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Survol de la mission

Le Canada à la découverte de nouveaux horizons

Depuis le lancement par la Russie de Spoutnik, premier satellite artificiel de la Terre, en 1957, les pays explorent de nouveaux horizons spatiaux. Au printemps 2009, le Canada associera technologie de pointe, recherche scientifique d'avant-garde et collaboration internationale à l'intérêt passionné d'un astronaute hautement qualifié pour repousser à nouveau les limites de l'exploration spatiale et de la découverte scientifique.

Fusée russe Soyouz

Une fusée russe Soyouz lancée à partir du cosmodrome de Baïkonour. (Photo : ASC)

Le 27 mai 2009, l'astronaute canadien Robert (Bob) Thirsk s'envolera à bord d'un véhicule russe Soyouz de Baïkonour, au Kazakhstan, pour entreprendre un séjour sans précédent de six mois à bord de la Station spatiale internationale. Travaillant de concert avec la NASA (É.-U.), l'Agence spatiale Roscosmos (Russie), l'ESA (Europe) et l'Agence spatiale JAXA (Japon), le Dr Bob Thirsk et l'Agence spatiale canadienne (ASC) auront la possibilité de mettre en évidence les percées de la technologie canadienne et d'effectuer de précieuses recherches expérimentales pour le compte de scientifiques canadiens et internationaux. Ils feront connaître plus que jamais auparavant l'expérience spatiale aux Canadiens.

Poser les jalons

La mission Expedition 20/21 établira une série de points de référence prometteurs pour le programme spatial canadien. Le Dr Thirsk sera le premier astronaute canadien à passer plusieurs mois d'affilée à bord de la Station spatiale internationale - une étape importante pour le programme de vols habités du Canada. Les missions précédentes n'ont jamais duré plus de 18 jours, mais le Dr Thirsk vivra et travaillera dans l'ISS pendant six mois. Il sera également le premier astronaute canadien à voyager à bord d'un véhicule russe Soyouz.

Sur la scène mondiale, cette mission représentera un progrès important sur le plan de la collaboration scientifique à bord de l'ISS. Conçue à l'origine pour loger six astronautes, l'ISS a servi, jusqu'à maintenant, de résidence permanente à un équipage de trois personnes au plus. Avec la mission Expedition 20/21, l'ISS réalisera pour la première fois son plein potentiel : six astronautes vivront et collaboreront dans ce qui est le plus grand laboratoire scientifique en microgravité jamais construit.

L'astronaute canadien Bob Thirsk s'entraînant à bord d'un simulateur de capsule Soyouz.

L'astronaute canadien Bob Thirsk s'entraînant à bord d'un simulateur de capsule Soyouz. (Photo: ASC)

Ainsi, les six personnes composant l'équipage international – un Canadien, deux Américains, deux Russes et un Européen – auront plus de temps que tout autre astronaute avant eux pour réaliser des expériences scientifiques dans un environnement d'impesanteur unique. Ces expériences fourniront de précieuses informations aux scientifiques du monde entier et profiteront aux Canadiens ainsi qu'à la communauté internationale.

Robert (Bob) Thirsk

Le Dr Thirsk au centre d'entraînement robotique de l'ASC. (Photo : ASC)

Robert (Bob) Thirsk : astronaute, scientifique et pionnier

Au cours de la mission Expedition 20/21, le Dr Robert (Bob) Thirsk aura de nombreuses responsabilités. En plus d'être médecin de bord, le Dr Thirsk agira à titre de spécialiste de mission en ce qui concerne le module d'expérimentation embarqué Kibo du Japon. Il sera également spécialiste en robotique et actionnera le Canadarm2, la contribution canadienne de marque à la Station spatiale internationale. Enfin, les expériences scientifiques menées par le Dr Thirsk et la mise en valeur des nouvelles technologies canadiennes contribueront à l'enrichissement des connaissances, tant au Canada que dans le monde entier.

