Conférence de l'Année polaire internationale 2012 de la Connaissance à l'action

par Steve Maclean, président de l'Agence spatiale canadienne

Le texte prononcé fait foi

Montréal (Québec), le 23 avril 2012

  • Mesdames, Messieurs, distingués invités.

  • Merci pour cet accueil chaleureux.

  • Merci également aux organisateurs de cette conférence immensément importante.

  • Votre invitation à participer à cet événement, même dans une moindre mesure, constitue un honneur que j'apprécie véritablement.

  • Nous le savons tous, les Canadiens sont profondément attachés au Grand Nord.

  • Or, très peu de Canadiens s'y sont déjà rendus.

  • D'après un sondage réalisé par le Centre d'études nordiques de Churchill, seulement quatorze pour cent de la population – ce qui représente moins d'un Canadien sur sept – a visité au moins l'un des trois territoires du Canada.

  • Parallèlement, soixante-huit pour cent des Canadiens – c'est-à-dire plus des deux tiers de la population — dit espérer un jour visiter le Grand Nord.

  • Les Canadiens ont aussi une opinion nette quant au rôle que le Nord pourrait être appelé à jouer dans l'avenir du pays.

  • Plus de la moitié de la population canadienne estime que le Nord sera déterminant pour la sécurité de notre pays.

  • Un plus grand nombre de Canadiens encore croit que l'Arctique constitue un élément clé de la prospérité économique du pays.

  • Soixante-dix-sept pour cent des Canadiens estiment que le Canada devrait investir dans l'exploitation et la mise en valeur des ressources naturelles de l'Arctique.

  • Et un grand nombre de Canadiens – quelque 90 pour cent – indique que le Canada devrait faire figure de leader dans la recherche menée en Arctique.

  • À mon humble avis, les Canadiens ont bien compris.

  • Pour eux, le Nord est une contrée attrayante et intrigante. Ils sont passionnés par sa beauté et ses promesses, et ils sont pleinement conscients du rôle essentiel que cette région peut et doit jouer dans la sécurité du pays.

  • Les Canadiens souhaitent également que le gouvernement intervienne de manière décisive relativement à l'intendance et à la souveraineté dans le Nord.

  • Je crois que la présente conférence a parfaitement cerné les enjeux clés.

  • Vous tous, ici présents, faites ce qu'il y a de plus important, c'est-à-dire sensibiliser tous les pays du monde à l'importance que revêtent les régions polaires de la planète.

  • Mais plus encore, vous le faites d'une façon telle que les retombées seront durables et positives.

  • Vous êtes centrés sur les enjeux les plus importants — comme l'incidence du changement climatique, la sécurité et le développement économique — sans toutefois perdre de vue l'importance des répercussions sociales et environnementales qui découlent de ces enjeux.

  • Vous êtes en parfaite position pour redéfinir et rétablir les enjeux clés en matière d'intendance, de développement durable et de protection de l'environnement dans le Nord canadien.

  • Votre point de vue sur ce qui peut et doit être fait dans le Nord canadien n'est pas différent du point de vue du gouvernement du Canada.

  • Cela n'a rien de surprenant.

  • Après tout, outre leur immense potentiel, les trois territoires du Canada comptent pour quarante pour cent de toute la masse continentale canadienne.

  • La ligne de côte du Canada dans le Nord fait plus de 162 000 kilomètres de long, et le quart de tout l'Arctique nous appartient.

  • Lorsqu'ils ont décidé de planifier la présente conférence, les organisateurs ont dit qu'ils croyaient qu'elle avait lieu à un moment charnière pour la santé environnementale de notre planète.

  • Difficile d'imaginer un endroit où ce sentiment d'urgence est plus omniprésent que dans le Nord canadien.

  • Aujourd'hui, on souhaite ardemment stimuler le développement économique ainsi que la croissance dans le Nord.

  • À cela s'ajoute une volonté sans précédent d'exploiter les abondantes ressources naturelles de la région.

  • Les sociétés pétrolières et gazières sont à la recherche de nouveaux gisements et de méthodes novatrices pour extraire les ressources qu'elles découvrent.

  • La prospection minérale et l'exploitation minière dans les trois territoires s'accélèrent à un rythme inouï.

  • Les répercussions du changement climatique sont partout visibles.

