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Nouvelles archivées

30 novembre 2009

Retour sur Terre

Mes six mois à bord de la Station spatiale internationale ont passé à la vitesse de l'éclair. Si on m'avait demandé d'y rester encore quelque temps, j'aurais pu le faire et continuer de bien travailler. Mais je commence à ressentir une certaine fatigue que même les fins de semaine, ni une bonne nuit de sommeil ne peuvent effacer. Le moment est venu pour moi de rentrer à la maison.

La deuxième moitié de cette expédition a été tout aussi emballante que la première. Nos activités de septembre et d'octobre ont principalement porté sur le HTV, ce fantastique véhicule cargo japonais. C'est le matin du 17 septembre que nous avons aperçu le HTV pour la première fois. On aurait dit une pierre précieuse bleue et or, posée sur le bleu de l'océan en toile de fond. C'était très inspirant. Une fois le HTV arrivé à la station, nous nous sommes tout de suite mis à la tâche. Nicole Stott, aux commandes du Canadarm2, a saisi l'immense vaisseau cargo en vol libre à dix mètres de la station. Je me suis ensuite chargé de fixer le HTV à un port d'amarrage situé sur la face inférieure de la station.

Quelques jours plus tard, à l'aide de notre bras robotique canadien, Nicole et moi avons retiré une grande palette du véhicule HTV. Puis, dans une manœuvre chorégraphiée au quart de tour, nous l'avons transférée à Frank De Winne et au bras robotique japonais, qui l'ont installée sur le laboratoire Kibo.

Après le départ du HTV, nous avons amarré un nouveau module russe à la station. Puis, la semaine dernière, la navette Atlantis et son équipage ont passé une semaine bien remplie avec nous. Cette expédition riche en action se termine en grand!

Au cours des derniers mois, nous avons poursuivi nos activités d'entretien et de réparation. Le système de survie de la station nous a tenus bien occupés. Il y avait toujours quelque chose à réparer. Par exemple, notre dernier problème se rapporte au système de traitement de l'urine. Il est défectueux. C'est le système qui recycle notre urine en eau pure et potable. Nous avons déterminé qu'il faut faire venir de la Terre une pièce de rechange avant de reprendre nos travaux de réparation.

L'aspect le plus gratifiant de mon expérience à bord de la station a été sans contredit la recherche scientifique. L'une des dernières expériences à laquelle j'ai travaillé parvient de l'Université Simon Fraser. Il s'agit d'une étude en génie des colloïdes désignée BCAT-5. Les colloïdes sont de minuscules particules en suspension dans un liquide, comme de la peinture, de l'encre ou encore du lait. L'expérience BCAT-5 vise l'étude des effets de la séparation en phases sur la croissance des cristaux. Les résultats que nous en tirerons pourraient nous permettre de prolonger la durée de conservation de certains produits et de raffiner les techniques de production du plastique.

J'ai également mis en place une expérience très intéressante en biologie végétale conçue par l'Université du Nouveau-Brunswick. On m'a demandé de plier en boucle des tiges de jeunes saules, de manière à favoriser l'étude des processus fondamentaux selon lesquels les plantes produisent de la cellulose et de la lignine, les deux principaux matériaux de structure produits par les arbres.

Durant les moments plus calmes, j'ai eu le temps de réfléchir à certains aspects qui me tiennent à cœur. Aujourd'hui, je suis convaincu, plus que jamais, que l'exploration, l'innovation et les études supérieures sont des valeurs que notre nation doit continuer de véhiculer. L'acquisition de nouvelles compétences est essentielle à la poursuite de nos rêves personnels et de nos objectifs collectifs.

J'ai aussi réfléchi aux avantages du travail d'équipe et de la coopération internationale. Les divers centres de contrôle de mission de partout au monde ont très bien collaboré entre eux et avec mon équipage. Malgré l'énorme distance qui nous sépare, nous avons travaillé comme une seule et même entité.

Le 1er décembre, je reviendrai sur Terre avec deux de mes collègues astronautes. Après la mise à feu de son moteur principal, notre capsule Soyouz traversera l'atmosphère comme un bolide en feu, puis atterrira sous parachutes dans les steppes du Kazakhstan. Plus tard ce jour-là, je rejoindrai ma femme et mes trois enfants à Moscou. J'attends ce moment avec impatience. La chose la plus importante après cette réunion remplie d'émotions sera de prendre une longue douche chaude (bien que mes enfants m'aient suggéré de le faire avant de les retrouver!). J'ai aussi très hâte de sentir les doux rayons du soleil sur mon visage et de me faire faire enfin une bonne coupe de cheveux.

