Cadre de la politique spatiale du Canada

L'espace et l'intérêt national

Peu d'entreprises sont aussi captivantes et exigeantes pour l'humanité que l'exploration et l'exploitation de l'espace. Et peu d'entre elles se sont rendues si vite indispensables.

Le Canada est un des chefs de file de la technologie spatiale depuis les débuts des vols dans l'espace. À peine cinq ans après le lancement de Spoutnik 1 en 1962, le Canada était le troisième pays à se rendre dans l'espace avec son satellite expérimental Alouette-1. Lorsqu'Anik A1 a été mis sur orbite en 1972, le Canada est devenu le premier pays du monde à posséder son propre satellite national de communications, transmettant pour la première fois des signaux de télévision dans le Grand Nord.

Au fil des ans, nous avons pu ajouter à notre rôle d'expert en télécommunications par satellite et en télédétection celui de leader mondial en robotique spatiale. Le Canadarm a joué un rôle vital pour les missions de navettes de la NASA. Il a permis d'effectuer de nombreuses manœuvres, comme le déploiement, la saisie et la réparation de satellites, ainsi que le lancement et l'entretien du télescope spatial Hubble. La construction et l'entretien de la Station spatiale internationale auraient été irréalisables sans les robots canadiens : d'abord le Canadarm, puis le Canadarm2 et enfin Dextre, qui sert de « main » à la station spatiale.

Canadarm

Lorsqu'il a fait ses débuts à bord de la navette spatiale Columbia le 13 novembre 1981, le Canadarm est instantanément devenu un symbole national canadien d'innovation technologique. Conçu pour déployer et récupérer des charges utiles dans l'espace, le bras robotique faisait partie intégrante du programme de la navette spatiale. Cinq bras robotiques Canadarm ont été construits, et les orbiteurs de la NASA en ont été équipés. Ils ont fonctionné sans problème au fil des 90 missions de la navette, passant un total de 944 jours dans l'espace.

Étant donné que la visibilité est réduite dans l'espace, le système de vision spatiale, conçu par la compagnie Neptec, a été utilisé avec le Canadarm pour aider les astronautes à mieux voir lors des opérations du bras robotisé. Le système de caméra laser de Neptec a aussi été un facteur déterminant dans la décision de reprendre les vols de navettes spatiales après la perte de Columbia. La caméra a été installée à l'extrémité de la perche d'extension du Canadarm afin qu'on puisse inspecter les zones difficiles d'accès sous la navette. Jusque-là, il avait été impossible de voir ces zones à partir de la navette.

Le premier ministre Stephen Harper et les astronautes de l'Agence spatiale canadienne Jeremy Hansen et David Saint-Jacques devant le Canadarm. Source : Cabinet du Premier ministre / Photo de Jill Thompson

Miser sur nos réussites

L'ingéniosité des Canadiens a littéralement permis de construire la Station spatiale internationale dans l'espace. Il s'agit d'une structure dont la taille équivaut à cinq patinoires de la LNH et dont les trois quarts ont été assemblés avec le Canadarm2. Le bras robotisé d'une longueur de 17 mètres saisit, amarre et déploie les engins spatiaux qui lui rendent visite, tandis que Dextre, le « robot à tout faire » de la station se charge des travaux d'entretien de routine, ce qui libère les astronautes et leur permet de se consacrer à leur tâche la plus importante, soit celle de mener des expériences scientifiques dans l'intérêt de l'humanité.

Depuis le lancement de Zarya, le premier module de la Station spatiale internationale (ISS), le 20 novembre 1998, cinq agences spatiales ont collaboré quotidiennement à la construction et à l'exploitation du laboratoire scientifique orbital – l'une des entreprises scientifiques et technologiques les plus complexes de l'histoire. Dans cette vidéo, on peut voir la contribution du Canada à l'ISS. Source : Agence spatiale canadienne

International Space Station

La Station spatiale internationale. Source : NASA