
L'Étoile du matin perdra un peu de son lustre! Une fois le quatrième et dernier ensemble d'ailes solaires fixé à la Station spatiale internationale avec l'aide du Canadarm2 un peu plus tard ce mois-ci, la station aura délogé Vénus comme objet le plus brillant du ciel nocturne après la Lune.
La navette spatiale Discovery est prête pour la livraison des ailes solaires d'alimentation électrique ainsi que du segment de poutrelle S6 (sixième à tribord) à l'ISS au cours de la 125e mission du programme de la navette, désignée STS-119/15A (dont le lancement a eu lieu le 15 mars 2009). Ce dernier élément de la dorsale de la station amènera l'ISS à sa pleine longueur de 102 mètres (environ la taille d'un terrain de football canadien) et permettra d'augmenter de moitié la quantité d'électricité disponible pour des expériences scientifiques. Grâce à cette capacité supplémentaire, la station sera bientôt prête à recevoir un équipage de six astronautes plutôt que trois, comme c'est le cas présentement. L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne, le Dr Robert Thirsk, fera partie d'Expedition 20/21-le premier équipage de 6 stationautes qui devrait se rendre à l'ISS à la fin de mai 2009.


D'une masse de 14 tonnes, le segment de poutrelle S6 portant les ailes solaires prend toute la place dans la soute de la navette. Le quatrième jour de la mission, les astronautes Sandra Magnus et John Phillips utiliseront le Canadarm2 pour sortir le segment S6 de la soute et le remettre au Canadarm de la navette. Celui-ci sera commandé par les astronautes Tony Antonelli et Joseph Acaba depuis le poste de pilotage arrière de Discovery. Alors que le Canadarm tiendra le segment de poutrelle, le Canadarm2 se déplacera jusqu'à l'endroit où il installera le segment S6. De là, il s'étendra pour prendre le segment au bras robotique de la navette et il demeurera stationné à cet endroit jusqu'au lendemain. Il faudra une journée complète pour amener le segment S6 de la soute jusqu'à sa position de stationnement de nuit, et on fera appel au Canadarm2 pour le déployer jusqu'à sa pleine longueur de 17 mètres-une manœuvre très délicate avec une charge utile aussi lourde. Comme toujours, les opérations du Canadarm2 seront surveillées de près par les contrôleurs de vol canadiens et américains au sol, basés à Houston et au siège social de l'Agence spatiale canadienne au Québec.
La première des quatre sorties spatiales de la mission aura lieu le cinquième jour de vol pour l'installation du segment S6. Les marcheurs de l'espace Steve Swanson et Richard Arnold travailleront à l'extérieur et aideront John Phillips, qui sera à l'intérieur de la station, à manœuvrer le Canadarm2 pour la mise en place du segment de poutrelle. Ils installeront ensuite le segment S6 et prépareront les panneaux solaires en vue de leur déploiement. Après d'autres travaux préparatoires menés lors d'une deuxième sortie le septième jour, les panneaux solaires seront déployés le huitième jour et rendront la station encore plus brillante aux yeux des observateurs du monde entier.
Le neuvième jour, les astronautes Acaba et Arnold feront la troisième sortie de la mission. Ils repositionneront un chariot d'aide au déplacement des équipages et de l'équipement qui sera utilisé pendant la mission STS-127. C'est au cours de cette mission que l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne, Julie Payette, retournera à l'ISS en juin 2009. Les astronautes Acaba et Arnold réaliseront aussi quelques travaux d'entretien sur Dextre, le " bricoleur " robotique canadien de la station. Ils vont reconfigurer certaines couvertures thermiques protégeant l'un de ses bras et sa " main " (l'unité remplaçable sur orbite et le changeur d'outils) et enlèveront une couverture thermique temporaire d'une plateforme électronique de son torse. Les marcheurs de l'espace vont ensuite lubrifier l'un des effecteurs (sa main) pour préparer le bras robotique à une opération sans précédent qui aura lieu en septembre 2009. En effet, le Canadarm2 capturera le véhicule de transfert autonome H-II (un système de transport de matériel non habité, construit par l'Agence spatiale du Japon) et l'amarrer à la Station spatiale internationale-une manœuvre encore jamais tentée.
L'équipage de Discovery passera les deux derniers jours de la mission (d'une durée prévue de 14 jours) à vérifier les tuiles de la navette à l'aide du Canadarm et de la perche d'inspection de fabrication canadienne. Le treizième jour de la mission, Discovery devrait aussi nous donner un premier aperçu de la nouvelle configuration de la station dotée de sa dorsale complète. Lorsque la navette se désamarrera et fera un tour complet de la station.