Des expériences scientifiques inédites

La mission Expedition 20/21 diffère notamment de toutes les autres missions de longue durée par l'ampleur et la portée des expériences qui seront effectuées à bord de l'ISS. Le Dr Thirsk fera au moins sept expériences canadiennes, dont l'une appuie un projet de recherche étudiant. Les résultats de chacune de ces expériences auront d'importantes incidences sur les vols spatiaux et la vie des Canadiens, ici sur Terre.

En résumé :

Le projet Contrôle cardiovasculaire et cérébrovasculaire au retour de l'ISS (CCISS)

  • CCISS est une étude en cours qui examine les effets de l'impesanteur sur le corps humain. Puisque l'expérience porte particulièrement sur la variation de pression, le Dr Thirsk devra surveiller sa tension artérielle, sa fréquence cardiaque et d'autres éléments de l'appareil cardiovasculaire. Les résultats pourraient être appliqués aux personnes âgées qui ont des étourdissements et s'évanouissent ou qui sont atteintes d'une maladie du cœur attribuable à un mode de vie sédentaire.

Étude BISE (Corps dans l'espace)

  • BISE portera sur les indices visuels et corporels qui aident les astronautes à percevoir le haut et le bas dans un environnement de quasi-impesanteur. Les résultats seront comparés aux données recueillies sur la Terre, et ils pourront être utiles dans le traitement des troubles d'équilibre et de contrôle des mouvements.

Projet APEX (Expérience avancée sur les plantes en orbite) – Cambium

  • APEX-Cambium examine les effets de la gravité sur le type de bois produit par des arbres en croissance, ce qui peut avoir des incidences importantes pour les processus de fabrication utilisés par l'industrie des produits du bois.

Test de croissance d'alliages binaires à partir de particules colloïdales en suspension (BCAT-5)

L'expérience BCAT-3 à bord de l'ISS. L'installation de BCAT-5 sera très similaire.

L'expérience BCAT-3 à bord de l'ISS. L'installation de BCAT-5 sera très similaire.
  • BCAT-5 étudiera les propriétés physiques de mélanges colloïdaux raffinés en l'absence de la gravité terrestre. Les résultats pourraient mener à l'amélioration de procédés de fabrication et à la création de nouveaux matériaux.

Projet SODI (Instrument de diagnostic optique réglable) – IVIDIL

  • Le projet SODI – IVIDIL examine divers types de diffusion dans un environnement de quasi-impesanteur, une étude qui pourrait avoir diverses applications concernant la récupération du pétrole, le traitement des matériaux, le transport biologique et les courants océaniques, qui sont tous régis par le processus de diffusion.

Expérience sur la convection de Marangoni dans l'espace (MEIS-2)

  • MEIS-2 se sert de la quasi-impesanteur de la Station spatiale internationale pour appliquer aux ponts liquides la convection de tension superficielle, sans l'influence des effets perturbateurs des phénomènes produits par la gravité dans la création des cristaux. Puisque les ponts liquides contribuent à la fabrication des cristaux semi-conducteurs, les résultats de cette expérience pourraient avoir des conséquences importantes sur la conception et la fabrication des microprocesseurs et d'autres composants électroniques.

IRIS (Inversion d'images dans l'espace)

  • IRIS est un projet éducatif conçu par des étudiants de l'Université internationale de l'espace, qui vise à étudier les effets de la microgravité sur la perception humaine des objets en 2D et 3D. Le projet et le logiciel connexe ont été conçus par un groupe multidisciplinaire d'étudiants qui ont pu ainsi acquérir une expérience précieuse pendant qu'ils se préparent à une carrière dans le domaine spatial.

À l'avant-garde de la technologie canadienne

Bob Thirsk en entraînement sur le simulateur robotique situé à l'ASC de Saint-Hubert, Québec. (Photo : ASC)

Bob Thirsk en entraînement sur le simulateur robotique situé à l'ASC de Saint-Hubert, Québec. (Photo : ASC)

À titre de spécialiste en robotique de la mission Expedition 20/21, le Dr Thirsk possède les compétences nécessaires pour utiliser, dans le cadre des activités courantes d'assemblage et d'entretien de l'ISS, les deux imposants systèmes robotiques qui témoignent du leadership canadien en robotique et en technologie spatiale.

