Vection : Recours à la réalité virtuelle pour tester la désorientation des astronautes dans l'espace

Beaucoup aimeraient vivre la sensation de flotter dans l'espace ou de voyager à bord de la Station spatiale internationale, mais cela n'est pas sans inconvénient. En effet, pour certains astronautes, l'espace les rend malades ou les font se sentir désorientés. Ils peuvent ainsi mal interpréter la direction et la vitesse de leurs mouvements, ce qui pourrait être dangereux s'ils doivent effectuer des tâches avec des instruments robotisés, comme lorsque l'équipe attrape un engin spatial inhabité à l'aide du Canadarm2.

Qu'est-ce que la vection?

La vection est la sensation de mouvement du corps éprouvée, même si l'on est immobile, en voyant quelque chose qui bouge. Vous avez peut-être ressenti la vection dans le métro lorsqu'une rame arrive ou démarre tout près et que avez cru que c'était la vôtre qui se déplaçait dans la direction opposée.

L'Agence spatiale canadienne finance une nouvelle étude canadienne du nom de Vection pour mieux comprendre les effets de la microgravité sur la perception du mouvement de son propre corps, notamment sur la façon dont le cerveau interprète les signaux visuels et dont un astronaute en mouvement peut confondre une accélération comme étant un basculement. Le Dr Laurence Harris de l'Université York (anglais seulement) et son équipe de chercheurs étudieront l'effet des indices visuels sur l'impression de mouvement en apesanteur, examineront si ces indices provoquent la confusion et créeront un modèle de la façon dont la microgravité influe sur le traitement de l'information visuelle.

L'Université York compte recruter au moins six astronautes pour son étude. Des données seront recueillies avant, pendant et après leurs missions spatiales au cours de simulations visuelles produites par un système de réalité virtuelle. Ces simulations permettront de mesurer comment les astronautes perçoivent les mouvements et jaugent les distances, sur Terre et dans l'espace, alors qu'ils seront immobiles et plongés dans un environnement 3D.

L'écran à grand angle de vue Edgeless Graphics Geometry de l'étude Vection

Cette image montre l'écran à grand angle de vue Edgeless Graphics Geometry (EGG) (rendue possible grâce au financement de la Fondation canadienne pour l'innovation et développée par Christie®) de l'étude Vection. L'équipe de recherche de l'étude Vection l'utilisera pour évaluer le rôle que joue le champ de vision global dans la perception du mouvement et sur le sens de l'orientation à l'aide d'images stéréoscopiques à haute résolution. (Source : Université York.)

Applications sur Terre

Sur Terre, la perception des mouvements est cruciale pour des activités comme la marche ou la conduite d'une voiture. Les conclusions de l'étude Vection nous aideront à comprendre comment les signaux visuels influent sur notre perception lorsque nous sommes en mouvement. Elles pourraient faire progresser la recherche dans plusieurs domaines, notamment :

  • le recours à la réalité virtuelle au moment du rétablissement d'un accident vasculaire cérébral et la réalisation d'autres études sur l'aide aux personnes âgées ou handicapées;
  • la compréhension des troubles des mouvements ou de posture, comme la maladie de Parkinson;
  • les technologies « terrestres » de simulation du mouvement, comme les instruments robotisés ou la téléchirurgie assistée par robot.
Une photo étourdissante de la pièce basculante de l'étude Vection

Dans cette série d'images, le chercheur principal de l'étude Vection, le Dr Laurence Harris, « fait un tour » dans la nouvelle pièce basculante (rendue possible grâce au financement de la Fondation canadienne pour l'innovation et développée par Dymec Engineering Inc.). Cet équipement aidera l'équipe de recherche à examiner le rôle de la gravité et du mouvement sur le plan de la perception. (Source : Université York.)

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