de l’histoire à commander la Station spatiale internationale.

Comme vous le savez, il mènera des expériences scientifiques, il pilotera le Canadarm2 et il effectuera des opérations robotiques pendant sa mission en orbite. Tout compte fait, je crois que nous pouvons affirmer que Chris Hadfield et l’Agence spatiale canadienne sont des éléments vitaux de cette mission internationale. Par ailleurs, vous ne pouvez savoir à quel point je suis content que Chris amène avec lui Eddy, le lion vice-royal!

(Rires.)

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Eddy est la mascotte de Rideau Hall de notre ressource éducative en ligne, Éduzone. Éduzone est un outil lancé plus tôt cette année et conçu pour les élèves et les enseignants. Il permet d’en apprendre davantage sur le rôle, les responsabilités et l’historique de la charge de gouverneur général, ainsi que sur les deux résidences officielles. Nous sommes très enthousiastes au fait de participer à cette mission et de savoir que, dans l’espace, Chris sera accompagné d’Eddy en tout temps.

L’une des priorités de mon mandat consiste à encourager l’apprentissage et l’innovation au Canada. Je sais que Chris Hadfield partage aussi cette passion, lui qui a passé la plus grande partie de sa carrière à parler aux jeunes de l’importance des études. Bien entendu, Chris Hadfield n’est pas le seul astronaute canadien qui a appuyé nos efforts dans l’espace et l’acquisition de connaissances au Canada.

Je suis ravi d’être ici aujourd’hui avec Steve MacLean, David Saint-Jacques et Robert Thirsk – et le 29 août, je suis allé à Sault Ste. Marie, à l’occasion du centenaire de la fondation de ma ville natale, où j’ai vu Roberta Bondar, notre voisine de l’époque dans cette ville alors que je n’étais qu’un garçon – et de souligner leurs contributions à notre quête commune du savoir.

Votre présence nous rappelle que, fondamentalement, la science et l’exploration spatiales relèvent de la collaboration puisqu’une découverte ouvre la voie à une autre. Les missions spatiales sont aussi de merveilleux exemples de coopération internationale, comme en témoigne le lancement de la fusée Soyouz qui a lieu aujourd’hui au Kazakhstan.

Chacun de nous pratique ce que j’appelle la diplomatie du savoir, c’est-à-dire notre capacité à partager nos connaissances au-delà des disciplines et des frontières, voire au-delà des limites de la Terre afin d’apprendre. Au nom de tous les Canadiens, je vous souhaite une mission sécuritaire et réussie. Merci.

(Applaudissements.)

Modérateur : Merci monsieur le gouverneur général. Je souhaite mentionner que l’innovation, la vision et la passion sous-tendent ce qui est souligné à l’occasion du 50e anniversaire, ce qui est dans le droit fil de votre vision de l’innovation et de nos activités d’approvisionnement qui, à mon avis, ont été le moteur de l’innovation depuis 30 ans. Tout cela prend forme aujourd’hui. Permettez-moi maintenant de vous montrer une vidéo de Chris Hadfield.

Vidéo : Bonjour tout le monde. C’est Chris Hadfield ici au centre spatial de Baïkonour, au Kazakhstan. C’est la quarantaine ici. C’est la rivière Syr en arrière de moi. Je vous souhaite à tous bienvenue au lancement. C’est un moment historique. Nous quittons la Terre en permanence pour la première fois dans l’histoire de notre espèce.

Cet endroit n’est pas un port de mer. Ce n’est pas un aéroport. C’est un cosmodrome. C’est à partir d’ici que nous quittons la Terre et c’est ici où nous reviendrons et où nous atterrirons. Pour nous, c’est extraordinaire de nous trouver ici, et pour moi, personnellement, c’est extraordinaire de m’y trouver maintenant. Ça me fait beaucoup de plaisir d’être ici à cet événement avec vous, avec la famille, avec nos amis. C’est un moment incroyable, un moment historique pour nous autres. C’est un moment absolument superbe d’avoir ensemble.

