Voici les impressions livrées par Chris Hadfield peu avant la mission STS-100.
En avril 2001, j’aurai le plaisir de participer à la mission STS-100, dans le cadre du vol d’assemblage 6A de la Station spatiale internationale.

Le but premier de cette mission consistera à livrer et à installer le nouveau bras robotique canadien (le télémanipulateur de la Station spatiale) ainsi qu’un module logistique de réapprovisionnement de fabrication italienne. On prévoit deux ou trois activités extravéhiculaires (EVA) au cours de cette mission. C’est ainsi que je deviendrai le premier Canadien à quitter un engin spatial et à flotter librement dans l’espace.
En raison de la complexité sans précédent de la station, la NASA prévoit faire face à certains imprévus au cours des travaux de construction du complexe orbital. Pour se préparer à relever les défis, les ingénieurs et les astronautes travaillent méthodiquement depuis une dizaine d’années à l’application de procédures diverses, à la préparation d’outils et à l’essai d’équipements effectués dans le cadre de simulations de sorties extravéhiculaires. D’ici 2005, la navette spatiale effectuera un total de 37 missions qui seront consacrées à l’assemblage de la Station, à l’installation d’équipement et au lancement des recherches scientifiques. En tout, les astronautes effectueront 160 sorties extravéhiculaires, totalisant 1920 heures-astronautes. Depuis 1965, année où l’astronaute Ed White sortait d’une capsule orbitale américaine Gemini pour devenir le premier Américain à évoluer dans l’espace, les astronautes de la NASA ont consacré environ 377 heures aux sorties extravéhiculaires.
Chris Hadfield et le Canadarm2 au centre de préparation de la Station spatiale internationale, Centre spatial Kennedy, Floride
Voici comment je me prépare en vue de cette première sortie canadienne dans l'espace :
Chaque sortie extravéhiculaire est un véritable exercice d’entraînement. La combinaison est pressurisée, rigide et encombrante, et ce sont les mains et les avant-bras qui sont le plus mis à l’épreuve. Étant donné que je porterai la combinaison pendant huit à neuf heures, ce sera aussi une question d’endurance. Mais les sorties extravéhiculaires sont aussi de délicats ballets où les escalades de la navette et de la Station succèdent aux vols planés autour de ces engins spatiaux. Il faut porter une attention particulière aux menus détails, car il s’agit d’une chorégraphie parfaitement orchestrée.
En vue de satisfaire à ces deux exigences, voici en quoi consiste mon entraînement :
La préparation technique comprend des centaines d’heures passées dans le Neutral Buoyancy Lab.
Dans l’ensemble, j’ai été impressionné par la qualité du matériel et encore plus par la qualité des gens qui ont conçu, développé et construit le Canadarm2. Je suis enthousiaste et extrêmement fier d’être le Canadien à bord la mission STS-100.