  • Les glaciers ne cessent de reculer et les glaces fondent à un rythme accéléré.

  • Non seulement la saison du transport maritime est désormais plus longue, mais le nombre de routes maritimes s'accroît d'année en année.

  • Il n'est pas surprenant que, avec tous les changements que subit l'Arctique canadien, les autres pays du monde s'intéressent de plus en plus à ce qui se passe dans cette région.

  • Pour le gouvernement du Canada, divers défis découlent de ces changements — p. ex., que doit faire le Canada pour asseoir du mieux qu'il peut sa souveraineté sur ses terres et ses eaux arctiques?

  • Et comment peut-il assurer une intendance efficace et faire preuve de leadership sans nuire aux progrès et à la croissance économique?

  • De toute évidence, ce sont là des défis de taille et, à titre de pays, nous devrons les surmonter.

  • Grâce à des rencontres et à des conférences comme celle d'aujourd'hui, je suis convaincu que nous y parviendrons.

  • Nous devrons toutefois garder à l'esprit un fait important : chaque défi cache une occasion extraordinaire, et lorsque celle-ci se présentera, nous devrons être prêts à la saisir.

  • Prenez, par exemple, le changement climatique. Nous pourrions continuer à débattre de ses causes, trouver des coupables ou simplement désespérer. Cela n'accomplirait rien du tout. Qu'on le veuille ou non, le changement climatique existe et il est en train de se produire au moment même où je vous parle.

  • Et parce que le changement climatique est une réalité, nous avons l'occasion – et probablement même l'obligation – d'en tirer profit. Que ce soit en augmentant le transport maritime ou en accélérant la prospection minière, nous devons tirer parti de la situation.

  • Heureusement, le gouvernement du Canada a reconnu qu'il fallait relever les défis complexes qui se présenteront à lui dans le Grand Nord et tirer profit des possibilités qui en découleront.

  • Il a fait ce que chacun d'entre nous estime nécessaire : il a établi une stratégie d'ensemble qui assurera le meilleur avenir possible pour le Nord canadien.

  • Puisque le présent gouvernement appuie fortement l'Année polaire internationale — vous vous souvenez sûrement que la contribution de 156 millions de dollars versée par le Canada a constitué l'investissement initial le plus élevé de tous les pays — vous ne vous étonnerez pas que trois des quatre secteurs prioritaires cernés dans la stratégie ont un lien direct avec les points qui sont abordés dans le cadre de la présente conférence.

  • Ces points sont : l'affirmation de notre souveraineté dans l'Arctique, la protection de notre patrimoine environnemental, et la promotion du développement social et économique.

  • Ces trois points sont également devenus prioritaires pour l'Agence spatiale canadienne.

  • À vrai dire, une grande partie des activités de l'ASC ont désormais une incidence directe ou indirecte sur le Nord canadien.

  • La raison en est très simple.

  • Le développement accéléré du Nord — lequel englobe l'allongement de la saison du transport maritime et l'exploitation accrue des ressources naturelles — doit être fait de manière responsable.

  • Le progrès oui, mais il doit avoir un impact minime sur l'environnement et le mode de vie des populations de cette région.

  • Nous savons que notre succès à ce chapitre n'est possible que si nous appuyons nos décisions sur des informations à jour.

  • Et personne d'autre que l'Agence spatiale canadienne n'est mieux placé pour recueillir ces informations et les diffuser.

  • Grâce à ses capacités uniques en matière de mesure, de surveillance, de collecte, d'enregistrement et d'analyse de données au moyen de technologies spatiales, l'ASC fournit aux décideurs les informations dont ils ont besoin pour faire les meilleurs choix qui soient pour le Nord canadien.

  • Notre appui revêt plusieurs formes. Certaines de nos méthodes sont fiables et éprouvées, d'autres novatrices et expérimentales, alors que d'autres encore en sont toujours à l'étape de la conception.

  • Par exemple, le Microsatellite de surveillance maritime et de messagerie (M3MSat), qui est un projet mené en partenariat avec le ministère de la Défense nationale, est fortement axé sur le Nord.

  • Le satellite M3MSat, qui transporte à son bord un système d'identification automatique (SIA), constituera un banc d'essai et une plateforme de démonstration qui permettra aux ministères de suivre les navires qui naviguent dans les eaux libres à l'échelle de la planète.