Au nom de l’équipage, au nom de Roman et Tom et en mon nom, à tous ceux qui nous ont épaulés, je vous remercie pour le soutien que vous nous avez donné. Je vous souhaite la plus cordiale bienvenue et j’espère que vous apprécierez vraiment le spectacle. Je sais que, dans le vaisseau Soyouz, en montant vers la station spatiale, nous allons y prendre plaisir. Bonne chance, tout le monde! Si je ne vous parle pas depuis l’espace, je vous reparlerai à mon retour.

Modérateur : Le lancement est prévu pour 7 h 12. Il est actuellement 6 h 59 et j’ai le grand plaisir d’inviter Robert Thirsk et David Saint-Jacques à venir au micro pour vous faire part en personne de leur expérience liée à ce lancement. Bob a été envoyé dans l’espace le 27 mai – 2009, je pense – et a passé 188 jours dans la station, et donc Chris le suit dans le cadre de cette deuxième mission. David Saint-Jacques, que nous avons engagé comme nouvel astronaute, tout comme Jeremy Hansen, en mars 2009, obtiennent d’excellents résultats dans leur programme d’entrainement de la NASA.

David Saint-Jacques : Bonjour tout le monde. Nous entendez-vous bien? Oui? D’accord.

Robert Thirsk : Nous sommes heureux d’être ici aujourd’hui. Il m’a toujours semblé que l’Expedition 34-35 était dans des mois à venir, des années à venir, mais aujourd’hui, c’est le jour J, et il y a de l’électricité dans l’air! Je pense qu’il nous reste 13 minutes. C’est pour bientôt et ça m’emballe vraiment!

Il y a des centaines de scientifiques, de contrôleurs de vol, d’instructeurs en robotique, de personnel de soutien familial, de gestionnaires et d’administrateurs qui se sont préparés pour ce vol, mais Chris aussi s’est préparé. Son entrainement a été sa principale préoccupation pendant deux ans et demi… cinq ans parce qu’il était aussi mon remplaçant. En quoi consistait son entrainement?

David Saint-Jacques : J’ai eu la chance de suivre l’entrainement de base à la NASA et aussi en Russie avec Jeremy. L’entrainement consiste principalement à se préparer pour ce jour‑ci. Les gens demandent souvent si les astronautes sont nerveux sur la plateforme de lancement. Est-ce que les gens sont nerveux dans la station ou sur la fusée? En fait, comme tout le monde le sait, le meilleur remède contre le stress, c’est d’être préparé et Chris est préparé.

Et c’est ça, l’entrainement. Il sait tout sur le bout des doigts. Vous voyez sur la télévision en ce moment la fusée Soyouz elle-même, on a le sommet de la fusée où on voit la capsule, en ce moment les trois sont en-dedans, dans leur scaphandre, vraiment complètement « strappés » si on veut. Ils ont fait tous les tests possibles. Chris ici, le commandant du Soyouz, Roman, et Tom, un collègue de la NASA.

On va vous montrer la capsule, de quoi ç’a l’air. C’est la capsule qu’on voit ici au sommet de la fusée. Vous voyez un ingénieur ici, ça vous donne à peu près la taille. Ce n’est pas très gros. Des années de préparation pour tout connaitre sur le bout des doigts. Chris est assis dans son siège, comme ça, ce n’est pas très confortable. Il va être comme ça pour deux jours en route vers la station.

Chris est le copilote du Soyouz. C’est un entrainement qui a pris plus d’un an pour être prêt à accomplir cet important rôle. S’il y avait un problème avec son collègue russe, Chris devrait prendre la relève. Vous pouvez voir sur les écrans de la NASA la fusée. On est au Kazakhstan dans la steppe. On va avoir le lancement au coucher du soleil, la température est idéale. On devrait avoir une très belle vue.

