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Neemo 9

Journal de bord de Dave Williams

Jour 18 - le jeudi 20 avril

Les préparatifs en vue de notre retour à la surface ont débuté dès notre réveil ce matin! À l'instar des activités que nous menons à bord de la navette spatiale avant les manœuvres de désatellisation, nous avons consacré les deux heures restantes à reconfigurer Aquarius pour sa période d'inactivité entre les missions. Le manomètre d'Aquarius indiquait que la pression à l'intérieur de l'habitat était la même que celle à la surface de la mer, alors nous nous sommes préparés pour que James puisse ouvrir la soupape d'extraction et ramener rapidement la pression à l'intérieur de l'habitat à celle de l'eau environnante. Avec le bruit de l'air comprimé pénétrant dans l'habitat, l'air ambiant s'est alors réchauffé, un peu comme une bouteille de plongée qui se réchauffe lorsqu'on y introduit du gaz comprimé.

Or, cette fois-ci, c'est moi qui était à l'intérieur! Une fois la pression équilibrée, Jim a ouvert l'écoutille menant au sas partiellement immergé et nous avons rapidement enfilé nos palmes et nos masques, pris une bouteille d'oxygène de secours et placé le détendeur dans notre bouche afin de nous fournir l'oxygène dont nous avions besoin pour remonter lentement vers la surface, le long du câble de sécurité. Les conditions météorologiques étaient parfaites. Il faisait un temps radieux et la mer était d'un calme absolu.

J'ai remonté lentement à la surface, tenant le câble de sécurité d'une main et laissant mes jambes flotter doucement dans le faible courant, tout en regardant Aquarius s'estomper dans le bleu de l'océan. J'ai regardé Ron, Tim et Nicole nager jusqu'au bateau du NURC qui flottait à la surface. Puis, ce fut à mon tour. Gardant la poupe du bateau bien en vue, j'ai nagé jusqu'à l'échelle qui m'a ramené en surface, auprès de ma famille et de mes amis. Pendant notre retour vers le rivage, nous avons partagé les moments forts de notre aventure avec les personnes qui se trouvaient à bord. Ce fut plaisant de revoir James Doherty, directeur du Bureau des astronautes canadiens. Alors que nous approchions du quai, j'ai aperçu ma femme Cathy et mes enfants Evan et Olivia qui m'envoyaient la main. Ils étaient très heureux de me revoir.

En jetant un coup d'œil à la date sur ma montre, je me suis souvenu qu'à pareille date il y a huit ans, j'étais dans l'espace, au jour trois d'une mission d'une durée de seize jours. Ce fut là une autre expérience mémorable à laquelle j'aurai eu l'incroyable chance de participer au cours de ma vie. Aussitôt le sol foulé pour revoir nos proches, nous avons eu droit à un déferlement de félicitations, d'embrassades, de baisers et de photos! Plus tard au cours de la journée, Ken Kamler, un collègue médecin et alpiniste ayant effectué plusieurs excursions au mont Everest, m'a souhaité la bienvenue et m'a demandé de me joindre au Club des explorateurs. Fondé en 1904, le Club des explorateurs se consacre à l'avancement de la recherche sur le terrain, à l'exploration scientifique et à la défense d'un idéal selon lequel il faut préserver l'instinct d'explorateur de l'être humain. Ce fut là une fin parfaite à la mission NEEMO 9. Nous nous tournons désormais vers les prochaines éditions du projet NEEMO et les futurs vols spatiaux qui prépareront le retour de l'homme sur la Lune et sa venue sur Mars. La mission NEEMO 9 aura véritablement été un énorme pas dans la bonne direction!

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Jour 17 - le mercredi 19 avril

Nous nous sommes levés à 6 h ce matin pour nous préparer en vue de la dernière plongée de la mission. La nuit dernière, l'EXPOC nous a transmis les objectifs relatifs à cette plongée. J'y ai jeté un coup d'œil en compagnie de Jim, avant d'aller au lit. Nous avons profité de notre séance de planification quotidienne pour discuter de stratégie avant cette plongée visant la localisation et le rapatriement d'un pseudo vaisseau-cargo lunaire. Les vaisseaux de réapprovisionnement qui seront éventuellement envoyés vers la Lune pour ravitailler les équipages lunaires seront sans doute équipés de radiophares pour aider les astronautes à localiser le site d'atterrissage. Au cours de la plongée d'aujourd'hui, nous avons simulé une défaillance du radiophare et ratissé la zone du récif correspondant à la zone d'atterrissage prévue.

Travaillant en étroite collaboration avec l'EXPOC, Tim, Nicole, Ron et moi avons nagé le long de la ligne d'excursion Kamper et effectué une recherche en ligne droite. Nous avions préalablement fixé les radiobalises du système de suivi des plongeurs sur le réservoir d'un des membres de chaque équipe de deux, de sorte que l'EXPOC puisse suivre tous nos déplacements. Une fois sorti du sas partiellement immergé, j'ai procédé à une courte vérification des communications avec l'EXPOC et remarqué que la visibilité variait entre 25 et 30 pieds. Nous avons tous parcouru la ligne d'excursion Kamper en silence, chacun de nous pensant probablement à la fin prochaine de la mission. L'essai du signal de rappel d'urgence des plongeurs a mis fin à ce moment de quiétude, chacun de nous faisant acte de présence auprès de l'EXPOC et d'Aquarius. La visibilité s'est améliorée de façon significative et, lorsque nous avons atteint la marque des 75 mètres, je pouvais voir Tim qui lui, se trouvait au marqueur de 100 mètres, soit presque à la station d'escale Kamper.

J'ai alors appuyé sur l'interrupteur de mon masque de communications Mark 48 et proposé à Tim de s'éloigner encore plus vers la station afin d'entreprendre la recherche. Le filin d'exploration principal de Tim était fixé à la ligne d'excursion Kamper, à la marque de 75 mètres. Nous nous sommes alors déployés uniformément le long de la ligne et nous avons nagé à l'unisson, passant le récif au peigne fin dans l'espoir de retrouver le vaisseau-cargo. Avec une visibilité approchant les 30 mètres, nous n'avons pas mis trop de temps à localiser l'engin spatial simulé. Nous avons alors rapatrié le caisson à la nage, jusqu'à l'habitat. Puisque nos recherches se sont si bien déroulées, nous avons décidé d'utiliser le temps qu'il nous restait pour défaire le Waterlab, cette structure que nous avons mis tant de temps à assembler. Il restait environ une heure à notre plongée et, les quatre ensemble, nous avons défait le Waterlab en quarante minutes.

Nous avons passé les vingt minutes restantes à nager et à explorer les fonds marins autour de l'habitat. J'ai alors eu l'impression d'être chez moi au fond de l'océan. Je n'étais plus un simple plongeur, visitant brièvement les fonds marins, l'espace d'une heure. J'ai vécu des expériences uniques avec mes collègues membres d'équipage, j'ai vécu et travaillé dans cet environnement unique depuis 17 jours et je sais que le retour à la surface se fera avec un pincement au cœur. Des carangues jaunes nous ont escortés alors que nous nagions sous l'habitat pour observer un mérou, stationnaire dans l'ombre, au-dessus de nos têtes.

Le temps a filé à une vitesse folle et c'est avec un peu de tristesse que nous avons dit au revoir à nos voisins sous-marins avant de revenir dans le sas à la nage. Nous avons pu prendre une douche un peu plus longue que d'habitude puisque nos réserves en eau étaient plus que suffisantes pour cette dernière journée de mission. Après avoir enfilé des vêtements secs, nous nous sommes attablés pour le dîner et nous avons commencé à préparer l'habitat pour le long processus de décompression nous permettant de remonter à la surface. La décompression a débuté à 16 h et s'est poursuivie jusqu'à 8 h, le lendemain matin.

Après avoir fermé l'écoutille étanche du sas partiellement immergé, nous nous sommes alités quinze minutes plus tôt que prévu afin de nous préparer à cette étape cruciale. James, l'un des membres de l'équipe du NURC en surface, a été notre assistant tout au long de la décompression. Au moment prévu, il nous a demandé de mettre nos masques à oxygène pour entreprendre l'une des trois séances de respiration d'oxygène d'une durée de vingt minutes, lesquelles permettent d'éliminer l'azote dissout dans notre organisme. S'il est respiré pendant trop longtemps à une pression élevée, l'oxygène peut être toxique. C'est pourquoi nous avons observé une pause de quelques minutes entre chaque séance. Pendant les séances de décompression, nous nous divertissons habituellement en écoutant des films sur DVD. Bien que le film « Trouver Nemo » semblait parfait pour l'occasion, nous avons plutôt opté pour le film « Des garçons sans honneur ». À la fin du film, nous avions déjà terminé les trois séances d'administration d'oxygène, et pour la première fois depuis le début de la mission, nous n'avions rien d'autre à faire que de relaxer, manger et regarder des films! Deux autres films plus tard, c'était l'heure d'aller au lit. Avant de m'endormir, j'ai observé le mérou en nage stationnaire par le hublot de la couchette tout en réalisant à quel point le temps a passé rapidement à bord d'Aquarius.

Demain soir, je dormirai dans une chambre d'hôtel. Ce n'est pas aussi exotique que dans le fond de l'océan, mais ce sera formidable de retrouver Cathy, Evan et Olivia!

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Jour 15 - le lundi 17 avril

Nous avons maintenant terminé le programme d'expérimentation intravéhiculaire de télémédecine. Le reste de la mission sera principalement consacré aux plongées d'exploration scientifique. Nous effectuons toujours quelques expériences du NSBRI sur le comportement, mais la cadence des activités a considérablement ralenti.

Ce matin, au cours de la séance de planification quotidienne, nous avons discuté des deux plongées inscrites au programme de la journée. Nicole et Tim réaliseront en premier lieu une plongée de deux heures avec l'équipement Super-lite afin de trouver des échantillons simulés de roches lunaires qui ont été disposés sur le fond océanique sablonneux, à l'Est et au Sud-Est d'Aquarius. Tim a trouvé deux marqueurs tandis qu'il éloignait son cordon ombilical de l'habitat et, une fois Nicole immergée, les deux se sont rendus sur chacun des deux sites pour inscrire les coordonnées dans le dispositif de navigation Cobratac. Nicole portait sur elle le dispositif de suivi des plongeurs. J'en ai donc profité pour déterminer sa distance et son orientation par rapport à l'habitat et transmettre ces données à l'EXPOC à des fins de comparaison avec les données Cobratac.

Après avoir recueilli des données sur la position des deux premiers marqueurs, les deux plongeurs ont entrepris une recherche par quadrillage au moyen du Cobratac. Leur plus grand défi a été de gérer leurs cordons ombilicaux qui se sont coincés dans de petites formations rocheuses du fond marin. Il s'agit là d'une observation importante qui laisse supposer que l'utilisation des cordons ombilicaux sur la lune pourrait être limitée aux environs immédiats de l'habitat lunaire. Ils ont trouvé deux autres marqueurs avant la fin de leur plongée, à 10 h 45. Nous avons ensuite dîné et nous nous sommes préparés en vue de deux séances de vulgarisation éducatives animées par le Centre de téléapprentissage du Centre spatial Johnson, à Houston. Les événements ont débuté peu après midi et se sont poursuivis jusqu'à 14 h.