  • La charge utile SIA de M3MSat viendra appuyer la Constellation RADARSAT de l'ASC ainsi que la mission Polar Epsilon du MDN.

  • Par exemple, le Microsatellite de surveillance maritime et de messagerie (M3MSat), qui est un projet mené en partenariat avec le ministère de la Défense nationale, est fortement axé sur le Nord.

  • Le satellite M3MSat, qui transporte à son bord un système d'identification automatique (SIA), constituera un banc d'essai et une plateforme de démonstration qui permettra aux ministères de suivre les navires qui naviguent dans les eaux libres à l'échelle de la planète.

  • La charge utile SIA de M3MSat viendra appuyer la Constellation RADARSAT de l'ASC ainsi que la mission Polar Epsilon du MDN.

  • À l'origine, le SIA a été conçu pour servir de système d'évitement des collisions.

  • On exigeait alors des navires d'une certaine taille qu'ils utilisent des transpondeurs SIA afin de signaler leur identité, leur emplacement et leur cap.

  • Mais ce système avait ses limites. Seuls les navires et les récepteurs au sol situés dans un périmètre de 50 milles marins pouvaient recevoir l'information.

  • Toutefois, en captant ces signaux depuis l'espace, nous avons considérablement accru notre capacité à recueillir et à diffuser ce type d'information.

  • Pour des ministères comme celui de la Défense nationale, cette nouvelle technologie permet d'obtenir une vue synoptique sans précédent du trafic maritime mondial.

  • D'autres ministères en bénéficient aussi.

  • Par exemple, les informations provenant de nos microsatellites aideront la Garde côtière canadienne à identifier et à suivre les navires qui s'approchent des eaux canadiennes ou qui y sont exploités.

  • Il y a également un autre avantage.

  • Grâce à notre constellation de microsatellites, nous développerons les capacités du Canada dans ce domaine qui s'avère essentiel si nous voulons donner à notre industrie spatiale une place de chef de file dans le développement de satellites plus petits et moins coûteux.

  • La mission SIA joue incontestablement un rôle primordial, car elle nous permet de savoir ce qu'il se passe dans le Nord, et je crois que son utilisation dans le cadre d'un projet pilote vous intéressera particulièrement.

  • Dans le cadre d'un projet que nous menons en collaboration avec Pêches et Océans Canada, ou POC, nous utilisons des bouées pour mesurer la température de la glace dans les régions les plus nordiques de l'Arctique.

  • Ces aides à la navigation, encore appelées AN, sont des émetteurs qui recueillent les données provenant de bouées placées directement dans la glace. Ils transmettent ensuite ces données à un récepteur-émetteur SIA embarqué à bord d'un satellite et celui-ci, à son tour, envoie l'information à des scientifiques au sol.

  • S'il est mené à bien, ce projet pourrait fournir des renseignements tout à fait à jour sur l'état des glaces dans le Grand Nord. Il offre également l'avantage de ne pas obliger les chercheurs à se rendre dans ces endroits éloignés pour mesurer la température de la glace.

  • Ce qui est onéreux, prend du temps et est rarement sans risque.

  • De plus, cela limite le nombre d'occasions à notre disposition pour mesurer la température de la glace.

  • Aussi, grâce aux AN, nous pouvons obtenir des données en continu sans devoir compter sur des lectures mensuelles ou moins fréquentes.

  • En mars, Pêches et Océans Canada a installé pour nous les deux premières bouées dans la glace à proximité de Resolute Bay.

  • Elles devraient transmettre des données pendant une période pouvant atteindre 100 jours. Si tout se déroule comme prévu, nous espérons placer plusieurs centaines d'AN dans l'Arctique au cours des prochaines années.

  • On ne saurait trop insister sur la valeur de notre partenariat avec POC dans le cadre de ce projet de bouées ou encore avec le ministère de la Défense nationale dans le cadre de la mission M3MSat.

  • Une des caractéristiques les plus curieuses de ce genre de partenariat est la facilité avec laquelle ils peuvent se présenter.

  • Nous rencontrons les représentants de divers ministères, qu'il s'agisse du ministère de la Défense nationale, de Pêches et Océans Canada, d'Environnement Canada, de Ressources naturelles Canada ou d'une foule d'autres qui s'intéressent au Nord canadien.