Ma réadaptation à la pesanteur se fera lentement et graduellement. Je pense qu'il faudra compter plusieurs semaines avant que mes muscles, mon cœur et mon sens de l'équilibre redeviennent comme ils étaient avant mon vol. De nombreux mois s'écouleront avant que mon ossature se remette du phénomène de la déminéralisation.

Au terme de mon aventure à bord de la station, je ressens un sentiment à la fois doux et amer. Les défis que représente la vie dans l'espace me manqueront. Au cours de cette expédition, chaque jour apportait son lot de tâches qui m'ont permis de pousser mes capacités au maximum. Mais par-dessus tout, ce sont mes collègues astronautes qui vont me manquer. Il y avait entre nous une incroyable synergie.

Je suis fier d'avoir contribué à l'établissement de la Station spatiale internationale en tant que laboratoire capable d'accueillir six personnes. La station est entièrement opérationnelle et elle vient d'entrer dans une ère glorieuse. Elle héberge une vaste gamme d'expériences scientifiques inédites qui ne peuvent être réalisées sur Terre.

Maintenant que les objectifs de notre expédition sont atteints, je ressens une profonde satisfaction. Je tiens à remercier l'Agence spatiale canadienne de la confiance qu'elle m'accorde, et ma famille de son appui indéfectible.

Enfin, merci à mes concitoyens canadiens et à mes amis étrangers qui ont suivi mon aventure. Les liens que nous avons tissés lors d’événements éducatifs, vos mots d’encouragement, vos photos et votre inlassable enthousiasme ont renforcé ma détermination. Vous m’avez inspiré à donner le meilleur de moi-même, comme l’exige cette vocation. Je vous en suis profondément reconnaissant. J’ai hâte de vous revoir au sol.

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25 septembre 2009

Photo d'un inquiétant panache de fumée, issu d'un feu contrôlé dans les montagnes près de Canmore, en Alberta

Cette photo d'un inquiétant panache de fumée, issu d'un feu contrôlé dans les montagnes près de Canmore, en Alberta, a été prise par l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Bob Thirsk qui se trouve à bord de la Station spatiale internationale. De forts vents ont poussé la fumée vers les régions de Calgary et de Cochrane, soulevant des inquiétudes parmi les citoyens. À titre de prévention, les Services de santé de l'Alberta ont émis des avis d'alerte de fumée pour les villes de Bragg Creek, Canmore, Springbank, Cochrane et Calgary. Pour plus d'information...

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15 septembre 2009

Cent jours dans l'espace

Je n'ai pas conduit de voiture depuis trois mois, mais j'ai pourtant parcouru 70 millions de kilomètres. J'ai vu le Soleil se lever et se coucher seize fois dans la même journée. J'ai siroté du café à l'aide d'une paille plongée dans un sachet, et j'ai mangé des macaronis au fromage à même un autre sachet. J'ai effectué plusieurs expériences scientifiques et médicales. J'ai accueilli chez moi des amis extraterrestres puis je les ai vus repartir. J'ai aidé à la réparation d'un cabinet de toilette, d'un épurateur-laveur pour le dioxyde de carbone et d'un générateur d'oxygène.

Ces activités font partie de la vie et du travail quotidiens à bord de la Station spatiale internationale (ISS). C'est aujourd'hui le 100e jour de la mission. Il s'est donc écoulé plus de la moitié du temps prévu pour cette expédition de six mois. En tant qu'astronaute de l'Agence spatiale canadienne, j'ai le privilège de vivre à bord de la station dans le cadre d'une expédition de longue durée. Je reste incrédule devant cette chance qui m'a été offerte.

Ces cent premiers jours ont été bien remplis. Je voudrais partager avec vous certains points forts et certains événements insolites qui sont venus ponctuer ma vie quotidienne dans l'espace.

Le début

Mon aventure à bord de l'ISS a commencé à la fin du mois du mai sur le site de lancement des fusées Soyouz à Baïkonour, au Kazakhstan. Le programme d'entraînement qui a précédé le lancement a été ardu et m'a obligé à m'absenter de chez moi durant plusieurs semaines, parfois même plusieurs mois. Je me suis réjoui que ma famille puisse se joindre à moi durant les trois derniers jours des préparatifs. Il m'a semblé que mes enfants avaient tous un peu changé depuis la dernière fois que je les avais vus. Ma femme et mes enfants sont les plus belles fleurs de mon jardin. Leur force, leur beauté et leur joie de vivre m'ont rempli d'énergie alors que je me préparais pour le départ.