Dès les événements terminés, Ron et moi avons entrepris nos préparatifs en vue de notre plongée de l'après-midi où nous avons été appelés à travailler de pair avec le ROV pour terminer l'assemblage du Waterlab. Appuyés par Bill et Marc de l'équipe de soutien en surface, nous avons photographié le ROV nous aidant dans nos tâches en nous apportant des outils. L'utilisation du ROV nous a permis d'économiser beaucoup de temps puisque nous n'avions pas à retourner à l'entrepôt pour changer d'outils. Au cours de notre plongée, nous avons finalisé le Waterlab, installé la majorité des poutrelles à la base de la structure et nettoyé le chantier avant de revenir dans l'habitat. Le barracuda qui se trouvait à proximité de nous a semblé particulièrement intrigué par cette nouvelle structure et a observé paisiblement cette dernière en se tenant immobile, face au courant! Nous avons terminé nos opérations de nettoyage au terme de notre plongée et nous nous sommes préparés pour le souper, la séance de planification quotidienne et l'une des expériences du NSBRI sur le comportement.

Pendant la séance de planification, nous avons ajouté un objectif à notre programme de la soirée, soit la navigation et le pilotage nocturne du ROV. À 20 h, nous avons immergé le ROV, et Ron et moi l'avons commandé à tour de rôle. Les feux avants du ROV ont fourni un très bon éclairage, ce qui nous a permis de voir apparaître le Waterlab devant le rover tandis qu'il roulait sur le fond marin. J'ai fabriqué l'équivalent d'un tableau d'optométriste afin de tester la vision de la caméra du ROV avec les feux à leur puissance maximale. Jim a tenu le tableau devant le ROV, en s'éloignant de celui-ci un mètre à la fois. Au bout de trois mètres, nous avions de la difficulté à lire les plus petits caractères. À cinq mètres, nous ne pouvions plus en déchiffrer aucun. Une fois ce test effectué avec succès, Tim a piloté le ROV jusque dans le sas partiellement immergé et nous nous sommes remis au triage de nos photos et à la rédaction de notre journal de bord. Diverses entrevues nous attendent aux premières heures demain matin, nous devons donc nous coucher tôt ce soir!

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Jour 14 - le dimanche 16 avril

Ce matin, j'ai dormi jusqu'à 8 h - soit un total de neuf heures de sommeil! Couché dans mon lit, j'ai observé par le hublot des carangues jaunes se mettant à l'abri du courant en se tenant en groupe à proximité de l'habitat. Le lapin de Pâques ne nous a pas oubliés et nous a laissé un sac Ziplock rempli de chocolats et de friandises au lait malté. Nous avons pris un long déjeuner et savouré une bonne tasse de café devant le spectacle que nous offraient les carangues qui nageaient en compagnie d'un poisson perroquet et d'une carangue plume.

Un grand banc d'environ 60 barracudas s'est amené dans les parages et tous les petits poissons se sont immédiatement enfuis aux quatre coins du récif. C'est intéressant de voir défiler différents bancs de poissons devant les hublots, de constater comment un premier banc peut laisser la place à un autre et de les voir disparaître aussi rapidement qu'ils sont venus. Nous avons passé la majeure partie de l'avant-midi à rattraper le temps perdu et à photographier l'habitat.

Plus tard au courant de la matinée, l'équipe de soutien en surface nous a fait une autre surprise en nous envoyant un autre panier de Pâques rempli de barres chocolatées, de petits poissons Nemo en chocolat, de bonbons haricots et de cartes pour chacun de nous. Après avoir goûté à toutes ces friandises, il restait peu de place pour le poulet à la polynésienne qui était au menu. Après le dîner, nous avons pris d'autres photos d'équipage revêtus de chandails différents. Nous avons aussi tous eu droit à une vidéoconférence avec les membres de nos familles. Nicole nous a tous fourni des oreilles de lapin que nous avons portées lorsque nous avons parlé avec nos enfants. Inutile de dire qu'elles ont volé la vedette! Ce fut agréable de revoir nos proches encore une fois. Merci à l'équipe d'appui familial et à Wyle qui ont pris quelques instants en cette journée de Pâques pour nous permettre de passer un peu de temps avec les membres de nos familles respectives.

Au terme de la vidéoconférence familiale de Ron, nous avons établi une connexion téléphonique avec monseigneur Bob Sable, un aumônier des forces aériennes qui travaille présentement au Vatican. Il nous a accordé la bénédiction pascale et nous a ensuite lu l'Évangile selon Marc. Il en a aussi profité pour bénir l'équipage de Columbia ainsi que notre équipage qui installera une épinglette de la mission STS-107 sur le récif. Une fois les bénédictions terminées, j'ai enfilé l'équipement de plongée en narguilé et j'ai effectué une plongée en solitaire sur le récif, à l'avant d'Aquarius. Au moment de déposer l'épinglette en hommage au courage et au dévouement de l'équipage de la navette Columbia, je me suis recueilli quelques instants pour les équipages de Challenger et d'Apollo 1. Leur passion est une inspiration pour nous tous en cette ère où nous quitterons au cours de la prochaine décennie l'orbite terrestre et l'ISS pour retourner sur la lune.

En route vers l'habitat, j'ai réfléchi sur le périple que nous avons effectué depuis le début du programme spatial habité et j'ai réalisé à quel point je suis chanceux d'avoir pu explorer ces deux ultimes frontières que sont l'espace et les fonds marins. Après le souper, nous nous sommes installés dans la cuisinette pour visionner le film « Les vieux lions », un film racontant l'histoire d'un petit garçon devant aller vivre avec ses deux oncles et qui tirera de cette expérience une leçon de courage, de dévouement et d'honneur. Quelle belle façon de terminer une journée de Pâques que je n'oublierai pas de sitôt!

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Jour 13 - le samedi 15 avril

Le programme de la journée est assez chargé puisque nous devons réaliser des expériences scientifiques à l'intérieur de l'habitat et atteindre un certain nombre d'objectifs exploratoires dans le cadre de nos plongées sous-marines. Au terme de la séance de planification quotidienne, Ron et moi avons enfilé nos dispositifs de surveillance ambulatoires, nous avons ensuite pris un court déjeuner et aidé Nicole et Tim à se préparer pour l'expérience du CMAS sur les ondes cérébrales. Après avoir configuré les ordinateurs, nous avons tenté de commencer l'enregistrement des signaux cérébraux, mais nous avons eu quelques pépins avec le logiciel.

Tim et moi avons travaillé à résoudre ce problème jusqu'au milieu de l'avant-midi pour finalement rencontrer un autre problème touchant à l'amplification des signaux. Nous avons tout tenté, mais en vain. Après avoir déterminé que nos ennuis étaient probablement causés par un câble USB ou un amplificateur défectueux, nous avons décidé de modifier le programme de la journée et d'envoyer Nicole et Tim en plongée afin de poursuivre l'assemblage du Waterlab. J'ai demandé à Ron d'agir à titre de contrôleur intravéhiculaire pendant que je préparais l'expérience avec le robot in vivo de l'Université du Nebraska. Cela m'a pris environ une heure pour déplacer le matériel de l'expérience du CMAS et brancher tous les enregistreurs vidéo, les ordinateurs et les éléments robotiques me permettant d'effectuer le retrait simulé d'un appendice enflammé. J'ai ensuite mesuré le temps qu'il fallait pour réaliser dans un premier temps la micromanipulation chirurgicale au moyen d'une caméra traditionnelle, et dans un deuxième temps au moyen d'un robot inséré dans la cavité abdominale simulée. C'est assez incroyable de prendre part à une telle expérience axée sur le développement d'une technologie permettant d'insérer un microrobot mobile à l'intérieur de l'abdomen d'un patient!

Tim et Nicole ont achevé leur plongée et sont revenus dans l'habitat vers 14 h pour casser la croûte. Après le repas, Nicole, assistée de Tim, a immédiatement entrepris l'expérience que je venais de terminer. Pendant ce temps, Ron et moi avons configuré le ROV pour qu'il puisse partir à la recherche d'échantillons simulés de roches lunaires sur le récif, près d'Aquarius. Cet essai, qui faisait partie d'une étude sur l'efficience au travail, visait à déterminer l'efficacité d'un rover et d'un humain pour trouver des objets spécifiques dans le cadre d'une sortie lunaire simulée. Plus tard au cours de la mission, deux des membres d'équipage enfileront leur casque Super-lite afin de simuler une sortie spatiale et se lanceront à la recherche de ces mêmes objets. On comparera ensuite le temps qu'auront pris le ROV et l'équipage humain pour retrouver les objets et on établira ensuite l'efficacité des deux méthodes utilisées.

Ron et moi avons terminé juste avant le repas, environ au même moment où Tim et Nicole ont achevé l'expérience en robotique. Nous avons mangé rapidement et planifié la plongée nocturne prévue après le souper. Il s'agit de notre première plongée nocturne en équipe et j'ai bien hâte de voir la réaction de Nicole, de Ron et de Tim lorsqu'ils quitteront l'habitat et qu'ils verront les lumières s'évanouir derrière eux pour laisser place à l'obscurité. Nous avons suivi Ron et Nicole le long de la ligne d'excursion Fifth leg, jusqu'à l'endroit où des langues de sable blanc se prolongent sur les récifs environnants. Tim a attaché son filin principal sur la ligne d'excursion et nous sommes tous partis à la nage vers le sud, dans la noirceur. Nous avons utilisé nos lampes de plongée avec modération dans l'espoir de voir du plancton bioluminescent. La chance nous a souri puisque en moins de deux nous étions entourés de petits points semblables à des lucioles bleues dansant dans notre sillon. Lorsque nous passions la main devant nous, les milliers de petits points luminescents s'enfuyaient précipitamment! Nous avons ensuite fixé notre filin principal sur un morceau de corail et nous nous sommes agenouillés dans le sable pour observer la pleine lune qui brillait au travers de l'eau.

À ce moment, au fond de l'océan, nous sentions l'appel de la lune et, levant les yeux vers la surface, j'ai pensé à l'importance que revêt cette mission pour la concrétisation de la nouvelle vision d'exploration spatiale. Nous avons ensuite rebroussé chemin jusqu'à la ligne d'excursion, encore émerveillés par le magnifique spectacle qui venait de se dérouler sous nos yeux, puis nous avons mis le cap sur Aquarius afin de refaire le plein d'oxygène. Les lumières de l'habitat nous ont servi de phare, faisant graduellement passer les eaux sombres qui nous entouraient en des eaux d'une couleur turquoise. Nous nous considérons chanceux de pouvoir vivre sur ce récif et d'admirer des choses que les plongeurs ordinaires mettent des années à découvrir. Après avoir fait le plein d'oxygène, nous avons repris notre plongée et nous nous sommes dirigés encore plus loin sur le récif. La lumière réfléchie par la lune semblait nous guider tandis que nous nagions, le mouvement des bâtons chimioluminescents Cyalume apposés sur nos bouteilles d'air confirmant nos progrès sur le récif. En allumant ma lampe de plongée, un poisson scorpion qui se trouvait sous moi a déguerpi. Nous avons pris une série de photos au moyen de notre appareil-photo, mais aucune d'entre elles n'a su reproduire la beauté saisissante du récif en pleine nuit. Après être revenus dans l'habitat et avoir rangé notre équipement, il était déjà 23 h! Demain, c'est Pâques et nous pourrons faire la grasse matinée puisque ce sera congé pour tous!

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Jour 12 - le vendredi 14 avril

Aujourd'hui, c'est une journée de plongée! Nous avons pris un court déjeuner et tenu une brève séance de planification quotidienne. Ensuite, Nicole et moi avons enfilé notre équipement de plongée Super-lite afin de poursuivre l'assemblage du Waterlab. Plus la mission avance, plus les plongées se complexifient.

