Hadfield prêt à marcher dans l'espace

Une expérience hors du commun

Chris Hadfield tend la main pour saisir une rampe imaginaire lors d'une EVA virtuelle au Centre spatial Johnson de la NASA à Houston, au Texas. (Source : NASA)

Centre de contrôle de mission du NBL de la NASA, assumant le rôle de membre de l'équipage intravéhiculaire, pendant que son collègue Chris Hadfield s'entraîne aux EVA, sous l'eau (à l'écran). Le rôle de l'équipage intravéhiculaire est de soutenir les astronautes et de les accompagner pendant les procédures lors d'EVA. (Source : NASA)

Chris Hadfield à l'occasion d'une formation portant sur les combinaisons spatiales Orlan en compagnie de ses coéquipiers d'Expedition 33/34, les cosmonautes Oleg Novitsky et Evgeni Tarelkin, à la Cité des Étoiles, en Russie. (Source : Agence spatiale canadienne)

En arrivant à la Station spatiale internationale (ISS), Chris Hadfield était prêt à effectuer toute une gamme de sorties extravéhiculaires (EVA), ou marches spatiales, visant à réaliser divers travaux à l'extérieur du laboratoire orbital. Ces activités ont pour but de s'assurer que la station demeure sécuritaire pour ses six astronautes, et productive pour le nombre grandissant d'expériences scientifiques qui y sont menées. Le vétéran, qui en sera à son troisième séjour dans l'espace, est également entraîné à réparer toute défaillance externe majeure susceptible de compromettre l'avenir du complexe orbital.

« Les risques sont élevés. Cette expérience se compare à la chirurgie la plus compliquée que puisse réaliser un chirurgien. C'est également une expérience extraordinaire sur le plan personnel. Il est très émouvant, pour un être humain, de pouvoir admirer la Terre, la station et l'Univers d'un seul coup d'œil », confie Chris Hadfield, en se remémorant les difficultés et les moments agréables de ses précédentes sorties dans l'espace.

La liste des marches spatiales en tandem que Hadfield et ses coéquipiers pourraient avoir à effectuer sur le segment américain de la station comprend notamment le remplacement d'un boîtier électronique de commutation appelé MBSU (pour Main Bus Switching Unit) qui est en panne, le déploiement de câbles d'alimentation et de données en vue de l'arrivée d'un nouveau module scientifique russe, et l'installation de barres de préhension sur deux des panneaux de radiation du système de refroidissement.

« Nous avons été formés pour effectuer toutes ces tâches. Nous possédons des connaissances très approfondies », affirme Chris Hadfield, qui pourrait faire équipe avec n'importe lequel des astronautes de la NASA parmi Kevin Ford, Chris Cassidy et Tom Marshburn. « Mais rien n'est définitif. Nous ferons ce que dictera le programme. »

L'horaire des travaux dépend de la fiabilité à long terme du MBSU, qui a subi une panne partielle à la fin de 2011, et de la date de lancement du laboratoire russe. Il dépend également de la fréquence des missions commerciales américaines d'approvisionnement dont les premiers vols transportaient du matériel destiné aux EVA.

Pour être admissibles aux EVA, les membres d'équipage de la station doivent s'entraîner afin d'acquérir des compétences de base qui pourraient être essentielles à la réalisation de diverses tâches. Il s'agit notamment de préserver le laboratoire de défaillances graves touchant des éléments vitaux tels que l'énergie solaire, les systèmes de thermorégulation et de survie, les réseaux informatiques et l'équipement de communication et de navigation. Les gestionnaires de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) tiennent une liste d'une douzaine de composantes externes (désignées en anglais « the Big 12 ») dont le bris forcerait les astronautes à interrompre leurs activités scientifiques et à planifier, en collaboration avec le centre de contrôle, l'exécution de travaux de réparation dans un délai d'une à deux semaines. La défaillance de l'une ou l'autre de ces composantes pouvant entraîner la perte de la station, les enjeux sont très élevés.

Il existe deux sites d'entraînement pour les EVA. Les deux sites sont pourvus d'une vaste piscine dont la poussée de l'eau simule l'impesanteur. Le laboratoire de flottabilité nulle (NBL) de la NASA est situé près du Centre spatial Johnson à Houston. Le bassin mesure 63 mètres de long et contient plus de 23 millions de litres d'eau, ce qui est suffisant pour pouvoir y submerger des modèles grandeur réelle de l'équipement qui sera utilisé par les astronautes dans le cadre de EVA. Les cosmonautes s'entraînent dans un laboratoire plus petit, l'Hydrolab, situé au Centre d'entraînement des cosmonautes Yuri Gagarine à la Cité des Étoiles, près de Moscou.

La combinaison spatiale américaine est appelée EMU, alors que la combinaison russe porte le nom d'Orlan. Les deux vêtements, qui sont très volumineux, protègent contre les menaces mortelles que constituent le vide spatial, le rayonnement solaire et cosmique, l'impact de minuscules météoroïdes et les variations de température extrêmes auxquelles est exposée la station lorsqu'elle passe de la lumière du Soleil à l'obscurité.

La station est équipée de sas américains et de sas russes.

Une fois sortis, les astronautes s'ancrent à la surface externe de la station spatiale à l'aide de câbles afin de ne pas être emportés au loin. La combinaison de la NASA est également munie du SAFER, un système propulsif permettant aux astronautes de revenir vers l'ISS s'ils s'en éloignent.

S'il est appelé à réaliser une EVA pendant la mission Expedition 34/35, Hadfield en sera à sa troisième sortie, puisqu'il en a déjà effectué deux lors de l'installation du Canadarm2 sur l'ISS en 2001.