  • Nous leur demandons ce qu'ils font et si l'ASC peut les aider d'une quelconque façon à mieux faire leur travail ou peut-être à le simplifier.

  • Nous discutons. Mais surtout, nous écoutons et, en ce faisant, nous apprenons.

  • C'est simple, oui, mais cela marche. Constamment.

  • Une autre initiative de l'ASC qui a des répercussions directes sur le Nord est un projet de longue date du Programme spatial canadien. RADARSAT-1 a été conçu à la fin des années 1980 et a été lancé en novembre 1995.

  • Mais, malgré son âge vénérable, RADARSAT-1 demeure un outil formidable dans notre quête de ce qu'il y a de meilleur pour le Nord.

  • Conçu à l'origine pour surveiller nos vastes étendues de terre et d'eau ainsi que pour suivre les mouvements des glaces et des navires, RADARSAT-1 continue à assurer une surveillance régulière et fiable de l'ensemble de l'Arctique.

  • Les capacités uniques de surveillance de RADARSAT-1—aucun des défis que représentent les nuages, le brouillard ou l'obscurité n'est à son épreuve — nous permettent de mesurer avec précision les changements qui surviennent dans les eaux, les vagues et les vents océaniques.

  • RADARSAT-1 aide aussi à suivre la répartition des glaces de mer, à identifier différents types de glace et à produire des cartes quotidiennes des glaces.

  • Cette information est particulièrement utile pour l'exploration pétrolière en haute mer, les opérations de recherche océanique et la localisation de zones de pêche potentiellement productives.

  • Ces mêmes capacités de surveillance nous permettent de déterminer l'étendue des déversements d'hydrocarbures en mer et d'obtenir des renseignements essentiels pour les opérations de contrôle et de nettoyage.

  • RADARSAT-1 a démontré sa valeur il y a deux ans, lors de l'explosion d'une plateforme de forage au large des côtes de la Louisiane dans le golfe du Mexique. Les images produites par RADARSAT-1 et RADARSAT-2 se sont avérées inestimables et ont aidé les organismes gouvernementaux à coordonner et à gérer les opérations d'urgence.

  • RADARSAT-1 est un excellent exemple de la manière dont l'espace peut nous aider dans le Nord.

  • Il illustre aussi parfaitement comment les partenariats nationaux et internationaux rendent ces missions possibles.

  • Depuis son lancement en 1995, RADARSAT-1 a permis de développer une base de clientèle mondiale regroupant plus de 600 utilisateurs commerciaux et gouvernementaux dans une soixantaine de pays.

  • Le succès de RADARSAT-1, et des partenariats qui en ont découlé, vient renforcer notre conviction que le Canada ne constitue qu'une pièce, importante certes, d'un ensemble beaucoup plus vaste.

  • L'arrivée de RADARSAT-2 a consolidé la réputation de l'ASC à titre de chef de file mondial dans l'observation de la Terre et l'imagerie connexe.

  • Lancé en 2007, RADARSAT-2 est encore l'un des fournisseurs d'images radar d'observation de la Terre les plus perfectionnés au monde.

  • En qui concerne le suivi de l'environnement et l'appui à la gestion durable des ressources naturelles au 21e siècle, il est indispensable pour le Canada et le reste du monde.

  • Les données produites par RADARSAT-2 nous ont aidés à améliorer considérablement la classification du couvert végétal ainsi que la mesure de l'humidité des sols, de l'enneigement et de la teneur en eau de la neige.

  • Il en va de même pour la classification des types de glace, des types de culture et leur état ainsi que pour la détection des icebergs et la mesure des zones humides.

  • En fait, RADARSAT-2 trouve son utilité aux deux pôles de la planète.

  • En août dernier, les images fournies par RADARSAT-2 ont permis aux scientifiques de dresser des cartes des glaces de l'Antarctique qui n'avaient jamais été cartographiées auparavant.

  • Grâce en grande partie aux contributions de RADARSAT-2, les chercheurs ont découvert des entités de terrain uniques indiquant la direction et la vitesse de la glace dans l'Antarctique.

  • Il ne fait aucun doute qu'à l'avenir, ces renseignements se révéleront très précieux pour mesurer la fonte des glaces et faire des prévisions sur la hausse du niveau de la mer.