Aujourd'hui, Nicole et moi serons appelés à travailler en collaboration avec le ROV qui sera commandé depuis l'EXPOC. Bill, Karl et Marc, de l'équipe de soutien en surface, effectueront une plongée pour photographier le ROV nous appuyant dans l'assemblage du Waterlab. L'un des objectifs exploratoires de cette plongée sera d'évaluer comment les robots et les humains peuvent travailler ensemble à la réalisation de tâches complexes. Cette expérience nous permettra notamment de déterminer lesquelles des tâches conviennent le mieux aux systèmes robotiques et aux humains.

Nous avons tout d'abord commencé par enfiler nos systèmes de survie lunaire simulés et avons entrepris d'ajouter rapidement des éléments additionnels à la structure du Waterlab. L'EXPOC s'est servi du manipulateur du ROV pour saisir un paquet d'éléments structuraux et me les amener avec quelques outils additionnels pour me faciliter la tâche. Au cours de cette plongée, les opérateurs du ROV avaient pour objectifs d'approcher ce dernier de moi, de le laisser flotter à 3 pieds au-dessus du fond pour le déploiement du manipulateur et de piloter le ROV en mode rover sur le plancher océanique pour le transfert des éléments structuraux. Dans les deux cas, l'opérateur du ROV à l'EXPOC a effectué un travail remarquable. Il a suivi mes commandes à la lettre, en plus de commander et de piloter le ROV. Nous avons pris un grand nombre de photos et nous avons aussi eu l'occasion de parler brièvement avec nos proches qui observaient la plongée depuis l'EXPOC.

La raie pastenague est revenue nous voir tandis que nous terminions notre travail sur le Waterlab, et elle est allée s'installer à son endroit de prédilection, près de la zone d'entreposage des bouteilles d'air comprimé qui servent à alimenter l'habitat. Du chocolat chaud nous attendait à l'intérieur, gracieuseté de Tim et de Ron. Sans perdre de temps nous avons enlevé nos combinaisons de plongée pour nous réchauffer et nous nous sommes attablés pour le dîner. Après le repas, l'équipe de l'EXPOC a revu avec nous les objectifs de la deuxième plongée de la journée. Il était prévu aujourd'hui que Tim et Ron se servent du casque Super-lite et du dispositif Cobratrac pour cartographier par grille la zone entourant l'habitat, mais cette fois-ci en marchant dans le fond marin plutôt qu'à la nage. Nous avons installé un dispositif de suivi sur le réservoir d'air de Tim, de façon à pouvoir le suivre et obtenir en tout temps sa distance et son orientation par rapport à Aquarius.

Après avoir effectué leurs vérifications de routine, ils sont descendus vers le fond marin et ont déployé leur cordon ombilical qui leur fournit l'air nécessaire et qui sert de lien de communication avec l'habitat. Grâce au système de suivi, nous avons pu obtenir des données précises sur la position des plongeurs tandis qu'ils marchaient au fond de l'océan et s'adonnaient à leurs tâches de cartographie en grille. Les données de suivi des plongeurs ont également été transmises à Houston, ce qui a permis aux contrôleurs de la mission de suivre à la trace les activités des plongeurs et de guider ces derniers vers l'habitat, au besoin. Il serait avantageux d'élaborer un tel système pour les sorties d'exploration lunaires. Nous avons recueilli les données informatiques produites dans le cadre de cette « marche sous-marine » et nous les avons ensuite transmises à l'équipe de soutien en surface pour qu'elle les compare aux données de navigation du Cobratac. De plus, Nicole et Erika, du Centre de téléapprentissage du Centre spatial Johnson, se sont adressées à des étudiants des quatre coins de l'Amérique du Nord dans le cadre de deux événements de vulgarisation éducatifs consécutifs. J'en ai profité pour prendre une courte pause et saluer les élèves de Richmond Hill et du Canada entier par le biais du réseau Canarie. C'est palpitant de penser qu'un de ces jeunes pourrait très bien devenir un astronaute ou un océanaute de la prochaine génération et poursuivre notre quête de connaissances sur ces deux ultimes frontières que sont l'espace et les fonds marins!

La plongée s'est terminée à 17 h, soit juste à temps pour notre séance de planification quotidienne et une conférence médicale avec notre médecin de plongée, en Floride, et notre médecin de l'air, à Houston. Ce soir, nous nous consacrons aux photos d'équipage et à nos journaux de bord respectifs. Une autre journée chargée s'annonce demain avec des expériences pour le compte du CMAS et une plongée nocturne. Nous avons tous très hâte au congé qui est prévu dimanche et nous sommes impatients de parler à nouveau avec les membres de nos familles.

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Jour 11 - le jeudi 13 avril

Ce matin, je me suis levé un peu plus tard que d'habitude étant donné l'heure tardive à laquelle s'est terminé le film hier. Après une courte séance de planification, Ron et moi avons enfilé notre équipement Super-lite en préparation pour notre plongée d'assemblage du Waterlab. Une fois dans l'eau, nous avons enfilé notre système de survie lunaire simulé et lesté pour reproduire la pesanteur lunaire. Deux configurations du centre de gravité s'offraient à nous. Ron et moi avons modifié le centre de gravité de notre équipement à mi-chemin de la plongée d'une durée de deux heures. Une fois arrivés sur place pour préparer le chantier, deux raies pastenagues s'y trouvaient. Elles ont quitté à contrecœur pour nous laisser faire notre travail. Il y en avait une beaucoup plus petite que l'autre, ce qui m'a fait penser à cette scène du film « Trouver Nemo » où la raie amène le petit poisson à l'école sur le bord d'un récif! Nous n'avons pas vu le temps passer.

À un certain moment, Nicole nous a avisés que nos familles se trouvaient à l'EXPOC, à Houston, et qu'elles nous regardaient travailler. Elles avaient une vue parfaite du chantier grâce à la caméra de « Scuttle », le rover qui peut être commandé depuis l'habitat ou l'EXPOC, à Houston. Tim et Nicole ont travaillé de façon exemplaire avec l'EXPOC. Nicole a agi à titre de membre d'équipage intravéhiculaire et nous a aidés à respecter notre programme et à déterminer où allait chaque élément. Nous avons ensuite regagné l'habitat et, même une fois à l'intérieur j'étais encore frigorifié et ce, malgré mon vêtement isothermique de 6mm d'épaisseur. J'ai pris une bonne douche chaude et un bon chocolat chaud et mes tremblements ont graduellement cessés. Il va sans dire que mes pantalons de survêtement, mes bas de laine, mon chandail et mon molleton en polar y étaient également pour beaucoup! Une fois réchauffé, j'ai dû me dévêtir à nouveau pour enfiler le dispositif de surveillance ambulatoire afin d'enregistrer mes données physiologiques. Après avoir activé le dispositif et vérifié les signaux, j'ai remis avec grand plaisir mes vêtements douillets en prenant soin de ne pas débrancher les électrodes.

Après un court dîner, nous avons préparé l'expérience du CMAS sur les ultrasons et la chirurgie du genou et nous avons également passé en revue la documentation afin d'apprendre comment administrer un examen aux ultrasons. Le télémentorat offert par l'équipe de Hamilton s'est très bien déroulé et nous avons tous pris d'excellentes images des genoux de chacun. Tony, le chirurgien orthopédiste du CMAS, m'a conseillé à distance tandis que j'effectuais une arthroscopie sur une maquette de genou pour réparer un ménisque déchiré. Essentiellement, j'ai inséré une caméra à fibre optique spéciale dans l'articulation afin de voir le cartilage déchiré et j'ai ensuite utilisé un instrument spécial pour retirer les tissus endommagés. Tout s'est bien déroulé, grâce à l'expertise chirurgicale de Tony. Tout au long de la manœuvre, j'avais l'impression qu'il était là, à regarder par-dessus mon épaule dans la salle d'opération! J'ai terminé l'après-midi en effectuant une plongée au narguilé, c'est-à-dire avec un tuyau d'alimentation en air dont l'une des extrémités est reliée à l'habitat et l'autre, à mon détendeur. J'ai ainsi pu respirer sans efforts tandis que je nageais doucement aux alentours de mon domicile sous-marin. Alors que le soleil baissait à l'horizon, je suis revenu au sas à la nage, avec l'impression d'être chez moi sur ce récif. À mon retour, une montagne de formulaires m'attendait puisque nous devions tous faire part de nos impressions sur le succès des expériences de la journée et tester nos réflexes! Je pense que ce soir, je me coucherai tôt! Vivement une bonne nuit de sommeil après cette merveilleuse journée de plongée!

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Jour 10 - le mercredi 12 avril

Ce matin, avant de déjeuner, Nicole et moi avons travaillé à résoudre le problème de téléchargement des données de notre dispositif de navigation Cobratac, mais le connecteur du port série nous a donné du fil à retordre. Après avoir pris une courte pause pour déjeuner, nous avons assisté à notre séance de planification quotidienne.

Ron et moi sommes ensuite partis en plongée au Nord et au Sud de la ligne d'excursion Kamper afin de cartographier la zone où le récif laisse place à des bancs de sable, à l'Est de l'habitat. Pendant que nous recueillions des données à l'extérieur d'Aquarius, Nicole et Tim recueillaient eux aussi des données médicales à l'intérieur de l'habitat en enregistrant à nouveau leurs ondes cérébrales dans le cadre de l'expérience du CMAS. De retour de notre plongée, Nicole et moi nous sommes penchés sur les problèmes de téléchargement du Cobratac. Après avoir vérifié diverses connexions, nous avons finalement réussi à faire fonctionner le dispositif et à transmettre les données à une équipe de l'EXPOC en liesse.

Jim et moi avons ensuite entrepris de réparer le système Linkquest de suivi des plongeurs, lequel permet à l'équipe en surface et à l'équipe de Houston de suivre la position des plongeurs lorsqu'ils sont à l'extérieur de l'habitat. Nous avons réussi à le faire fonctionner assez rapidement sur l'ordinateur de l'habitat, mais nous avons eu quelques difficultés à l'envoyer à notre équipe de soutien en surface. Dom nous a contactés par téléphone afin de résoudre les derniers problèmes techniques avec les connexions vidéo permettant la transmission des images à Houston. Une fois réparé, le système a fonctionné correctement et nous a fourni des informations exactes sur la position de Nicole et de Tim pendant leur plongée de l'après-midi qui était axée sur la documentation des environs d'Aquarius. Après notre séance de planification quotidienne, nous avons pu communiquer par vidéoconférence avec nos familles et l'équipe de l'EXPOC afin de souligner la mi-étape de la mission. Ce fut plaisant de voir tout le monde à nouveau, et les enfants semblaient emballés par leur visite guidée du Centre de contrôle de mission, à Houston. Terry, notre secrétaire d'équipage, a accompli un travail exceptionnel et s'est chargée de commander toute la nourriture ainsi qu'un gros gâteau à l'image de l'insigne de la mission NEEMO 9! Plus tôt aujourd'hui, nous avons eu une autre célébration semblable pour notre équipe de soutien en surface, postée en Floride, et c'est Tammy, du CMAS, qui a encore une fois rendu le tout possible.

Après la fête, nous nous sommes installés pour regarder le film « La vie aquatique » vêtus d'un chandail molletonné bleu NEEMO 9 et d'un bonnet de quart rouge. Nous avions l'air de faire partie de l'équipage « Z »! Le film s'est terminé peu de temps après notre heure de coucher habituelle, soit 22 h. Nous sommes donc allés directement au lit, épuisés par cette autre longue journée de travail bien remplie. Demain, nous travaillerons à nouveau à l'assemblage du Waterlab, une grande structure en tuyaux de PVC qui ressemble à une tour de communications lunaire. Ron et moi porterons des combinaisons lestées afin de reproduire la pesanteur lunaire, et nous étudierons l'incidence de différentes configurations de notre centre de gravité sur notre capacité à réaliser nos tâches. La journée de demain s'annonce intéressante!