Le 27 mai, j'ai rejoint notre orbite à bord du véhicule russe Soyouz en compagnie de mes coéquipiers Roman Romanenko et Frank De Winne. Le décollage a été plus doux que ce que j'avais anticipé. Je n'ai ressenti qu'une modeste secousse lorsque les étages se sont séparés et lorsque les réacteurs se sont finalement éteints à l'issue de notre ascension de neuf minutes. Après deux jours en orbite, nous avons rejoint ce qui allait être notre logis pour les six prochains mois, la Station spatiale internationale.

Je suis passé le premier en flottant dans le sas qui donne accès à la station spatiale. Je ne trouve pas les mots justes pour décrire l'exaltation que j'ai alors ressentie. Mon médecin de vol a décrit la joie qui éclairait mon visage comme symptomatique de la « zygomatite, une maladie incurable qui fait que le sourire reste affiché en permanence sur le visage ». Pénétrer à l'intérieur de la station, c'est un peu comme entrer dans une peinture de Salvador Dali. Les simulateurs terrestres ne peuvent pas reproduire ces premiers instants magiques. Et aucune préparation n'aurait pu diminuer mon exaltation lorsque j'ai aperçu les trois occupants de la station qui nous ont accueillis dans notre nouveau foyer.

Ma famille a pu suivre mon entrée dans ce nouveau monde à partir du centre de contrôle de mission à Moscou et partager ainsi mon bonheur. Ma femme Brenda m'a parlé par l'intermédiaire de la liaison téléphonique et m'a souhaité bonne chance en citant la vieille formule italienne in bocca al lupo. (littéralement...Dans la gueule du loup! - s'emploi quand on veut souhaiter bonne chance à quelqu'un qui va affronter un examen, par exemple).

Mon équipe

À bord de la station, la présence de mes cinq coéquipiers compense quelque peu le désir naturel de retrouver mes proches sur Terre. Ces gens sont merveilleux. Nous avons tous désiré ardemment faire partie de cette expédition et utiliser nos compétences pour faire avancer la science et la technologie. C'est un privilège de travailler avec de telles personnes animées de hautes aspirations et possédant des aptitudes exceptionnelles.

Gennady Padalka et Roman Romanenko viennent de Russie, Mike Barratt et Tim Kopra, des États-Unis et Frank De Winne, de Belgique. Je représente le Canada dans cette ménagerie de cultures et de langues. La portée internationale de notre expédition est exemplaire et servira de modèle pour les futures collaborations entre les nations.

Nous échangeons principalement en anglais et en russe. Parfois, nous commençons une phrase dans une langue et la finissons dans une autre. Roman a baptisé notre charabia « runglish ».

Nous reconnaissons tous combien nous sommes chanceux d'être ici. Il ne se passe pas une journée sans que l'un d'entre nous s'arrête dans son travail pour exprimer qu'il a du mal à croire que tout ceci est bien réel.

Avec l'arrivée de Roman, Frank et moi-même, l'ISS héberge désormais une équipe permanente de six astronautes. Il s'agit là d'un jalon important pour le programme. La station est dotée de suffisamment d'espace habitable ainsi que des ressources techniques et psychologiques nécessaires à l'accueil de six personnes.

Les besoins psychologiques de chaque membre de l'équipage sont satisfaits de différentes manières. Personnellement, j'apprécie les vidéoconférences hebdomadaires avec ma famille. Brenda et les enfants sont assis dans notre salon, à la maison, lorsqu'ils me parlent. À l'occasion, notre chien est de la partie, espérant probablement retrouver des genoux confortables ou obtenir quelques caresses. J'ai même aperçu des ballons dans le décor derrière ma famille il y a deux semaines, à l'occasion de mon anniversaire.

Nos familles nous ont également fait parvenir des colis remplis de gâteries, de cartes, de musique et d'objets qui pourraient nous manquer durant cette longue mission. Nos agences spatiales respectives nous mettent en liaison avec les pages Web et les balados de nos émissions préférées de radio et de télévision. Il y a plein de choses à faire en dehors de notre travail.