  • Si, dans le monde entier, on en est venu à vanter les mérites de RADARSAT-1 et de RADARSAT-2, je m'attends à ce que les louanges aillent en s'accentuant après le lancement des derniers éléments de la famille RADARSAT au cours des prochaines années.

  • La mission de la Constellation RADARSAT, ou MCR, représente l'évolution de l'ensemble du programme RADARSAT.

  • La Constellation RADARSAT assurera aux utilisateurs canadiens et internationaux une couverture complète des terres et océans du Canada ainsi que des possibilités d'observation quotidienne de la majeure partie du monde.

  • À l'instar de RADARSAT-1 et de RADARSAT-2, la Constellation RADARSAT fonctionnera de jour comme de nuit, dans n'importe quelles conditions météorologiques, et survolera le territoire canadien jusqu'à quatre fois par jour.

  • Chaque satellite de la Constellation RADARSAT a une durée de vie prévue de sept ans.

  • Je tiens toutefois à souligner que la durée de vie prévue de RADARSAT-1 était de cinq ans seulement. Il en est présentement à sa 16e année d'exploitation.

  • En fait, quiconque connaît le Programme spatial canadien ne devrait pas être surpris par la longévité de RADARSAT.

  • Les satellites canadiens ont la bonne habitude de dépasser leur durée de vie prévue, et de la dépasser de beaucoup.

  • En fait, c'est notre tout premier satellite, Alouette-1, qui a amorcé cette tendance il y a 50 ans.

  • Le matin de ce jour décisif, un ingénieur de la NASA a prédit que, même si Alouette-1 survivait au lancement—ce dont il doutait— il ne fonctionnerait probablement pas plus de 20 minutes.

  • Il s'est avéré par la suite qu'il a bien fonctionné pendant 20 minutes—et puis encore pendant 10 ans avant que l'on n'envoie une commande pour le désactiver.

  • Pas mal pour un satellite qui ne devait fonctionner qu'un an.

  • Au cours de sa vie prévue, la MCR exécutera un certain nombre de tâches essentielles, dont certaines sont venues s'ajouter depuis la conception de la mission d'origine.

  • Par exemple, le plan initial visait essentiellement des exigences en matière de sécurité maritime.

  • Désormais, on renforcera aussi considérablement la sécurité du territoire, surtout dans l'Arctique.

  • La MCR assurera par jour jusqu'à quatre survols du Grand Nord canadien et plusieurs survols du passage du Nord-Ouest, ce qui nous a permis de mettre en place un certain nombre d'applications.

  • Ces applications se fondent sur la collecte plus fréquente de données et la création d'images composites qui font ressortir les changements survenant au fil du temps.

  • Ces applications sont particulièrement utiles pour la surveillance des changements, comme ceux qui sont attribuables à l'évolution de l'occupation du sol, aux changements littoraux, à l'affaissement du sol en milieux urbains et même aux effets anthropiques sur le milieu à l'échelle locale.

  • La mission de la Constellation RADARSAT (MCR) s'appuiera également sur les images archivées produites par RADARSAT-1 et RADARSAT-2.

  • Ces archives nous permettront de documenter sur une longue période les changements environnementaux et les zones habitées, ce qui produira des informations géophysiques utiles, non seulement au sujet du Canada et du Nord, mais également du monde entier.

  • Les images fournies par la constellation de satellites aideront également à :

    • appuyer la gestion et le développement durables des ressources naturelles;
    • améliorer la surveillance météorologique et la sécurité de la navigation;
    • faire respecter les règlements ayant trait aux pêches et à l'environnement;
    • gérer les catastrophes, l'aide humanitaire et les interventions de secours.
  • Mais les avantages ne s'arrêtent pas là.

  • Par exemple, en adoptant la formule de la constellation et en utilisant de plus petits satellites, nous avons pu réaliser un certain nombre de nouvelles applications.

  • Le territoire du Canada sera couvert plus fréquemment et le risque d'interruption de service sera réduit.

  • Parmi les autres satellites canadiens sur lesquels on peut compter, mentionnons SCISAT, un satellite scientifique lancé en 2003 pour nous aider à mieux comprendre la couche d'ozone.

  • Inutile de vous rappeler que le Canada est peut-être le pays le plus vulnérable du monde lorsqu'il s'agit des effets de l'appauvrissement de la couche d'ozone au-dessus de la région arctique.

