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MIM (support d'isolation contre les vibrations en microgravité)

Le MIM : une technologie canadienne unique dans l'espace

Lorsque l'astronaute canadien Bjarni Tryggvason s'est envolé à bord de la navette spatiale Discovery à l'été de 1997, il a emporté avec lui, à des fins d'essai, un élément important de la technologie spatiale canadienne destiné à la Station spatiale internationale.

MIM (pour Microgravity Isolation Mount)

Le MIM, ou support d'isolation contre les vibrations en microgravité, mis au point par l'Agence spatiale canadienne, a été conçu pour isoler des vibrations les expériences réalisées à bord d'un engin spatial. Le fonctionnement du dispositif, qui est plus ou moins de la taille d'une petite valise, repose sur le principe de la sustentation magnétique pour constituer une plateforme « flottante » sur laquelle les astronautes peuvent effectuer diverses expériences à l'abri des vibrations ou en appliquant des oscillations contrôlées.

Le projet MIM est parrainé par l'Agence spatiale canadienne dans le cadre de sa mission de promotion de la compétitivité internationale de l'industrie spatiale canadienne par le biais de la recherche spatiale adaptable à des applications commerciales sur Terre.

Les scientifiques canadiens tentent, par exemple, d'utiliser les conditions de microgravité de l'espace pour faire fondre et mélanger divers matériaux en fusion pour produire de nouveaux alliages industriels, des semiconducteurs, des fibres optiques et des composants électroniques destinés à l'industrie canadienne. Toute vibration troublant ces liquides pendant l'exécution des expériences - surtout lorsqu'ils « flottent librement » en microgravité - peut nuire aux résultats escomptés.

Même dans un engin spatial en orbite qui semble flotter doucement dans l'espace, de faibles vibrations se produisent, provoquées par le fonctionnement de l'équipement de bord, par l'exécution d'autres expériences et par le mouvement des astronautes. Bien que ces vibrations soient généralement très faibles, elles peuvent avoir des effets indésirables sur le déroulement des expériences réalisées dans l'espace, surtout lorsqu'il s'agit de cristaux extrêmement fragiles ou de fluides.

L'astronaute Bjarni Tryggvason, un ingénieur qui possède une formation en génie physique et en mathématiques appliquées, est le chercheur principal du projet de développement du MIM débuté en 1989 en collaboration avec des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique. Bjarni Tryggvason compare l'effet atténuateur des vibrations du MIM à celui d'une personne qui tiendrait une tasse de café dans un véhicule en mouvement sur une route tortueuse plutôt que de la laisser sur le tableau de bord.

Un premier MIM de fabrication canadienne a été lancé dans l'espace le 23 avril 1996 à bord du module russe Priroda qui s'est amarré à la station spatiale russe Mir. Le MIM a été mis en service et utilisé par l'astronaute américaine Shannon Lucid pour effectuer diverses expériences canadiennes et américaines pendant son séjour record de six mois à bord de Mir.

Au moment de la mission STS-85, le MIM comptait plus de 200 heures de fonctionnement sans failles à bord de Mir, où il est resté en exploitation jusqu'à ce que le dernier équipage ait quitté la station en 1999. La plus récente version du MIM fut testée par Bjarni Tryggvason dans le cadre de la mission STS-85 de la navette spatiale. À terme, le MIM et d'autres systèmes semblables seront installés à bord de la Station spatiale internationale.