Cadre de la politique spatiale du Canada

Mise en œuvre

Quatre champs d'action stratégiques découlent de ces principes directeurs.

1. Commercialisation

Les responsabilités du gouvernement sont claires dans les domaines du bien public, comme la sécurité publique, la défense nationale, les prévisions météo, la surveillance de l'environnement et la gestion des catastrophes. Le gouvernement continuera de s'assurer qu'il a accès aux renseignements et aux services essentiels. Du même coup, il s'engage à :

  • faire appel au secteur privé, dans la mesure du possible, pour obtenir l'équipement et les services nécessaires;
  • appuyer l'industrie spatiale nationale afin qu'elle reste dynamique et compétitive à l'échelle mondiale, tout particulièrement en l'aidant à tester ses nouvelles technologies et à en démontrer la valeur;
  • adopter des modèles de gestion uniformes adaptés aux domaines d'activités, de la recherche et développement aux opérations spatiales, ainsi qu'un niveau de prévisibilité et de transparence dont l'industrie a besoin pour prendre de saines décisions stratégiques concernant ses investissements;
  • travailler à négocier des accords internationaux qui donneront l'occasion à des entreprises canadiennes d'accéder à d'autres marchés.

2. Recherche et développement

En travaillant avec l'industrie et le milieu canadien de la recherche spatiale, le gouvernement du Canada stimulera les possibilités de recherche et développement et d'innovation. Pour ce faire, il compte :

  • accroître son appui au développement technologique, tout particulièrement dans les secteurs solidement établis comme ceux de la robotique, de l'optique, des télécommunications par satellite et des radars spatiaux, ainsi que dans les nouveaux secteurs d'expertise;
  • assurer la coordination avec les conseils et fondations subventionnaires pour s'assurer que les ressources en recherche spatiale sont exploitées et que la recherche spatiale elle-même occupe une place prédominante dans leurs mandats;
  • tirer profit de l'expertise et des programmes existants du Conseil national de recherches du Canada, de Recherche et développement pour la défense Canada, du Centre de recherche sur les communications Canada et de l'Initiative stratégique pour l'aérospatiale et la défense – notamment le nouveau Programme de démonstration de technologies – pour mieux appuyer l'industrie spatiale.

Transposer la technologie spatiale dans le bloc opératoire

Vidéo qui explique comment on peut transposer la technologie spatiale dans le bloc opératoire. Voyez le manipulateur neuroArm effectuer une opération au cerveau. Source : Université de Calgary

Suivre le trafic maritime partout dans le monde

Animation d'un satellite utilisant le Système d'identification automatique (SIA). Source : © 2014 exactEarth Ltd. Tous droits réservés.

Depuis 2002, tous les navires de plus de 300 tonnes doivent diffuser leur identité, leur vitesse, leur position et leur cap en utilisant le Système d'identification automatique (SIA) sur bande VHF. Ces transmissions permettent aux navires de savoir où se trouvent les autres navires dans les environs et donc d'éviter une collision. Mais, en raison de la courbure de la Terre, les récepteurs en surface ont une portée d'environ 75 km seulement. La société canadienne exactEarth, division de COM DEV, a reconnu qu'il serait possible de capter les transmissions du SIA à l'aide de satellites en orbite basse terrestre. En 2008, en collaboration avec l'Institute for Aerospace Studies de l'Université de Toronto, l'entreprise a mis en orbite un satellite pour démontrer que les signaux du SIA pouvaient effectivement être surveillés à partir de l'espace. Deux ans plus tard, l'entreprise a commencé à recueillir les données sur le trafic maritime mondial du SIA avec un satellite loué. Aujourd'hui, elle utilise ses propres satellites pour suivre quelque 100 000 navires partout dans le monde et elle vend ces informations aux forces navales, aux administrations portuaires et aux gouvernements. L'année dernière, les revenus de l'entreprise ont doublé, passant de 4,8 à 9,6 millions de dollars.

NEUROARM

Paige Nickason, la première patiente à subir une intervention chirurgicale faite par un robot, pointe vers l'endroit où le robot a pénétré dans sa boîte crânienne. « Puisque le robot neuroArm a réussi à retirer la tumeur que j'avais dans le cerveau, il pourra aider de nombreuses autres personnes comme moi partout dans le monde. » Photo de Jason Stang

En partenariat avec la société MDA, fabricant du Canadarm, le Dr Garnette Sutherland et son équipe à l'Université de Calgary ont mis au point un outil chirurgical robotisé qui intègre les fonctionnalités d'imagerie des systèmes de résonance magnétique. Plus précis, mieux ciblé et plus agile que la main humaine, ce robot est dirigé par le chirurgien à l'extérieur de la salle d'opération. Depuis l'intervention chirurgicale révolutionnaire sur Paige Nickason en 2008, le robot neuroArm a opéré des douzaines d'autres patients. Grâce à l'investissement du gouvernement du Canada, le Hospital for Sick Children de Toronto travaille actuellement à développer un robot « KidsArm » pour la chirurgie pédiatrique, en collaboration avec MDA, Phillips et d'autres entreprises.