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Jour 9 - le mardi 11 avril

Aujourd'hui, nous sommes à mi-chemin de notre mission. Le temps file à une vitesse folle et notre programme est toujours aussi chargé. Ce matin n'ayant pas fait exception, nous avons encore une fois pris un court déjeuner entrecoupé d'activités de dépannage informatique. Nous avons ensuite tenu une brève séance de planification quotidienne avant d'amorcer notre plongée de cartographie.

Nous avons tous quitté l'habitat par le sas partiellement immergé en groupes de deux afin d'installer des marqueurs à tous les 25 mètres sur la partie Sud de la ligne d'excursion du haut-fond, de photographier la position de la ligne d'excursion sur le récif et de recueillir des données bathymétriques et de marquage au moyen de notre dispositif de navigation Cobratac. Nous avons cartographié les zones parcourues par les lignes du haut-fond, NASA et S4, et nous sommes ensuite allés remplir nos bouteilles d'air à la station d'escale Kamper puis à l'habitat. Grâce à notre plan de plongée efficace, nous avons terminé notre collecte de données en moins de temps que prévu. L'EXPOC a donc profité de cette plage horaire inattendue pour nous demander de cartographier la zone parcourue par la ligne d'excursion N.-E.

Nous avons regagné l'habitat avant le dîner et nous avons pris quelques instants pour nous doucher en vue d'un événement éducatif avec des étudiants en médecine de l'Université McMaster. Chris Hadfield était sur place et il a présenté brièvement la vision spatiale qui prévoit le retour de l'homme sur la lune. Le Dr Mehran Anvari en a également profité pour présenter sommairement les expériences de télémédecine que nous menons dans le cadre de la mission NEEMO 9. Au cours de cette séance, Nicole et Tim ont pu montrer aux élèves le robot que nous utilisons pour effectuer des interventions chirurgicales à distance.

Cet après-midi, le Dr Anvari a utilisé le robot pour trier des échantillons simulés de roches lunaires avec l'aide à distance de Carl et de Mary Sue, deux géologues postés au Centre spatial Johnson, à Houston. Ron et moi avons ensuite enfilé nos combinaisons de plongée pour effectuer notre deuxième plongée de cartographie de la journée, mais cette fois-ci pour marquer et cartographier la ligne d'excursion Fifth leg. Au cours de cette plongée, nous avons vu un certain nombre de raies léopards et de tortues de mer géantes, qui sont en quelque sorte nos voisins sous-marins et qui, grâce à leur élégance et leurs loufoqueries, nous divertissent. Lorsque nous sommes revenus dans l'habitat, Nicole et Tim s'activaient à réaliser une expérience sur la rétroaction tactile en téléchirurgie, le Dr Anvari les guidant pour certaines tâches. Nous les avons relevés et, une fois l'expérience terminée, c'était déjà le temps de la séance de planification quotidienne, du souper, de la lecture et de l'écriture de nos courriels et du coucher.

C'était l'anniversaire de Ross aujourd'hui, alors nous lui avons tous chanté en cœur un joyeux anniversaire - quoique sur une note un peu fausse! Demain, nous effectuerons une autre plongée de cartographie du récif entourant Aquarius et nous réaliserons une expérience du CMAS sur les ondes cérébrales.

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Jour 8 - le lundi 10 avril

Après un bref déjeuner qui a consisté en un bol de gruau, j'ai passé en revue les procédures pour résoudre le problème de télé-exploitation du ROV par l'EXPOC. Notre équipe de soutien en surface a fait un travail admirable en installant les logiciels dont nous avions besoin sur un nouvel ordinateur qui nous a été livré à l'habitat. Tout ce que l'équipe de soutien en surface nous envoie à l'habitat est livré dans des contenants hermétiques dotés d'une soupape d'équilibrage de la pression qui permet de les ouvrir dans l'habitat.

Les membres de l'équipe en surface du NURC, c'est-à-dire nos sherpas marins, ont veillé jusqu'à maintenant à ce que l'on ne manque pas de matériel expérimental, de nourriture ni de films! J'ai pu remettre le contrôle du ROV à l'EXPOC au moyen de l'un de nos ordinateurs, mais j'ai dû laisser ce dernier à Ron qui en avait besoin pour réaliser des expériences scientifiques. Néanmoins, l'équipe de l'EXPOC était ravie de savoir que nous avions réussi à résoudre le problème du ROV, et nous avons réservé un moment plus tard dans la journée où l'équipe de l'EXPOC pourra commander le rover.

Tim et Nicole ont animé quelques séances de vulgarisation éducatives au cours de l'avant-midi et de l'après-midi, tandis que Ron a enfilé le survêtement du Système de surveillance ambulatoire afin d'enregistrer son rythme cardiaque et d'autres paramètres physiologiques dans le cadre d'une des expériences du NSBRI. Nicole et Ron ont également mené à bien l'expérience du CMAS sur la radiologie et ont transmis des clichés de rayons X numériques à un radiologue se trouvant à Hamilton, à des fins d'interprétation. En réalité, nous n'avons pas pris les clichés de rayons X à l'intérieur de l'habitat. Des plaques radiographiques numériques préalablement exposées nous ont plutôt été envoyées à bord de l'habitat et ont été reliées à l'ordinateur, puis transmises via Internet. Ron et Nicole ont diagnostiqué tous les cas avec exactitude, et l'expérience a été un succès sur toute la ligne! Après avoir cassé la croûte, Ron et moi avons enfilé nos casques Kirby Morgan Super-lite afin de simuler une sortie spatiale sur la surface martienne. Pour ce faire, nous avons lesté nos combinaisons afin de recréer la pesanteur martienne qui équivaut au 3/8 de celle de la Terre. Nous avons recueilli de grandes quantités de données et remarqué des différences significatives entre les différentes configurations de lest sur notre équipement. Une fois de retour dans le sas partiellement immergé, nous avons sorti le ROV d'Aquarius pour que l'équipe de l'EXPOC puisse l'utiliser pour explorer les fonds marins pendant environ une heure.

L'EXPOC a effectué un travail remarquable de pilotage et d'exploration des zones sablonneuses entourant l'habitat et, au bout d'une heure, nous avons rapatrié le ROV à l'intérieur de l'habitat. Après le souper et la séance de planification quotidienne, ce fut rapidement le temps d'aller au lit. Demain, nous serons à mi-chemin dans la mission. C'est incroyable à quel point le temps file!

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Jour 7 - le dimanche 9 avril

Ce matin, je me suis réveillé à 5 h 45, impatient d'entreprendre la plongée à l'aube. À moitié endormi, j'ai mangé rapidement du gruau et j'ai enfilé ma combinaison de plongée froide. Pour tout vous dire, rien ne vous réveille mieux que d'enfiler une combinaison frigorifiée en sortant directement d'un lit chaud! Nous avons débuté notre séance de breffage sur notre plongée à 6 h 15 et nous avons ensuite descendu les marches du sas jusque dans les eaux sombres où nous avons enfilé notre équipement. En plus du matériel habituel, nous avons amené avec nous des lampes de poche ainsi qu'une caméra vidéo et un appareil photo afin de documenter le lever du soleil vu du fond de l'océan.

Tim nous a dirigés le long de la ligne d'excursion Kamper, suivi de Ron et de Nicole. Je les ai suivis en gardant un œil attentif sur les bâtons chimioluminescents orange fixés sur les collecteurs de leur bouteille d'air et qui rayonnaient dans la noirceur. Nous nous sommes arrêtés au marqueur de 75 mètres que Ron et moi avons installé la semaine dernière. Nous avons fixé nos filins d'exploration sur la ligne d'excursion, de façon à retrouver facilement notre chemin, et nous avons bifurqué vers le sud-est, en direction du récif. Nous nous sommes arrêtés dans un banc de sable d'un blanc immaculé illuminé par la lumière de nos lampes de poche et nous nous sommes installés entre deux têtes de corail pour admirer le spectacle. Des centaines de petits poissons argentés nageaient autour de moi, réfléchissant la lumière du soleil levant. Les bulles d'air qui s'échappaient de nos masques remontaient à la surface en laissant derrière elles des traînées argentées illuminées par la lumière venant de la surface. Cela m'a rappelé les magnifiques levers et couchers de soleil que j'ai pu voir de l'intérieur de la navette spatiale, lesquels se produisent toutes les 45 minutes en orbite (la navette effectue une orbite complète autour de la Terre en 90 minutes).

Une fois le soleil levé, nous nous sommes dirigés vers la station d'escale Kamper pour remplir nos bouteilles d'air. Nous avons ensuite poursuivi notre plongée en nous dirigeant vers le récif adjacent. À 8 h 45, nous avons rebroussé chemin en direction de l'habitat, mais nous n'avons pas pu y entrer puisque l'équipe de soutien en surface y déchargeait des vivres et qu'il n'y avait pas assez de place pour nous tous à l'intérieur. Nous avons donc décidé de suivre la ligne d'excursion N.-E. et de faire le plein d'oxygène. Nous sommes ainsi revenus à l'habitat à 9 h 15, mettant ainsi fin à une plongée d'une durée de deux heures et vingt minutes. Bien que nous étions enthousiasmés par cette plongée et les belles photos que nous avons prises, nous avons dû nous habiller en vitesse afin de configurer le système robotique médical pour une expérience de téléchirurgie robotique réalisée en collaboration avec le Dr Mehran Anvari.

Dans un effort concerté, nous avons transformé nos couchettes en salle d'opération et nous avons installé les robots chirurgicaux pour que le Dr Anvari puisse suturer une incision ayant été pratiquée dans un morceau de tissu organique simulé. Devant composer avec un délai de temporisation de près d'une seconde, Le Dr Anvari a démontré tout son savoir-faire en suturant habilement la lésion. Un peu plus tard, il a réalisé la même tâche, mais cette fois-ci avec un délai de deux secondes. Ce fût une démonstration impressionnante de techniques et de technologies novatrices qui modifieront sans contredit les façons de faire dans le domaine de la chirurgie. Les méthodes de téléchirurgie viennent bousculer les concepts traditionnels en introduisant des salles d'opération sans murs où des chirurgiens peuvent traiter des patients à distance grâce à une technologie de pointe. Je suis très fier du fait que le Canada est un leader mondial en télécommunications et en robotique, deux créneaux qui permettent aux chirurgiens de passer outre les obstacles géographiques et de faciliter l'accès aux soins pour les habitants des régions éloignées. L'expertise canadienne en matière de robotique spatiale a permis la mise au point du Neuroarm, un robot neurochirurgical utilisé à l'Université de Calgary, et d'envisager le développement de futurs robots chirurgicaux basés sur la technologie du Canadarm2.

Nous avons terminé notre septième journée d'activité par une téléconférence avec nos proches. Ce fut agréable de voir mes enfants et de voir leur émerveillement devant les poissons nageant de l'autre côté du hublot d'observation de la cuisinette. Ce fut une journée bien remplie et je compte bien me coucher tôt. La journée de demain s'annonce encore une fois chargée avec plusieurs plongées au programme, l'exploitation du ROV et la réalisation d'autres expériences à l'intérieur de l'habitat.

