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Julie Payette, fin prête pour la mission STS-127

L'astronaute canadienne fait et refait les gestes qu'elle devra reproduire lors de sa deuxième mission

Ces maquettes grandeur nature des modules de la Station spatiale internationale sont utilisées pour l'entraînement des astronautes.

Ces maquettes grandeur nature des
modules de la Station spatiale
internationale sont utilisées pour l'entraînement des astronautes.

Durant presque une année, Julie Payette a passé le plus clair de son temps à piloter des avions à réaction T-38 en haute altitude, à se familiariser avec les commandes de simulateurs de vol grandeur nature et à manipuler des maquettes de grues robotiques géantes au fond d'une piscine contenant 6,2 millions de gallons d'eau. Voilà, dans les grandes lignes, l'emploi du temps type d'un astronaute qui s'entraîne en vue de la prochaine mission d'assemblage à destination de la Station spatiale internationale (ISS).

Un entraînement exigeant

Vidéo: Un entraînement exigeant
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L'astronaute vétéran de l'Agence spatiale canadienne est prête à vivre deux semaines qui compteront parmi les plus intenses et les plus stimulantes de sa carrière. En qualité d'ingénieure de vol à bord de la navette spatiale Endeavour, qui rejoindra bientôt l'ISS, Julie Payette aura un emploi du temps plutôt bien rempli : en plus de seconder le pilote lors des manœuvres de la navette et de l'amarrage à la station spatiale, elle sera chargée de faire fonctionner trois bras robotiques durant la mission de 16 jours.

Un entraînement digne de celui d'un marathonien

Au cours de l'année écoulée, Julie Payette et son équipe ont été mises à rude épreuve. Les membres d'équipage ont été soumis à des exercices d'entraînement intensifs destinés à leur faire acquérir les réflexes précis qu'ils devront, chacun dans leur spécialité, reproduire indéfectiblement durant la mission. En ce qui concerne Julie Payette, le but de l'entraînement était de maîtriser la manipulation non pas d'un, mais de trois bras robotiques.

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Julie Payette lors d'une séance d'entraînement dans le simulateur d'exploitation et d'entraînement (MOTS) du système d'entretien mobile (MSS) en compagnie de l'instructrice en robotique Jamie Sevigny, au siège social de l'Agence à Saint-Hubert au Québec.

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Julie Payette lors d'une séance d'entraînement dans le simulateur d'exploitation et d'entraînement (MOTS)
du système d'entretien mobile (MSS) en compagnie
de l'instructrice en robotique Jamie Sevigny, au siège social de l'Agence à Saint-Hubert au Québec.

Lorsque les portes de la soute de la navette s'ouvriront, au jour 2 de la mission, Julie Payette entamera l'une des tâches robotiques les plus ambitieuses jamais réalisées. Elle devra assembler le module laboratoire japonais et livrer des composants de rechange essentiels pour l'ISS. Elle sera également chargée de manipuler les bras robotiques, en alternant entre le Canadarm de la navette et le Canadarm2 de l'ISS, sans oublier le bras mécanique qui est fixé au module laboratoire scientifique japonais.

Du 16 au 20 février 2009, Julie Payette a pris part à une séance d'entraînement au Japon sur le simulateur servant à l'entraînement des astronautes qui sont appelés à utiliser le bras robotique japonais dans l'espace.

Du 16 au 20 février 2009, Julie Payette a pris part à une séance d'entraînement au Japon sur le simulateur servant à l'entraînement des astronautes qui sont appelés à utiliser le bras robotique japonais dans l'espace.

On comprend mieux pourquoi une grande partie de son entraînement visait à la familiariser avec les chorégraphies élaborées imposées par la manipulation de chacun de ces bras robotiques. Il est primordial que Julie Payette s'entraîne pour savoir comment ces bras réagissent aux ordres lors d'une sortie extravéhiculaire, et pour apprendre à déplacer des composants entre la soute de la navette et l'ISS. L'entraînement de base sur la manipulation du Canadarm2 a lieu au siège social de l'ASC, à Saint-Hubert, au Québec. Julie Payette y a passé deux semaines complètes pour apprendre à manipuler des charges utiles en utilisant le poste de travail robotique de l'ISS et ses interfaces graphiques, et à réagir aux défaillances éventuelles et aux limites intrinsèques du bras.

Une réplique du Canadarm2 et de quelques modules <br />de la Station spatiale internationale au Neutral <br />Buoyancy Laboratory de la NASA.

Une réplique du Canadarm2 et de quelques modules de la Station spatiale internationale au Neutral Buoyancy Laboratory de la NASA.

La majeure partie de l'entraînement que Julie Payette a suivi en vue de la mission STS-127 a cependant eu lieu au centre spatial Johnson de Houston, au Texas, où elle vit avec sa famille. Une semaine de formation type prévoit : un entraînement aux opérations de la mission au moyen de simulateurs réalistes grandeur nature qui réagissent comme s'ils étaient en orbite, une formation sur la marche à suivre pour réaliser, sur des maquettes grandeur nature du laboratoire orbital, de nouvelles expériences scientifiques prévues sur l'ISS, et un entraînement intensif consacré à la manipulation des bras robotiques dans le Neutral Buoyancy Laboratory - une piscine d'entraînement géante pour astronautes -, pendant que ses coéquipiers s'affairent à effectuer, en immersion, les sorties extravéhiculaires (EVA) qu'ils seront appelés à reproduire dans l'espace pour installer de nouveaux composants destinés à l'ISS.

Compte à rebours final

Le Neutral Buoyancy Laboratory de la NASA.

Le Neutral Buoyancy Laboratory de la NASA.

Alors que le sentiment d'excitation lié au lancement s'accentuera dans les semaines qui précèderont le départ de la navette, Julie Payette et ses coéquipiers s'envoleront pour le centre spatial Kennedy, en Floride, afin d'entamer la dernière ligne droite de leur préparation intensive. À ce stade, l'essentiel pour chaque astronaute est de préserver une excellente condition physique et mentale et de rester concentré sur chacune des tâches et responsabilités qui leur incomberont pendant la mission. Pendant les jours qui précèdent le lancement, les astronautes sont soumis en permanence à des exercices simulés; ils s'entraînent à réagir aux incidents de sécurité qui pourraient survenir à tout moment pendant la mission et à résoudre les problèmes techniques mineurs qui pourraient se poser à la dernière minute, alors que la navette se trouve encore sur la rampe de lancement.

Même si cela peut paraître un peu décourageant, Julie Payette est largement prête à relever le défi. Il aura fallu plus d'une année d'entraînement intensif au Canada et aux États-Unis pour la préparer à cette mission spatiale, et les efforts fournis ne devraient pas tarder à être récompensés.