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Entraînement de descente manuelle

Bob Thirsk dans une simulation Soyouz, où il a appris à effectuer diverses manoeuvres de vol propres aux missions.

Bob Thirsk dans une simulation Soyouz, où il a appris à effectuer diverses manoeuvres de vol propres au missions

Pour moi, les plus grandes difficultés des simulations Soyouz ont été les exercices où, avec mes coéquipiers, j'ai dû effectuer diverses manoeuvres de vol propres aux missions, comme le rendez-vous et l'amarrage. Il est relativement facile de piloter le Soyouz lorsque tous les systèmes automatiques fonctionnent correctement. Cependant, on ne peut pas toujours entièrement compter sur eux. Nos instructeurs nous préparent donc à affronter certains problèmes en introduisant constamment dans les simulations de nouvelles défaillances de systèmes et situations d'urgence. Durant les phases les plus actives d'un vol, seules d'excellentes compétences opérationnelles et une bonne coordination entre les membres d'équipage peuvent nous tirer du pétrin.

Bob Thirsk s'entraîne pour la descente manuelle.

Bob Thirsk s'entraîne pour la descente manuelle.

La simulation de descente manuelle a été la partie de l'entraînement Soyouz que j'ai préférée. Normalement, en fin de mission, on a recours à un système de rentrée automatique pour ramener le véhicule et l'équipage sur Terre en toute sécurité. Mais, l'équipage doit connaître les divers modes auxiliaires qui permettent de prendre la relève de systèmes automatiques défectueux. Parmi les modes d'urgence de rentrée, il y a nous, les membres d'équipage! En présence de certaines défaillances matérielles ou logicielles, l'équipage doit pouvoir piloter manuellement le véhicule Soyouz lors de sa rentrée dans l'atmosphère terrestre.

Pour ce faire, nous faisons varier la portance aérodynamique de la capsule au moyen d'une commande manuelle. Nous tentons ainsi de contrôler les forces de sustentation qui s'exercent sur le module de descente de manière à atterrir le plus près possible du site désigné où l'équipe de récupération doit nous attendre.

Si l'on ne tient pas compte du facteur de charge, il est relativement facile de faire atterrir le véhicule à l'endroit désigné. Mais, si on pilote le véhicule jusqu'au point d'atterrissage sans faire attention au facteur de charge, il y de fortes chances que l'équipage soit soumis à des valeurs d'accélération très intenses.

Par contre, si on contrôle les forces de sustentation qui agissent sur le véhicule pour exposer l'équipage à un faible facteur de charge, on atterrit à des dizaines ou des centaines de kilomètres du point de rencontre avec les hélicoptères de récupération. Par conséquent, pour bien réussir une rentrée manuelle, il faut trouver le juste équilibre entre la précision d'atterrissage et les limites de charge. Autrement dit, il importe de suivre un profil de rentrée le plus précis possible qui ne présente pas trop d'inconfort pour l'équipage. Il faut des heures et des heures de pratique pour y arriver.