Station spatiale internationale : la science au-delà des frontières

La Station spatiale internationale (ISS) est un laboratoire très occupé où se déroule une panoplie d'expériences scientifiques et de démonstrations de technologies de pointe, dont certaines sont proposées par des chercheurs canadiens. Chris Hadfield jouera un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de ces projets lors de la mission Expedition 34/35.

L'équipage en rotation de la station est chargé de mener à bien, simultanément, une liste en constante évolution de 200 expériences mises sur pied par des chercheurs de plus de 30 pays différents.

Plusieurs des études qui y sont menées portent sur la santé des astronautes, dont le corps doit s'adapter à l'impesanteur, et donnent des résultats qui permettent d'améliorer les soins de santé sur Terre.

« Nous faisons de la recherche en physique fondamentale et comparons nos résultats à ce qui se fait dans les laboratoires partout dans le monde », souligne Chris Hadfield. « Comprendre comment fonctionne le corps humain profitera à tous. »

D'autres expériences sont axées sur la Terre et l'environnement, ou sur les technologies de pointe qui permettront l'exploration future de l'espace lointain par l'être humain.

En 2004, le complexe orbital en expansion, qui ne pouvait alors accueillir que deux ou trois astronautes, ne permettait de mener que 26 expériences à la fois. En 2010, moins de 100 pouvaient être réalisées en même temps. En 2012, ce nombre a presque doublé, ce qui représente une augmentation extrêmement encourageante.

Cette formidable croissance du programme scientifique est en grande partie attribuable au travail de Chris Hadfield et de ses coéquipiers.

Au cours de sa mission, Chris Hadfield sera responsable des opérations menées dans le module européen Columbus et le laboratoire japonais Kibo, en plus de superviser les expériences canadiennes.

Les expériences du programme scientifique et technologique plurinational de la station touchent les domaines suivants : la biologie et la biotechnologie, les sciences de la Terre et de l'espace, l'humain et les sciences physiques, les essais technologiques et l'éducation.

L'une des plus récentes expériences, une initiative de la NASA, se penchera sur les effets des retards qui touchent la transmission des communications entre les astronautes et leurs équipes de contrôle de mission. La communauté spatiale se prépare à effectuer des missions vers des astéroïdes éloignés et vers Mars, et elle doit s'attendre à ce qu'il se passe de longues minutes avant que les communications en provenance de l'engin spatial n'atteignent la Terre et qu'une réponse n'y soit renvoyée. Cela laisse présager de véritables changements dans la façon dont seront menées les futures missions spatiales, alors que les équipages de vol seront contraints à prendre davantage de décisions par eux-mêmes.

De nouvelles expériences médicales sont également prévues. Certaines d'entre elles seront axées sur les troubles de la vue à long terme dont souffrent certains des astronautes ayant passé plusieurs mois en impesanteur. Les médecins de vol ont élaboré des tests d'acuité visuelle plus poussés en vue de remédier à ce problème.

Les symptômes ayant été établis, les chercheurs sont maintenant prêts à mettre au point des mesures de prévention. Des chercheurs américains et canadiens entreprendront aussi de nouvelles expériences sur la réponse du système cardiovasculaire de l'être humain à l'absence de gravité, notamment sur le plan de la tension artérielle.

Ces initiatives mettent en lumière une autre des nouvelles réalités qui touchent les activités scientifiques et technologiques menées à bord de la station spatiale, soit la collaboration entre les scientifiques issus de différents pays et la volonté des astronautes à participer aux projets mis sur pied par des pays autres que le leur.

« De façon globale, c'est un choix très judicieux. Il serait inutile que les différentes agences répètent les mêmes expériences, alors que nous pouvons tous mettre nos résultats en commun », déclare Chris Hadfield.

Bob Thirsk tenant dans ses mains des saules canadiens cultivés dans l'espace dans le cadre de l'expérience APEX-Cambium, lors de la mission Expedition 20/21. (Source : NASA)

L'astronaute de la NASA Catherine Coleman prend une photo du matériel BCAT-5 installé dans le module japonais Kibo. L'expérience canadienne BCAT-C1 est la suite de la participation du Canada à BCAT-5, une expérience parrainée par la NASA qui a été menée en 2009 2010. Il est prévu que Chris Hadfield réalise une partie de l'expérience BCAT-C1 pendant sa prochaine mission. (Source : NASA)

L'astronaute canadien Bob Thirsk en train de réaliser l'expérience canadienne BISE (Bodies in the Space Environment), qui vise à étudier comment les astronautes perçoivent le haut et le bas dans un milieu d'impesanteur.
(Source : NASA)