Le Dr Thirsk commandera le Canadarm2, un bras robotique d'une longueur de 17 mètres disposant de sept degrés de liberté. L'utilisation du Canadarm2 et de sa base mobile a été indispensable dans chacune des missions d'assemblage et d'entretien de l'ISS depuis l'installation du bras canadien sur la station. Durant cette mission Expedition, le Dr Thirsk et ses coéquipiers effectueront l'une des tâches les plus difficiles qui soient. Le Canadarm2 servira à saisir pour la première fois un véhicule autonome en orbite, le véhicule de transfert autonome H-II du Japon, transportant des fournitures et des provisions pour l'équipage.

Cette mission Expedition servira également à préparer la première manipulation de charge lourde tandis que Dextre, le robot à deux bras, effectuera une tâche d'entretien de l'ISS. Même si Dextre sera commandé par des contrôleurs au sol, le Dr Thirsk et ses coéquipiers seront prêts à intervenir.

Outre les activités d'entretien de l'ISS, le Dr Thirsk fera une démonstration appelée Avatar pour le compte de l'ASC. Cette démonstration mettra à contribution des technologies clés permettant de commander des robots d'exploration au sol à partir de véhicules en orbite. Depuis l'ISS, le Dr Thirsk commandera un rover au sol qui se déplacera sur la parcelle de terrain aménagée à l'ASC et reproduisant la surface de Mars. Le Dr Thirsk effectuera des tests de navigation et mettra à l'essai l'autonomie du rover, comme le feraient des astronautes en orbite autour de Mars et qui commanderaient un rover à la surface de la planète rouge pour explorer le sol avant leur atterrissage.

Relier les Canadiens et l'espace

Bob Thirsk, accompagné de son fils Elliot, invite les Canadiens à participer au défi En forme pour l'espace

Bob Thirsk, accompagné de son fils Elliot, invite les Canadiens à participer au défi « En forme pour l'espace ».

Bien que la mission Expedition 20/21 se déroule à bord de l'ISS et qu'elle mette à contribution beaucoup de gens au sol, cette mission est importante et pertinente pour tous les Canadiens. Tandis que le Dr Thirsk remplira sa mission à bord de l'ISS, les Canadiens sur Terre auront l'occasion de s'initier davantage au Programme spatial canadien.

Dans le cadre de cette mission de longue durée, les Canadiens pourront interagir avec le Dr Thirsk au moyen de photographies, de communications hebdomadaires et directes en liaison descendante et d'événements médiatiques. Ils pourront également observer ce que fera le Dr Thirsk, par le biais de balados, de capsules sur les expériences faites en vol et d'autres nouveautés multimédias. De plus, le Dr Thirsk lancera le défi « En forme pour l'espace » et il diffusera, en diverses occasions spéciales, un message personnel à la population canadienne, à partir de l'ISS.

Sur le plan éducatif, les missions d'exploration spatiale mobilisent les jeunes élèves et les étudiants plus âgés en les encourageant à poursuivre leurs études et à choisir une carrière en science et en génie. Du matériel pédagogique – CD, DVD et balados sur les notions scientifiques qui sont à la base des missions – est offert aux enseignants des niveaux primaire et secondaire. Les jeunes de 9 à 16 pourront également enrichir leurs connaissances sur la santé et la nutrition en participant à un concours pour lequel ils devront élaborer un menu axé sur les besoins nutritionnels des astronautes appelés à faire des vols spatiaux de longue durée. Des programmes éducatifs, notamment Tomatosphère, expliquent aux enfants le processus scientifique et leur donnent l'occasion d'y prendre part. Par ailleurs, des initiatives, comme IRIS, permettent aux étudiants universitaires de contribuer directement au Programme spatial canadien, tout en enrichissant leurs études et en augmentant leurs perspectives de carrière.