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Jour 6 - le samedi 8 avril

Ce matin, la mer était plus agitée qu'elle ne l'a été au cours des derniers jours. Nous l'avons su dès notre réveil en raison du changement de la pression au niveau de nos oreilles. C'est assez étonnant de constater que les vagues à la surface modifient la pression à l'intérieur de l'habitat. On peut également savoir que les vagues prennent de l'ampleur en surface en regardant le mouvement des particules en suspension par le hublot d'observation. Même à notre profondeur, le mouvement des vagues entraîne les particules marines dans un mouvement circulaire qui est clairement relié à la hauteur des vagues au-dessus de nos têtes.

Comme à chaque matin, nous avons entrepris illico les préparatifs en vue de l'expérience du CMAS sur les ondes cérébrales que Tim et moi réaliserons. Pendant ce temps, Nicole s'est préparée pour une entrevue qu'elle accordera à un journaliste de Saint-Pétersbourg. Trevor, notre expert informaticien du CMAS en surface, nous a envoyé quelques logiciels correctifs pour résoudre nos problèmes informatiques touchant aux expériences. Ces correctifs semblent d'ailleurs avoir résolu une bonne partie de nos problèmes. Après le dîner, nous avons préparé le ROV pour qu'il puisse effectuer une vérification de l'habitat. Tous les membres de l'équipage ont d'ailleurs eu l'occasion de commander le rover dans le cadre de cette inspection détaillée.

Nous avons pris quelques superbes photos, par le hublot d'observation, du ROV flottant à proximité de l'habitat et entouré de poissons manifestement confus par ce gros véhicule jaune à roues flottant à leurs côtés! Nous avons établi une liaison avec l'EXPOC pour la transmission des images vidéo captées par la caméra du ROV afin qu'il puisse commander le rover, mais malheureusement, la connexion n'était pas fonctionnelle. Au milieu de toutes ces activités, nous avons pris quelques instants pour dîner, mais je n'arrive pas à me souvenir quand, ni ce que j'ai mangé. Je pense que c'était une tartine de beurre d'arachides et de gelée de raisins sur une tortilla. Pendant que Nicole réalisait l'expérience du CMAS, Ron et moi avons enfilé notre combinaison en vue d'une expérience qui visait à déterminer en quoi la modification du centre de gravité de notre système de survie pouvait altérer notre stabilité, notre équilibre et notre démarche (et ce, pour le développement des futures combinaisons lunaires). À l'aide d'une échelle de Cooper-Harper modifiée, semblable à celle utilisée par les pilotes d'essai, Ron et moi avons attribué une note pour chacune des configurations, notes que nous avons ensuite transmises à Tim.

Il ne fait aucun doute que la modification du centre de gravité a eu une incidence considérable sur notre équilibre et notre rendement. En m'adonnant à cette expérience, j'ai eu la distincte impression que mes efforts s'ajoutaient à ceux de l'équipe d'exploration qui travaille ardemment au retour de l'homme sur la lune. Demain, notre journée de travail commencera très tôt avec une plongée à l'aube pour observer le lever du soleil sous l'eau. Je réaliserai ainsi ma deuxième plongée à l'aube et les images spectaculaires des rayons du soleil à peine levé au-dessus de l'horizon sont toujours gravées dans ma mémoire et ce, même plusieurs années après ma participation à la mission NEEMO 1. Ce soir, je sens que je vais dormir à poings fermés.

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Jour 5 - le vendredi 7 avril

Les nuits semblent très courtes ces temps-ci! Ce matin, nous avons tenté de télécharger nos données à partir de notre système de navigation Cobratac, mais nous n'y sommes pas parvenus en raison d'une erreur de communication informatique. Nous avons pris quelques instants pour déjeuner avant de débuter notre séance de planification quotidienne. Nous étions particulièrement enthousiastes à l'idée de parler de notre activité de cartographie du fond marin au moyen du dispositif Cobratac avec l'équipe de l'EXPOC. Tandis que Nicole et Tim se préparaient à entreprendre l'expérience du CMAS sur l'enregistrement des ondes cérébrales, Ron et moi avons revêtu nos combinaisons de plongée dans le sas partiellement immergé en vue de notre plongée inscrite à l'horaire. Nous avons quitté l'habitat chargés comme des mulets - Ron a amené avec lui la caméra sous-marine ainsi qu'un ruban-mesure, alors que moi je transportais le système de navigation Cobratac, une planchette porte-papiers et quelques balises que nous devions installer à tous les 25 mètres sur la ligne d'excursion.

Après notre signalisation à l'EXPOC, nous nous sommes éloignés de l'habitat à la nage en suivant la ligne d'excursion Kamper pour cartographier le fond marin et ce, sans oublier d'installer les balises le long de la ligne. Une équipe de plongeurs de la chaîne Discovery Channel Canada a nagé à nos côtés et nous a photographiés en train de travailler et de jongler avec tout le matériel que l'on transportait. Pour terminer, nous avons cartographié la ligne d'excursion du haut-fond et nous sommes retournés à l'habitat, mettant ainsi fin à une plongée de 100 minutes. La visibilité était limitée à environ 15 pieds, mais il n'y avait aucun courant, ce qui a facilité notre travail. Sur le chemin du retour, quelques poissons nous ont tenu compagnie. Ils semblaient vraiment intrigués par ce qui se passait! Une fois de retour à l'intérieur d'Aquarius, nous nous sommes mis à la tâche de résoudre les problèmes informatiques.

Tim et Nicole ont eu quelques difficultés à faire fonctionner adéquatement les ordinateurs pour l'expérience du CMAS. Malgré tous nos efforts, nous avons connu des pépins informatiques tout au long de la journée. Nous avons donc décidé de nous en remettre à Trevor, notre expert en surface qui travaille pour le CMAS. Vers l'heure du midi, Damon, notre « médecin » plongeur de la marine est venu nous rendre visite pour voir comment nous allions. Tous les membres d'équipage sont en très bonne santé et nous avons même eu le temps de discuter avec Damon avant qu'il ne reparte à la surface. Tim et Nicole ont fait un excellent travail de dépannage pour résoudre un problème informatique touchant à la commande du ROV par l'EXPOC. Ron et moi avons ensuite changé de place avec eux afin de tenter de résoudre quelques problèmes informatiques relatifs à l'expérience du CMAS.

Nous disposons de deux ordinateurs à bord d'Aquarius, dont l'un a décidé de faire des siennes aujourd'hui! La séance de planification quotidienne a duré une heure et demie et a porté sur les problèmes techniques que nous tentons de résoudre et sur la planification de la plongée de demain. Mike Gernhardt, l'un de mes collègues de la mission NEEMO 1, viendra nous rendre visite à bord de l'habitat, demain après-midi, afin de nous aider à évaluer l'incidence du centre de gravité de notre équipement sur notre démarche et notre équilibre dans cet environnement lunaire simulé. Mike a ajusté le lest qui sera ajouté à nos combinaisons de plongée afin de reproduire la pesanteur lunaire, qui est équivalente au 1/6 de la pesanteur terrestre. Ron et moi avons très hâte de réaliser cette plongée, laquelle constituera un pas de plus vers le retour de l'homme sur la Lune.

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Jour 4 - le jeudi 6 avril

À mon réveil ce matin, j'ai pu voir un banc de poissons jouer dans la lumière près du hublot d'observation. C'était magnifique! Nous nous sommes encore une fois levés tôt ce matin puisque nous avions l'occasion de réaliser des activités préparatoires aux expériences scientifiques pendant la période suivant notre réveil. Hier, nous avons connu quelques avaries techniques avec l'un des ordinateurs que nous utilisons pour commander le robot in vivo. J'ai tenté de le commander avec un ordinateur différent, pour voir si ça réglerait le problème. Ma solution a fonctionné et, après un court déjeuner qui a consisté en un bol de gruau aux pommes et à la cannelle, je me suis préparé en vue de la séance de planification quotidienne.

Ce matin, Ron et moi sommes sortis de l'habitat équipés de nos casques de plongée Super-lite. La ressemblance entre notre démarche sur le plancher océanique et la démarche des astronautes de la mission Apollo sur la Lune est frappante. Ron et moi avons d'ailleurs eu la chance de reproduire le saut vertical que John Young a effectué sur la Lune et nous nous sommes ensuite photographiés, l'un et l'autre, dans la zone qui ceinture l'habitat. Au terme de notre sortie sous-marine d'une durée de 80 minutes, Ron a entrepris de réaliser l'expérience en orthopédie du CMAS tandis que je me suis affairé à configurer le ROV pour sa téléexploitation par l'EXPOC. Après avoir configuré le ROV, je me suis consacré à la réalisation de l'expérience que Ron venait tout juste de terminer. J'ai d'ailleurs été très surpris par l'efficacité de Tony, notre chirurgien orthopédiste posté à Hamilton, à me conseiller à distance pour réduire et stabiliser une fracture au moyen d'un dispositif de fixation externe.

Chacun des membres de l'équipage a terminé l'expérience en orthopédie avant le dîner. Nous en avons donc profité pour prendre une brève pause et nous préparer pour la visite de l'animateur Bill Weir, de la chaîne ABC, et de son équipe de tournage. M. Weir nous a posé des questions sur les expériences que nous menons à bord d'Aquarius et sur la vie et le travail sous la mer. Nous avons parlé des similitudes entre l'exploration de l'espace et du monde sous-marin et des leçons que nous pouvons tirer de notre mission et qui pourraient nous aider en vue du retour humain sur la Lune. Après le départ de l'équipe de tournage, Nicole et Tim ont entrepris leur sortie sous-marine équipés de leur casque Super-lite et d'un dispositif servant à cartographier le plancher océanique autour de l'habitat. Alors qu'ils étaient à l'extérieur, Jim, Ross et moi avons établi une liaison pour que leurs communications avec l'habitat puissent être entendues à l'EXPOC, à Houston, et nous avons aussi veillé à ce que leurs liaisons ombilicales ne s'entremêlent pas. Ron a animé avec brio une séance de vulgarisation et d'éducation, et nous avons terminé la journée en menant d'autres expériences sur le comportement pour le compte du NSBRI. Une fois nos activités de recherche et la séance de planification quotidienne terminées, il était déjà 20 h. Nous avons donc soupé rapidement, téléphoné brièvement à nos familles respectives et nous nous sommes ensuite couchés afin de refaire nos énergies pour la plongée qui nous attend aux premières heures, demain matin.

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Jour 3 - le mercredi 5 avril

La journée d'aujourd'hui a été fort occupée et nous nous sommes mis au boulot dès 6 h. Après un bref déjeuner, nous nous sommes lancés tête première dans nos expériences scientifiques avant la tenue de la séance de planification quotidienne, à 7 h. J'ai enfilé le Système de surveillance ambulatoire afin de réaliser la même expérience qui a été effectuée par Ron hier. Nous avons entrepris l'avant-midi en préparant l'engin sous-marin télécommandé (ROV, ou rover) qui peut être exploité depuis l'habitat ou Houston afin de recueillir des échantillons simulés de roches lunaires. Nous avons eu quelques difficultés à transmettre les signaux vidéo du rover à l'EXPOC, à Houston, mais nous avons réussi à surmonter ces problèmes techniques avec l'aide de notre équipe de contrôle de mission se trouvant à la surface.

Chaque membre d'équipage a eu l'occasion de s'exercer à commander le rover sur le fond sablonneux de l'océan, à l'est de l'habitat, et à le faire naviguer à différentes profondeurs au-dessus du plancher océanique. La visibilité sur les images captées par la caméra était excellente et, grâce à la boussole embarquée, nous avons pu garder nos repères tout en éloignant le rover de l'habitat. L'activité axée sur le ROV a ensuite été suivie de deux séances de vulgarisation et d'éducation qui ont été coordonnées par Erika du Centre de téléapprentissage du Centre spatial Johnson. Les élèves avaient préparé d'excellentes questions sur la vie et le travail à bord d'un habitat sous-marin et sur les défis associés à notre mission.