La routine quotidienne

Nos activités quotidiennes sont synchronisées sur le temps moyen de Greenwich. Nous nous levons à 6 h TMG et nous consacrons les deux heures qui suivent à notre hygiène personnelle, au petit déjeuner et à la préparation de notre journée de travail. Vers 8 h, nous nous retrouvons tous en équipe pour la " conférence de planification quotidienne " à laquelle participe chacun des centres de contrôle de mission de l'ISS à Houston, Huntsville, Munich, Tsukuba et Moscou.

Notre journée de travail dure habituellement dix heures et demie et comprend deux heures d'exercice et une heure pour le déjeuner. Nos mouvements en apesanteur peuvent sembler lents et posés, mais le rythme de travail est en fait rapide et nécessite une attention constante. J'apprécie particulièrement les diverses tâches axées sur l'entretien et la réparation des systèmes et des charges utiles de la station.

Les travaux de recherche représentent une part importante de nos tâches. Maintenant que l'assemblage de la station est presque terminé et qu'elle est occupée par une équipe de six astronautes, nous pouvons mener à bien un grand nombre d'études diverses dans les domaines de la biologie, de la médecine, de la physique des fluides, du traitement des matériaux et de la technologie. Rien qu'au cours de la mission Expedition 20, plus de 100 expériences et plus de 1000 heures de travail sont consacrées à la recherche. Une telle programmation est sans précédent.

Notre conférence de planification quotidienne du soir met un point final à notre journée de travail. Nous en profitons pour décrire les tâches accomplies et discuter du plan de travail pour le lendemain. Ce système nous permet de rester concentrés sur nos travaux et il favorise la disponibilité opérationnelle et la productivité de chacun. C'est un modèle de mission qui pourrait certainement être appliqué avec succès sur Terre puisqu'il met l'accent sur le travail en équipe et la discussion fréquente des processus mis en œuvre et des résultats obtenus. Je pense à des applications dans le domaine de la gestion et à des possibilités d'innovation dans le domaine de l'enseignement.

L'heure du coucher est également programmée. Nous devrions tous être dans notre sac de couchage à 21 h 30, mais nous violons habituellement le couvre-feu pour nous consacrer à nos affaires personnelles, comme la lecture et la rédaction de courriels destinés à notre famille et nos amis. Je partage des anecdotes avec Aidan, notre plus jeune fils, qui fait partie des scouts et est un campeur passionné. Pour l'instant, il préfère dormir dans un hamac en plein air plutôt que dans un sac de couchage. Je lui ai expliqué qu'un hamac ne fonctionnerait pas très bien en apesanteur puisqu'on s'en échapperait en flottant dans l'espace.

Le soir, nous préparons nos notes et nos outils pour le lendemain. La vie en orbite ressemble à la vie sur Terre. Il est difficile de mener à bien tout ce qu'on s'était fixé dans une seule journée. Mais tous les soirs, je vais au lit avec un sentiment de plénitude.

Les fins de semaine dans l'espace ressemblent à celles sur Terre. Nous rattrapons un peu de sommeil et faisons du ménage. Nous nous portons souvent volontaires pour effectuer des séries d'expériences scientifiques supplémentaires et produire des vidéos éducatives. Nous passons beaucoup de temps à regarder notre belle planète par les hublots. Je suis toujours ému d'apercevoir mon pays, le Canada, mais nous pouvons aussi voir défiler la majeure partie de la planète en une seule journée. Le relief, la couleur et la texture de chaque pays ont créé une mosaïque qui restera imprégnée dans mon esprit. Nous prenons des photos pour le plaisir mais aussi pour les scientifiques qui utiliseront les images des cratères, des ouragans et des régions préoccupantes sur le plan de l'environnement.

Plusieurs expériences canadiennes sont effectuées à bord de la station. Durant les premières semaines de notre expédition, une expérience sur la neuroperception, conçue par le Dr Lawrence Harris, de l'Université York, a produit des résultats intéressants. Des essais supplémentaires ont été demandés. Le Dr Masohiro Kawaji, de l'Université de Toronto, collabore avec l'Université nationale de Yokohama pour l'étude de la convection de Marangoni, une forme subtile d'écoulement des fluides qui ne peut pas être bien étudiée sur Terre.

D'autres charges utiles canadiennes seront livrées à la station lors des deux prochains vols de la navette. Je m'attends à participer à l'activation et à la conduite d'un grand nombre de ces expériences. J'attends avec impatience les résultats scientifiques qu'elles livreront.