  • Aussi, l'Expérience sur la chimie atmosphérique, ou ACE, à bord de SCISAT s'est tellement bien déroulée que la mission a largement dépassé son mandat initial.

  • En plus de fournir d'excellentes données sur l'appauvrissement de l'ozone, SCISAT génère maintenant des données tout aussi utiles sur le changement climatique, la qualité de l'air et la pollution.

  • Même si, au départ, les contributions de SCISAT devaient durer deux ans, voilà que la mission est sur le point de terminer sa première décennie d'activités.

  • THEMIS est une autre mission de satellite qui vient de célébrer un anniversaire. Elle a été lancée le 17 février 2007. Il s'agit d'un programme de la NASA résolument tournée vers le ciel, tout en étant fermement ancrée au sol grâce à ses vingt observatoires terrestres.

  • La mission THEMIS ne porte pas directement sur les questions de sécurité, de souveraineté ou d'exploration minière, mais elle met en évidence à quel point le territoire unique occupé par l'Arctique peut faire avancer la science et la recherche.

  • Vous vous en souviendrez sans doute, une très forte majorité de Canadiens veulent qu'on se concentre sur cet aspect.

  • THEMIS exploite sa position nordique pour étudier les vents solaires qui créent les aurores boréales.

  • Nous en savons déjà beaucoup sur les vents solaires, mais il reste aux scientifiques à déterminer à quel endroit et en quel point l'énergie se transforme en aurores.

  • Pour tenter de répondre à ces questions, THEMIS fait appel à cinq engins spatiaux dotés d'instruments identiques et dont les apogées – le point de leur orbite où ils sont le plus éloignés de la Terre – entrent en alignement tous les quatre jours.

  • Les données qu'ils recueillent sont transmises à divers observatoires au sol, dont 16 sont au Canada et quatre en Alaska.

  • Une équipe canadienne s'occupe des 16 observatoires canadiens et se charge de l'extraction de la quantité phénoménale de données générées par l'ensemble des 20 observatoires.

  • L'information obtenue dans le cadre du programme THEMIS permet de lever le voile sur les mystères qui perdurent autour de la nature des sous-orages et des éjections abruptes et explosives de l'énergie du vent solaire emmagasinée dans la queue de la magnétosphère terrestre.

  • Sans aucun doute, deux des défis les plus pressants qu'il faut relever dans le Nord canadien portent sur les télécommunications et la météo.

  • Nous nous penchons sur ces deux défis par le biais de la mission proposée de télécommunications et de météorologie polaire, appelée plus communément PCW.

  • Composée de deux satellites, la mission PCW est censée assurer des services de télécommunications en bande large en tout temps dans la région arctique et améliorer la surveillance du changement climatique et les prévisions météorologiques.

  • À l'heure actuelle, les besoins en télécommunications des zones éloignées du Nord canadien sont principalement satisfaits par les satellites géostationnaires de télécommunications.

  • Il faut dire que ces satellites offrent une vaste gamme de services de télécommunications et de services récréatifs aux Canadiens de partout au pays.

  • Cependant, en raison de la géométrie de leur orbite, les satellites géostationnaires de télécommunications ne sont pas en mesure de couvrir toutes les régions.

  • Et ils offrent des services mobiles limités aux avions et aux navires qui se trouvent dans l'Extrême Arctique.

  • Cela signifie que certaines des régions du Nord canadien n'ont pas accès à des solutions de télécommunications sûres, fiables et de haute capacité.

  • Des défis semblables se posent pour la prévision météorologique dans l'Extrême Arctique.

  • Bien que les satellites en orbite polaire offrent une bonne résolution spatiale des zones de hautes latitudes, ils ne couvrent que de minces corridors.

  • Par conséquent, ils ne peuvent couvrir toute la région circumpolaire en un seul passage. Il faut souvent compter jusqu'à six heures avant qu'un satellite survole une même zone pour la cartographier.

  • Non seulement l'étroitesse de l'observation rend difficile la prévision météorologique dans l'Arctique, mais elle nuit également à l'exactitude des prévisions partout au Canada, en Amérique du Nord et à l'échelle mondiale.

  • Nous le savons déjà très bien au Canada, l'Arctique joue un rôle déterminant sur la météo partout dans le monde.