Après un court dîner, nous avons mis en œuvre la procédure de passation du contrôle du ROV à l'EXPOC. Tout s'est déroulé à la perfection et l'équipe de Houston a pu éloigner le ROV de l'habitat pour aller recueillir des échantillons simulés de roches lunaires. Les membres de l'équipe de l'EXPOC ont accompli un travail exemplaire. C'était d'ailleurs assez impressionnant de voir un véhicule robotique commandé à distance explorer les alentours de l'habitat. Mais le fait saillant de la journée pour nous, membres d'équipage d'Aquarius, a été notre discussion avec les astronautes Jeff Williams et Bill McArthur qui sont présentement à bord de la Station spatiale internationale. Tandis qu'ils flottaient à l'intérieur de leur engin spatial, des plongeurs flottaient aussi librement dans l'océan, à l'extérieur de notre habitat, comme pour nous rappeler les différences qui existent entre leur environnement et le nôtre. Tout comme l'ISS, mais à quelques différences près, Aquarius constitue un extraordinaire banc d'essai pour la science de l'exploration et nous permet notamment de réaliser des expériences de téléchirurgie de pointe assistée par robotique à l'intérieur de l'habitat et de simuler des sorties lunaires dans le milieu analogue que constitue le plancher océanique autour de l'habitat. Nous avons terminé notre journée de travail en accordant un certain nombre d'entrevues à des chaînes télévisées de Toronto, Montréal et Cincinnati. Notre séance de planification quotidienne a été particulièrement chargée ce soir puisque nous avons apporté la touche finale à notre programme de demain. C'est presque l'heure de l'extinction des feux, l'un de mes moments préférés de la journée. Je m'étends alors dans mon lit et je regarde les poissons par le hublot d'observation en me disant que j'ai de la chance de participer à une expérience aussi incroyable que celle-ci!

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Jour 2 - le mardi 4 avril

Ce matin, nous nous sommes levés à 6 h. Après une première nuit passée sous l'eau, Ron, Tim et Nicole sont devenus des océanautes et ont ainsi joint les rangs d'un groupe sélect d'explorateurs ayant séjourné et travaillé à bord d'habitats sous-marins. Nous avons pu profiter d'une heure après notre réveil pour prendre une douche, déjeuner et nous préparer pour la journée.

Puisque le programme de la journée déborde d'expériences scientifiques, nous nous sommes mis rapidement au travail à 7 h. Nous avons ainsi transformé nos couchettes en laboratoire et préparé notre première expérience pour le compte du CMAS qui visait l'enregistrement de l'activité cérébrale pendant la réalisation d'une série de tâches complexes à l'ordinateur. Des délais peuvent être intégrés à chacune des tâches, ce qui fait que les réactions à nos actions peuvent présenter un retard allant jusqu'à trois quarts de seconde. Cela rend la réalisation précise des tâches plus ardue. J'ai aidé Ron à enfiler un vêtement qui permet d'enregistrer un certain nombre de paramètres physiologiques différents, tels la fréquence respiratoire, le rythme cardiaque, l'activité musculaire et la température cutanée. Ce type de technologie pourrait nous être utile lors des futures missions lunaires et permettre à des médecins postés au sol de surveiller la santé des astronautes en sortie extravéhiculaire sur la Lune. Nicole et Tim ont passé la matinée à réaliser l'expérience du CMAS tandis que Ron et moi avons été breffés par Ross sur le fonctionnement du narguilé que l'on peut utiliser pour de courtes plongées. Lors d'une plongée en narguilé, le plongeur est alimenté en air par le biais d'un petit boyau dont la longueur nous maintient à proximité de l'habitat.

Après avoir passé une matinée chargée, nous avons cassé rapidement la croûte avant d'animer une séance de vulgarisation pour des élèves de quelques écoles de la ville de Hamilton. Cette vidéoconférence bidirectionnelle nous a permis d'offrir aux élèves une visite guidée virtuelle de l'habitat, laquelle a été suivie d'une période de questions-réponses. Ce fut un réel plaisir pour nous de répondre à toutes leurs questions. Nous avons pu constater que les élèves ont passé beaucoup de temps à penser aux différents défis que pose la vie sous l'eau.

Pour le programme de l'après-midi, Ron et moi avons remplacé Tim et Nicole pour l'achèvement de l'expérience du CMAS. Nous avons terminé les expériences à 19 h et nous avons ensuite assisté à la deuxième séance de planification quotidienne de la journée. Matin et soir nous nous entretenons avec l'équipe de soutien en surface, soit l'équivalent de l'équipe au centre de contrôle de mission, et nous discutons des changements qui peuvent être apportés au programme des activités prévues et de tout problème qui pourrait survenir.

Aujourd'hui, nous avons eu une avarie informatique pendant l'enregistrement des ondes cérébrales mais nous avons été en mesure de contourner ce problème et d'atteindre tous les objectifs scientifiques de cette expérience. Ce soir, nous avons reconverti notre laboratoire en couchettes, nous avons examiné toutes nos photos et nos vidéos, nous avons planifié la journée de demain et nous avons pris notre douche. Alors que la journée tire à sa fin, je repense à la séance éducative d'aujourd'hui et je réalise à quel point je suis choyé d'avoir eu la chance de voyager dans l'espace et de vivre au fond de l'océan. Pour en arriver là où je suis, il m'aura fallu de nombreuses années d'étude, de travail acharné, de patience et de persévérance dans les moments difficiles, mais avec une journée comme celle d'aujourd'hui, je réalise que ça en valait le coup! Qui sait, peut-être qu'un des élèves à qui nous avons parlé aujourd'hui deviendra un jour astronaute et partira explorer la Lune ou Mars?

Les membres d'équipage auraient bien aimé plonger aujourd'hui, mais il n'y avait pas de sortie sous-marine de prévue au programme. Il en sera autrement demain puisque Nicole et Tim effectueront une plongée, dans l'après-midi, avec le casque Super-lite. De plus, nous espérons être en mesure de parler à nos collègues astronautes de la Station spatiale internationale après cette plongée. Comme vous le voyez, la journée de demain s'annonce palpitante!

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Jour 1 - le lundi 3 avril

Ce matin, nous n'avons eu aucune difficulté à nous lever à 6 h et ce, malgré le passage à l'heure avancée de l'Est, cette fin de semaine! Tous les membres d'équipage avaient très hâte d'entreprendre la mission. Nous avons donc déjeuné rapidement afin de préparer notre équipement de plongée en vue de notre embarquement sur le bateau. Nous avons également préparé les vêtements qui nous seront envoyés dans l'habitat sous-marin au milieu de la mission, mais nous les avons laissés dans le condo aux bons soins de l'équipe de soutien en surface.

À 8 h, nous étions prêts à partir, bien que notre départ n'était prévu que pour 9 h 30. Nous avons donc passé environ une heure à nous faire prendre en photo par des photographes du Centre spatial Kennedy (KSC). À 9 h 15, nous avons reçu le signal nous disant que tout était prêt pour notre départ. Nous sommes donc montés à bord du bateau en compagnie des membres de l'équipage de soutien en surface de la NASA, de l'équipe du NURC et des photographes du KSC. Il y avait foule sur le bateau! Le temps était parfait, le soleil se levant au-dessus d'une mer parfaitement calme. En route vers l'habitat, nous n'avons pas vu le temps passer. Otter nous a breffés en vue de notre première plongée de la journée, laquelle a constitué une exploration des lignes d'excursion au sud-est de l'habitat.

Nous nous sommes arrêtés quelques instants à mi-plongée dans la station d'escale Kamper, soit une cloche sous-marine remplie d'air. La station Kamper est fabriquée en plexiglas, ce qui nous permet de nous y tenir debout, de retirer notre masque pour nous parler et d'admirer la vue spectaculaire que nous offre le récif environnant! Il semble que nous ayons piqué la curiosité des poissons puisqu'ils sont venus parader en une multitude de couleurs autour de la station Kamper. Nous avons poursuivi notre excursion jusqu'au sas partiellement immergé de l'habitat, où nous avons dit au revoir à Otter. J'ai l'impression que je ne le reverrai pas avant un bon bout de temps, mais grâce à l'expérience que j'ai acquise dans le cadre de ma mission spatiale et de ma mission NEEMO antérieure, je sais que le temps filera à une vitesse folle. Bill et Marc ont ensuite pris la photo d'équipage et nous ont salués avant que nous ne pénétrions dans le sas partiellement immergé de notre nouveau domicile.

Après s'être défaits de notre équipement de plongée et avoir nettoyé nos combinaisons, nous avons tous pris une douche rapide, nous nous sommes séchés et nous nous sommes préparés à notre visite de l'habitat. Ross nous a montré l'ensemble des systèmes de survie de l'habitat et nous avons passé en revue diverses procédures d'urgence. Bien qu'elle soit plus petite que la Station spatiale internationale, l'unique station de recherche sous-marine de la planète ressemble en plusieurs points à l'ISS. Pour nous, il s'agira d'une extraordinaire plateforme de recherche et de formation au cours des semaines à venir. Une fois le tour terminé, nous avons rangé nos vêtements et le matériel expérimental, réalisé notre première expérience pour le compte du NSBRI (National Space Biomedical Research Institute) et pris une bouchée. Cela m'a rappelé la phase post-insertion orbitale de la navette spatiale où tous les membres d'équipage sont occupés à ranger leur combinaison spatiale et à préparer la navette en vue de la prochaine étape de la mission.

Après avoir achevé deux expériences, nous nous sommes dirigés vers le sas partiellement immergé d'Aquarius afin de nous préparer à notre première plongée à titre d'océanautes. Tim a passé en revue avec nous les cartons aide-mémoire et les listes de vérification préalables aux plongées. Nous avons ensuite plongé dans le sas afin de vérifier nos masques de communication Mark 48 qui nous permettent de nous parler sous l'eau. Les masques semblaient fonctionner assez bien et j'ai pu entendre chacun des océanautes faire acte de présence. Après avoir quitté le sas, j'ai tenté d'établir une communication avec l'EXPOC, notre centre de contrôle à Houston. Au début, la transmission était saccadée. Nous avons donc rebroussé chemin jusqu'au sas pour rebrancher le connecteur électrique sur mon masque. Après cette manœuvre, mes communications pouvaient être entendues clairement. C'était d'ailleurs extraordinaire que de parler avec l'équipe de Houston tout en nageant à 50 pieds sous l'eau, en direction de la station d'escale N.-E. Ron a tourné d'excellentes séquences vidéo nous montrant en train de nager le long de la ligne d'excursion.

Nous avons également pris une pause de quelques instants pour vérifier le signal de rappel d'urgence transmis dans le cadre d'un essai du système que nous utilisons pour nous avertir de revenir à l'habitat en cas d'urgence. Nous avons pris 12 minutes pour nous rendre à la station N.-E. J'y suis entré avec Tim pour parler avec James et Ross qui eux, se trouvaient dans l'habitat. Nicole et Tim nous ont ramenés jusqu'à Aquarius, où nous avons poursuivi la vérification des communications avec l'EXPOC avant de mettre un terme à notre plongée, vers 17 h 45. Après avoir nettoyé notre équipement et pris une douche, nous avons assisté à une séance de débreffage donnée par le biais du système POLYCOM que nous utilisons pour les événements de vulgarisation. Nous avons ensuite réalisé deux autres expériences pour le compte du NSBRI et avons terminé la conférence de planification quotidienne juste à temps pour le repas. Ce fut une première journée fantastique.