J'apprécie tout particulièrement les avancées scientifiques qui se traduisent par des applications pratiques sur Terre. MacDonald Dettwiler and Associates, la compagnie qui a construit le Canadarm2 et Dextre pour la Station spatiale internationale, a par exemple formé un partenariat avec l'École de médecine de l'Université de Calgary pour développer un système de microchirurgie assistée par télérobotique, baptisé le neuroArm. Le neuroArm incorpore les technologies des systèmes de contrôle spatial et de la vision artificielle qui permettent aux chirurgiens d'effectuer des interventions neurochirurgicales microscopiques complexes.

Ce type de retombées bénéfiques valorise l'expérience humaine associée au vol spatial et stimule la soif de savoir qui remonte à notre enfance. Ma fille, Lisane, a récemment fait du bénévolat dans un orphelinat mexicain. Elle y a rencontré un jeune garçon de dix ans dont la survie défie l'entendement. La curiosité tous azimuts de cet enfant, notamment pour l'espace, et sa passion pour l'apprentissage, confirment le besoin qu'a l'homme d'explorer et de comprendre, même dans des situations difficiles. Cela me convainc encore plus fermement que les retombées de mon travail ne sont pas limitées aux pays développés, mais qu'elles bénéficient à toutes les régions du monde.

Adaptation

La portée des missions spatiales est internationale et très vaste, mais il est important pour nous, les astronautes, de rester attentifs à notre physiologie en tant que sujets des expériences médicales et pour notre propre bien-être physique. J'ai par exemple remarqué que mon apparence a légèrement changé. En apesanteur, les liquides corporels se déplacent vers la tête et il en résulte un arrondissement du visage et un amincissement des jambes. Bonus : cet arrondissement de la face a dans mon cas contribué à masquer les rides autour de mes yeux et sur mon front. Mes cheveux se dressent droit au-dessus de ma tête et je mesure quatre centimètres de plus. Lorsque je relaxe en apesanteur, mon corps adopte une position quasi fœtale. Je dois étirer régulièrement mes jambes pour empêcher mes muscles de se raidir.

Les déplacements effectués en apesanteur nécessitent si peu d'efforts qu'un grand nombre de mes muscles et de mes os sont en vacance depuis trois mois! Nous utilisons plusieurs machines de conditionnement physique à bord de la station spatiale pour rester en forme. Lorsque je cours sur le tapis roulant, je porte un harnais qui me retient sur le tapis. Le harnais exerce sur mes épaules et autour de mes hanches une force dirigée vers le bas qui équivaut à mon poids sur Terre. C'est une charge importante pour mon corps déconditionné et l'articulation de mes hanches me le fait savoir de manière très convaincante! Seule ma détermination mentale me permet de surmonter cet inconfort et d'effectuer une course d'une demi-heure. Mon fils Elliot se réjouit de l'avantage qu'il a sur moi en évoluant sur Terre et il me rappelle la diminution de ma masse musculaire chaque fois que nous comparons nos niveaux de forme physique respectifs.

Habitabilité

La Station spatiale internationale ne ressemble pas aux stations spatiales brillantes et aseptiques qui apparaissent parfois dans les films de science-fiction. Notre station fait plutôt penser à un lieu de travail. Je comprends l'agencement des câbles, des tuyaux et des ordinateurs, mais un nouveau venu serait un peu perdu.

L'ISS est une merveille de la technologie. Elle sert à la fois de laboratoire scientifique, de banc d'essai pour des études d'ingénierie, de base d'assemblage et d'atelier de réparation. Dans l'environnement agressif de l'espace, la station nous abrite tous les six en nous offrant des conditions de vie et de travail confortables. C'est incroyable.

Les membres expérimentés de l'équipe se déplacent rapidement dans la station. Nous essayons cependant de ne pas aller trop vite au point de perdre le contrôle de nos déplacements et de percuter les objets rangés sur les murs. De petits appuis disposés ça et là sont suffisants pour nous orienter et nous permettre de conserver notre trajectoire. Nous utilisons des bandes Velcro, des attaches rapides et du ruban à conduits pour retenir les objets, mais nous égarons tous les jours des objets personnels et des outils. Ils semblent avoir la faculté de disparaître dès qu'on tourne le dos.