  • Si le projet PCW va de l'avant, nous savons d'ores et déjà qu'il permettra d'améliorer radicalement tant les télécommunications que les prévisions météo.

  • Plus tôt, je vous ai parlé de l'engagement de l'ASC envers la collaboration internationale et du fait que nous devons compter sur cette collaboration.

  • Eh bien, la mission PCW et la mission de la Constellation RADARSAT illustrent à quel point nous sommes aussi engagés à entretenir des partenariats efficaces, ici chez nous.

  • Le principe à l'origine de la mission PCW est né d'un partenariat à trois entre l'ASC, Environnement Canada et le ministère de la Défense nationale.

  • Une étude menée conjointement par ces organismes a démontré qu'un système composé de deux satellites, comme PCW, pourrait améliorer de façon radicale la surveillance du changement climatique et la prévision météorologique.

  • La mission de la Constellation RADARSAT bénéficie elle aussi de la participation du gouvernement du Canada, par le biais de la Défense nationale et de Ressources naturelles Canada.

  • Et, à l'instar des missions RADARSAT précédentes, la MCR fournit à l'ASC d'excellentes occasions de collaborer avec des partenaires internationaux, comme l'Agence spatiale européenne dont nous sommes membres.

  • Toutes ces missions, allant de RADARSAT à la mission PCW, et toutes celles qui se sont déroulées dans l'intervalle, sont conçues pour aborder certains problèmes très spécifiques.

  • Mais, ensemble, ces missions ont pour effet concret d'instaurer une infrastructure dans le Nord canadien. Comme les routes ou les ponts, ces satellites font partie intégrante de cette infrastructure.

  • Je m'explique…

  • En collaborant avec ses partenaires internationaux, les universités, l'industrie et d'autres ministères, l'ASC est, ni plus ni moins, en train de construire une voie ferrée, de tracer un chemin…

  • Il ne mène pas vers le Klondike…mais c'est tout de même une infrastructure stratégique qui relie littéralement le Nord au reste du Canada.

  • RADARSAT-1 et RADARSAT 2 font partie de cette infrastructure stratégique. Il en est de même pour SCISAT et THEMIS. Et, s'ils sont lancés, M3MSat, la mission de la Constellation RADARSAT et PCW seront également de la partie.

  • Plus on explore l'espace, plus on se rend compte à quel point on connaît peu de choses à son sujet.

  • Au cours de mes trois années comme président de l'Agence spatiale canadienne, j'en suis venu à penser la même chose du Grand Nord canadien.

  • On ne s'étonnera sans doute pas de constater que ces deux régions d'exploration ont un certain nombre de traits en commun.

  • Elles sont toutes deux attirantes et redoutables à la fois…mystérieuses et magiques.

  • Toutes deux ont le pouvoir de nous inspirer et de nous inciter à repousser nos limites.

  • Ce n'est donc pas étonnant que les Canadiens aient le Nord tant à cœur.

  • Six fois au cours des trois dernières années, j'ai eu la chance de vivre personnellement l'expérience du Nord.

  • Immanquablement, j'y ai découvert quelque chose d'excitant et d'imprévu à chacun de mes voyages.

  • Mais un souvenir particulier me revient en tête.

  • On survolait de nombreux lacs d'une beauté intacte et j'ai été frappé par le bleu profond de l'eau.

  • Et quand je l'ai mentionné à la personne assise à mes côtés, elle m'a indiqué que la couleur était attribuable aux cyanobactéries.

  • Ces algues bleu-vert sont responsables de la couleur saisissante de l'eau et sont également d'un grand intérêt pour les entreprises pharmaceutiques.

  • Cela m'a rappelé une fois de plus le potentiel considérable du Nord qui constitue une formidable source de beauté et d'avantages.

  • Je retournerai très certainement dans le Nord…et peut-être même plusieurs fois.

  • Je suis persuadé que je serai tout aussi surpris par tant de splendeur et pris d'un sentiment d'émerveillement.

  • Je sais que plusieurs d'entre vous, sinon tous, ressentez les mêmes choses.

  • Les Canadiens se sont exprimés clairement…ils veulent protéger le Nord.

  • Et un jour, ils espèrent pouvoir partager cette expérience.

  • Ensemble, nous pouvons faire en sorte qu'ils y parviennent.

  • Merci.