L'ensemble de l'équipage travaille très bien en équipe. Comme j'ai déjà participé à une édition antérieure de la mission NEEMO, en 2001, j'ai eu l'impression à mon arrivée dans Aquarius de revenir chez moi après une longue absence. C'est un réel plaisir que d'admirer les poissons tout en mangeant. Tandis que j'écris ces lignes, je ne peux m'empêcher de penser au fait qu'il nous faut plus de 7 millions de livres de poussée pour s'élancer vers le cosmos à bord de la navette spatiale, alors qu'il y a un autre monde, sous-marin celui-là, à découvrir à moins de 10 minutes de plongée! Ces deux environnements hostiles, qui constituent tous deux des frontières ultimes, nous émerveillent avec leur beauté saisissante et nous font réaliser l'importance de protéger notre planète pour les générations futures. Une journée chargée nous attend demain avec la réalisation de plusieurs expériences scientifiques. Mais pour l'instant, l'heure est à la relaxation et à l'observation des poissons qui nagent autour de l'habitat.

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Le vendredi 31 mars

La semaine d'entraînement tire à sa fin, et aujourd'hui, nous allons troquer notre équipement de plongée autonome pour un casque de plongée Kirby-Morgan Super-lite.

Après le réveil de l'équipage, à 7 h, nous avons déjeuné rapidement, lu et envoyé nos courriels et rédigé notre journal de bord avant d'assister, à 8 h 30, à une séance d'information d'environ une heure portant sur notre mission scientifique. En compagnie du personnel de la NASA, du NURC, du CMAS et du NSBRI, nous avons discuté des objectifs scientifiques des expériences qui seront menées à l'intérieur de l'habitat et des objectifs des plongées exploratoires.

Cette mission NEEMO/Aquarius, telle qu'elle est prévue, sera la plus complexe et la plus longue à ce jour. Jusqu'à maintenant, la plus longue mission à bord d'Aquarius a duré 14 jours, mais le record absolu pour une plongée à saturation est de 58 jours. Cette dernière a été réalisée en 1969, à bord d'une installation sous-marine baptisée Tektite One.

Motivés à l'idée que les travaux menés dans le cadre de NEEMO 9 faciliteront les futures missions lunaires, mes collègues et moi avons visité, au terme de la séance d'information, le pupitre de surveillance du NURC - l'équivalent du centre de contrôle pour les missions spatiales. Tout au long de notre mission, nous serons en communication avec le pupitre de surveillance du NURC et le Centre d'exploitation et de planification des sorties exploratoires de la NASA (EXPOC), à Houston.

Pendant les plongées, c'est l'EXPOC qui sera chargé de suivre les activités des plongeurs à l'extérieur de l'habitat au moyen d'un système de suivi. Ce système nous permettra de déterminer l'utilité et les avantages du suivi des astronautes qui seront appelés un jour à effectuer des sorties extravéhiculaires sur la Lune. Le personnel de l'EXPOC nous aidera également à surveiller notre consommation d'air pendant les plongées et veillera à ce que nous respections le programme de tâches à réaliser.

Après un survol du réseau que nous utiliserons à l'intérieur de l'habitat pour transmettre nos photos et nos vidéos à l'équipe en surface, Roger, l'instructeur du NURC chargé de nous indiquer comment fonctionne le casque Kirby-Morgan Super-lite, nous a amenés à l'extérieur pour une pesée avec équipement. Nous devons connaître notre poids total avec équipement afin de savoir s'il faut ajouter ou retirer du lest pour atteindre une flottabilité neutre ou négative lorsque nous marchons au fond de l'océan.

L'un des objectifs de nos plongées exploratoires avec le casque Kirby-Morgan sera d'évaluer l'incidence de la modification du centre de gravité de notre équipement sur notre démarche. Sous l'eau, nous ne sommes soumis qu'à un sixième de la pesanteur normale, ce qui fait que notre poids total dans les profondeurs marines est le même que si nous étions sur la Lune. Si le centre de gravité des futurs explorateurs lunaires est trop élevé, ces derniers risquent de chuter à répétition sur le sol lunaire. Debout sur la balance, les bras chargés d'équipement, j'ai vu mon poids normal de 88,6 kilogrammes passer à 118,2 kilogrammes! Ça m'a rappelé ma mission dans l'espace où, à cause de l'absence de pesanteur, mon corps s'est allongé de 4,4 centimètres, ce qui fait que je mesurais 1,9 mètre!

Nous sommes montés à bord du bateau encore passablement impressionnés par tout l'équipement que nous devrions porter au cours de la plongée à venir. À proximité de l'habitat, les vagues étaient d'une hauteur variant entre 1,5 et 2,1 mètres. Nous nous sommes donc dirigés vers un endroit où l'eau était plus calme, sur le côté du récif situé à l'abri du vent, où les vagues ne faisaient que 0,6 à 0,9 mètre de hauteur et où la profondeur de l'eau était de 4,6 mètres.

Marcher sur le pont du bateau avec notre équipement sur le dos a constitué tout un défi. Ce fut donc un véritable soulagement que de sauter à l'eau et de descendre le long du câble jusqu'au fond de l'océan. Les membres de l'équipe de surface ont passé en revue avec moi les vérifications « sous-marines » et ont ensuite fermé mon système principal d'alimentation en air de sorte que je puisse m'exercer à respirer au moyen du système d'alimentation de secours. Je suis parvenu à respirer très facilement dans ce casque et la communication avec l'équipe en surface était limpide.

Une fois les exercices terminés, j'ai pu marcher librement au fond de l'océan. Je me suis tenu en équilibre sur mes mains (pour voir si le casque était étanche à l'envers, ce qu'il est), j'ai fait des pirouettes et j'ai adopté d'autres positions afin de me familiariser avec la combinaison. Malgré tout notre équipement, il était assez facile de faire des pompes sur le fond de l'océan puisque mon poids sous l'eau était réduit en raison de l'effet de flottabilité de ma combinaison de plongée. Dix-sept minutes plus tard, je suis remonté jusqu'au bateau en suivant le câble et, une fois à la surface, l'équipe de soutien m'a aidé à monter à bord.

Tour à tour, nous nous sommes tous exercés à jouer les rôles de superviseur et d'assistant de plongée avant notre retour sur la rive. Nous avons ensuite nettoyé notre équipement et assisté à la séance de récapitulation quotidienne. Pour célébrer la fin de notre entraînement, nous avons partagé un long souper et avons terminé notre journée en répondant à nos courriels et en rédigeant notre journal de bord. Demain, c'est congé, ou plutôt nous avons congé d'entraînement, puisque nous devons finaliser quelques éléments avant que ne débute la mission, lundi prochain.

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Le jeudi 30 mars

Je commence à ressentir les effets de la fatigue accumulée. Je dors jusqu'à ce qu'on me réveille à 7 h. Hier soir, avant d'aller dormir, nous avons regardé le lancement de l'équipage Expedition et cela m'a rappelé mon expérience de vol lors de la mission STS-90. Il se pourrait que nous puissions parler à Jeff Williams et à Bill McArthur, qui sont dans l'espace, à partir d'Aquarius. Cette possibilité nous enthousiasme.

Aujourd'hui, nous avons disposé de plus de temps pour prendre le petit déjeuner et faire d'autres activités avant le début des séances d'information à 8 h 30. Otter nous a d'abord fait faire une visite virtuelle d'Aquarius (sur le site http://www.uncw.edu/aquarius/), puis nous avons discuté des différents systèmes de l'habitat Aquarius et des consignes de vie à respecter. Après une courte pause, Otter a passé en revue l'ensemble des procédures d'urgence liées à l'habitat. Il a résumé très efficacement la marche à suivre en cas de défaillance des systèmes d'alimentation en air, de régulation des conditions ambiantes et d'alimentation en électricité, ou encore s'il y avait un feu ou de la fumée à l'intérieur de l'habitat. Tout comme les systèmes d'un engin spatial, ceux de l'habitat sont reconnus pour être fiables et sont assortis de systèmes redondants intégrés qui assurent le maintien de la vie en situation d'urgence.

Comme deux plongées étaient prévues pour l'après-midi, nous n'avons pas eu le temps de faire une pause avant de prendre notre équipement de plongée et de manger à la hâte. À 11 h 45, nous étions en route vers Aquarius où nous allions plonger avec nos nouveaux masques de communication et nous familiariser avec les câbles d'excursion disposés tout autour de l'habitat. Nous avons quitté le bateau de plongée par la haussière nord-est et nous sommes descendus jusqu'au pavillon situé à l'extrémité du câble d'excursion nord-est. Ce pavillon a l'air d'un gros baril inversé monté sur une plateforme, et comporte des hublots de chaque côté.

Deux par deux, nous sommes montés sur la plateforme et nous nous sommes tenus debout sous le dôme du pavillon, les épaules et la tête dans la section contenant de l'air et le reste du corps dans l'eau. Au fond de l'océan, à 18 mètres de profondeur, nous pouvions nous parler et regarder par les hublots. Toute une expérience! Les pavillons sont dotés d'une liaison de communication avec l'habitat ainsi que d'un poste de remplissage pour nos bouteilles d'air. Nous nous sommes exercés à utiliser le poste de remplissage haute pression, puis nous avons quitté le pavillon.

Portant nos masques de communication, nous avons partagé notre réserve d'air tout en nageant en direction de l'habitat. Les masques de communication couvrent le visage et la bouche. Un masque buccal ovale, rattaché au détendeur, peut être accroché devant la bouche. En mode d'utilisation normale, l'espace devant la bouche n'est pas rempli d'eau. On peut donc nager, parler et respirer en même temps! Lorsque des plongeurs partagent ainsi l'air, ils se passent le détendeur, mais n'accrochent pas la pièce buccale au masque.

De retour à l'habitat, nous avons effectué d'autres exercices de partage d'air et nous avons mis fin à la sortie sous l'eau qui a duré 55 minutes. Nous sommes remontés à la surface pour la séance de débreffage de la première plongée. Avant de replonger pour nos exercices avec les masques de communication, nous avons laissé le temps à notre organisme de se débarrasser du surplus d'azote que nous avions dans le sang. Nos masques étant activés, il fallait appuyer sur un interrupteur spécial qui nous permettait de communiquer entre nous. C'est beaucoup plus facile d'entendre l'autre parler si on ne respire pas. Mais, comme on ne peut retenir son souffle indéfiniment, il fallait commencer la conversation en répétant trois fois le nom de l'autre plongeur pour attirer son attention. Otter nous a montré les trajets de différents câbles d'excursion, puis nous avons pénétré dans le sas partiellement émergé d'Aquarius pour parler un peu. La sortie n'a duré que 36 minutes pour nous éviter les malaises causés par la décompression à la remontée.

Après une courte séance de débreffage, nous sommes retournés au NURC. On nous a accordé 30 minutes pour nous changer, nettoyer notre équipement et nous préparer au prochain exposé sur le casque de plongée Kirby Morgan Super-lite 17. Ce casque de fibre de verre ressemble à bien des égards aux casques portés avec les combinaisons spatiales. Il est alimenté en air par un conduit ombilical et comprend un système qui permet aux plongeurs de communiquer avec Aquarius. Aujourd'hui, au lieu de nager avec le casque Super-lite, nous avons marché au fond de l'océan avec un poids suffisant pour simuler les conditions qui règnent sur la Lune (soit un sixième de la pesanteur sur Terre). Demain, nous allons nous exercer en portant les casques.

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Le mercredi 29 mars 

Le réveil a eu lieu à 6 h 30. Nous aurons une journée chargée aujourd'hui avec la poursuite de l'entraînement à la plongée et un exercice d'orientation sous-marine sans masque! Mais, j'y reviendrai plus tard...