Nous vivons sans le confort de la vie moderne. La station ne comporte pas de baignoire ni de douche et nous ne consommons que rarement des aliments frais. Nous ne changeons nos vêtements qu'après les avoir portés pendant une semaine ou deux. Nous nous lavons chaque jour à la débarbouillette. Après avoir mouillé nos cheveux avec du shampoing et nous être massé le cuir chevelu avec nos doigts, nous les séchons avec une serviette. Il est en effet impossible de se rincer en apesanteur. Nous ne pouvons cracher nulle part et nous avalons donc notre dentifrice après avoir brossé nos dents. Ces inconvénients ne sont pourtant rien à côté de l'exaltation que nous procure la vie dans l'espace.

Nous accordons une grande attention au rangement et à l'inventaire des objets ainsi qu'à la gestion des déchets. Nous prenons bien soin de ranger chaque article à sa place après l'avoir utilisé. Nous nous efforçons d'économiser les produits consommables ainsi que l'espace de rangement, une ressource précieuse à bord d'une station spatiale. L'une des premières astuces que j'ai apprises en tant que nouveau stationaute a été d'aplatir complètement les boîtes de conserve vides afin qu'elles prennent peu de place dans nos sacs à ordures. Nous recyclons le papier, les sacs ziplock et d'autres produits. La vapeur d'eau que nous expirons dans l'atmosphère de la cabine ainsi que nos eaux usées, notre sueur et notre urine sont transformées en eau potable.

La navette et la station

Les amis extraterrestres auxquels je faisais allusion plus tôt sont les membres de l'équipage de la navette spatiale Endeavour qui nous ont rendu visite en juillet et ceux de la navette Discovery présentement amarrée à la station. Ça m'a fait plaisir de voir Julie Payette à bord. Julie et moi avons travaillé et nous sommes entraînés ensemble dans divers endroits et dans diverses situations. C'était la toute première fois que deux Canadiens se retrouvaient ensemble pour travailler en orbite.

Un astronaute basé sur la station fonctionne différemment d'un astronaute affecté à une mission à bord de la navette. Les membres de l'équipage de la navette sont spécialisés dans l'exécution de tâches précises tandis que les astronautes de la station spatiale doivent plutôt exercer certaines compétences. Il est impossible de prévoir avec précision quelles tâches nous allons devoir effectuer avant le lancement d'une expédition vers la station spatiale. Notre entraînement est donc centré plutôt sur l'acquisition de compétences génériques et moins sur l'exécution de tâches particulières. Nous devons connaître de façon générale et détaillée toutes les charges utiles et tous les systèmes présents à bord de la station et nous devons être prêts à faire face à n'importe quelle situation.

Il y a parfois des pannes, bien sûr. Comme cela arrive souvent dans le cadre d'une mission spatiale, notre équipage a dû surmonter de petits ennuis. Le système qui élimine le dioxyde de carbone de l'air de notre cabine et celui qui produit de l'oxygène respirable sont récemment tombés en panne et nous avons dû les réparer. Je n'ai jamais reçu de formation particulière pour la réparation de ces systèmes, mais je possède les compétences qui m'ont permis de participer à cette tâche.

Mi-parcours

C'est aujourd'hui mon 100e jour en orbite. Il nous reste beaucoup à accomplir durant cette deuxième moitié de l'expédition. La navette Discovery est arrivée et nous ravitaille en produits consommables, en pièces détachées, en nourriture et en équipements scientifiques. Discovery a également apporté mon compartiment de repos (depuis le début, je dors dans une couchette personnelle temporaire aménagée dans le module laboratoire japonais) et amené une nouvelle coéquipière, Nicole Stott. Une fois la navette repartie, le nouveau véhicule de transfert japonais, le HTV, arrivera. La capture et l'amarrage de cet énorme vaisseau spatial à l'aide du Canadarm2 constituent les tâches les plus exigeantes que mes coéquipiers et moi-même devrons mener à bien dans le cadre de cette expédition.

La Station spatiale internationale est un endroit remarquable. C'est grâce au génie de ses concepteurs, à la compétence de ses ingénieurs et au travail méticuleux des équipages précédents qui l'ont assemblée qu'il est désormais possible d'utiliser cette installation de calibre international. J'ai le privilège de bénéficier aujourd'hui de leurs contributions.

Lorsque j'ai décollé, je ne savais pas comment j'allais supporter un séjour de six mois dans l'espace. Après 100 jours de vol, je me sens maintenant comme un vétéran et je suis sûr que tout ira bien pour moi durant les mois qui restent. Je me suis habitué aux sons, aux odeurs et au rythme de vie de la station. Elle me manquera lorsque je l'aurai quittée. Ce sera un peu comme quitter une maison remplie de souvenirs de famille, où on a grandi lorsqu'on était enfant.