Je vais parler un peu de l’entrainement brièvement. Chris a fait des années d’entrainement. Ça fait probablement dix ans en fait qu’il commence à être impliqué dans cette mission-là, sur la centrifuge, des entrainements aux opérations d’urgence à bord la station ou à bord du véhicule dans le but de tout savoir sur le bout des doigts pour être prêt à prendre la relève comme commandant en cas d’urgence. Bob, peut-être que tu pourrais nous parler de certaines expériences scientifiques qui seront effectuées dans l’espace.

Robert Thirsk : La Station spatiale internationale joue actuellement le rôle prévu initialement par cinq agences spatiales, c’est-à-dire d’être un laboratoire de premier ordre pour mener des activités de recherche-développement en apesanteur. Il est question de biologie animale, de biologie végétale, de physiologie humaine, de la physique des fluides, de la transformation des matériaux, de démonstrations technologiques de nouveau matériel médical ou d’ingénierie.

La station est maintenant équipée de laboratoires exceptionnels. Chris sera responsable, entre autres choses, de s’occuper de deux des laboratoires de recherche les plus importants : les laboratoires européen et japonais de la station. Ils se trouvent sur la partie avant de la station.

Je suis fier de souligner que le Canada effectuera une bonne série d’expériences. De la centaine d’expériences qui seront effectuées à bord de la Station spatiale internationale au cours des cinq à six prochains mois, cinq seront des expériences canadiennes.

David Saint-Jacques : Nous avons la chance d’avoir parmi nous l’un des principaux scientifiques qui sont parties prenantes à ces expériences.

Robert Thirsk : M. Richard Houston, de l’Université de Waterloo.

(Applaudissements.)

David Saint-Jacques : Il y une autre chose que Chris pourrait faire, évidemment... Nous savons que les sorties dans l’espace n’ont plus de secrets pour Chris, qu’il est le premier Canadien à être sorti dans l’espace, le premier Canadien à marcher dans l’espace. On espère qu’il aura la chance d’en faire durant cette mission. Ce n’est pas encore confirmé, mais il est prêt, ça c’est sûr qu’il est prêt. Aussi évidemment la robotique spatiale, qui est toujours au premier plan dans la station spatiale.

On parle maintenant de tous ces véhicules qui amènent du cargo, du ravitaillement à la station. Ils doivent être attrapés en orbite avec le bras spatial. Chris est prêt à faire ça. Bob a eu la chance de participer à ces opérations d’arrimage spatial déjà, un pionnier là-dedans et Chris va avoir probablement la chance de faire ça aussi durant sa mission.

Quelques mots au sujet du rôle de commandant que Chris va devoir soutenir.

Robert Thirsk : Ce qui est vraiment génial à propos d’être un astronaute depuis 25 ans, c’est d’être témoin de l’évolution du rôle et des responsabilités des astronautes canadiens. Au début, notre rôle et nos responsabilités étaient limités, nous étions des spécialistes de charge utile à bord de la navette spatiale; ensuite, nous avons été des spécialistes de mission et nous avons effectué des activités extravéhiculaires et des activités de robotique – comme tu l’as mentionné –, nous avons été à bord de la navette spatiale et de la capsule Soyouz, nous avons effectué des vols de courte durée et de longue durée.

Et maintenant, le Canada a l’occasion – la plus petite agence spatiale à titre de partenaire dans le cadre du Programme de la Station spatiale internationale – d’assumer le rôle principal au sein de l’équipage. Dans environ deux mois, Chris Hadfield deviendra le commandant de l’équipage de la Station spatiale internationale. Cela démontre très bien à quel point ce partenariat fonctionne bien : le plus petit partenaire peut assumer un rôle crucial.

Chris aura comme responsabilités, bien sûr, de veiller à ce que la station demeure sécuritaire, que l’équipage est en sécurité, que tous les objectifs de mission sont réalisés et que la dynamique psychosociale de l’équipage est bonne. Chris s’acquittera de ces responsabilités notamment à l’heure des repas. Il a apporté un certain nombre d’aliments canadiens, comme du saumon fumé, du bœuf séché et du caribou séché, qu’il partagera avec ses homologues européens, russes et américains.

