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Se préparer à sortir

Pour les astronautes appelés à sortir dans l’espace, la séance d’habillage requiert beaucoup de temps et de savoir-faire. Ils doivent revêtir une volumineuse combinaison comprenant plusieurs éléments. Toute erreur dans la procédure d’habillage pourrait avoir des conséquences désastreuses.

Ils enfilent d’abord des sous-vêtements – les leurs sont assez particuliers. Ils comportent un dispositif qui recueille et emmagasine l’urine (qui sera plus tard transférée dans le système de gestion des déchets de la navette) et un caleçon-combinaison en spandex, appelé vêtement de refroidissement par liquide et de ventilation. Ce long sous-vêtement est couvert de minuscules tubes dans lesquels circule de l’eau de refroidissement qui rafraîchit l’astronaute.

S'ajoute ensuite un sac à boire rempli d’eau, fixé à l’aide d’un velcro à l’intérieur de la combinaison, auquel est relié un tube placé à portée de la bouche de l’astronaute. L’astronaute revêt ensuite le bonnet « Snoopy ». Cette coiffure souple comprend des écouteurs et des microphones pour les communications bidirectionnelles.

C’est alors le temps d’enfiler le « pantalon » — la partie inférieure de la combinaison — à bottes intégrées. Il est constitué de plusieurs couches de tissus qui protègent l’astronaute des températures extrêmes de l’espace (lesquelles peuvent varier de plus de 200 degrés Celsius selon que l’astronaute est exposé directement aux rayons du Soleil ou qu’il se trouve à l’ombre. Ces tissus contiennent également des matériaux qui empêchent les micrométéorites de transpercer la combinaison, ce qui pourrait mener à une dépressurisation.

La partie supérieure rigide de la combinaison (HUT) est plus difficile à revêtir. Faite d’une coquille dure de fibre de verre, elle se fixe à un support au mur du sas et l’astronaute s’y insère par le bas. L’astronaute américain Jerry Ross, un « marcheur de l’espace » aguerri, en dit que « c’est comme si vous étiez accroché au mur, comme un manteau ».

Avec l’aide de ses coéquipiers, l’astronaute coiffe le casque équipé d’une visière réglable et met les gros gants aux bouts de doigts en caoutchouc. Enfin, tous les outils nécessaires à la sortie extravéhiculaire sont fixés à la combinaison.

L’habillage au complet prend environ une heure et demie.

Après la phase de prise d’oxygène pur, les « marcheurs de l’espace », qui travaillent en tandem, s’apprêtent à sortir. Quitter le sas de la navette est une procédure qui demande minutie et réflexion. En premier, on réduit peu à peu la pression dans le sas tandis qu’on vérifie la présence de fuites dans les combinaisons de sortie. La pression est ensuite réglée à zéro et les astronautes se préparent à émerger par l’écoutille.

Ils mettent leur combinaison en mode alimentation par batterie et communication radio. Et ils actionnent le système de refroidissement par eau. Puis, ils se joignent l’un à l’autre par une laisse, et un des astronautes attache sa laisse à l’intérieur du sas pour éviter de partir accidentellement à la dérive dans l’espace.

L’un d’eux se penche hors de l’écoutille et s’attache à un filin de sécurité monté à l’extérieur. Il tend une autre laisse de sécurité à son coéquipier. Ils se dégagent de la laisse qui les lie et de celle qui les retient au sas, puis ils sortent de la soute de la navette pour commencer leur travail.