Six mois loin de ma famille et de tout ce qui m'est familier sur Terre, c'est long. J'apprécie les encouragements que de nombreux Canadiens m'ont fait parvenir. Vos mots, votre prose, vos poèmes et vos photographies m'aident à garder contact avec la Terre et à sentir votre soutien.

Je suis heureux que le Canada participe au programme de la Station spatiale internationale et je suis fier que nous soyons considérés comme une nation d'explorateurs. Le futur nous appartient si nous voulons nous aventurer plus loin encore, pour mieux connaître notre système solaire et nos véritables origines.

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2 septembre 2009

HTV - Le rôle clé de l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Bob Thirsk

Première saisie d'un engin spatial en vol libre par le Canadarm2

Une fois de plus, les compétences technologiques du Canada en robotique spatiale seront mises à l'épreuve lorsque le Canadarm2 de la Station spatiale internationale (ISS) effectuera sa toute première saisie d'un engin spatial en vol libre. Cette manœuvre éprouvante, que l'on prépare depuis près de douze ans, coïncidera avec le tout premier vol du véhicule de transfert japonais inhabité HII (désigné HTV) qui doit arriver à l'ISS le 17 septembre 2009. Il livrera 3,5 tonnes métriques de matériel au laboratoire orbital.
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14 août 2009

Nouvelles de Bob Thirsk en provenance de la Station spatiale internationale

Lorsque je suis arrivé à la Station spatiale internationale, ce vol dans l'espace m'a paru plutôt irréel. Malgré les années que j’ai passées à m’entraîner, il y a de nombreux aspects de la vie et du travail dans la station auxquels j’ai été peu exposé. Alors que j'arrive à mi chemin de cette expédition, je peux maintenant affirmer que je me sens chez moi. Mon corps s'est bien adapté à l'environnement unique de l'espace. Je me sens comme si j'y étais né. Et je me suis adapté à la mentalité et au rythme particuliers à bord de la station. Ma productivité est montée en flèche.

Comme c'est le cas de toutes les missions spatiales, nous avons eu quelques problèmes mineurs. Le système qui élimine le dioxyde de carbone de l'air ambiant de notre cabine est tombé en panne et il a fallu le réparer. Récemment, un filtre s'est encrassé dans un de nos systèmes de génération d'oxygène et nous allons devoir le remplacer. C'est le propre des expéditions spatiales de longue durée : on ne sait jamais avant le décollage comment l'expédition va se dérouler. Cela dit, nous sommes prêts à relever tous les défis qui peuvent se manifester.

Cette expédition n'est pas l'affaire d'un seul équipage d'astronautes. Elle est rendue possible par un important groupe de collègues, au Canada et ailleurs dans le monde, qui ont la passion de relever des défis et d'explorer l'inconnu. Le reste de l'équipage et moi ne pourrions jamais accomplir nos travaux de recherche et les autres tâches qui nous sont confiées sans leur intuition, leurs recommandations et leurs instructions. J'apprécie tout particulièrement le soutien de nombreux Canadiens qui m'ont envoyé des messages d'encouragement et des photos de leur coin du pays. Ce genre de soutien m'aide à rester en contact avec la Terre et à traverser les jours plus difficiles.

Bob

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13 août 2009

Feux de forêt dans les Îles Canaries

L'astronaute Bob Thirsk de l'Agence spatiale canadienne a eu l'opportunité de photographier l'île à partir de la Station spatiale internationale (ISS). Pour en savoir plus...

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2 août 2009

Feux de forêts en Colombie-Britannique

Une image de deux feux de forêts en Colombie-Britannique prise par l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne depuis la Station spatiale internationale. À gauche, un feu fait rage dans la montage Terrace en direction du lac Okanagan. Vers la droite, un autre feu brûle dans la baie Galena.

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10 juillet 2009

Mise en service du Sous-système d'isolation contre les vibrations en microgravité (MVIS)

L'Agence spatiale canadienne (ASC) a débuté la mise en service du Sous-système d'isolation contre les vibrations en microgravité (MVIS) à bord de la Station spatiale internationale.

L'astronaute de l'ASC Bob Thirsk a mis en opération cette technologie sophistiquée de conception canadienne le 10 juillet 2009.
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