David Saint-Jacques : Toute cette nourriture sera partagée?

Robert Thirsk : J’ai été vraiment surpris de constater le rôle que la nourriture peut jouer. Si jamais tu as un désaccord avec quelqu’un, va prendre une bouchée avec lui. Ça va régler le problème.

(Rires.)

David Saint-Jacques : Peut-être que nous devrions nous tourner vers ce qui se passe actuellement au Kazakhstan. Ils sont là. Le lancement est prévu dans 5 à 6 minutes. Qu’est-ce que vous pensez qui se passe là-bas? Ils sont dans la capsule Soyouz. Qu’avais-tu à l’esprit quand tu y étais?

Robert Thirsk : Nous sommes entrés dans la capsule trois heures avant le lancement. Lorsque la trappe a été fermée, il n’y avait que nous trois. Et il n’y a qu’à se relaxer. Soudainement, il n’y a plus de pression exercée par les attentes de tous ces gens, plus besoin de remplir les obligations liées aux cérémonies et les formalités traditionnelles et culturelles. À ce moment-là, c’est toi, tes deux membres d’équipage et la capsule.

On se sent fébrile. Il y a beaucoup de choses à faire pendant cette période de trois heures : vérifier tous les systèmes du vaisseau spatial pour s’assurer que tout est en ordre pour le lancement, vérifier la pression de la capsule qu’on voit juste là – elle doit être étanche – et vérifier la pression des combinaisons spatiales – elles doivent être étanches.

David Saint-Jacques : On voit Chris, en haut, avec sa liste, en train de faire les vérifications avec son commandant.

Robert Thirsk : Les vingt dernières minutes, à peu près, est un moment propice à la réflexion, pour revenir sur la mission sur le point d’être lancée et ce qu’elle signifie dans l’histoire du monde. C’est le temps de penser à la famille, aux amis, à vous tous. Chris a certainement vu votre vidéo de salutations dans l’autobus qui l’a emmené à la plateforme de lancement et s’est assurément senti très en symbiose avec vous.

Deux caméras sont installées dans la capsule spatiale. Pendant le premier tiers de l’ascension, vous verrez Chris et Roman. Vers le deuxième tiers, vous aurez aussi une vue de Tom Marshburn, ingénieur de vol, et au cours du dernier tiers de l’ascension, vous verrez Chris et Roman de nouveau. La mise à feu a lieu une vingtaine de secondes avant le décollage et les moteurs sont à plein régime une dizaine de secondes avant le décollage.

Au moment du décollage, vous verrez la fusée s’élever et la tour de lancement se détacher. Chris a été deux fois à bord de la navette spatiale. Cette ascension sera tout à fait différente pour lui. La navette est assourdissante, il y a beaucoup de bruit, de vibrations et de secousses. Cela se déroulera un peu plus en douceur aujourd’hui. Il ne saura même pas qu’ils ont décollé, sauf en voyant que le compte à rebours a dépassé zéro.

La seule exception est que la capsule Soyouz se trouve sur une fusée à trois étages. Lorsque les propulseurs du premier étage s’éteignent, cet étage est largué, et pendant environ deux secondes, l’équipage passe de 4G à 0G, jusqu’à ce que les prochains propulseurs s’allument. L’équipage repasse alors à 4G. Lorsque le premier étage fonctionne, les membres de l’équipage sont assis dans leur siège, mais au moment où il cesse de fonctionner, ils sont projetés vers l’avant pendant deux secondes, jusqu’à ce que les propulseurs de l’étage suivant s’allument, moment où l’accélération les repousse au fond de leur siège. Sinon, c’est comme partir en orbite à bord d’une Rolls Royce ou d’une Cadillac.

(Rires.)

