Le personnel d'appui aux astronautes (ASP) de la NASA se compose de trois membres, et les fonctions de chacun sont critiques lors du lancement et de l'atterrissage de la navette spatiale. L'astronaute canadien Chris Hadfield est le premier non-Américain à occuper ce poste.
Quelque trois mois avant le lancement de la navette, le colonel Hadfield, alors major, commence à travailler avec l'équipage dans le but de le représenter au centre de lancement et de régler divers problèmes comme l'encombrement des instruments de vol, la visibilité par les hublots, les changements de tuiles du bouclier thermique, l'installation des charges utiles, les anomalies de systèmes de la navette, pour n'en nommer que quelques-uns. En réalité, le commandant de mission considère toujours les membres du ASP comme faisant partie de l'équipage.
Six semaines avant le lancement, l'équipage exécute son premier exercice préparatoire au départ. Il s'agit d'une répétition de toutes les procédures qui mèneront au lancement de la navette. Trois semaines avant le lancement, au cours du dernier compte à rebours simulé, l'équipage, le personnel de contrôle du lancement et les centaines de personnes engagées dans l'aventure participent à une grande répétition générale au Centre spatial Kennedy. À titre de Cape Crusader ou de Chevalier du Cap (CC) principal, le colonel Hadfield donne, sur les lieux du lancement, un briefing à l'équipage de la navette et accompagne celui-ci pour les autres briefings concernant l'orbiteur, la météo et les mesures de sécurité. Hadfield est également responsable des autres CC; il établit leur horaire et dirige leurs activités. Pendant qu'ils sont au Centre spatial Kennedy, Chris Hadfield et ses collègues logent avec l'équipage. Le colonel est aussi responsable des combinaisons extravéhiculaires ainsi que de la prise de photographies des installations et de la façon dont le matériel est rangé à bord de la navette. De plus, il supervise la fermeture finale de l'écoutille du sas. Pendant la semaine du lancement, Hadfield se rend au Centre spatial Kennedy et reprend avec l'équipage les activités précitées. Environ vingt-quatre heures avant le lancement, tous les points de communication et les derniers articles sont rangés et tous les interrupteurs sont vérifiés. Il y a plus de quatre cents interrupteurs dans le poste de pilotage seulement et tous doivent être dans la bonne position pour éviter une catastrophe.
Lorsque toutes ces activités sont terminées, un des membres du ASP passe la nuit dans la navette pour en « protéger » le matériel et voir à ce que personne n'entre dans le véhicule et ne touche à quoi que ce soit. Dix heures avant le départ, toute l'aire de lancement est évacuée pour permettre le remplissage des réservoirs. Pendant cette étape critique, les gens doivent respecter un périmètre de sécurité de 4,83 km ( 3 milles) autour de l'aire.
Le matin du lancement, Chris Hadfield, ou un de ses collègues, prend place à bord d'un T-38 pour vérifier les conditions météorologiques. Trois heures avant le réveil de l'équipage, il se rend dans la salle blanche (c'est-à-dire à l'entrée de la navette) et passe dans l'orbiteur pour installer les derniers articles nécessaires à l'équipage, mettre à jour les listes de vérification et placer les interrupteurs dans leur position définitive avant le départ. Enfin, trois heures avant le lancement, les membres de l'équipage arrivent à la salle blanche et l'ASP commence à les installer et à les sangler sur leur siège respectif. La dernière heure se passe dans une atmosphère de tension et de fébrilité; chaque membre de l'équipage, sanglé sur son siège, vérifie les appareils de communications et reçoit un briefing final sur les procédures d'urgence. Pendant le lancement, l'ASP surveille le déroulement des opérations avec les familles immédiates des membres de l'équipage en prodiguant les encouragements nécessaires et en répondant aux questions. Après le lancement, les familles et l'ASP font le repas traditionnel de fèves au lard.
À l'atterrissage, Chris Hadfield sera la première personne à entrer dans la navette pour aider les membres de l'équipage à se désangler, pour prendre en main la reconfiguration des interrupteurs et pour aider l'équipage à se mettre sur ses pieds après parfois jusqu'à quinze jours d'apesanteur. Quand tout est terminé, l'ASP se remet au travail pour le lancement suivant.