Expérience sur la rotation du torse (TRE) de conception canadienne - Douglas Watt de l'Université McGill, à Montréal, est le chercheur principal responsable de cette expérience parrainée par l'Agence spatiale canadienne.

Le maintien volontaire de la tête en alignement rigide par rapport au reste du corps, comme si l'on portait un support cervical, est appelé rotation du torse. De nombreux astronautes adoptent cette position durant les vols spatiaux. Cette façon de bouger entraîne habituellement, chez les sujets terriens, ce que l'on appelle le mal des transports; une telle rotation du torse effectuée par inadvertance devrait avoir le même effet dans l'espace. On comprend mal le fonctionnement des responsables de ce problème, de tous petits organes de l'oreille interne appelés otolithes. C'est à ces organes que nous devons de pouvoir nous tenir en équilibre et debout, mais s'ils ne sont pas sollicités durant une trop longue période, ces organes minuscules peuvent causer les étourdissements et les nausées caractéristiques du mal des transports.
Pendant la mission, les astronautes portaient un dispositif fixé au menton et à la tête, ressemblant un peu à une lampe de mineur, pour enregistrer les mouvements des yeux, de la tête et de la partie supérieure du torse des membres de l'équipage lorsqu'ils effectuaient des tâches routinières et pour déterminer si le processus normal de coordination entre les yeux, la tête et le reste du corps variait à la suite d'un séjour prolongé en apesanteur. La partie fixée à la tête était reliée à une unité dorsale contenant un ordinateur assurant la saisie et le stockage des données. Quatre astronautes, dont Bob Thirsk, ont participé à cette expérience.
Les astronautes qui, par inadvertance, effectuent une rotation du torse pourraient recevoir un entraînement en vue de corriger ce réflexe. Une telle mise hors fonction du système vestibulaire par la rotation du torse pourrait, sur Terre, être en grande partie responsable de divers types de mal des transports dont les gens souffrent dans les automobiles, les autobus, les bateaux et les avions. Si tel est le cas, l'information ainsi recueillie pourrait permettre d'envisager le problème sous un angle nouveau et ,éventuellement, de découvrir les moyens de le prévenir.