Là encore, ils surveilleront leurs systèmes pendant l’ascension. Ils devront probablement transmettre certaines confirmations. J’ai mentionné que les caméras et l’équipement de communication doivent être vérifiés pendant l’ascension. On voit ici Roman qui tient dans les mains ses procédures de vol. Comme David l’a déjà mentionné, Roman et Chris jouent un rôle de premier plan et Tom, dans le siège de droite, joue un rôle de soutien.

Après une minute et demie, vous allez remarquer un petit nuage de fumée au sommet de la fusée Soyouz. Ne vous inquiétez pas, c’est seulement le système d’évacuation. La partie tout en haut de la capsule ne sera plus nécessaire après une minute et demie d’ascension. Il y a un petit nuage de fumée, rien d’inquiétant, le système sera largué et, peu après, c’est le premier étage qui sera largué.

Les propulseurs d’appoint semblables à des chandelles romaines qui se trouvent sur la partie inférieure de la fusée seront aussi largués. Rien d’inquiétant non plus. Le troisième étage s’allumera environ quatre minutes après le lancement. Vous ne le verrez probablement pas, et c’est à ce moment que l’équipage sera de nouveau secoué. L’équipage parlera au centre de lancement pendant toute l’ascension. Je pense que le président de l’agence spatiale russe leur parlera aussi pendant l’ascension.

Un certain nombre de dignitaires se trouvent dans un bunker, à une distance de 300 à 400 mètres de la plateforme de lancement. Si un problème survient avant le lancement, il sera possible d’avoir rapidement accès à l’équipage pour les sortir de là, mais tout se déroulera sans aucun contretemps aujourd’hui.

David Saint-Jacques : Nous y sommes presque, à deux ou trois minutes du lancement. C’est pour eux la fin d’une très longue journée. Cela fait environ deux heures qu’ils sont attachés là‑dedans, mais ils sont debout depuis plus de dix heures pour se préparer, se faire examiner, voir leur médecin, vérifier leur équipement. C’est le point culminant non seulement d’une grosse journée, mais aussi de plusieurs années d’entrainement.

Robert Thirsk : Un des aspects vraiment agréables de partir à bord d’une fusée Soyouz est l’expérience culturelle. Chris s’est envolé deux fois à bord d’une navette spatiale, et la NASA a sa façon de gérer le lancement des navettes. Aujourd’hui, c’est le lancement d’une fusée Soyouz, et les Russes ont leur façon de gérer ces lancements – ils imposent une quarantaine, ils respectent un bon nombre de traditions russes. Il est possible que vous ayez vu certaines de ces traditions ce matin à la télévision.

Les membres de l’équipage écrivent leur nom sur la porte de la chambre à coucher. Ils sont bénis par un prêtre de l’Église orthodoxe russe et ils récitent des prières avec leur famille pour que le lancement se déroule en toute sécurité. Vous avez entendu parler de certaines autres traditions aussi. Elles rendent la journée très spéciale et unique. La fébrilité a gagné les membres de la famille et, de toute évidence, les membres de l’équipage. Aujourd’hui, c’est une toute autre journée, et tout ce pour quoi Chris s’est entrainé et tout ce à quoi vous vous êtes préparés arrive à son point culminant dans une minute.

David Saint-Jacques : Il nous reste peut-être une minute avant le décollage. Tout le monde est prêt. Tout a été vérifié. On sent la fébrilité dans l’air. Je ne sais pas pour vous, mais moi, oui. Imaginez Chris.

Robert Thirsk : Chris et Tom seront près de hublots. Ils seront trop occupés pour y jeter un coup d’œil, mais environ deux minutes après le décollage, le capot ou la coiffe qui recouvre la capsule se détachera et il sera possible de voir par les hublots.

Centre de contrôle : La tour ombilicale est en train d’être retirée. Le compte à rebours de 20 secondes est commencé. Retrait de la tour. 15 secondes. Commande confirmée. Mise à feu. Prêt pour le décollage. 5, 4, 3, 2, 1 : décollage. Tom Marshburn, Roman Romanenko et Chris Hadfield sont en route vers la Station spatiale internationale.

