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Document d'information

Le télescope spatial Planck

La mission spatiale Planck est la première mission de l'Agence spatiale européenne vouée à l'étude du rayonnement cosmique de fond, c'est-à-dire les résidus du rayonnement issu du Big Bang. Le télescope mesurera les faibles fluctuations de températures dans le rayonnement cosmique de fond avec une précision exceptionnelle. Il fournira les images les plus nettes jamais obtenues de l'Univers, alors qu'il n'avait que 380 000 ans, et permettra d'affiner les théories qui décrivent sa naissance et son évolution. L'objectif de la mission est d'aider à répondre à certaines des grandes questions de la science moderne : comment l'Univers s'est-il formé, comment a-t-il évolué jusqu'à sa forme actuelle et quelle forme prendra-t-il dans l'avenir? Les scientifiques espèrent ainsi établir quelle théorie explique le mieux l'origine de l'ensemble des structures cosmiques.

Le télescope Planck devrait être lancé le 14 mai 2009 depuis le centre spatial de Kourou (Guyane française) à bord de la fusée Ariane 5 qui transportera également l'observatoire spatial Herschel. Le satellite sera déployé à environ 1,5 million de kilomètres au-dessus de la Terre où il orbitera autour du point de Lagrange L2 (un point fixe dans l'espace). Il s'agit de l'une des cinq régions éloignées de la Terre où les effets de la gravité sont virtuellement éliminés, ce qui permet au télescope d'évoluer avec un minimum d'interférences. Le projet Planck est né de la fusion de deux missions aux objectifs scientifiques similaires et a été rebaptisé en l'honneur du physicien allemand Max Planck (le père de la mécanique quantique et le lauréat du Prix Nobel de physique en 1918).

Le dispositif Planck est équipé d'un télescope performant et de deux instruments fonctionnant à des longueurs d'ondes comprises entre les domaines radio et submillimétrique. Le télescope, qui mesure 1,5 mètre de diamètre, renverra les rayonnements captés vers deux matrices de récepteurs radio sensibles : l'instrument à basse fréquence (LFI) et l'instrument à haute fréquence (HFI). Les deux instruments mesureront la température du rayonnement cosmique de fond et chercheront des régions légèrement plus chaudes ou plus froides que la moyenne. Le LFI et le HFI agiront ensemble pour analyser la lumière recueillie lors des deux sondages complets du ciel dans le domaine des hyperfréquences. Les observations de routine devraient durer 15 mois (ce qui suffit pour sonder le ciel deux fois de suite); une prolongation de mission d'environ une année est envisageable.

Les deux caméras couvrent des domaines du spectre lumineux différents. Le LFI fonctionnera comme une radio à transistors et le HFI convertira le rayonnement électromagnétique en chaleur pour une analyse subséquente. Un dispositif cryogénique perfectionné maintiendra leurs détecteurs à une température proche du zéro absolu.

Contribution du Canada

Le Canada a rejoint un consortium international dirigé par l'Agence spatiale européenne et spécialisé sur le télescope spatial Planck. La contribution financière de l'Agence spatiale canadienne, qui s'élève à 4 millions de dollars, permettra à des chercheurs canadiens de s'intégrer aux équipes de scientifiques qui consacreront des années à analyser les données obtenues et à répondre aux questions fondamentales sur les origines du cosmos.

Le Canada participe au développement du LFI et du HFI, les deux instruments de Planck, principalement en mettant au point le logiciel d'interprétation perfectionné qui permet d'étudier les cubes de données complexes transmis par le satellite. Les logiciels du LFI et du HFI sont développés en parallèle par deux équipes distinctes à l'Université de la Colombie-Britannique et à l'Université de Toronto. Les deux équipes sont appuyées financièrement par l'Agence spatiale canadienne.

Le professeur Douglas Scott, de l'Université de la Colombie-Britannique, dirige l'équipe du LFI. L'équipe du HFI est dirigée par le professeur J. Richard Bond de l'Université de Toronto. Les équipes canadiennes travaillent depuis plus de dix ans avec leurs collègues étrangers à la planification de la mission Planck. Elles utiliseront directement les données pour répondre à quelques-unes des plus grandes questions concernant l'Univers.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la contribution canadienne, visitez le site Web suivant :

www.asc-csa.gc.ca/fra/satellites/planck.asp