Après avoir pris un petit déjeuner rapide constitué d'un bol de gruau aux pommes et à la cannelle, de quelques tasses de café et d'un verre de jus d'orange, nous nous sommes consacrés à la rédaction de nos courriels et de notre journal de bord. Jusqu'à maintenant, le temps file à une vitesse folle. J'ai d'ailleurs l'impression que le temps passe plus vite que lors de ma première participation à la mission NEEMO, en octobre 2001. L'expérience que j'ai acquise au cours de NEEMO 1 m'est revenue rapidement, et un certain nombre d'exercices, comme celui où on arrête le circuit d'alimentation en air, m'étaient toujours familiers.

Les activités d'entraînement ont débuté par une séance de photo avec les membres d'équipage et l'équipe de soutien à la surface. Nous avons ensuite assisté à des séances d'information sur les masques de communication, les protocoles relatifs à la rédaction de notre journal de bord, les messages radio d'urgence, les dispositifs de signalisation et les procédures concernant l'utilisation d'un filin d'exploration, procédures permettant à un plongeur perdu de trouver une ligne d'excursion et de revenir à l'habitacle. Nous sommes ensuite sortis à l'extérieur pour mettre en pratique ces procédures et apprendre comment gonfler une bouée de signalisation en surface qui serait déployée en surface, en cas d'urgence.

La séance d'information s'est terminée à 11 h 15, mais nous n'avons pas eu le temps de manger. Nous avons grignoté rapidement une collation pendant que nous préparions notre équipement de plongée en vue de notre départ du quai, prévu à 11 h 45. Le vent et les vagues se sont atténués aujourd'hui par rapport à hier. En route vers le laboratoire Aquarius, nous avons tout de même été ballottés par des vagues de 0,5 à 1 mètre de hauteur.

Nous avons tous très hâte d'entrer dans le laboratoire à partir duquel nous pourrons plonger aussi facilement que si nous sortions de la porte avant de notre maison. Lorsque nous plongeons à partir d'Aquarius, il nous suffit de descendre quelques marches dans un sas partiellement immergé, d'enfiler notre équipement et de plonger! Ce sas est un peu comme un seau remplit d'air que l'on aurait inversé sous l'eau. La pression de l'air se trouvant à l'intérieur est la même que celle de l'eau, ce qui empêche l'eau d'y pénétrer.

Lors de la première plongée de l'après-midi, il fallait se servir d'un filin d'exploration pour retrouver une ligne d'excursion et regagner l'habitat, technique que nous avons apprise un peu plus tôt. Or, nous avons dû faire nos recherches sans masque de plongée! La descente au site d'entraînement a été plutôt facile étant donné que le courant avait quelque peu diminué depuis la veille.

Ross, l'un des instructeurs du NURC et un collègue technicien, nous a fait intentionnellement tourner sur nous-mêmes, Nicole et moi, afin de nous désorienter. Il a d'ailleurs fait un travail remarquable! Nous avons travaillé en équipe et avons attaché notre filin d'exploration sur un morceau de corail. Ce dernier est alors devenu le centre de notre spirale de recherche. Toutefois, avant même que nous commencions nos recherches, il a retiré nos masques, ce qui a diminué considérablement notre vision.

La vue brouillée, Nicole et moi avons donc entrepris de dérouler le filin d'exploration et de commencer la recherche. Nous avons décrit un arc de cercle complet, sans succès. L'eau salée nous irritait les yeux. N'abandonnant pas, nous avons repris nos recherches et, aux trois quarts de notre deuxième boucle, nous avons finalement trouvé la ligne d'excursion. Nous avons ensuite dû choisir la direction qui, selon nous, nous mènerait jusqu'au laboratoire Aquarius. Nous nous sommes entendus sur une direction et avons entrepris notre retour à la nage, jusqu'à la jonction d'une autre ligne d'excursion. Après avoir pointé dans la bonne direction, Ross nous a redonné nos masques. Ah! Quel soulagement! Après avoir vidé l'eau de mon masque, ma vision était encore un peu trouble en raison de l'irritation causée par l'eau salée.

Nous avons ensuite effectué quelques exercices additionnels de fermeture du circuit d'alimentation en air et d'épuisement de nos réserves d'oxygène. Une fois l'exercice de plongée d'une durée de 50 minutes terminé, Ross et Otter ont pu remonter à la surface et changer de bouteille d'air, étant donné que leurs réserves en air étaient moins importantes que les nôtres. Une fois à la surface, nous avons pu profiter d'une petite pause de dix minutes au cours de laquelle nous nous sommes exercés à la respiration de sauvetage, avant de replonger sous les eaux.

De retour au fond de l'océan, Ross nous a demandé, à Nicole et à moi, de faire des passages d'embout et de nous partager un seul régulateur de débit d'air pendant que nous nagions. Conformément aux objectifs de formation, nous avons effectué cet exercice sans masque de plongée. Nous avons donc suivi la ligne d'excursion jusqu'à l'habitat, en retenant notre souffle à tour de rôle et en respirant à l'aide de l'unique régulateur. Ross a semblé satisfait de notre technique et nous a récompensé en nous faisant faire d'autres exercices d'arrêt du circuit d'alimentation en air, sans masque!

Pour les quinze dernières minutes de la plongée, nous nous sommes exercés à déployer les bouées de signalisation, en prenant garde de ne pas nous emmêler dans le câblage et nous faire entraîner jusqu'à la surface par inadvertance. Nous avons tous réussi à atteindre les objectifs de la formation. Nous sommes ensuite montés à bord d'un bateau et avons fait le bilan de la journée en route vers la rive.

Une fois de retour au NURC, nous disposions de 45 minutes pour nettoyer notre équipement de plongée et nous préparer à analyser les résultats d'essai au banc de notre matériel expérimental. À la fin de notre journée, soit à 19 h, nous étions tous très fatigués! Après avoir soupé, téléphoné à nos proches et lu d'autres courriels, nous nous sommes couchés à 22 h. Demain, nous nous entraînerons à nouveau à la plongée, mais cette fois avec des masques de communication, ce qui nous permettra de parler entre nous. Ce devrait être amusant!

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Le lundi 27 mars

Nous ajustant au nouveau fuseau horaire, nous nous sommes réveillés à 6 h 30 ce matin. La présentation de tout le personnel du NURC, de l'équipe de surface et de l'équipage a eu lieu immédiatement après le petit déjeuner. À l'instar des vols spatiaux, une solide structure de soutien est nécessaire à la réalisation de cette mission, et nous sommes donc reconnaissants envers tous ceux qui déploient des efforts considérables pour nous appuyer.

Le premier entraînement de plongée a commencé après les présentations, lorsque Ross Hein a passé en revue l'équipement que nous utiliserons au cours de la mission. Puisqu'en plongée de saturation, il n'est pas possible de remonter à la surface comme on le ferait en plongée autonome normale, l'équipement comporte un certain nombre de dispositifs de sécurité importants.

Sur le dos, nous portons deux bouteilles en aluminium de près de trois mètres cubes (plus grosses que celles utilisées en plongée autonome normale), qui sont dotées d'ailes gonflables pour nous permettre de maintenir une flottabilité neutre dans l'eau. Même si nous portons une combinaison isothermique de six millimètres d'épaisseur, nous n'avons pas besoin d'une ceinture lestée étant donné que les deux bouteilles pèsent ensemble près de 68 kilogrammes. Elles sont reliées par un collecteur commun amenant l'air que nous respirons, et peuvent être isolées l'une de l'autre lorsqu'il y a une fuite. Nous disposons de deux détendeurs en cas de défaillance de l'un d'eux, et nous pouvons isoler le point d'attache du détendeur au réservoir advenant une fuite du détendeur. L'équipe du NURC a fait un travail formidable en mettant au point ce système qui assure notre sécurité.

La séance de breffage a été suivie du test de natation : il fallait nager 365 mètres en 12 minutes, puis une autre vingtaine de mètres sous l'eau. Nous nous sommes exercés à la respiration artificielle dans l'eau et avons dû nager debout pendant 10 minutes. Le vent était frais et nous nous sommes empressés de recommencer à nous entraîner à mettre notre équipement de plongée et à faire des exercices de simulation d'urgence.

Une fois le déjeuner terminé, nous avons pris place à bord d'un bateau du NURC, le Research Diver, qui nous a amenés dans la zone d'entraînement près de l'habitat. Le trajet de 30 minutes s'est bien passé, au milieu de vagues d'un demi-mètre qui nous faisaient rebondir. Nous avons vu des dauphins qui ont commencé à nous suivre et à sauter dans les vagues. Quelle façon agréable de commencer la mission!

Après avoir revêtu notre équipement à bord du bateau bercé par la mer, nous nous sommes jetés à l'eau pour entamer notre première plongée d'entraînement de la mission. Nous avons nagé dans l'eau turquoise et claire jusqu'au fond, où nous nous sommes installés pour tester notre aptitude à enlever nos masques, à respirer à deux en partageant notre air, à maintenir une flottabilité neutre et à exécuter les exercices d'isolement que nous avions faits plus tôt dans la matinée. Nous avons fait l'aller-retour entre le secteur d'entraînement et l'habitat en suivant les lignes d'excursion et nous avons pu voir des homards, des anguilles, des aigles de mer ainsi que d'autres poissons. Au terme d'une plongée de 50 minutes, qui a pris fin trop rapidement, nous sommes rentrés, tout excités par la perspective des deux plongées de demain.

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Le dimanche 26 mars

C'était aujourd'hui le premier jour de notre dernière semaine d'entraînement avant la mission. Les membres de l'équipage sont arrivés de Houston et de Cincinnati samedi soir, et nous sommes allés faire le marché pour les premiers jours de l'entraînement. Nous logeons dans un condo au National Undersea Research Center (NURC), et les installations sont d'excellente qualité. Le NURC, qui est affilié à l'Université de la Caroline du Nord à Wilmington (UNCW), s'occupe de la gestion de l'habitat sous-marin Aquarius.

L'équipage s'est réveillé à 7 h et a consacré une heure au petit déjeuner, aux courriels et à la préparation à l'entraînement. Celui-ci a commencé à 8 h. Tim, Ron, Nicole et moi avons passé deux heures à examiner l'expérience CMAS 3 Ortho, qui sert à évaluer si des médecins et des gens sans formation médicale sont en mesure, sous la direction d'un spécialiste éloigné (télémentorat), de gérer des fractures de la jambe inférieure. Au lieu d'un plâtre, l'équipage utilisera un dispositif de fixation externe, similaire à un ensemble K'Nex, pour immobiliser les os fracturés.

Nous nous sommes ensuite répartis en deux groupes : Ron et moi avons appris à préparer le robot chirurgical, et Tim et Nicole se sont familiarisés à l'utilisation d'un appareil à ultrasons servant à détecter des blessures simulées dans le genou. Puis, nous avons permuté les rôles et avons terminé la matinée en prenant un déjeuner mexicain.

Après cela, l'équipage s'est réuni pour apprendre à manipuler des petits robots équipés de caméras et pouvant être insérés dans l'abdomen pour aider les chirurgiens à voir ce qu'ils font lorsqu'ils procèdent à des micromanipulations chirurgicales! Pour finir la journée, nous avons reçu de l'information concernant le rover télécommandé que nous conduirons sur le fond marin pour récupérer des spécimens simulés de roche lunaire.

La journée de demain promet d'être passionnante puisque nous entamerons notre entraînement à la plongée autonome avec l'équipement que nous utiliserons comme océanautes au cours de la mission.

Je vous souhaite une excellente journée!