Bon fonctionnement du premier étage de la fusée Soyouz, qui subit une poussée de 102 tonnes de combustible provenant des quatre propulseurs d’appoint et du moteur‑fusée. Le premier étage de la fusée Soyouz fait 68 pi de longueur et 24 pi de diamètre; il brûle du combustible liquide pendant deux minutes six secondes après le décollage.

La stabilisation du véhicule se poursuit comme prévu. Le vol se déroule normalement. Tout est normal à bord. Une minute et dix secondes se sont écoulées depuis le décollage, la fusée se déplace maintenant à une vitesse de 1 100 milles à l’heure. Tout semble se dérouler parfaitement.

Les propulseurs du premier étage fonctionnent toujours normalement. Le vol est stable. Les paramètres des propulseurs sont stables. Je reçois : « Nous allons très bien. Il y a de la vibration. » Nous en sommes à une minute 54 secondes après le décollage, la tour de sauvetage vient d’être larguée. Largage confirmé.

On peut maintenant voir que les propulseurs d’appoint se détachent une minute 58 secondes après le décollage – ils sont en train d’être largués. Leur travail est terminé et ils sont lâchés à une altitude d’environ 28 milles terrestres. La fusée Soyouz file maintenant à environ 3 350 milles à l’heure. Tout est normal à bord.

Une minute 57 secondes après le décollage. Le propulseur du 2e étage fonctionne normalement. Nous sommes rendus à deux minutes 38 secondes après le décollage, la coiffe de lancement est larguée, la fusée se trouve maintenant à une altitude d’environ 48 milles. Équipage à bord. La stabilisation du véhicule se déroule toujours comme prévu. Le lancement se passe sans anicroche. Petit salut de la main. Tout va bien.

Tout va bien. 200 secondes de vol. L’étage continue de propulser la fusée comme prévu.

Robert Thirsk : Dans le coin supérieur gauche de l’image, on voit un jouet, un clown qui est accroché. C’est un jouet de la fille de Roman, qui leur sert d’accéléromètre. S’il est droit, ils sont soumis à la gravitation. Lorsqu’il commence à flotter, ils sont rendus dans l’espace.

David Saint-Jacques : Une autre chose qu’il faut remarquer : quand le commandant veut appuyer sur les boutons, sur le panneau, il n’est pas capable de se rendre. Ils sont tellement attachés serrés qu’ils utilisent un bâton, une extension. On voit la Terre derrière, c’est l’horizon qu’on voit par le hublot.

Centre de contrôle : Le deuxième étage continue de propulser la fusée; il mesure 56 pi de longueur et a un diamètre de 13,5 pi. Son moteur et ses quatre chambres de combustion fournissent une poussée de 96 tonnes pendant trois minutes 28 secondes.

David Saint-Jacques : L’équipage, en ce moment, fait juste vérifier que tout fonctionne normalement; ils savent par cœur la séquence des évènements. Ils vérifient que tout est correct sur leurs instruments.

Centre de contrôle : Il reste 30 secondes. La fusée Soyouz aura ensuite recours à la technique de délestage à chaud : le troisième étage sera mis à feu pendant que le deuxième étage brûle toujours son combustible.

Robert Thirsk : Tout le monde est trop occupé pour regarder par le hublot actuellement, mais on peut constater qu’ils sont rendus très haut, à une centaine de kilomètres de hauteur, et que le ciel est maintenant noir.

Centre de contrôle : « Nous allons bien et tout se déroule normalement à bord. » Le moteur du troisième étage a maintenant été mis à feu, celui du deuxième étage est en train de s’éteindre. Le deuxième étage est délesté. Le délestage a lieu à une altitude de 105 milles.

David Saint-Jacques : On voit Chris en haut à droite. (Acclamations.)

Centre de contrôle : Le délestage du deuxième étage est confirmé. La capsule Soyouz est maintenant propulsée par le moteur du troisième étage. Ce moteur fournit une poussée de 30 tonnes pour quatre minutes et deux secondes encore.

David Saint-Jacques : Il est occupé avec Roman, avec leur liste, de vérifier que tout se comporte correctement dans la séquence de mise en orbite.

Centre de contrôle : 320 secondes après le décollage.

David Saint-Jacques : Depuis quelques instants, ils ont laissé tombé le réservoir de carburant qui était vide. C’est la dernière phase maintenant de l’insertion en orbite.

Centre de contrôle : Tout se déroule normalement à bord. Un peu plus de cinq minutes 30 secondes de vol propulsé. La capsule Soyouz est maintenant propulsée par le troisième étage. Aucun problème signalé, tout se déroule comme prévu. 350 secondes de vol, tout va bien. Nous en sommes presque à la sixième minute de vol propulsé. 380 secondes de vol. Déroulement normal. Tout va bien à bord.

Robert Thirsk : Dès qu’ils seront en orbite, ils seront bien sûr en état d’apesanteur. Le vaisseau changera alors automatiquement d’orientation, le troisième étage sera ainsi largué, et les panneaux solaires et l’antenne seront déployés. Tout cela se fait automatiquement. Sinon, l’équipage devra intervenir et exécuter les commandes manuellement.

Centre de contrôle : Nous en sommes presque à la septième minute de vol. L’équipage signale que tout va bien. La fusée Soyouz continue de fonctionner à merveille. Le troisième étage continue de propulser la fusée, pour un total de quatre minutes et deux secondes.

David Saint-Jacques : Au décollage vraiment, la fusée était verticale, maintenant elle est presque horizontale et elle accélère pour atteindre la vitesse requise pour rester en orbite.

Centre de contrôle : 450 secondes de vol. Tout se passe bien. « Nous allons bien. Tout se déroule normalement à bord. » Plus de sept minutes et 30 secondes depuis le décollage. Le véhicule se déplace maintenant à une vitesse de près de 13 500 milles à l’heure. Une fois que le troisième étage place la capsule Soyouz en orbite et que le module s’est détaché, une série de commandes programmées sera exécutée pour préparer les activités prévues de la capsule Soyouz en orbite.

Tous les paramètres sont normaux. Ces commandes enregistrées, connues sous le nom de « commandes horodatées », permettent l’activation automatique de nombreux systèmes de la capsule Soyouz par les ordinateurs de bord à des moments précis. 500 secondes de vol, tout se déroule bien. Huit minutes se sont écoulées depuis le décollage. Aucun problème signalé. La fusée Soyouz continue de placer les astronautes en orbite préliminaire.

David Saint-Jacques : En ce moment, ils vont à peu près à 20 fois la vitesse du son. Vous les avez vus sauter dans leurs sièges? C’était l’arrêt des moteurs.

Centre de contrôle : Nous avons la confirmation du largage du troisième étage, un moteur-fusée à ergols liquides [YL1] qui s’éteint et commence à tomber d’une altitude d’environ 125 milles terrestres.

David Saint-Jacques : Ils sont en orbite. Regardez leurs livres qui flottent.

Centre de contrôle : L’ouverture de la vanne du réservoir d’oxygène liquide permet de réaliser la manœuvre d’évitement. Nous avons maintenant la confirmation que chacune des antennes à bord de la capsule Soyouz a été déployée. Les panneaux solaires ont aussi été déployés avec succès.

David Saint-Jacques : Félicitations. (Applaudissements.)

Modérateur : Merci à tous d’être venus. Il est facile de souhaiter bonne chance à Chris Hadfield une fois le lancement terminé. Les lancements demeurent risqués, et je suis si content que celui-ci se soit bien déroulé. Au cours des prochains mois, la vie de Chris sera extraordinaire : je vous encourage à en être témoin à la télévision. NASA Select en assurera la diffusion et je suis certain que ce sera aussi le cas de la plupart des télédiffuseurs canadiens. Les prochains mois seront captivants pour Chris Hadfield et le Canada. Merci beaucoup.

(Applaudissements.)

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